Repos à Chengdu


samedi 9 août 2008, par Delphine B.

Réveil embrumé à Chengdu en ce samedi matin lendemain d’ouverture des JO...

Excellente surprise, la guesthouse est un vrai bonheur de backpacker : chaleureuse et colorée, mobilier de bois blond, grands espaces collectifs avec jardin, terrasses, espaces de cocooning, zone internet... et vrai petit bar. L’endroit est tenu par un ancien backpacker singapourien marié à une japonaise rencontrée sur la route ; ils ont baroudé à travers le monde avant de se poser ici. Et on sent qu’ils ont du passer bien des nuits sur la route et qu’ils connaissent bien nos besoins ! Des panneaux permettent de laisser des messages, recruter des compagnons de voyage ou afficher les bons plans, une grande carte présente toutes les attractions de Chengdu, des espaces de recyclages écologiques partout, une bibliothèque bien remplie, des fontaines à eau, un espace second-hand où l’on peut laisser des vêtements ou des produits dont on n’a pas besoin, etc etc... la liste n’en finit pas. Tout un tas de services et d’attentions qui font de l’endroit bien plus qu’un simple dortoir, et le staff est parfaitement bilingue et adorable... A peine arrivé on se sent bien et toute la documentation à notre disposition permet de se faire très vite une idée de ce qu’on peut faire aussi bien en ville que dans la région, et l’agence de se contente pas de vendre des tours, mais donne toutes les infos si on veut voyager seul. Très franchement je n’ai jamais croisé sur la route de guesthouse aussi sympa, où tout est si bien pensé et où ne se sent pas pris pour un pigeon chaque fois qu’on achète une bouteille d’eau ou une bière...

Le soir sur la terrasse je discute avec le propriétaire qui évidemment me demande ce que je pense de Singapour. Bien qu’absolument rebelle à la base à sa petite ile claustrophobique qu’il a très vite quittée, il se sent presque maintenant de revenir au pays ; nostalgie, tout simplement de la rectitude singapourienne... Suit un récit éloquent de ses mésaventures de manager de guesthouse en Chine... D’abord il faut payer, 10 000 taxes à 10 000 services différents : pour le droit d’héberger des gens, et celui d’héberger des étrangers, pour le droit de servir à manger, d’avoir des postes de télé, d’avoir de l’eau chaude dans les douches et des fourchettes en cuisine... j’exagère à peine ! Puis viennent les inspections : ah ! la cuisine à cet endroit ce n’est pas règlementaire. Bon, on démolit tout et on reconstruit la cuisine ailleurs. Seconde inspection : ah ! là ça va pas non plus. ???? Mais, vous m’avez dit de la mettre là !!! Ah, les règles ont changé... 3eme inspection : là, ça va pas non plus.... aaaargh !!! Finalement le message passe et on comprend à quoi riment ces inspection : il caresse la paume de sa main d’un geste qui ne laisse aucun doute sur sa signification. “C est sans fond, tout le monde vient tous les mois réclamer sa part du gâteau, et il ne nous reste que des miettes... Puis vient le problème des employés. L’employeur étranger est soumis a des règles particulières qui offrent une grande sécurité aux employés...”
Bonnes intentions certainement, mais au final tous les employeurs se plaignent de leur staff paresseux et je-m’en-foutiste. Tandis que l’on discute, il est accroupi et gratte au couteau le plancher de la terrasse de longues striures pour le rendre moins glissant. "Ce n’est pas à moi de la faire, mais j’ai demandé 15 fois au staff de le faire... là, ils sont tous cachés dans un dortoir... 53 personnes, j’emploie 53 personnes ici... ailleurs la moitié suffirait. Mais ici il faut tout le temps être sur leur dos..."
Néanmoins les jeunes qui sont directement en contact avec nous à l’agence de voyage ou à la réception sont irréprochables : sourire et sens du service sont au rendez-vous comme jamais en Chine, et ça fait vraiment plaisir !

Il se demande donc s’il ne rentrera pas ouvrir une guesthouse au pays, à Singapour, après avoir repris la route un an ou deux avec sa femme et ses deux petites filles de 3 et 6 ans. Un doux rêve qu’il caresse désormais de loin car sa situation financière s’est dramatiquement retournée il y a quelques mois. Il y a 6 mois ils ont du déménager de leur ancienne location en plein centre. Ils ont trouvé un autre lieu tout aussi sympa mais plus grand. Le business marchait bien et ils ont pris le risque de l’agrandissement, faute aussi de trouver un local de taille équivalente. Et puis donc sont passés tous les "inspecteurs" venus chercher leur du, plus gourmands que jamais... puis sont venus les catastrophes : la fermeture aux touristes de toutes les zones tibétaines du Sechuan, principale raison pour les backpackers de venir au Sechuan. Puis le tremblement de terre qui a fini de faire fuir les derniers touristes. La guesthouse en ce mois d’aout de pleine saison est aux trois quart vide. Comme tous les sites touristiques du Sechuan. Donc il ne pourra pas vendre cette année. Et on imagine très bien la tristesse de l’ex-backpacker, coincé entre soucis financiers et bureaucratie, rêvant de reprendre la route en regardant passer ceux qui librement voyagent...
Rien n’entame néanmoins son immense gentillesse et c’est véritablement dans une maison d’hôte que l’on se sent ici, accueilli à la table du proprio. Si vous désirez faire vos premiers pas en solo en Chine et que vous avez un peu peur de vous lancer, c’est ici qu’il faut venir, directement... on vous mettra en selle comme nulle part ailleurs...vite vite... avant que ça ferme !

On est tellement bien dans cette guesthouse qu’il est difficile d’en sortir, mais j’ai rendez vous pour déjeuner avec un couchsurfer, John qui étudie le chinois à l’université après avoir enseigné deux ans l’anglais. C’est sous la pluie que je traverse Chengdu en bus surpeuplé mais je trouve toujours un siège car les chinois ne veulent pas s’assoir sur les sièges mouillés par la pluie ! Je m’arrête au passage pour faire 3 courses et tenter de réserver mon billet de train pour Chengdu dans une semaine. Le lonely planet indique un bureau de ville où l’on peut acheter ses billets, un point sur la carte... placé trois rues trop loin donc je me retrouve à demander à tout le monde le chemin... oh miracle, c’est vrai que les sechuanais sont adorables, quand ils ne savent pas ils vont demander pour moi et je passe ainsi de mains en mains jusqu’à découvrir... un minuscule guichet planté en face du marché... qui effectivement vend les billets ! Mais c’est trop tôt, les réservations ne commencent que 5 jours en avance, et il me faudra faire confiance à ma guesthouse pour réserver mon billet en mon absence. Ces réservations de couchettes sont un casse-tête car il faut s’y prendre bien à l’avance, parfois à l’heure même d’ouverture des réservations pour décrocher le fameux sésame... et voyager 36h sans couchette n’est guère une option ! En plus, curieusement, ha ha ha, à l’heure même d’ouverture des résas il ne reste dans certains cas déjà plus une seule couchette ! Où sont passées les couchettes ? Qui les a pré-réservées ??? Comment ??? Mieux vaut ne pas trop chercher la petite bête....

Autant les gens sont adorables, autant l’architecture de Chengdu est a première vue désespérante. Il ne reste plus le moindre bâtiment de moins de 6-7 étages et tout semble avoir été ardemment détruit et rebétonné depuis dix ou vingt ans. Résultat, au centre, le long d’avenues trop larges, des enfilades infinies de bâtiments plus ou moins modernes, musée vivant des horreurs contemporaines. Pas encore de métro dans cette capitale de 4 millions d’habitants et 13 millions en comptant la métropole, et de furieux embouteillages pour tout le monde. Malgré tout au hasard des ballades on déniche de vieux quartiers résidentiels d’HLM de 6-7 étages, sagement alignés le long de contre-allées donnant sur de petites rues bordées d’arbres et grouillant de boutiques et de petits restaus. C’est très agréable de se promener dans ces quartiers à échelle humaine, vivants et chamarrés. Évidemment ils ne sont pas éternels et seront bientôt j’imagine détruit pour faire place à des condos et autres tours sans âme. En attendant ils me semblent être l’âme de cette ville qui fait semblant d’être moderne mais n’aime rien tant que les flâneries dans les maisons de thé, les siestes à toute heure et n’importe où et les bons diners entre amis... Le moindre petit restau est singulièrement chaleureux comparé au standard chinois : avec leurs vraies tables en bois et leur ambiance tranquille les petits bouis bouis semblent nous inviter à flâner à table, là où partout ailleurs en Chine le repas est d’abord une affaire d’efficacité, exécuté en moins de deux sur une chaise en plastique sous de violents néons. Et comme partout il y a ces marchés immenses où tout se vend et où l’on perd si vite le nord qu’à la sortie de ces labyrinthes d’échoppes on n’a d’autre choix que de demander son chemin. A Chengdu c’est facile, il suffit de se poser au milieu du trottoir le plan grand ouvert pour que tout le petit monde qui vit et travaille dans la rue se mette à vous regarder en rigolant et commentant le spectacle... quand le public est bien chaud il suffit de s’avancer avec un grand sourire et lancer à la cantonade un retentissant "qing wen ! " (puis je vous demander ?) et poursuivre avec forces gestes et chinois maladroit en ne manquant pas de rigoler un bon coup chaque fois qu’on arrive pas à trouver le mot ou à se faire comprendre... Imparable ! Une minute de palabres, de regards interloqués sur le plan bilingue et en moins de deux la direction est pointée.

Oui il pleut, oui c’est pas très joli, c’est bruyant, embouteillé et bien trop grand, mais nulle part en Chine je n’ai trouvé le contact avec les chinois si facile et joyeux. Des chauffeurs de taxis aux passants qui s’abritent avec moi sous un auvent quand la pluie se déchaine, tout le monde semble heureux d’engager la discute avec moi, et je n’ai même pas besoin de faire le premier pas ! Seul soucis, une fois encore, ce terrible accent à couper au couteau qui fait de ces conversions un vrai challenge pour moi ! Pourtant le peu que je comprends est passionnant ; les gens me parlent facilement de leur vie, de leur famille, de leur salaire... un monsieur me raconte qu’il est ouvrier, qu’il est très heureux car il y a du travail à Chengdu et pas trop mal payé. Avec ses 1500 yuans mensuels il peut s’occuper de son fiston, un garçonnet à demi aveugle de 10 ans avec qui il est sorti en vile aujourd’hui car c’est son jour de repos. C’est jour de fête et il a mis son beau complet. Comme il s’est mis à pleuvoir fort il reste là avec moi devant un magasin une bonne demi-heure à m’offrir moultes cigarettes et déchiffrer mon chinois approximatif. Il est très curieux de savoir où j’ai voyagé en Chine, qu’est ce que j’ai aimé. Lui n’a jamais quitté le Sechuan et rêve comme tout bon chinois d’un pèlerinage touristique à Guilin.... En attendant, les JO le laissent parfaitement indifférents. Pékin c’est loin.

Grace à lui je déchiffre sans soucis les indications que me donne John mon couchsurfer pour le retrouver à déjeuner, en face de l’université et en un coup de bus je me retrouve attablée dans une petite gargote à dévorer aubergines et haricots frits, tofu en sauce tomate et racine de lotus, le tout sérieusement épicé et dynamite au fameux poivre du Sechuan. Un délice évidemment, la cuisine sechuanaise est un délice, pour ceux qui veulent tenter je crois avoir à Singa l’adresse d’un bon restau sechuannais à Paris. Je recommande absolument !

John me raconte son expérience chinoise, son arrivée du Canada il y a deux ans, pensant ne rester que six mois, ne songeant pas un instant apprendre le chinois... puis l’expérience de la solitude, cette impression de vivre toujours en marge, jamais dedans, cette aliénation dans sa propre culture... et de poste en poste à travers la Chine, soudain le déclic : il faut apprendre le chinois, sinon tout ce qu’il vit ici n’a aucun sens... Deux ans après sont arrivée c’est un étudiant fervent qui a mis assez de sous de coté pour se consacrer quasi totalement à ses études de chinois. Il enseigne encore un peu pour se faire trois sous mais s’est fatigué du travail qu’il considère plus comme un travail de coach ou de psy que comme un enseignement pur et simple. Ses élèves qui se renouvellent en permanence arrivent souvent littéralement terrorisés en cours. Ils n’ont jamais vu un étranger et ont toujours peur de mal faire... les ouvrir un peu, les faire parler est un casse-tête, et quand enfin un débat éclate la moitie de la classe le supplie de changer de sujet car c’est indécent de ne pas être tous d’accord... Les jeunes sont rarement très assidus, leurs parent les forcent à assister aux cours, les quadras sont extrêmement timides et mal assurés. Tous arrivent en cours avec un prénom anglais qu’ils ont passé des heures à dénicher sur internet en cherchant une connexion avec leur prénom chinois... le plus souvent c’est un choix fort malheureux, un prénom du 17eme siècle, un nom de fleuve ou de ville ou pour ce grand costaud à la voix grave, un nom de fille, Jane, dont il ne veut pas démordre...

Toutes ces rencontres avec ces profs d’anglais improvisés en Chine -et ils sont des milliers- me donnent sacrément envie d’écrire un livre de portraits sur ces étranges parcours d’occidentaux souvent débarqués en Chine sur un coup de tête et qui y restent plusieurs années, par amour des gens, de la culture ou de la langue chinoise, en quête de liberté, de voyages, de rencontres ou simplement en fuite. Chine, dernier espace où l’on peut vivre de rien, où l’on peut plier bagages du jour au lendemain, où l’on est sur de trouver du boulot partout, où l’on ne paie pas d’impôts... Il y a un prix à payer, l’entre-deux culturel et le tiraillement constant entre d’une part l’envie de passer du temps avec les siens, les occidentaux avec qui on partage les même gouts, les mêmes loisirs et les mêmes façons d’être et de communiquer, et d’autre part le désir de mieux connaitre la culture chinoise, de tenter de fondre un peu dans l’environnement. Désir souvent contrarié, après 10 ans en Chine un étranger est toujours un laowai, et il est quasi inimaginable qu’il parle chinois... sans compter le fossé culturel, cette pudeur chinoise qui rend très compliqué le partage de toute intimité ; les sentiments qui ne se disent pas, les confidences qui ne se font pas. Quel que soit leur désir d’intégration, les étrangers en Chine semblent toujours conscients de leur situation à part, marginale et parfois inconfortable.

John ne restera pas toute sa vie ici, il n’est pas en fuite. Il a étudié les sciences sociales et désire, à son retour au Canada, travailler pour les services de l’immigration, mettre son mandarin au service de ceux qui lui ont fait un temps une place dans leur pays et leur faciliter l’arrivée dans son pays. C’est rare, la plupart des "profs d anglais" sont en transit, en quête, en fuite.
John a bien du mal à m’indiquer un quartier avec de petites rues, un quartier pour flâner à Chengdu, et je suis épuisée de toute façon donc je rentre bien vite à la guesthouse dormir un peu et partager quelques bières avec d’autres travellers. L’ambiance de pub me fait un bien fou... après tant de kilomètres traverses sans le moindre laowai en vue, ça fait du bien de boire une bière au comptoir et avoir une vraie discussion en anglais !
Sans trainer pour autant, car le lendemain j’ai rendez-vous à 7h30 avec Jason pour aller voir les pandas !!!

Jason est un poème ! On s’est rencontrés alors qu’il demandait des infos sur la réserve de pandas à l’agence de voyage de la guesthouse. Rapide comme l’éclair, il me propose d’y aller avec lui, à deux c’est moins cher d’y aller par nous mêmes que par l’agence... Affaire conclue, me voila embarquée pour une excursion avec ce géant britannique aux allures peu pacifiques. Tatoué de pied en cap de paroles de chansons de David Bowie, le portrait de la star imprime sur son crane aux trois quart rasé, le dernier quart recouvert d’une touffe blond décoloré, Jason n’est pas le genre de type à qui on vient naturellement demander l’heure dans la rue ! Mais la route fait naitre des rencontres improbables, et en ce dimanche brumeux je vais donc servir de guide et de compagnon de route à ce Jason qui décidément cache bien son jeu.... Fin, doux intelligent et cultivé, et c’est un formidable compagnon pour cette excursion au pays des pandas. Il voyage depuis 3 semaines en Chine et ne s’y fait pas... les crachats, la façon dont on le regarde, le bruit constant, la nourriture toujours trop épicée, trop grasses ou pas assez copieuse, il en a marre et voyage désormais en vrai touriste, mangeant dans sa guesthouse et bookant des tours spécial westerners... Bref, j’ai un jour pour le faire changer d’envie, et de la réserve des pandas au supermarché, le parcours se transformera en jeu de rôles pour apprivoiser les chinois ! Me servant de l’expérience de Marc, mon grand allemand, je lui explique que le seul moyen de s’en sortir, lui qui avec ses allures de géant féroce et tatoué fait peur à tous les chinois, c’est d’en rajouter ! Ex -tra-ver-ti : il faut qu’il soit totalement extraverti et souriant pour faire passer la pilule de son look... euh... d’enfer !!! Et ça marche ! Il se met à lancer de grands compliments aux demoiselles sur leurs robes et leur chapeaux, à tâter le riz au supermarché avec le même sérieux que la petite dame qui fait ses courses et éclate de rire, à mimer les pandas et blablater en pseudo chinois avec le gardien de la réserve... C’est hilarant et ça marche, mission accomplie, Jason a compris que les chinois ne sont pas si méchants que ça dans le fond, juste apeurés par son look et qu’un peu de dérision et de grands sourires brise la glace aisément !

Alors bien sur en ce dimanche, l’événement ce sont les pandas, mais que voulez vous que je vous écrive sur la réserve des pandas ??? Que c’est un joli parc perdu dans les bambous, que les pandas quand ils daignent se réveiller et bouger leurs fesses sont absolument adorables et que les voir croquer leurs bambous d’un air las et désinvolte est un spectacle mémorable... Bref ce sont des pandas, il n’en reste plus beaucoup sur terre et c’est l’attraction phare de Chengdu. Je passe dans le parc une superbe matinée, mais pour de vrai l’événement de la journée c’est Jason, et découvrir que non non non l’habit ne fait pas le moine, et que ce punk effrayant n’est qu’un gentleman au grand cœur....

Donc deux jours très sympas et reposants à Chengdu dans cette guesthouse au grand cœur, mais entourée de tant de travellers, de tant de petites histoires de voyages et de tant de hamburgers, je n’attends plus que de reprendre la route.
Passé le bonheur de se ressourcer un ou deux jours dans un environnement familier, les guesthouses de travellers deviennent vite des espaces confinés, urltraprotecteurs et vaguement obscènes où nous les voyageurs nous retrouvons entre nous dans notre petit monde à refaire le monde sans plus y mettre les pieds... L’Inde est bourrée de ces enclaves occidentales qui n’ont rien à envier aux Sheraton, bien moins cher certes, mais même philosophie, être chez soi ailleurs. Et ignorer l’ailleurs que l’on est censé être venu expérimenter.

Reprendre vite la route donc. Seule. Définitivement seule.

Et soulagée de l’être...

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