Guatemala - Guatemala Ciudad - Etalage de cordes

Guatemala - Guatemala Ciudad - Etalage de cordes

"Il y a aussi Guatemala Ciudad, dont le centre est désert à huit heures du soir, on n'y trouve qu'un vieux comedor poussiéreux éclairé au néon à faire pâlir tous les kebabs de la rue Saint-Denis. Deux vieilles aux fourneaux huileux, une casserole de purée de haricots qui doit traîner sur le feu depuis ... Tout est servi sur des assiettes ovales en plastique vert-petit-pois fabriquées en Chine. Un occidental barbu et bourré affalé sur sa table. Et la vue sur les rues sombres et désertes, les façades des maisons construites de manière à se replier sur elles-mêmes. C'est curieux, mais on prend goût à ce genre d'endroits, ils font vrai, et on s'y sent si vite chez soi. L'avantage, c'est qu'à la triste époque où atols tropicaux et les plages incontaminées agonisent et disparaissent, le glauque s'étend aux portes mêmes des endroits les plus faux et artificiels. Si vous l'aimez, il est partout.
En rentrant à l'hotel, ma mère aurait vu un grand noir massif, ses tresses rastas attachés avec une plume, préparer quelquechose avec une cuillère pour le gars bourré de tout à l'heure qui apparement loge ici aussi. Ca a l'air de lui avoir fait du bien.
L'hotel, la Pension Mesa n'a probablement pas changé depuis 30 ans, une cour intérieure verdoyante, les chambres sont sombres mais tapissées de fresques et poèmes laissés par les innombrables voyageurs. On entends le bruit d'avions qui aterrissent comme si c'étaient des avions de chasse juste au-dessus de nous." (17.02.2005)

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