Pérou : Après Pisco, le voyage reprend


mercredi 23 juillet 2003, par Florian P.

Buenas tardes, bon après-midi,

Je repars demain pour Ica ou Nazca, au sud, mais je me suis finalement attardé un peu à Pisco, petite ville touristique á cinq heures de bus au sud de Lima. Le long de la route panaméricaine, dont le long de la cote du pacifique, un village dans le désert. J´y suis arrivé vendredi soir, et c´est déjà mardi.

J’ai trouvé un hotel sans trop de problème, car á la sortie du bus, quelques gamins, un vieux monsieur, et une jolie fille vantaient chacun les mérites de leur hotel. J´ai choisi le moins cher et ai suivi Carine. Ensuite je me suis promené dans la ville ai rencontré Raine, péruvienne d´origine indienne (indienne d´inde pas, pas indiennes de l´Inca) et nous sommes allés discuter à la plage de Paracas en minibus collectif, où il y avait une cinquantaine de pélicans qui plongeaient pour pécher, et une barque de pecheurs qui, eux, utilisaient des filets.

Bref tout allait bien et je me préparais á repartir pour Ica, quand j´ai senti que je devais rester plus longtemps, puisque voyager avec 40 de fièvre n´est pas très pratique, de plus je crois que le bus ne s’arrete pas toutes les heures. J’ai donc passé une mauvaise nuit, puis une douloureuse matinée. Mais l’après-midi, j´ai eu la chance de connaitre un peu mieux la société péruvienne á travers son système médical. Aprés un petit coup de fil á mon assurance (merci Maman pour le numéro) qui me conseil d´aller voir un médecin sur place, Silvia et Carín me conduisent en tricycle-taxi-a-moteur á un premier hopital, un peu comme aux urgences en France, sauf que tout n´est pas blanc et brillant. C’est le plus cher, je ne comprend pas grand chose et la fièvre et la déshydratation n’améliorent pas mon espagnol, mais surtout, il y a du monde, il faut attendre. Re tricycle-taxi-a-moteur, jusqu’à un autre hopital, pas blanc du tout celui la, plutot très vieux avec un deux ! vieux bureaux, une vieille chaise et un tabouret déchiré (pour changer de ´vieux´). J´avais du mal á imaginer qu´une soixantaine de médecins travaillent ici en semaine (seulement 8 le dimanche), mais peut etre la salle d’opération est-elle différente. Après avoir payé, le médecin m´interroge brièvement, (température, douleurs, etc...) et fait une ordonnance sur un petit bout de papier recyclé. Karin va a la pharmacie et reviens avec tout ça. Je suis déshydraté, le plus important c´est de remettre de l´eau avant que je ne me momifie. Une perfusion donc. Avant d´etre piqué j´ai demandé avec angoisse et d´un air détaché si les aiguilles étaient stérilisées. En fait on m´explique qu´elles ne sont utilisées qu´une fois, á cause des risques de transmission de maladies comme le Sida, l´hépatite, etc... Ouf, ils sont au courant de ca dans ce pays. je me dit que de toute facon j´ai besoin d´eau et Lima est a 5h de route peut etre en taxi ou en ambulance est-ce-que l´assurance pa ! iera pour cela c´est le médecin de l´assurance qui m´a dit de consulter un médecin ici ça doit etre bon mais c’est pas ca qui va soigner mon mal de ventre etc... Bref, je me relaxe et je fais confiance á ceux qui sont plus en état de penser.

Avec 2.5 litres d´eau en plus, et un peu de potassium, ca devrait aller, mais je ne me sens guère mieux. On repasse en pharmacie pour acheter des antibiotiques (á l´unité, sans la boite ni la notice mais au moins il y a juste le compte, pas de gaspillage). Je vomis mes premiers comprimés, et je me dis que demain ça n´ira pas mieux et que je ferais mieux de rentrer chez moi et que ça m´apprendra à acheter une laine polaire aussi légère et que d’abord c´est trop injuste.

Pourtant, je ne me suis réveillé qu’une fois cette nuit-la et le lendemain j’ai définitivement arreté de vomir. J’ai meme bu une tasse de gingembre pour le déjeuner. A midi mangé une banane, et le soir je me suis levé pour une soupe maison gentiment préparée par deux canadiennes très sympa. Aujourd’hui la vie reprend, j’ai fait mon marché, une partie de billard et pris un cours d´hébreu avec Nuritz, qui vient d´Israel.

Je pense repartir demain, je suis resté un peu longtemps ici, trois jours sans rien faire. Mais j´ai pu discuter avec Silvia, qui travaille à l’hotel pour payer ses études d´infirmière, une grande famille avec des histoires gaies et tristes, tristes surtout. Des histoires certainement bien plus importantes qu’une gastro-entérite et auxquelles je ne consacre qu’une ligne de ce mail. Tout est relatif. En tout cas, cela n’enlève pas sa joie de vivre à Silvia, on dirait que rien ne peut l’empecher de sourire, et pas d´un sourire figé de politesse, mais de son vrai rire qui rentre par la fenetre avec les rayons du soleil et qui s´accorde parfaitement avec les étoiles étranges de l’hémisphère sud.

A bientot,

Florian

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