Pour une nouvelle description du monde

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"Et si les étoiles étaient minuscules, après tout ? Qui les fait s’endormir ?"

Leonard Cohen

Juin 2002. Ça fait un bout que je pense à tout ça, et que j’en discute avec beaucoup d’amis. Les commentaires de ceux qui ont lu mon premier texte sur le sens des choses m’ont beaucoup encouragé. Je vais ici essayer de compléter ce système, pour y inclure les grandes questions que sont l’amour, la souffrance, la mort. Le texte sur le pouvoir des mots va mieux expliquer les buts de mon projet. Je rappelle ici que je propose ici essentiellement des extrapolations personnelles des idées que j’ai pu trouver dans mes lectures et mes voyages, essentiellement les théories de Castaneda, bouddhistes, etc. Je donnerai bientôt d’autres sources.


Avertissement

Je m’attaque dans cette page à des problèmes délicats, dont mon expérience est très limitée, car jusque là j’ai toujours eu beaucoup de chance dans la vie. Si je suis donc maladroit, ou semble sous-estimer des difficultés, je vous demande pardon à l’avance. Ici, j’essaie juste de préparer des protections, en attendant les obstacles et les épreuves que je rencontrerai un jour ou l’autre, et j’espère que ces idées m’aideront à les affronter, et j’espère qu’il puisse en être de même pour quelques lecteurs.

Une dernière recommandation : si vous voulez comprendre cette page et ma démarche, il faut que vous lisiez d’abord le texte sur le pouvoir des mots, leur sens et pourquoi le changer. C’est vraiment important.


- Les hommes sont des êtres parfaits
- Définition de l’Amour, l’Amour malheureux n’existe pas
- L’amitié
- Le mal n’existe pas
- Les miracles et les messies : les pouvoirs infinis de chacun
- La richesse et le luxe

- Définition de Dieu et ses descriptions : Dieu existe donc…
- Définition de l’Art : tout le monde peut être artiste


Les hommes sont des êtres parfaits

Ça, c’est une idée récente, que je trouve de plus en plus intéressante et bénéfique. Trop souvent on entend des phrases du types "personne n’est parfait", qui implique que puisque tout le monde à des défauts, on est tous aussi nuls et on peut se complaire dans la médiocrité. De toute façon, la perfection serait ennuyeuse, et personne ne souhaite être parfait.

Ce que je propose ici, c’est de changer de vocabulaire : j’appellerai "parfait" toute personne possédant les caractéristiques suivantes : être fondamentalement bon, c’est-à-dire chercher à ne pas faire souffrir les gens et à les aider, avoir une identité propre, pure et sereine. Être parfait, c’est être lumineux. Bien sûr, on peut être parfait et avoir des limites (je refuse le mot "défauts"), des faiblesses, des fragilités, mais dans ce cas il ne s’agit pas de s’en féliciter (puisque celles-ci peuvent faire souffrir les autres), mais au contraire de s’en excuser, et lutter pour progresser. C’est dans cette lutte contre eux-mêmes que les êtres parfaits sont les plus touchants.

Bien sûr, ce qui précède n’est pas le sens usuel du mot parfait. Pourtant, je vais vous montrer en quoi il est bien plus adapté.

1) Je crois que quand on possède les qualités que j’ai cité ci-dessus, et c’est possible à condition de le vouloir vraiment, je crois qu’on a l’essentiel, si bien que tous les "défauts" usuels ne paraissent que des détails infimes. Si je me contente de dire que quelqu’un est profondément bon, on me répondra qu’il a en revanche tel autre défaut, si bien qu’après tout il est aussi médiocre qu’un autre. Ceci me paraît inacceptable : les êtres parfaits ne doivent pas être rabaissés, même s’il ne changeaient en rien par ailleurs, ils continueraient à rendre le monde meilleur.

2) Le mot "parfait" présente en outre l’avantage d’éviter les comparaisons. Il n’y a pas des êtres plus parfaits que d’autres. Ceci souligne le fait que chacun peut accomplir sa propre nature, et qu’il n’y a pas de compétition fondamentale entre les hommes.

3) Si mon voisin/ami/amant est un être parfait, je ne peux pas souhaiter qu’il soit différent, par exemple plus semblable à moi. Je vais alors être plus ouvert, tolérant envers lui, car je sais qu’il représente une forme au moins aussi valable que la mienne d’accomplissement de la nature humaine. Ainsi le considérer comme un être parfait permet de mieux se concentrer sur la spécificité de chacun et de voir les hommes de manière positive.

Je ne sais pas si ce qui précède est suffisamment clair pour vous convaincre. Je voudrais souligner que depuis que j’ai appliqué ces idées je ressens une harmonie et admiration nouvelle envers mon entourage. Et aussi, je connais des êtres parfaits, il y en a déjà. Beaucoup de gens sont capables de devenir parfaits, au moins par moments, et il faut juste apprendre à percevoir cette lumière en eux.

(juin 2002)


L’amour

Je donne ici ma vision que j’essaie d’adapter au monde de Castaneda, où ce sujet ne figure pas explicitement. J’ai déjà du dire que l’on pouvait voir la vie comme un voyage sur des chemins, et peu importe où l’on va, pourvu que ces chemins aient du coeur. Et bien, l’amour, c’est partager cette route, à un instant donné, cette route avec un autre être-voyageur parfait. Ceci implique le fait que le chemin convient aux deux personnes, qu’il a du coeur pour tous les deux. L’amour est alors ce moment de partage très fort, qui permet de dépasser la solitude et l’égoïsme de l’existence. C’est donc bien un des éléments fondamentaux participant au sens des choses.

Dans ce système, puisque l’amour est défini comme un moment de partage, il n’a pas de dimension temporelle (la vie en a-t-elle nécessairement ?). Ainsi, aimer c’est choisir d’être avec l’autre dans le présent. Si plus tard les chemins se séparent, ce n’est ni bien ni mal, et ça ne sert à rien de s’y accrocher. C’est pour cela que je crois qu’un engagement sur une vie (mariage) n’a pas de sens. A un instant donné, tout ce qu’on peut savoir c’est que ça va durer longtemps, parce qu’on sent que l’autre a encore beaucoup de choses à partager avec nous.

D’autre part, dans cette même optique, on n’a pas besoin de penser l’autre comme l’âme soeur unique qui avait été faite pour nous. Les êtres humains étant des êtres parfaits, ils ont tous en eux une richesse infinie que l’on pourrait étudier pendant plusieurs vies. Bien sûr, tous ne se dirigent pas dans le même sens que nous, mais parmi ceux-là ils reste beaucoup de possibilités, parmi lesquelles ont doit choisir. Ceci nie peut-être la vision romantique du coup de foudre, mais en revanche ça montre que personne n’a de raisons de rester seul, car il existe quelquepart beaucoup d’êtres prêts à partager. Une occasion apparemment manquée n’est jamais la dernière.

D’autre part, il faut parler maintenant de l’ amour malheureux : je précise que je vois ce que c’est, et que ce qui suit n’en est en aucun cas une négation. Conformément à mon projet en haut de page, je propose seulement de l’appeler autrement, vous verrez pourquoi. Puisque l’amour tel que je l’ai défini c’est un partage, alors lorsqu’il n’y a pas de partage (il n’y a pas réciprocité des sentiments, ou alors on ne connaît pas l’autre), il n’y a pas d’amour. Le sentiment que l’on ressent n’est qu’un illusion, une construction mentale. C’est important de prendre conscience de ça, car c’est le premier pas pour sortir du gouffre. En effet, tant qu’on continue a appeler ça de l’amour, on est conditionné par les connotations positives du mot (l’amour donne un sens à la vie), et du coup on se dit que puisque l’on aime il ne faut pas renoncer, car c’est notre seule chance d’atteindre le sens. Ainsi, on est prisonniers car on continue à vouloir ce qu’on ne pourra jamais avoir (puisque l’autre ne peut rien partager). Ainsi, je pense que si on arrive à considérer que l’amour insatisfait n’est pas de l’amour, on peut plus facilement s’en détacher, et ne plus considérer cette forme de malheur comme une fatalité qui s’abat sur nous.

J’ai essayé de montrer dans ce paragraphe comment on peut toujours soutenir que le monde est quelquechose de merveilleux, et que l’amour ne peut être un obstacle (c’est au contraire un allié) sur notre chemin, et il est donc toujours heureux. Je souligne que ceci n’est pas de la pure rhétorique, car je pense vraiment que d’adopter une telle description peut aider à trouver un équilibre intérieur et surmonter les troubles de coeur.

(juin 2002)

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L’amitié

Comme l’amour, l’amitié est une autre forme de partage des chemins que nous parcourons dans notre quête du sens. L’amitié a cependant plus d’humour, c’est une forme moins exclusive que l’amour. Parfois elle ne va pas aussi loin, puisqu’on lui consacre moins de temps, mais elle joue un rôle fondamental pour parvenir à un équilibre et maintenir de la diversité. A ce titre, si l’amitié disparaît, l’amour finira par s’effondrer aussi. J’ai écrit quelquepart ailleurs sur ce site un paragraphe sur la la nécessité de ces deux aspects. Je voudrais encore dire ici que l’amitié suppose une complémentarité moins importante que dans le cas de l’amour, si bien qu’il y a potentiellement un nombre très important d’amis. Les amis sont les êtres vrais dans un monde de phantômes, et ce sont nos compagnons de lutte et découverte, et chaque victoire qu’ils remportent est aussi notre victoire.

Je ne sais pas si ça a un intérêt ici, mais je le note pour ne pas oublier. On peut distinguer trois types d’amis : les amis-maîtres, plus avancés que nous, qui vont nous apprendre leurs découvertes, les amis-élèves et les amis-compagnons. Chaque amis peut bien sûr selon le moment entrer dans une catégorie plutôt qu’une autre. Mais chacun a une dominante, et la repérer peut aider à mieux comprendre la relation que nous avons avec lui.

(juin 2002)

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Le mal n’existe pas

C’est une idée très bouddhiste (dont s’est inspiré Castaneda) : les choses n’ont pas en elles-mêmes de qualités particulières, c’est notre esprit qui leur attibue ces qualités. Exemple, ce type qui m’a frappé n’est pas méchant ou mauvais : je le juge tel, mais n’a-t-il pas lui aussi des amis qui ne le perçoivent pas de cette manière ? Et puis, si le fait qu’il m’ait frappé est objectif, est-ce que ceci implique nécessairement que je doive être malheureux ?

Ainsi, en regardant les choses sous cet angle, il n’y a rien qui soit en soit bien ou mal, la maladie, la mort, la souffrance. Ces phénomènes sont, point. C’est nous qui décidons comment nous voulons les vivre, et oublier cela c’est être dans l’illusion.

Bien sûr, formuler ces idées n’est qu’un premier pas, tout l’intérêt et toute la difficulté c’est ensuite de les intérioriser et les mettre en pratique. Ce vers quoi il y a un grand chemin.

Attention, c’est idées cependant ne doivent pas pousser à juger sévèrement ceux qui souffrent : si la cause de leur souffrance est une illusion, il ne le savent pas, et leur souffrance est bien réelle.

Vous aurez plus de détail sur ces idées sur mon texte d’introduction au bouddhisme.

(octobre 2003)

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Les miracles et les messies

Si vous voulez croire aux miracles, alors lisez Illusions de Richard Bach (cf mes conseils de lecture). L’idée, c’est que plutôt que de prétendre que l’être humain est limité (ce qui peut le décourager ou démotiver), il vaut mieux croire que l’homme a des pouvoirs infinis, tout lui est possible, y compris marcher sur l’eau ou passer à travers les murs.

Pour satisfaire les rationalistes, on peut aussi donner un argument physique. La mécanique quantique donne une probabilité non nulle à plein d’événements étranges, du genre que vous ne soyez pas où vous êtes mais plutôt debout sur la mer à 1000km de là). Il est donc par exemple théoriquement possible de passer à travers un mur. Bien sur, la probabilité est infime, cet événement n’a pratiquement aucune chance de se produire. Cependant, quel est la probabilité que le stylo posé sur ma table change de place spontanément et rentre dans ma trousse ? Tout aussi infime. Cependant, j’ai le pouvoir de saisir ce stylo et de lui faire réaliser ce déplacement. Ainsi, on peut penser que le pouvoir infini de l’esprit humain permettent de réaliser d’autres événements loufoques, statistiquement impossibles.

Deux questions simples se posent alors : pourquoi moi je n’y parviens pas ? Et pourquoi je n’ai jamais été témoin de miracles ? Ma réponse est simple : parce que nous ne le voulons pas suffisamment. Quel est l’intérêt de traverser un mur si on peut passer par la porte ? Quel est l’intérêt de marcher sur l’eau, si ce n’est de faire le malin ? Voilà pourquoi nous n’y arrivons pas, et croyons ensuite que c’est impossible. Et quant au fait que nous ne voyons pas de ces miracles dans le monde extérieur, la raison est tout aussi simple : à quoi serviraient-ils ? Oui, on aimerait tous avoir les preuves que c’est possible. Mais si nous les avions, est-ce que ça changerait notre vie ? Serions-nous prêts à abandonner notre petite existence matérielle pour nous consacrer à plein temps à la réalisation de nos super-pouvoirs ? Je ne crois pas. Donc ça ne sert à rien que quelqu’un nous montre ces miracles. Ceci dit, si vous faites attention, vous vous rendrez compte qu’il y a déjà dans votre vie déjà beaucoup d’événements miraculeux, de "coincidences" qui n’en sont peut-être pas, sans compter le miracle de la Beauté du monde…

Que dire encore ? Ah oui, les Messies. Pourquoi ne pas considérer que nous le sommes tous, que chaque homme est un envoyé de Dieu avec un mission à réaliser sur terre et des pouvoirs infinis ? Je ne sais pas si ça suffira à changer le regard que vous porterez sur votre voisin, mais c’est peut-être un premier pas.

(novembre 2003)

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La richesse et le luxe

"C’est bien d’être riche, et le luxe c’est ce qui donne un sens à la vie, puisque c’est ce qui nous projette au-delà de l’animalité des besoins primaires : tout doit être luxe."

Ok, c’est bien tout ça, mais comme vous vous en douterez peut-être, il faut redéfinir les mots "richesse" et "luxe", intuitivement positifs, pour ne pas les laisser aux mains des matérialistes.

C’est pourtant simple, être riche c’est avoir plus de ce qu’on a besoin, c’est pouvoir se permettre tout ce dont on a envie. La pauvreté, au contraire, c’est ne pas pouvoir satisfaire ses envies, et donc ça rend malheureux. On voit ici cependant qu’il y a deux moyens de s’enrichir : soit on augmente les biens et revenus disponibles, ce qui est difficile au-delà d’une certaine limite, soit on apprend à avoir besoin de moins que ce qu’on a, ce qui est souvent possible.

Ainsi, si 3% seulement des français peuvent être dans les 3% les plus riches (au sens des revenus) et la revenu moyen d’un français et très difficile à augmenter indéfiniment et rapidement, c’est beaucoup plus facile d’apprendre à contrôler nos désirs. Beaucoup de gens disent "si j’avais plus d’argent je m’achèterais un bateau, un jet privé, un train", ou que sais-je. Ceci ne révèle qu’une chose : leur pauvreté. Je ne voudrais posséder ces trucs-là même si j’en avais les moyens, ce qui fait que je suis riche. Je ne dis pas là qu’il n’existe pas un niveau à partir duquel il est objectivement difficile d’être riche, je dis juste que plus de la moitié des français pourraient l’être, alors que peu d’entre eux le sont effectivement.

Quant au luxe, ce n’est pas plus compliqué. Le luxe, c’est ce qui sort de la norme, qui ne a pas de soit, qui ne constitue pas un dû, c’est l’extra dont on se réjouit. Donc je suis pour le luxe, à condition de le percevoir comme tel. Par exemple, le fait de manger de la viande tous les jours fait que la viande n’est plus perçue comme un luxe par la plupart des gens, ce qui fait qu’elle perd beaucoup de sa valeur, si ce n’est toute.

Par opposition au luxe, il y a les besoins primaires : le nécessaire pour manger, s’abriter, s’habiller. dormir. La satisfaction de ces besoins ne donne aucun plaisir, elle est considérée comme allant de soi. Du coup, autant réduire ces besoins au minimum (du riz bouilli pour manger, peu de variété, etc), dans la part de budget mais surtout dans la définition (il ne s’agit surtout pas d’inclure là-dedans le téléphone portable par exemple) de manière à étendre la catégorie du luxe.

Voilà, avec ces définitions, il est peut-être plus aisé d’être riche, et la vie devient luxe tout le temps, quelque chose qui sort de la norme, d’extraordinaire, et dont on peut se réjouir. Ce qu’on n’a pas par contre devrait moins nous faire souffrir car manquer de luxe n’est pas toujours dramatique.

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Les Coïncidences - le hasard - le destin

Le jeu (la "folie contrôlée")

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