Hola todos,
Voici la suite de la découverte du Venezuela, j´ai rencontré Eduardo, un Vénézuélien vaguement politologue, complètement pro-Chavez, qui participe discrètement mais assez efficacement a mon avis a la "révolution Bolivarienne".
- Bolivar - Bolivar, je le rappelle est ici un héros national car c´est lui qui a libéré le pays de la domination espagnole. C´est le symbole de l´indépendance, de la nation, bref un demi-dieu. Toute ville qui se respecte possède une grande place appelée Plaza Bolivár. Et la monnaie est le Bolivar (Bv).
Bref, Eduardo s´est fait le guide de quatre américains de Chicago (Jonathan, Allie, Ann et Max) qui tournent un reportage amateur. Pour le montrer dans un café ou à l´université, au cours de ce que j´imagine être des débats politiques de groupes anti-mondialisation. Mais là j´extrapole.
Avec Eduardo, on a donc pu aller dans les quartiers pauvres de Caracas, là où le chauffeur de taxi de l´aéroport m´a dit « tu vois les collines la bas, il ne faut pas y aller seul, il y a beaucoup de pauvreté, c´est dangereux ». Je n´ai pas ressenti de tension, d´agressivité de pauvres contre des riches touristes venant contempler la misère du monde. Seulement de la curiosité. Des enfants qui jouent, des groupes de jeunes et de vieux qui discutent, de la musique (Salsa bien sur), pauvres oui, mais ni misérables, ni désespérés.
L´architecture est intéressante, très fonctionnelle, une maison en brique renforcée par un peu de béton armé et avec une dalle en ciment pour le toit. Lorsque quelqu´un d´autre arrive ou qu´on a un peu d´argent, on construit une deuxième maison sur la première. A l´intérieur, ce n´est pas très grand mais il y a l´électricité, l´eau courante, la télé, des murs décorés, des portraits de Che Guevara et de la bière fraîche. Les toits plats forment une terrasse agréable pour discuter de la situation dans le quartier, sous un drap déchiré servant de parasol et assis sur de caisse de bière vides.
- Mision Robinson - Nous avons interviewé des gens de Caracas qui organisent un programme appelé « Mision Robinson » (du nom d´un disciple de l´omniprésent Bolivar).
C’est d’abord une association qui procure aux quartiers pauvres de Caracas des cours d’alphabétisation (pour enfant comme pour adulte), développe le centre de soin (80 médecins pour 1 million de personnes m´ont-t-ils dit), et organise des activités sociales (foot, basket pour les jeunes, grand cours de couture sur la place centrale du quartier) Ca a l´air formidable de participer à ça.
De plus comme ils le disent, « enseigner a qqn lui permet de savoir, éduquer lui permet d´agir », il ne faut pas seulement apprendre du savoir au peuple, il faut l´éduque pour lui permettre d´agir. Agir correctement, comme il faut, pour que la révolution Bolivarienne s´accomplisse. Si on ajoute à cela, quelques petites phrases comme
Eduardo : « Voila la constitution, [ce petit livre qui se vend dans la rue] tous les bolivariens la connaissent par cœur, c’est comme le livre rouge de Mao »
Jesus, un médecin cubain : « A Cuba, Fidel est un dictateur, mais un bon dictateur » puis « Oui, la liberté d´expression c´est important, mais à condition de ne pas manquer de respect » « c´est normal qu´il soit interdit d´insulter le président [en l´occurrence, de le traiter d´homosexuel] »
Tout cela est hors contexte, et j´interprète peut-être mal, avec toutes les précautions nécessaires, etc.., en jugeant les choses du point de vue démocratique, voila une bonne propagande classique et ça n´a pas l´air formidable de participer à ça.
Pourtant, ça n´est pas aussi simple.
Les médecins Vénézuéliens font partie de la classe riche et refusent de soigner les pauvres (cad de travailler gratis), d´où la présence de ces Cubains.
Les propriétaires des médias sont riches et contre Chavez, d’où l’obligation de diffuser le discours du 5 juillet (196ieme anniversaire de l´indépendance du pays) sur toutes les chaînes.
Les Etats-Unis ou des trusts internationaux auraient organisé le coup d´état manqué en avril dernier, Chavez taxe les compagnies pétrolières beaucoup plus qu´avant, s´agit-il d´une lutte géopolitique entre des organismes de commerce mondiaux et un peuple qui veut se libérer ou bien de la montée en puissance d´un homme qui veut contrôler les ressources de son pays ? Je ne sais pas, mais j´aime bien l´idée qu´un pays soit indépendant du contrôle des Etats-Unis.
Bon assez de politique pour cette fois, voici quelques détails pittoresques de mes tribulations. J´ai acheté une casquette parce que je trouvais que mon chapeau californien faisait trop américain, je n´ai pas vu qu´il y avait écrit USA derrière.
Ici il y a une moisson en janvier et une en juin, m´a dit une agricultrice au marché. Mais alors comment font-ils pour être obligé d´importer de la nourriture ? Je pense avoir eu l´explication plus tard, en voyant le paysage en bus. Il y a de la forêt partout sur les collines, je n´ai vu aucun champ de mais.
Dans la plupart des rues, il y a des vendeurs de casquettes, cigarettes, T-shirts, bijoux, ustensiles de cuisine, piles, et le reste aussi. La ville entière est comme un grand marché aux puces sauf qu´ils vendent tous un peu la même chose. Et je n´ai vu de cartes postales nulle part (Non promis ce n´est pas juste une excuse pour ne pas vous écrire) ça c´est bizarre. En fait il y a tellement de mouvement que je doit avoir du mal à percevoir tout ce qui m´entoure.
J’ai aussi pu voir un quartier riche de Caracas, c´est facile à reconnaître, il y a des poubelles. Tandis que dans les quartiers pauvres il y a des déchets. C´est pas très logique quand même.
Continuant mon voyage avec J., As, et M., j´ai pris le bus pour Puerto De La Cruz (vers Barcelona), 5h de route en bus climatisé, il faisait vraiment froid. Puis après une partie de dominos (j´ai appris une nouvelle façon de jouer), j´ai profité d´une bonne nuit de sommeil sur le bateau de Puerto De La Cruz aux îles Marguarita, endormi sur les sacs à dos. On s´est trouvé un hôtel sympa et on va passer au moins une nuit ici à Porlamar. C´est un lieu assez touristique et je vais aller voir la plage. Je ne suis toujours pas malade et j´ai trouvé à manger sans problème (y compris une boite de mais en conserve mais je n´ai pas d´ouvre-boîte), j´ai goûté aux plantains, ces grosses bananes un peu farineuses, et aux galettes de maïs, aux jus de fruits de goyave, mangue et pastèque, si je pouvais parler correctement ce serait le paradis ici.
Hasta luego,
Florian