Hari Om tous
le temps s’envole, toujours en courant, voilà le récit de mon passage en Europe.
L’avion a atterri à Paris en début d’après-midi, aéroport est assez agité, mais je l’étais encore plus, trop content de revoir mon pays, j’ai failli renverser plusieurs personnes alors que je courais avec mon chariot. J’ai sorti mon walkman, mis les Grateful Dead à fond, et ça m’a donné le soleil intérieur pour "affronter" le réalité du retour.
Le RER était direct pour le centre, du coup il était rempli uniquement de gens souriant qui rentraient de voyage. Il fonçait à travers les banlieues au rythme du "Mexicali blues" des Deads. C’est vraiment puissant la musique, elle suffit à elle seule à transformer la grisaille du ciel et d’un train de banlieue en quelque chose de...
Arrivée a l’Ecole, je croise quelques personnes qui ne me reconnaissent pas à cause de ma barbe de 3 mois, à peine le temps de prendre une douche chaude, et de tout préparer pour le pique-nique dans les souterrains de l’Ecole (qui ont une acoustique formidable pour amplifier le son mélodieux de mon coquillage à pouja). Retrouvailles avec plein de gens que j’aime vraiment (merci être venus), le repas arrive tout seul au moment où tous avaient faim (merci Marie, et merci aux restes du Pot), l’ambiance y est jusqu’a 3h30...
Voilà voilà. Ce sera deux jours à Paris, puis Nice et Milan pour revoir la famille, maintenant les derniers préparatifs, et demain c’est reparti pour le Guatemala, où j’aurai plus de temps pour souffler (il est minuit ici, je n’ai pas fini mon sac, et mon réveil est à 4h du mat, j’en ai un peu marre de courir).
Contrairement à ce que beaucoup ont raconté, je n’ai pas été secoué par le premier recontact avec l’occident. Bien au contraire, je m’y sentais chez moi, malgré l’absence des rickshaws, des étalages de thé et des gamins me demandant "what’s your name ?" avec insistance. Tout était dans sa logique. Mission accomplie, était le moment de rentrer. Ce qui m’a surpris le plus c’était le vide des arbres sans feuilles dans les rues familières (eh oui, c’est l’hiver ici), et beaucoup plus tard, le gaspillage des emballages individuels pour les cuillères à café jetables (ça me faisait vraiment mal au coeur).
Me revoilà donc ici, les vieilles habitudes tentent de faire surface, les rythmes plus rapides, parfois une baisse d’enthousiasme liée à la fatigue, mon régime végétarien est interrompu (même si un gros pas a été fait, ça ne m’étonnerait pas si ...), plein de trucs à faire, quelques scrupules à jouer de mon coquillage, il y a deux heures je me suis rasé (j’aurais bien jeté ce qui restait à la mer, un peu genre rituel de purification hindou, mais pas le temps, j’ai du me contenter du jardin) et je ressemble de nouveau à celui d’autrefois, les enseignements bouddhistes s’éloignent un peu... Mais pas de panique, je vais essayer de remettre de l’ordre dans tout ça, de consolider les bons trucs orientaux (il y en a plein), il faut juste le temps de laisser mûrir un peu, je manque encore de recul. Après, vous aurez normalement droit à une synthèse des nouvelles idées et expériences en bonne et due forme, mais soyez patients.
Entretemps, je tiens à remercier tous ceux qui m’ont suivi et soutenu, tous les autres, et surtout ce merveilleux pays qui m’a tant appris. Je ne me lasserai pas de le répéter : l’Inde est un pays exceptionnel, où il est particulièrement facile et agréable de voyager sans trop de risques, où il y a tellement à apprendre quel que soit ce qu’on cherche. Tous ceux qui y mettent un pied y reviennent, une, deux,..., jusqu’à 25 fois (véridique), car on n’en a jamais fini, et c’est peut-être là le vrai virus indien...
J’aurais aimé en dire plus ce soir, sur le bonheur du voyage, sur ce que j’y ai appris, sur le plaisir des retrouvailles, sur ..., mais non, ça sera pour une autre fois, d’autant que je ne suis pas sur d’écrire très clairement ce soir. Je vous réécrirai en arrivant au Guatemala.
Je vous souhaite entretemps plein de bonheur.
Om namah shivaya
F.