New York, fournée 10


jeudi 18 novembre 2004, par Anne R.

Bonjour/ bonsoir à tous

Alors aujourd’hui, j’ai plein plein de choses à vous raconter, pas plus intéressantes que d’habitude d’ailleurs, mais entre la quantité et la qualité, il faut bien choisir. Donc, c’est parti, j’ai un plein verre (un verre américain = ½ litre) de jus d’orange à côté de moi (oui, j’ai fini par craquer et m’acheter du bon jus d’orange tropicana super cher en bouteille de 3 litres : donc il faut bien écouler le stock, même à minuit !) Je commence à bien me faire à ce pays et à m’habiller n’importe comment. Je préfère vous prévenir tout de suite avant que vous vous foutiez de moi à Noel, mais j’ai fait l’acquisition de bottes en caoutchouc décorées, bien pratique quand il pleut parce que dans le nouveau monde, je sais pas pourquoi, mais ils savent pas construire les routes et surtout les trottoirs, ce qui fait que, à New York ou dans le bled où je vis, quand il pleut, y a des grosses flaques d’un mètre de profondeur qui se forment, ce qui est très drôle à la sortie des bureaux, de voir les nanas en talon aiguilles plonger dans le caniveau jusqu’aux mollets. J’ai aussi fini par craquer et m’acheter un jogging avec écrit Rutgers sur les fesses, je précise, jogging à carreaux marronasses de la plus grande élégance. Je ne désespère pas de parfaire mon équipement au deuxième semestre avec un petit débardeur rose avec écrit Rutgers sur les seins, pour aller avec. Mais je n’en suis pas encore là, ça, ça sera quand ma colloc aura vraiment réussi à me convaincre d’aller courir au parc avec elle le matin, et ça ça sera pour plus tard, parce que là, il fait froid.

J’ai aussi acheté un énorme bonnet assez moche et un chapeau plutot pas moche qui fait très new yorkaise (la preuve, l’après-midi où je le portais à New York, on m’a demandé le chemin 3 fois. J’ai su répondre qu’une fois, mais quand même, ça prouve que je suis en voie d’adaptation !). Et en vrac, des collants rouges, des T shirts turquoises. Bref, les Etats-unis quoi ! Mais bon, la semaine dernière, le type de la station service (oui, j’achète mon lait à la station service, pas l’essence, puisque j’ai pas de voiture) m’a encore dit "vous êtes européenne vous, non ?". Alors l’accent, je veux bien, mais pourquoi européenne ? Je lui ai demandé comment il voyait ça, et il m’a répondu que c’est que j’avais une veste (c’est vrai que c’était pas un jour à jogging et bottes en caoutchouc) et puis que les gestes aussi, ça faisait la différence. Par "les gestes" il voulait peut-etre dire que nous on se tient plutot droit par rapport aux américains qui ont toujours l’air d’etre avachis, même quand ils marchent (pas toujours, à la salle de sport, ils se tiennent droits quand même). Donc, c’est la classe qui fait la différence ? Jamais j’aurais cru me sentir classe un jour, mais bon, tout arrive : viendez aux États-Unis pour sentir sur vos épaules tout le poids de "l’aristocratie" comme ils appellent ca ici.

J’explique : ici, la différence majeure Europe / Etats-Unis se résume dans la notion d’aristocratie. La première fois que j’ai entendu ça, ça m’a bien fait rire et j’ai du répondre un truc du genre l’Europe ne se résume pas à l’Angleterre. Mais en fait, par aristocratie, ils veulent dire le petit snobisme européen qu’ils critiquent mais qu’ils envient surtout, et qu’on peut appeler aussi poids et conscience de l’histoire, une certaine forme de fierté culturelle etc.. qui d’après eux se voit dans notre façon de nous tenir et de nous déplacer. Le standing, l’éducation, la classe, tout ça est un peu mêlé dans leurs têtes, et encore augmentée dans le cas de la France et de ses prétentions à l’exception culturelle (je le dis en souriant, mais un de mes élèves, pendant un débat sur Le Monde qui discutait du fait de rendre l’anglais obligatoire pour les élèves français, ce qui est déjà fait, soit dit en passant, mais bon j’allais qd même pas me ruiner une demi heure de débat de classe en leur dévoilant la triste vérité-, m’a sorti très sérieusement que la France devait garder son exception culturelle). Et il m’a dit ça avec un tel regard que j’avais l’impression que c’était de ma faute à moi si nos jeunes français emploient des mots anglais et si on a plein de films américains. C’est mon élève préféré, lui. Il vient de me rendre une rédac sur le fait d’être instituteur (on venait d’"étudier"-de mater tranquillement en classe- Être et Avoir, j’explique le contexte !), et ce type m’écrit 2 pages pour m’expliquer que ce métier c’est pas pour lui, qu’il aurait pas la patience, qu’il aurait tout le temps envie de frapper les enfants et de leur dire "Ta gueule" (sic). C’est aussi lui qui est venu me féliciter (moi toujours comme symbole involontaire de la France) pour la loi sur le voile à l’école. J’étais un peu surprise qd même que ce genre de trucs puisse plaire à un américain, mais il m’a expliqué qu’aux américains de gauche, oui, ça avait plu. J’ai de grands débats politiques avec lui. Et donc, lui il connaissait l’exception culturelle. Il connaissait aussi Philippe Pétain ! Moins glorieux ! Mais là aussi ça m’a surpris un peu (faut situer, hein on est aux États-Unis, la plupart des gens n’arrivent pas à situer la France sur une carte, et ont vaguement retenu un Napoléon et un De gaulle, qui a bénéficié de l’homonymie de son nom avec la Gaulle dans l’esprit des étrangers ?) Je m’égare, je m’égare ! Donc, oui, je clignote "européenne" avant même d’ouvrir la bouche, mais je me soigne en m’achetant des fringues pas possibles, pour faire couleur locale !

Comme j’ai rien fait de spécial depuis le dernier mail, je voulais vous parler un peu du fait d’être dans un pays où on parle pas comme nous. (je tiens à signaler que cette rubrique est vaguement inspirée de l’encyclopédie bête et méchante de Cavanna : le chapitre "apprendre l’étranger en 3 leçons" !). Non, sans rire, je sais bien qu’il y en a plein parmi vous qui connaissent le fait de partir à l’étranger et d’essayer de communiquer, mais bon, faut bien partager ses expériences un peu.
Ce qui m’a fait penser à ça, c’est que j’ai participé la semaine dernière à une étude super scientifique sur l’anglais langue seconde, un peu par hasard parce qu’une des nanas du départment m’a tannée en m’expliquant qu’ils avaient besoin d’étrangers pour une étude très scientifique (elle a beaucoup insisté sur ça !) qui ne me prendrait qu’une heure et me rapporterait 15 $ ainsi que l’honneur d’avoir participé au développement scientifique de ce pays (presque texto). Résultat, les 15$ se sont avérés être sous la forme de bon d’achat à la bibliothèque du campus, qui n’est pas ridicule, mais pas loin, dont d’ailleurs, je n’ai pas vu la couleur pour le moment ?, et 2 bonnes heures d’attente, tout ça pour se payer la honte en faisant plein de fautes de grammaire devant des "scientifiques" (15 spécimens autour d’une table ronde) qui se jettent sur leurs papiers dès que tu écorches un mot et qui se font des gros clins d’œil complices quand tu corriges toi-même tes fautes. Super joyeux donc, le samedi après-midi, c’était pas l’agreg, mais c’était le genre d’ambiance quand même, avec encore moins de gens.

Donc, ce que je voulais raconter, et ben c’est cette impression de nullité qui t’envahit qd tu débarques dans un pays étranger et que t’essaies de parler un peu. On trouve pas les mots, on a l’impression d’être un débile mental qui connaît les 1000 mots de base et pas plus, et on est réduit à répéter 3 fois les mêmes expressions à la con dont on ne saura jamais si ce sont les plus has beens de la langue ou pas. C’est un peu rude. C’est une grande leçon d’humilité, sans aucun doute. Et surtout, et c’est ça qu’est rigolo, ça oblige à faire le clown pour se faire comprendre et à trouver d’autres moyens, gestes, gesticulations et grands mouvements hystériques pour exprimer ses émotions, en attendant que son cerveau veuille bien faire qqs progrès et retenir qqs expressions entendues de cette langue anglaise. Enfin, anglaise, n’exagérons rien. Juste 3 anecdotes que les scientifiques en costume FBI m’ont forcée à raconter devant le magnéto (ah, oui, j’étais enregistrée pour cette petite sauterie, mais je m’en suis aperçue à la fin seulement quand le truc, arrivé à la fin de la bande a fait chtok. Je me suis dit cool, c’est terminé, mais non, en fait, ils ont rempilé pour un petit quart d’heure de questions. J’en ai été réduite à raconter le dernier film que j’avais vu, une immonde merde avec jennifer lopez, parce que c’était le plus simple à raconter ?).

Donc, la première, c’est que 2 fois de suite je me suis fait avoir quand en commandant un bagel, le type s’est mis à me préparer un burger, tout ca parce que j’avais mal prononcé le "a", et franchement amusez-vous à mimer un bagel, c’est pas évident ! En général, je m’en rends compte quand il me demande si je veux de la moutarde et du ketchup alors que je veux juste un bagel tout simple, et que je déteste qu’on mélange la moutarde et le ketchup (comment un pays qui assortit le rideau de douche à la descente de lit peut mélanger la moutarde et le ketchup ??)

La deuxième, c’est que j’ai bien peur d’être répertoriée sous le nom de Levelseau sur ce campus parce que notre façon de prononcer le R, et ben ici, ils entendent L, et donc, devinez quoi ? Eh ben ils l’écrivent aussi L. J’ai mis une semaine à comprendre ça : c’était mon progrès le plus rapide avec l’apprentissage du nom des pièces (les deux premiers jours, je payais tout avec des billets parce que je savais pas exactement à quoi correspondait la dime, j’ai cru que c’était une division du cent, alors que non, c’est égal à 10 cents, hahaha qu’est-ce qu’on se marre dans ce pays. Le troisième jour, mes poches se sont trouées sou le poids de la petite monnaie, Il a donc bien fallu que j’apprenne à quoi servaient les pièces). Donc, je me suis renseignée (un bien grand mot pour dire juste que j’ai ouvert un peu les écoutilles), et oui, c’est clair, on a pas le même R ici et là. Du coup j’étais bien contente de pouvoir répondre à mon élève (celui content de la loi sur le voile) qui me demandait combien de R on avait en Français. Je lui ai quand meme pas fait le topo de phonétique sur l’évolution du R francais au XVIII (il m’aime vraiment beaucoup, mais là, il aurait craqué je crois), surtout après mon échec de leur expliquer les problèmes du présent de l’indicatif par le latin (sérieusement : ouvrez un bescherelle, mettez vous dans la peau de quelqu’un qui a pas été nourri au français depuis sa plus tendre enfance et essayez de comprendre le systeme du présent, surtout quand votre langue se contente de mettre un s a la troisième personne pour faire croire qu’elle aussi elle a une conjugaison ! ouh ouh ouh, je me moque, c’est pas bien. Faudrait d’abord que je fasse des progrès en anglais pour me moquer)

Et (c’est bientot fini ma digression technicos, vous inquiétez pas !), troisième anecdote : je discutais du bateau ivre, un poème de Rimbaud avec une américaine qui apparemment devait faire une explication dessus. Elle me demandait plein de vocabulaire et elle etait assez surprise que je lui réponde que non je connaissais pas ces mots. Donc, là, j’ai voulu faire ma maligne, et je lui ai sorti une des seules jolies expressions qui me restaient de mon taré de prof d’hypokhagne, obsédé à degré égal par Shakespeare et les jolies hypokhagneuses, et qui est donc purple passage, qui veut dire morceau de bravoure (vous inquiétez pas, j’ai pas sorti ca comme ça, ça s’intégrait plutot bien dans le baragouinage que j’étais en train de lui sortir). Et la, et ben elle connaissait pas le mot, l’expression. Alors, j’avais l’air con. Heureusement, y avait une irlandaise dans la salle qui s’est mise à rigoler et à m’expliquer que c’était une expression anglaise que les américains avaient pas piqué (elle avait l’air assez fière d’ailleurs d’avoir réussi à sauvegarder cette expression ! Cela dit : "morceau de bravoure", c’est normal qu’ils l’aient pas piqué comme expression : ils l’auraient appliquée à quoi ??? Ho ho). Donc, échec de ce côté là aussi.
Mais rassurez-vous, le jour où je fais des progrès en anglais, je vous tiens au courant !


A part ça, et ben j’avance bien dans ma lecture de Tocqueville. C’est fastidieux, mais c’est vraiment très très intéressant, parce que figurez-vous que De la démocratie en Amérique, ça parle de l’Amérique ( du XIX e siècle en plus, pour vous dire comme ça remue les foules), mais ça parle aussi de la Democratie (si si je vous assure, je suis allée plus loin que le titre). Et le truc vraiment, mais vraiment intéressant, c’est que ce type sent le début de quelque chose, de toutes les conséquences de la démocratie, sur la société, mais surtout (enfin je dis surtout, c’est que ça m’intéresse "surtout") dans la production artistique. Multiplication des créations, déclin de l’académisme, multiplication des écoles, et surtout (cette fois c’est un vrai "surtout") l’adaptation de la production au public (ce que les journalistes apprennent la dictature ou la tyrannie de l’audience, ou audimat, je sais plus). Donc quelque part, le développement de la démocratie correspond à une commercialisation de l’art, non pas dans le fait qu’on le vende (la chapelle sistine n’a pas été faite à l’œil. Si ?), mais qu’il intègre dans son fonctionnement le modèle du commerce : offre/ demande, concurrence, rendement immédiat.. bref, j’ai l’impression de découvrir l’égouttoir à pâtes (c’est pour varier du fil à couper le beurre, qui fait quand même un peu rétro : honnêtement combien d’entre vous n’ont jamais vu de fil à couper le beurre de leur vie ?, et c’est aussi, -décidément digression, digression ce soir ! Ca doit etre le jus d’orange- que l’égouttoir à pâtes me manque cruellement ici, parce que figurez-vous que les américains ne mangent pas de pâtes. Mais comment font-ils pour être gros ? me direz-vous, trépignant d’impatience devant votre écran. Ils ont importé aussi le pain, la pizza, l’huile, le principe de la friture, et ils ont tout fait comme nous avec des plats plus grands. Pas con, hein ? BREF). Donc, oui, j’ai l’impression de redécouvrir l’égouttoir à pâtes en disant ça, mais pour de vrai, c’est passionnant parce que Tocqueville voit ça à son commencement, et que toi lecteur, avec ton siècle et demi d’avance sur lui, et ben t’as l’impression de remplir toutes les petites cases qu’il laisse vides dans son texte parce que sinon c’est retour vers le futur (ouh, la, j’ai bien peur de ne plus etre tres claire la). Je veux dire, en lisant ça, tu dis mais oui c’est bien sur, ce qu’il decrit là, ca s’applique complètement à cette réalité aujourd’hui. En plus, c’est écrit dans une langue qui transpire d’intelligence (ouh, pas classe l’image, pas très européenne !). Bon, fini la pub. En plus il est mort, je peux meme pas demander du blé pour la pub. Sinon, j’ai lu aussi les Scènes de la vie future (en parlant de retour vers le futur) de Duhamel (Georges je crois). Je dis ça parce qu’a priori j’avais pas d’affinités particulières avec ce type : c’est l’intellectuel de droite (je me trompe ??) de l’académie des années 30 qui fait son voyage aux EU et qui essaie d’en faire un compte rendu vivant mais complètement alarmiste. Il est connu pour sa "critique" du cinéma qui fait vraiment peur de racisme, de snobisme et de betise (il décrit le cinéma comme certains intello de maintenant décrivent la télévision : opium de l’intelligence, abrutissement, retour aux instincts sauvages). Duhamel fait aussi ce genre de critique à propos du jazz. M’enfin, j’ai quand même lu ça en entier parce que c’était fascinant de voir d’où venait l’image qu’on a des États-Unis en France. Et c’est marrant parce qu’entre maintenant et les années 30, y a juste la fascination pour les usines qu^Òon a perdu, mais sinon, sa description est fondatrice de notre regard. Il est surpris en particulier par la publicité, le développement de la société des services (avec la caricature des assurances et des avocats). Bref, c’est marrant à voir. 2 citations pour le plaisir : "ce qui fait la force et la grandeur de l^ÒAmérique, c’est qu’il y a toujours des Américains pour penser sérieusement à tout" et il finit par dire que les américains vont se mettre à fabriquer eux memes leurs antiquités (ce qu’ils font), et en se foutant de la gueule de la prohibition, il conclut que "bientot, on empechera les gens de fumer". Bref, ce bouquin n’est quand meme pas tres glorieux, lisez plutot Tocqueville. Mais la conclusion était pas mal vue, et peut etre prendre un sens maintenant : "Que manque-t-il à ce peuple pour être un grand peuple ? Porteur d’un grand message, digne d’un grand crédit,de respect, d’admiration ? Que manque-t-il à cette gloire ? De grands malheurs sans doute, de grandes épreuves. De ces aventures terribles qui murissent une nation, la reploient sur elle-même. ?" Bon, bien sur, ça me parait un peu tard maintenant pour penser à etre un grand peuple au niveau des etats unis (j’ai dit Grand, pas Gros). Enfin, bon , je vais pas me la jouer donneuse de leçon non plus, c’etait juste pour dire qu’entre les analyses de Tocqueville, les compte rendus des années 30, l’imaginaire communiste de la guerre froide, et les milliards d’images de la société américaine des année 80 avec les films et la TV, on a à peu près le pourquoi du comment de pourquoi et comment on voit les Etats-Unis en France. A suivre bien sûr. Je crois que je vais ralentir un peu sur le jus d’orange.

Pour la fine bouche, encore quelques citations, de mes élèves, cette fois : "on peut flâner n’importe pourquoi et n’importe avec qui" (je me demande si je vous l’ai pas déjà écrite celle-là d’ailleurs), "je veux devenir une médecine", "on peut aller dans le restaurant de manger vite (pour fast food, vous voyez, c’est eux qui nous la préserve notre exception culturelle !), "La cote d’azur, tout le monde l’aime pour sa clime belle", et en parlant de la jeunesse de Moscou : "les jeunes aimes jouer la guitare autour de feu avec la bière comme un stimulateur". Sur ce, je vais vous souhaiter une bonne nuit à tous, et à très bientôt j’espère, parce qu’il faut que je vous parle des "crazy Fridays" (rien de bien folichon, ne vous affolez pas, juste encore un des projets sans intérêt à la Anne, mais version américaine : version bottes en caoutchouc quoi !)

Ciao ciao

Anne

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