Hola tous
Merci pour les mails super nombreux et gentils dont je suis submerge, et auxquels je répondrai dès que possible.
Entretemps, je repars sur les récits pour rester à jour avec les nouvelles d’ici.
Nous avons donc passé dernier soir à Pondichéry, ou l’ashram qui s’occupe aussi des loisirs de ses membres a projeté dans une cours école le film américain Volcano. Mais je soupçonne que le but principal de ce navet en VO pour apprendre l’anglais aux petits enfants.
Le lendemain, nous sommes partis pour Auroville. En fait, tout a commence par une vision de la Mère, qui a perçu une ville organisée en 4 secteurs, avec au centre un temple sphérique entouré de parcs et de lacs, ou les gens quelle que soit leur religion viendraient méditer librement. Ici tous les hommes de bonne volonté animés en même temps par une quête spirituelle seraient bienvenus, et on construirait en harmonie avec l’environnement et les villages voisins ce qui devrait devenir une société modèle. En 1968, le projet a été lance en grande pompe, et 170 pays sont venus apporter une poignée de leur terre pour marquer leur soutien. Il y a aujourd’hui environ 1500 habitants, dont les deux tiers sont occidentaux, et parmi ceux-là les français qui sont assez portes pour ce genre de trucs arrivent majoritaires.
Ici, on est surpris dès l’arrivée par l’aspect général : des petites routes rouges dans tous les sens, avec des petits groupes de petites maisons toutes différentes, séparées par des km de sentiers dans la foret, ou passent les habitants d’ici a pieds, vélo ou scooters. Tout est très verdoyant, paisible, propre aussi, ça parait un petit paradis (l’idéal serait qu’il fasse un peu moins chaud).
Ici nous sommes accueilli à bras ouverts par Sourya (qui a fait son lycée à Nice avec Chloé) et son copain Vici qui ont grandi ici. Ils nous emmènent déjeuner chez la maman de Sourya, qui vit dans une maison construite par son mari, qui pourrait ressembler sous certains aspects à la maison des schtroumfs. Elle nous a raconte comment à l’époque elle avait parcouru la route par la terre de France a ici au travers de Turquie, Afghanistan et Pakistan, comment lorsqu’ils sont venus il n’y avait rien, pas même des arbres, et comment il y a encore ici tout a construire. Eh oui, bien que le chemin accompli soit énorme, c’est ici une des rares places à ma connaissance ou on peut venir, construire sa maison, et aussi tout le reste. Sourya nous emmène aussi visiter le temple central : une sphère recouverte de cercles d’or, avec à l’intérieur une pièce isolée parfaitement, toute blanche, dont l’éclairage est assuré par un rayon de lumière solaire pénétrant par le sommet et diffusé par un énorme cristal sphérique. C’est encore tout à fait magique...
J’aimerais bien raconter un peu plus, mais aujourd’hui j’ai vraiment une connexion internet pitoyable, et j’en peu plus, j’ai les pieds d’une noirceur peu imaginable (j’ai marche deux heures pieds nus dans un temple) et j’ai hâte de partir me laver. Je vais juste encore une fois remercier Sourya et Vici pour leur accueil exquis, et j’espère vraiment de vous revoir bientôt
A Auroville, nous avons aussi rencontre le dernier jour un italien de Bergame qui a raconté comment un jour en Italie il avait rêvé de deux symboles qu’il n’avait jamais vus auparavant, et il les a revus trois jours après dans une librairie, et il a découvert que c’étaient les symboles de Mère et Aurobindo. Depuis, il a lu toutes leurs oeuvres et, puisqu’il y manquait des choses que Aurobindo n’aurait pas eu le temps d’écrire, il a décidé qu’il devait chercher un maître vivant. Depuis, il a aussi rêvé de ce maître et il l’a trouvé plus tard en Inde, et aussi d’autres aventures dans le même genre. Il m’a raconte qu’il y avait plus de 32 yogas, qui sont autant de chemins différents qui mènent à un même but, et chacun doit choisir les siens. Par exemple, il y a celui fonde sur le travail physique, et l’on peut parvenir à l’illumination en tapant à l’ordinateur à longueur de journée (ou aussi j’imagine en faisant du crochet ;-) ). Il y a aussi un yoga fonde sur les sons intérieurs (quel est le bruit du mouvement d’un seul bras ?), sur les petits mouvements des bras, sur la dévotion absolue envers un gourou, etc... On m’a aussi raconte de diverses histoires sur le gourou super-médiatisé du moment, Sai-Baba, qui après certains ferait des tours de prestidigitation en produisant des cendres avec ses mains, alors que après d’autres il serait capable de parler en même temps à des gens et chacun comprend le message dans sa langue, ou aussi de faire apparaître un arc-en-ciel (alors que ça lui avait été demandé mentalement)...
Par ailleurs, nous avons aussi rencontré à Auroville une artiste allemande qui a suivi un cours de construction de maisons écologique a Auroville (on peut à 25 construire une maison en 24h...), et qui nous a montré qu’en mettant un peigne dans une feuille fine de papier pliée en deux on pouvait fabriquer un harmonica... Elle est partie avec nous le soir, et voyagera encore un ou deux jours avec nous.
Dans le train de nuit pour Madurai, nous avons aussi rencontré un autre allemand qui nous a rejoint pour un ou deux jours. Ça faisait de belles couleurs dans le train, avec les dred locks de Stefania qui en préparait aussi à Jean, et de l’allemand, les vêtements patchwork que Hilke s’est fabriqués elle-même, les instruments de musique, et le wagon couchette indien.
A propos des couchettes indienne, celles deuxième classe non climatisées, c’est-à-dire, les moins chères : c’est vrai que c’est simple et dépouillé, mais je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi confortable (il y a tellement de place, qu’on peut dormir contre son grand sac à dos, donc aucun pb de voleurs). Donc, encore un préjugé bête, avec des trains comme ça, le trajet de 33 heures pour traverser le pays c’est du gâteau.
Voila, on est donc arrivés ce matin à 4h30 à Madurai, où après avoir trouvé un hôtel j’ai passé longtemps dans le grand temple de Shiva et Parvati, haut lieu de pèlerinage, où un guide m’a expliqué comment marchent les mariages en Inde (il va se marier bientôt) : sa famille va contacter des familles des villages voisins (les filles de la campagne sont mieux que celles des villes car elles sont inexpérimentées), se faire envoyer des photos pour une première sélection, ensuite on envoie aussi les photos, on compare les situations des familles, on se rencontre pour voir si la fille correspond bien a la photo, et si en plus ses parents ont de quoi lui payer une large dot, tout est fait (au fait, si le type avait plus d’argent, il partirait chercher une femme au Kerala, car dans cette région seule les femmes traditionnellement préfèrent être dessus...) Ensuite, je me suis aussi fait faire une chemise sur mesure pour remplacer les derniers t-shirts en lambeaux qui avaient déjà fait 4 mois de voyages en Thaïlande et au Pérou (c’est mi-soie mi-coton, ça a pris une heure, et ça m’a coûte 2 euros...). On a alors déjeuné à un petit étalage de rue avec des petits chaussons farcis qui étaient délicieux, et c’est parti pour internet.
Voila, j’ai aussi essayé de méditer un peu ces jours-ci mais ça n’a pas trop donné. Beaucoup de mal à me concentrer, espérons que ça reparte. Entretemps, nous reprenons le train demain matin pour ... (je ne me souviens plus du nom). Je vous dis donc à bientôt, et bonne chance pour tout.
F.
PS : pour tous ceux qui devraient ou voudraient recevoir des nouvelles de Valérie et qui n’en reçoivent pas (j’ai des problèmes car sa mailing-list ne marche pas bien), prévenez-moi, j’essaierai d’arranger les choses.
PPS : message perso pour Chloé : j’ai vraiment été content de passer là où tu étais il y a deux ans, ça m’a fait bizarre de redécouvrir autrement ces trucs que tu m’avais décrits si différemment, et de t’imaginer ici à l’époque, alors que tout allait si différemment
PPPS : autre message perso : merci spécial pour le long mail philo de Marie-Madeleine que je dois encore bien relire, et aussi à Eldad qui suggère que même sans Ayurvéda ma maman aurait pu remarquer qu’il y a trop d’ "Air" chez moi...