NewNEwNeWNEWS


vendredi 4 mai 2001, par Augustin C.

Hello Everybody, tell me how do you do ?

Je viens de revenir, repartant il y a trois jours de Albuquerque, Nouveau Mexique, pour toucher l’Atlantique et le traverser en avion à Houston. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai pris la route cette fois-ci, je revenais d’une semaine de dingue de conf en Alaska, rencontré plein de gens très excitants, mais ça a été une véritable course, heureusement la brillante sérénité des montagnes enneigées autour de la ville avait quelque chose d’apaisant.

Mon avion au retour faisait étape à Houston : six heures d’attente avec une nuit minuscule dans un avion Minuit -> midi en six heures avec un stop d’une heure à Seattle. J’avais enchainé cinq avions dans des conditions à peu près aussi horribles, dans les cinqs derniers jours. J’ai un peu saturé, pas trop envie de voir les consignes de sécurité pour la sixième fois en anglais puis français, pas envie que tant de voyages se terminent comme cela.

Je vais au guichet Air France pour changer mon billet, prendre l’avion pour Paris quelques jours plus tard (par exemple à la fin du week-end). On m’avait déjà répondu au téléphone que c’était impossible "Non Endorsable Ticket". Au guichet je fais semblant de pas être au courant de cette histoire, et de dire que c’est un billet payé par mon université, que c’est étonnant qu’on ne puisse le changer : Le Chef des check-in arrive, et me dit : "Votre avion est très demandé, et nous savons qu’il n’y aura pas assez de places pour tout le monde de toutes manières. Quand voulez vous revenir ?" Je réflechis à toute allure. Qu’est-ce que je connais dans le coin ? J’ai un oncle au Nouveau Mexique, je trouverais bien un moyen d’aller le voir, et j’ai une amie qui fait un stage aussi là bas.
"-Mardi prochain même heure." "you got it".

Suivent quelques heures où je me demande vraiment comment je vais aller vers l’Ouest. J’essaie de trouver une location de voitures, mais aucun apparemment n’accepte de louer à moins de 25 ans, ou alors ils refusent que je sorte de l’état. Finalement j’en trouve une, qui accepte tout, et ne me fera même pas payer la fee special "under 25". A l’heure où mon avion pour Paris décollait, je conduisais une dodge Neon blanche toute neuve sur l’I10 vers l’Ouest. J’ai pris cette route sur les conseils du conducteur de la navette de l’aéroport-centre de location. "How many time to New Mexico ?" "I don’t know, ma’n, it’s a looong way over there."

En atteignant le bord Ouest de mon petit plan, je m’achète une carte des états unis. C’est bon je suis sur le chemin, je dois passer la nuit dans le désert (Faire un peu attention où je m’arrête, on est pas loin du Mexique), passer El Paso au matin, et être à Albuquerque le soir. J’aurais alors une journée là bas avant de revenir par le Nord pour rendre la voiture en début d’après midi Mardi. C’est ce que j’ai fait, ça a été complètement magique, je ne peux pas tout mettre par écrit, c’était un peu dur aussi.

Quelques détails à vous faire partager :

- Le départ je m’arrête trois heures après pour faire le plein (je le ferais pas mal parce que mon réservoir ne fait que 10 galons).

- Nuit dans le désert à Ozona, Le parking à camping-car m’accueille (je m’arrête de toute manière simplement pour dormir quelques heures sur le siège du passager). Et surtout le réveil : 6h30 par la luminosité du désert, je vais rouler non stop jusqu’à midi, il fait frais jusqu’à 9h30 pas besoin de clim, la route est déserte et le décor lunaire. C’est parfait. Je mange des tortillas pris à la station service en guise de breakfast, le décor est majestueux, les montagnes de la frontière mexicaine, type désert du Mohave pour ceux qui connaissent, beaucoup de souffle.

- El Paso, la plateforme industrielle au milieu du désert, assez mythologique mais assez dur aussi. Passage au Nouveau Mexique. Je m’arrête dans une vallée de Rio Grande, tout est vert, l’ancien école est fermée et c’est maintenant un restaurant typique Jalapeno Chile Burger et coca, et des gens du coin (il faut dire que c’est vraiment complètement désert). Cet endroit est très joli Le Nord de Las Cruces, le Chile County (c’est là qu’ils sont tous cultivés). Je fais un peu de route pour changer de la highway.

- Arrivée à Albuquerque et le lendemain passé là. Je discute un peu et dors comme un loir jusqu’au lendemain pour le New Mexican brunch dans un truc du coin à la mode où m’emmène mes cousins. Je retrouve tout le monde que je connais dans la ville, puis on cherche un peu de musique, moi surtout pour la route. Je trouve une cassette dont nous reparlerons qui illuminera le retour.

- Le retour c’est le Nord : traverser l’Eastern New Mexico puis le Texas du Nord, des grandes plaines champs ou élevages. L’Amérique c’est ’think local’ donc ici tout est fermier : les magasins, les maisons, les restaus, les radios, les églises baptistes (une fois, après pleins de panneaux d’églises : First Baptist Church, New Church of Baptist, Episcopal Church, Church of Jesus Christ, le panneau d’après c’était James Roberston Orthondontist, j’ai passé pas mal de temps à me demander quels courants de croyances c’était les Orthondontistes, avant de me rendre compte que c’était un toubib).

- Un train m’a suivi tout le matin, à la même vitesse le long de la route. deux locomotives à chaque bout et un bon demi miles de wagons, nous nous sommes suivis toute la matinée, le paysage est tellement plat qu’on ne se quitte véritablement jamais.

- J’ai écouté ma cassette : "Pet sounds" des Beach Boys, que je connaissais pour l’avoir offert à ma petite sœur à Noël, c’est un album gigantesque, d’une maturité vertigineuse, un peu comme "The Notorious Byrds brothers" tant de grandeur pourrait etre triste si cela n’était pas aussi brillants. Je l’écoutais en boucle, il s’est révélé au miles 237 de l’interstate 84 sur la chanson "I’m waiting for the day", La simplicité et l’élégance de leurs voix sont les poutres du plancher sur lequel ont été construits la nonchalance beatlesiennes, l’insoumission du Velvet, la sobriété de smith (Elliot), la fougue des Kinks. Tout ceci est ici pure expression d’une conscience élégante, des rois vous parlent, ils sont triste mais ils sont beaux.

"Oh dis moi, masque de la mort, dis moi qui aura le pouvoir de changer ces larmes de desespoir ces larmes de rage, en larme de joie.
- Toi Orphée, toi seul."
Désolé je dérappe sur un passage d’une pièce de théatre lyrique que Francesco connait (même s’il m’a confié de ne pas avoir écouté le texte).

- Je passe plus vite vous vous lassez, je sens que c’est pas facile à raconter : long passage de nuit, après le pire diner Mexicain que j’ai fait (immonde taco soup iningurgitable, avec du guacamole sans épice). je vais rouler jusqu’à 3h du matin car c’est impossible de s’arrêter ici. Ce sera presque à Houston en fait, dans le bled de Cameron, un parking à Camping car encore un, et surtout un réveil par le soleil qui donnait à 9h pile sur Ma tete dans la voiture qui avait un coté très route 66, c’était un bon moment.

- Retour sur Houston, passage inopportun dans les quartiers délaissés, un peu rude, il ne s’agit ici même pas de quartier urbain dangereux, mais de désert crade et étouffant, friche industrielle et vieux pavillons en ruine, toute semble impossible : sortir, marcher, avancer. Life and death in the slowest lane pour des kilomètres. La ville de Houston c’est intéret zéro : un downtown majestueux, ingarable, et vide. quartier des universités soporifique, highway super stress.

C’est pas grave je repense au désert de Samedi matin dernier, et à ces longues plaines majestueuses, c’est dur de rencontrer ces choses là. kalai kaleppa.

A+, je suis revenu, j’ai une enclume sur la tête avec le décalage horaire, et ce temps bas et lourd sur Paris me consume. Je meurs d’envie de me remettre, de me remettre à bouger ici ou ailleurs.

A bientot à tous,

Article précédent : Vol de Nazca

Article suivant : Ica - Huacachina

Ce site est tenu par : Francesco Colonna Romano
Pour m’écrire : francesco ’arobas’ alamemeetoile.net