Bonjour à tous,
merci tout d’abord à tous ceux qui m’ont écrit pour me donner des nouvelles ou me confier leurs impressions. Voilà maintenant la suite de mes aventures au pays des bananes et du café...
La cohabitation avec mes 2 colocataires est toujours dépaysante et riche d’enseignement de toutes sortes, mais ils sont d’une gentillesse incroyable. Ils m’ont déjà fait rencontrer bon nombre de français vivant ici et travaillant soit au lycée, soit à l’ambassade, et tous sont très sympathiques. Ce qui me frappe beaucoup ici, c’est la decontraction générale qui règne ici. Les gens sont disponibles, ouverts et chaleureux, je ne sais pas si c’est le climat qui veut ça, mais c’est très agréable.
Mais puisque je parle du climat, voici quelques précisions : bien que nous ayons ici un climat tropical, nous ne souffrons pas de la chaleur car nous sommes à 1000 mètres et il y a toujours un petit vent très agréable. En plus Tegucigalpa se trouve dans une cuvette et tout autour de nous les montagnes s’étendent magnifiquement, couvertes d’une végétation luxuriante. De plus,chez nous,la saison des pluies est très restreinte, elle dure de juin à novembre, mais par exemple depuis mon arrivée, il n’a plu qu’une journée pendant une heure - sur la côte caraibes les pluies sont beaucoup plus nombreuses et plus fortes.
Seulement le peu de pluie entraîne de fortes pénuries d’eau ( pendant la saison sèche de janvier à mai, il ne pleut généralement même pas un jour). Du coup, le gouvernement rationne l’eau et l’eau ne coule que 3h par jour 2 jours par semaine pendant 5 mois, ce qui oblige les Honduriens à déployer des trésors d’imagination pour avoir tout de même le minimum nécessaire d’eau (ne pas pouvoir se doucher pendant une journée quand il y a 35 degrés et que l’air est poussiéreux tant le sol est sec n’est pas un caprice de midinette, c’est une nécessité vitale). Du coup dans beaucoup de salles de bain,dont la nôtre, il y a dans la douche une immense barrique d’eau qui permet de se rincer en cas de coupure intempestive de l’eau. Toutefois,il n y a normalement pas de rupture d’eau pendant la saison des pluies. Tout ça pour dire que bien sûr notre barrique est vide, car Laurent m’avait dit que maintenant, ce n etait pas la peine de la remplir - c’est très long. Donc aujourd’hui, je pars en rando vers la Tigra avec Pascal - l’autre prof de français qui m’a laissé sa chambre pour aller vivre avec sa copine hondurienne - on a roulé pendant deux heures pour accéder au site de la Tigra dans des sentiers pleins d’ornières sur lesquels on s’enfonçait, dérapait ou s’embourbait en avalant des kilos de poussière selon les étapes (au passage on a dû suivre pendant une heure une famille de 3 chevaux qui avait décidé de trotter devant nous plutôt que de se mettre sur le côté et qu’on puisse passer et rouler à plus de 20 à l’heure... Rien à faire....) Enfin on accède au site, et là on découvre un paysage splendide, très vallonné d’un vert étourdissant, un endroit qui donne le vertige et où l’on pourrait rester des heures assis. Il y a aussi d’anciennes maisons coloniales clairsemées, encore très belles malgré leur abandon - l’accès est trop difficile et pendant la saison des pluies les voitures ne peuvent souvent pas passer. Donc on a bien marché, bien transpiré, et sur la route du retour je rêvais déjà àla bonne douche qui m’attendait. Mes 2 phénomènes n’étaient pas là, je me dirige vers l’évier qui ressemble à un jeu d’équilibre -le mikado ?- car depuis 2 jours la femme de ménage est malade et comme on n’a pas encore eu le réflexe de nettoyer, ça s’accumule. Je tourne le robinet pour me rincer les mains,il couine et pas une goutte d’eau n’en sort. J’essaie successivement le robinet de la salle de bain, les toilettes et la douche : rien. En plus on n’avait pas une goutte d’eau de réserve dans la barrique, le désespoir. Sur ce le téléphone sonne, on veut "Julio", je marque un temps d’arrêt parce que : 1.je parle encore très mal espagnol, 2. je mets toujours du temps avant de me souvenir que pour les Honduriennes Julien=Julio et Laurent = Lorenzo et avec l’accent, je peux vous dire que ça change tout. La fille du téléphone me fait une crise de nerfs parce que je lui dis que julien n’est pas là, ni Laurent et non je ne sais pas où il est (je réponds toujours ça car sinon je m’embrouille et je ne savais pas dire : il est à la salle de gym). J’essayais d’être sympa malgré tout,je pensais surtout à ma douche, je finis par réussir à raccrocher en lui disant de rappeler dans 2h, mais elle devait être un peu folle, car elle ma rappelle au bout d’une minute et elle ne disait rien... puis raccrochait. Au bout du 3ème coup de fil, j’ai décidé de ne plus décrocher, les garçons sont rentrés du sport et Julien s’est souvenu qu’il avait rendez-vous avec la fille et l’eau est revenue, et tout était bien.
Quant à ce soir, c’est jeudi, et à partir du jeudi ici c’est la fête tout le temps jusqu’au dimanche, moi déjà je n’en peux plus... Hier j’étais rentrée avant Laurent avec Julien - qui tient quand même moins bien l’alcool que Laurent et vers 5 h du mat j’entends du bruit dans le living, c’était Laurent couché par terre devant la porte d’entrée, il s’est endormi là, trop crevé pour aller jusqu’à son lit. Pour rassurer ma grand-mère qui lit sûrement mes mails je tiens à préciser qu’ils ont jusqu’avant le soir une vie très saine et qu’ils sont très sportifs, quant à moi, je ne bois pas ou très peu, qu’elle ne s’inquiète donc pas.
Ce que je peux vous dire, c’est que vraiment on s’amuse beaucoup qu’on s’entend bien, et décidément la coloc, c’est génial. Tous ceux qui veulent nous rejoindre seront les bienvenus ici - sauf de décembre à mars, puisqu’il y aura F. avec nous et ce sera le bonheur absolu....
Une dernière précision, nous reprenons finalement les cours lundi - prérentrée- et je n’aurai que 15h de cours - comptées comme 18- pas cours le mardi et toutes mes après-midi de libre, le rêve...
Voilà pour les dernières nouvelles, merci à tous ceux qui m’ont déjà écrit, moi aussi je pense à vous.
V.