Flashback
début juin il y a deux ans, un bus de nuit qui descend dans le bout d’Amazonie juste en dessous de La Paz, il est cinq heures du matin. A côté de moi, il y a Yoav endormi, Yoav à qui j’avais parlé pour la première fois au depart de ce bus, rencontre qui m’aura vraiment marqué. Derrière, une belge qui m’avait raconté son sejour à Iquitos, dans le nord du Perou, de quoi faire rêver. Mais je ne dormais pas. Je n’étais encore jamais descendu en Amazonie, mais je savais qu’il fallait à tout prix que je revienne. Comme il fallait aussi que je parte en Inde, sans attendre des années, et que j’avais aussi des contraintes autres, la seule solution c’était de prendre une année pour voyager, celle-ci.
Voilà, il a suffi de formuler tout ceci à peine, en pensée, le suggérer un petit peu plus tard, le sous-entendre en janvier. En fait, tout s’est fait naturellement, sans heurts, comme quoi c’était un bon chemin, et quand on est lancé tout nous mène toujours vers ce qu’on souhaite profondément. Je suis en ce moment à Chiclayo, dernière étape sur le Pacifique, demain je prends un bus qui va traverser les Andes jusqu’à Yurimagua, d’où partent plusieurs cargos par semaine pour Iquitos, deux jours de voyage, je n’ai plus qu’à acheter un hamac à installer sur le pont. Je suis un peu impatient, pas inquiet parce que c’est un itinéraire bien balisé, bien desservi, sans danger. Juste impatient. Le moral est bon, et ce n’est pas le Lariam (l’anti-palu aux possibles effets dépressifs que j’ai commencé à prendre vendredi) qui pourrait changer quelquechose...
Hola tous,
voici un mail-co très court, qui a en fait été écrit hier juste après avoir envoyé l’autre.
Pas grand chose à rajouter, aujourd’hui j’ai été me ballader toujours sur le marché, où un femme vendait des demi-iguanes séchées, il parait que c’est très bon pour je ne sais plus quelle banale maladie. J’ai aussi failli acheter un numéro du "chamane du 20e siecle", apparemment une revue d’heroristerie avec des remèdes de grand-mère. Une escapade sur le petit village portuaire à côté, réimprégné ma moustiquaire et mon sac de couchage, rien de plus. Je pars donc demain matin, et je vous écrirai une fois à Iquitos. Plein de bonheur à tous entretemps.
Hasta luego
F.