Regards croisés sur le Nicaragua


vendredi 12 novembre 2004, par V.

Bonjour à tous,

J’espère que vous allez bien. Beaucoup de temps s’est écoulé depuis mon dernier mail co. Je ne sentais plus l’envie d’écrire à tous, j’avais l’impression qu’on ne touche les gens qu’individuellement, et puis je me suis rendue compte que j’écrivais aussi de moins en moins de mails persos. Alors je tente de me ressaisir, de ne pas permettre à la distance, ni à l’absence d’engendrer peu à peu l’oubli ou l’indifférence. Voilà donc une tentative de rapprochement, le partage d’une expérience : mes impressions sur notre voyage au Nicaragua.


1) Les bus de Tegus jusqu’à Granada

Comme souvent on a voyagé avec les vieux bus jaunes, les anciens bus scolaires américains devenus obsolètes et revendus à prix d’or en Amérique Centrale. Ils sont rafistolés à l’extérieur autant qu’à l’intérieur et bariolés d’autocollants surprenants. Par exemple, il est courant de trouver au-dessus des fenêtres un dessin porno avec texte à l’appui au cas où l’on aurait des doutes sur l’interprétation des formes, à côté d’un "Dios te cuida". Cette juxtaposition hétéroclite est très révélatrice de la mentalité centraméricaine. Ils sont à la fois férus de religion, pratiquants à l’outrance et primaires dans leur rapport à la sexualité. Il n’y a pas de délicatesse de l’homme à la femme, mais un rapport plutôt machiste de désir et de possession. De ce fait, les femmes éduquées sont souvent divorcées et restent célibataires par choix. Quant aux hommes, ils multiplient les relations ponctuelles en laissant derrière eux une ribambelle d’enfants. Mieux vaut être un homme ici quand on appartient à la classe défavorisée… Bref, je m’éloigne….

Bon, on s’est rendus le samedi matin a 8h30 à la gare de bus de Tegus et on a attendu 1h30 qu’un bus arrive. On voulait arriver à Granada le soir, et on avait environ une dizaine d’heures de bus en changeant 4 ou 5 fois… Bref ce n’était pas gagné. Mais on a réussi ! Vers 20h, nous sommes arrivés vannés à Granada, ville splendide du Nica, qu’on connaissait déjà pour y avoir passé deux jours il y a 2 ans. Notre hotel d’alors n’existait plus, il avait fermé, on est donc descendus dans un hotel conseillé par le Lonely, rempli de backpackers. Un pur cliché d’hotel de voyageurs. Il y avait beaucoup de dreads, de piercings ou de tatouages. Sympa, mais trop déjà vu. L’hotel était comme ses voyageurs, très coloré, gribouillé, chacun y avait laissé une trace de son passage, une date, un poème, une chanson, un dessin, un prénom, une tâche… Moi, bêtement, j’y ai laissé un sac que j’ai oublié , dans lequel il y avait mon petit couteau suisse auquel je tenais beaucoup. Acte manqué…

C’est dans cet hotel que nous avons retrouvé Anne et Fred deux français du lycee, vous voyez on peut partir au bout du monde et on se retrouve plus vite que dans son quartier.

On s’est promenés dans Granada, dans l’échiquier des rues de toutes les couleurs, avec de splendides façades coloniales qui s’ouvrent sur des patios fleuris. On y sent encore toute la richesse coloniale des siècles derniers avec ses débauches de luxe, son architecture extravagante, et ses églises-meringues, mélange savant de bleu et blanc ou jaune et blanc, de coupoles sculptées et peintes et de grosses cloches aux longues cordes, toujours prêtes à sonner.

Il faut voir Granada. Elle est au pied du volcan Monbacho, baignée par l’immense lac de Nicaragua, fameux pour ses requins d’eau douce, arrivés là on ne sait pas trop comment, mais en tout cas très bien adaptés et bien vivants, ils mesurent jusqu’à trois mètres…. C’est une ville très vivante, animée, avec un marché tentaculaire, un parc central qui ressemble à une arène politique, tout le monde s’apostrophe, c’est un spectacle permanent : les petits gamins-vendeurs se battent la plupart du temps, on en voit même un qui urine sur une fille, puis s’enfuit, la fille le poursuivant pour le frapper.. Il y a aussi ceux qui s’improvisent chanteur-acteur-mime et qui vous font à tue tête Mickael Jackson chantant n’importe quel chanteur latino, ou encore, à une cadence de 25 fois par heure en moyenne, on vient vous proposer d’acheter à boire, à manger ou des culottes, des lunettes, du dentifrice, un bracelet…. Mais surtout, c’est une des seules villes d’Amérique Centrale où l’on peut trouver des pseudo-cafés et s’asseoir à une terrasse en buvant un verre, et ça c’est vraiment chouette.


2)Le cargo de Granada jusqu’à San Carlos

C’est un cargo qui fait la traversée du lac deux fois par semaine, le lundi et le jeudi. Il part de Granada, fait halte après 4h de navigation sur l’île d’Ometepe, puis à San Miguel, enfin après 15h de traversée, il arrive à l’extrême Sud du lac, dans la petite ville de San Carlos. Le cargo est composé de deux niveaux, en bas c’est la 2ème classe, avec un vaste pont, dévolu au transport de marchandises et une grande cabine avec des rangées de bancs de bois, où règnent une chaleur et un bruit intenables à cause des moteurs. En haut, il y a un autre pont, sans marchandises et une cabine climatisée/télévisée, avec des bancs en nombre suffisants et rembourrés ! C’est vous l’avez deviné la 1ere classe. Dans la pratique, en 2ème classe les gens s’entassent, se pressent et se superposent autant que les marchandises sur le pont, car : 1. ils vendent plus de places qu’il n’y a de sièges en 2ème 2.Il fait une telle chaleur à l’intérieur de la cabine qu’on est obligés de rester dehors et on se serre les uns contre les autres et on se marche dessus, mais en se disant pardon à chaque fois.

Cela dit,une longue traversée sur un cargo, comme ça, en 2ème, je vous la conseille à tous, c’est une expérience inoubliable, à la fin de la nuit, tous vos voisins sont devenus vos amis. Comme vous, ils ont eu trop chaud, puis très froid, comme vous, ils ont mal partout et quasiment pas dormi, mais comme vous aussi ils sourient… On est tous frères !


3)Récit de la nuit sur le cargo

La traversée a été épique, on était avec Fred et Anne qui eux descendaient à Ometepe. On nous avait proposé des places en 1ère ou en 2ème classe. On a choisi la 2ème, parce qu’on ne voulait pas de la télé, ni de la clim, et que par souci d’intégration , on préfère toujours voyager comme les locaux, si on part à 10000 kms autant vivre le dépaysement. On s’est donc retrouvés dans le bas du bateau, avec le choix entre l’intérieur, c’est-à-dire un espace bondé où les gens étalent leurs sacs pour se résever plus de place sur les bancs de bois, il y fait une chaleur de sauna, et le pont sur lequel sont entassés des marchandises, des caisses et d’immenses paniers. On choisit le pont, on trouve un moyen ingénieux pour fixer le hamac alors qu’il n’y a quasi aucune prise, et puis on s’assoit par terre. Par manque de chance, en 2ème pour voir la mer ,il faut etre debout, sinon on a vue sur des caisses, et pendant 15h, c’est long de regarder des caisses…Avec Anne on commence à regarder avec convoitise les 1ères… Finalement Anne essaie de negocier un changement de classe en proposant de payer la difference,mais les employés ne veulent pas nous laisser monter. Tant pis, on tente de se caler comme on peut et on admire le décor. Jusque là encore,tout va bien…

A Ometepe, Fred et Anne descendent, nous, on a encore dix heures de traversée. Trois employés costauds chargent à raison de 2 régimes de bananes par allers-retour une énorme cargaison de bananes. Ca prend un temps fou. C’est à se demander où ils vont pouvoir les mettre… Mais ici la notion de place est toujours extensible, il y a toujours de la place, ils sont les champions de la compression et de la superposition, avec les hommes comme avec les choses… On a dû démonter le hamac pour laisser le passage, une foule immense a embarqué , il y a du monde partout, genre boat people. On finit par larguer les amarres, on repart avec les bananes…F. me refixe le hamac, mais j’observe avec désespoir et panique qu’une multitude d’araignées, genre terribles, sortent des régimes de bananes qui occupent tout l’espace. J’en ai même eu sur moi. Je panique sévèrement, d’autant que je ne peux pas me lever sans marcher sur quelqu’un, encore moins courir, on est tous superposés. C’est dans ces moments-là que surviennent des moments de grâce:je ferme les yeux, je fais abstraction de ma peur, j’accepte leur présence.

La nuit est là, le vent s’est mis à souffler fort, on est trop gelés sur le pont, je décide de rentrer dans la cabine, je finis par trouver un minuscule bout de banc — en fait il était réservé par un chapeau de cow-boy que je me suis résolue à ignorer et que j’ai déposé délicatement sur le dos d’une voisine endormie—, et je regarde avec envie ceux qui par chance sont allongés sur leur bout de banc, ceux qui dorment par terre malgré les insectes et la saleté. Je suis crevée et je commence à trouver que notre cargo est une vraie galère.
Après San Miguel, je me trouve un vrai bout de banc et j’arrive à dormir 3h,collée contre un voisin qui me colle ses pieds près de la figure, mais au point ou j’en suis , ça ne me gène meme pas.. et je dors jusqu’à notre arrivée à 5h30 du matin à San carlos.


3) L’arrivée à San Carlos, première impression

Le ferry accoste à 5h30, tout le monde descend dans une agitation fiévreuse. Il y a sur le quai les vendeurs qui hurlent pour vendre leur café chaud, leur soupe, du pain ou du poisson. Il y a les taxis qui t’attrapent les bras pour t’emmener, les changeurs d’argent qui crient. Je suis comme saoulée, crevée, je regarde ce que je vois devant moi et là j’ai envie de pleurer de repartir illico avec le bateau, quitte à revivre une seconde traversée, mais partir…

Il est 5h30, le jour se lève à peine, la ville me semble grise, il y a des espèces de moustiques partout, les gens te regardent curieusement, il y a de la boue partout par terre et des grosses pierres, il faut regarder le sol en marchant pour ne pas trébucher. On se croirait dans une ville de western oubliée par le temps. On s’asseoit 5 minutes sur des marches et deux clodos nous abordent, pendant que l’un nous parle l’autre tente de fouiller par derrière notre sac. J’ai envie de fuir. F. me soutient que c’est splendide, et je déprime déjà à l’idée d’être coincée là, obligée d’attendre quoi qu’il arrive 4j avant le retour du ferry.


4) San Carlos, seconde impression

On a trouvé un peu par hasard un petit hotel, avec une terrasse qui surplombe le fleuve. On peut même s’y baigner en descendant les 5 marches qui nous en séparent - l’eau est verte et sert d’égoût au village tout entier, mais il fait si chaud…
Géographiquement et historiquement San Carlos était un point stratégique pour le Nicaragua. Ville portuaire, elle relie le lac du Nicaragua à la mer Caraibes par son Rio San Juan - c’est par là que sont arrivés les requins dans le lac. Depuis le 17ème siècle, bon nombre de pirates anglais, allemands ou français remontaient le San Juan depuis la mer des Caraibes, puis traversaient le lac pour piller Granada ou Léon - les villes coloniales les plus prospères- jusqu’à ce que le roi d’Espagne, fatigué des différents sacs successifs ordonne la construction de la forteresse de San Carlos afin de pouvoir couler les bateaux pirates dès leur entrée dans le lac. On peut encore visiter les vestiges de la forteresse et admirer, depuis les terrasses, la vue surplombante de la ville. Il y a aussi un mini musée qui explique succinctement l’histoire de la filibusterie, ainsi que celle complexe du rio San Juan : depuis sa découverte par les Espagnols - qui l’ont cherché longtemps - jusqu’à aujourd’hui, port de transit pour les voyageurs du Costa Rica.

Bon, la "ville" en elle-même est minuscule, composée essentiellement d’une seule rue parallèle aux docks. Les maisons sont petites, banales, le plus souvent en bois. La chaussée est composée de terre battue avec des pierres, avec beaucoup d’ornières en raison des pluies abondantes quoique très brèves tout au long de l’année. Impossible de marcher le nez en l’air… Ce que j’ai aimé,surtout c’est la gentillesse des gens. On n’a jamais vu de gens si chaleureux, si accueillants. Par exemple, on avait découvert un boui-boui qui faisait une soupe de poissons délicieuse - c’était quand même très fort de manger, chaque midi, une copieuse soupe de poisson bouillante, par 40 degrés dehors, on avait l’impression d’être dans un sauna, on sentait les gouttes de sueur dégouliner !- bref, à chaque soupe on se retrouvait attablés avec des locaux à l’unique table du comedor, et tous les jours on a eu de longues discussions avec eux sur l’histoire du village, l’élection de Bush, le rôle des USA dans leur guerre civile il y a dix ans, notre voyage et nos impressions. Ils n’étaient pas juste curieux, ils étaient intéressés et souriants.

Quant à notre hotel, il n’y avait de bien que la terrasse, le proprio et sa famille ; car pour ce qui est de la chambre et des toilettes/salle de bains, c’était cauchemardesque. La chambre était minucule avec des murs délavés sur lesquels se baladaient régulièrement plusieurs cafards. Le premier jour, on a enfermé par malchance un chat en sortant, il a fait ses besoins partout et pendant deux jours — jusqu’à ce qu on supplie la muchacha de nettoyer à l eau de javel, on a été baignés d’une odeur infecte à la mesure de la chaleur ambiante… Malgré la chaleur humide étouffante, on devait dormir sous moustiquaire, car à cette saison, dès que la nuit tombe- vers 17h30, la ville est envahie par des millions de moustiques verts, qu’ils appellent chayuls. Ils ne piquent pas, mais arrivent d’un seul coup par nuées, on les respire, on les avale, ils sont inévitables. Pour se protéger on se mettait un bandana à la cow-boy sur le visage et on courait le plus vite possible au boui-boui pour dîner de poissons dans une obscurité presque totale afin de ne pas attirer les insectes. A l’hotel, il n’y avait pas d’électricité, heureusement on avait la lampe de poche pour se guider dans le noir jusqu’à la chambre, et se glisser sous la moustiquaire, avec le ventilo braqué sur nous à fond, histoire d’avoir un peu d’air. On dormait sur un lit minuscule, avec le bruit des souris qui couraient sans cesse au-dessus dans le faux-plafond, c’était épique.
Le matin très tôt, sur la terrasse, c’était splendide. Il y avait une lumière très pure, des centaines d’oiseaux parcouraient le fleuve en file ou en chevrons, des canards et des hérons se nourrissaient de poissons qu’ils pêchaient en les avalant d’une traite, malgré l’étroitesse de leur cou, des grues impassibles les observaient.

C’est aussi sur la terrasse qu’on a rencontré Philippe, un français qui a quitté la France depuis 20 ans. Il a vécu à Saint Martin, y a fondé un journal, puis il est parti en Californie, au Costa Rica, à présent il est installé au Nica et a monté une guest house spécialisée dans la pêche au Tarpon — un poisson énorme qui peut peser 100 kilos. Il organise des sorties-pêches avec de riches américains passionnés, ou avec les fils du président nicaraguayen, ou avec tous ceux qui sont prêts a payer plus de 2000 dollars la semaine. C’est un phénomène, fou de pêche, de mer et de whisky. Il a fait construire son hotel sur un îlot en face de notre terrasse. Il nous a emmenés le visiter et prendre un verre. C’est splendide, au milieu des joncs, bati sur l’eau, avec tout le confort qu’on ne trouve nulle part ailleurs ici, et une vue imprenable sur le lac et le rio… Il nous a raconté son histoire, il est copain avec le chanteur-navigateur Antoine, a connu Chirac à Saint Martin, a revendu son journal 1 million de dollars aux USA et a tout réinvesti dans ses hotels-pêche de luxe, ici et au Costa Rica. Il nous a donné des écailles de tarpons —pour faire des mobiles— qui sont de la taille de la paume de ma main… Quand on arrive chez lui, on est accueillis par un énorme crocodile, reproduction fidèle de ceux qu’on trouve dans les marais. Dépaysement assuré… On le retrouvera en Décembre, quand on reviendra pour descendre encore un peu plus bas.

Bref, San Carlos vaut le détour, le rio est splendide, changeant à chaque heure du jour, parcouru par une faune variée sans cesse mouvante. Les abords de la ville aussi ont du charme, le cimetière est de toutes les couleurs, certains arbres ont la stature de baobabs, le poisson des comedors est délicieux et les gens toujours prêts à bavarder. Ici, le temps s’est arrêté, personne n’est pressé, ni stressé. Alors même s’il est vrai que les conditions d’accès et de séjour sont un peu rudes, ça vaut la peine, on rentre transformés. _

5) le retour

On a embarqué à 15h sur le cargo, mais cette fois en première,histoire de comparer… Ca change tout. On a pu installer correctement le hamac sur le pont, et on avait la vue sans avoir besoin de rester debout pour voir autre chose que des caisses de marchandises. On était moins nombreux aussi, mais il n’y avait quasiment que des étrangers, tous les locaux sont en 2ème… Les 15h de traversée ont donc été faciles et on est arrivés en forme à Granada à 5h30 le matin. On a enchainé avec un bus pour Managua. Et c’est dans un petit bus de ville de connexion qu’on a vécu une drôle d’aventure…
Le bus était archi-bondé. F. avait le gros sac à dos, moi juste un minuscule sac à dos que je portais fermé devant moi. A un moment, un type m’écrase sur un autre pour passer. Il se plante devant moi et tape fort sur le sac de F. en criant. Je tourne la tête : il y avait un scorpion sur le bas du sac de F… Super trouille, il frappe maladroitement avec la main(!) le sac, moi j’enlève vite ma sandale et je vais pour l’écraser, il me repousse une nouvelle fois et le fait juste tomber par terre !!!! dans un bus bondé où on est tous en chaussures ouvertes… Impossible de bouger, je suis paniquée, je scrute le sol désespérément dans l’espoir que tout ira bien. On reste coincés une demi heure dans le bus. Ouf, on descend en se demandant s’il n’y a pas un second scorpion dans le sac - on m’a expliqué qu’ils sont toujours en couple. On se dit qu’on a dû les trimballer depuis le bateau à cause des régimes de bananes qui sont chargés en vrac… Pas d’autre scorpion en vue… on monte dans le bus suivant, et là, surprise, on m’a piqué l’appareil photo numérique de F. que j’avais dans le sac, dans le bus bondé. Incroyable, je n’ai pas senti qu’on ouvrait, fouillait et refermait le sac. Le coup du scorpion avait servi de distraction, le gars avait tout mis en scène, c’est pour cela qu’il s’y était pris si gauchement, afin de détourner et de concentrer mon attention sur le sol. Je n’en reviens toujours pas… Pas de chance…

Bref après 28 heures de voyage non stop, on est arrivés vannés, mais contents à Tegus. On est prêts à repartir, il ne me manque plus que la machette et je serai une vraie de vraie aventurière.

Voilà, merci de m’avoir suivie jusque-là. J’espère que ce récit ne vous a pas complètement épuisé. J’espère aussi recevoir bientôt des nouvelles de beaucoup d’entre vous, pour partager aussi quelques bribes de votre vie. Je vous embrasse bien fort,

V.

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