Coucou,
Merci pour vos réponses, ça m’a fait bien plaisir d’avoir de vos nouvelles. Cette fois, je vais essayer de faire plus court. Au fait, pour ceux qui ont la chance d’avoir internet avec tout plein de débit et tout plein de temps : on peut discuter sur Messenger, sachant que je suis quand meme connectée tard la plupart du temps (style 22h minuit…et encore). Je vais pas vous parler du New Jersey parce que je suis en train de rencontrer plein de gens ici et qu’il y a donc plein de soirées et de trucs à raconter en perspective. Je vais plutôt finir ce que je voulais faire sur New York, en commençant par la bouffe, puis les femmes et… j’ai pas de troisième partie, incroyable, non ?
Bon alors forcément, la bouffe, on est aux États-Unis, donc, je savais à quoi m’attendre. Au début, j’ai surtout mangé chez le chinois d’en face qui faisait aussi des plats mexicains, et même des mélanges sino-latino. Mais là j’ai pas gouté. On bouffe de très bons tortillas, des bons hot dogs pour rien du tout, des nouilles chinoises en bol de polystyrène (les trucs qu’ils emportent pour bouffer au bureau quand ils ont pas le temps dans les séries américaines, comme Seinfeld). En fait, on trouve vraiment de la bouffe de partout pour pas très cher, mais il est vrai que j’ai passé une semaine dans le quartier pour le moins métissé de Spanish Harlem. J’ai une super adresse de bouffe russe, une super de bouffe juive et on m’a conseillé deux trois restos sénégalais que j’ai pas vraiment eu le temps d’expérimenter. Le plus gros problème reste les yahourts. Je m’attendais à en trouver comme en Italie ou en Allemagne, les gros pots bien crémeux, mais non, rien. J’ai juste trouvé au fond d’un frigo d’une station service un gros pot de yahourt que j’ai meme pas pu finir parce qu’il était vraiment Low fat, comme tout ici. Ah, j’oublie de mentionner la tentative de danone de s’incruster sur le marche deja bien plein, americain, en vendant des yahourts aux fruits de dimension normale, mais a la piece et comme un produit de luxe (2$ le petit yahourt), mais ce qui m’intrigue, c’est que pour faire bien, ils ont ecrit en francais, mais avec une faute : la Yahourt de danone…. Je ne comprends pas. Ca c’est le truc hallucinant : la variété de trucs allégés, placés en tête de gondole, à tel point que la première fois que j’ai fait des courses, je me suis retrouvée avec du lait allégé, du beurre allégé, et surtout, ce qui m’a fait le plus rire, du faux sirop d’érable (vous savez le sucre liquide qu’ils mettent sur les Muffins pour les petits dej au mac do) allégé bien sur.
Il y a 15 variétés de sucre : le pur (bien caché derrière les autres en général), le mi sucre mi aspartane, le pur aspartane, + trois ou 4 sortes de trucs qui remplacent l’aspartane, et ça va en dégressif comme ça. Il faut dire qu’ils ont un vrai problème de diabète ici, je me souviens plus du pourcentage, mais c’est vraiment beaucoup, comme les obèses. J’ai d’ailleurs assisté au défilé (!) des obèses dans les pharmacies car une loi vient d’être votée comme quoi le medicare (la secu pour ceux qui n’ont rien, l’équivalent de notre couverture sociale universelle, votée par Jospin) a décidé de rembourser tous les soins de perte de poids pour les vraiment obèses… ce qui fait beaucoup de demandes, et beaucoup d’argent. Enfin, c’est vraiment un gros problème de santé publique, parce qu’ils commencent a perdre en espérance de vie ici a cause de l’obésité (un peu l’équivalent du tabagisme en France, qui va faire chuter l’espérance de vie d’ici 10ans, et du débat sur le remboursement des patchs de nicotine, qui ne sont tjs pas rembourses, je crois). Euh, donc, le sucre…. OK. Sauf que le sucre, et ben, il est partout ailleurs et en particulier dans les sauces, et la, il faudra vraiment que je prenne une photo du rayon sauces d’un super marche normal (de la taille d’un Franprix a paris), parce que moi, j’ai été incapable de choisir une sauce. Et vous hallucineriez sur le nombre d’étiquette qui se réclament ‘French’. L’autre gros problème est bien sur les fruits et les legumes, chers et rares, mais apres tout, vraiment pas plus qu’a paris. Je dirais meme que je mange presque mieux ici qu’a Paris, alors que j’ai légèrement moins d’argent. Il y a meme un marche de fruits et de légumes frais a cote de chez moi tous les vendredis. Bon, d’accord, j’y suis pas encore allée, mais quand meme, je le signale…
Non, le vrai problème sur la bouffe, et c’est vrai que c’est marrant parce qu’en France, on a plutot tendance à développer l’inverse, la portion individuelle pour celibataires urbains, c’est que les petits paquets sont rares et chers, et qu’en general acheter la meme chose en grosse quantité revient bcp moins cher. Et quand je dis grosse quantité, c’est vraiment grosse : les bouteilles de 3 litres sont la regle pour le coca et les jus d’orange. Et le lait, c’est en bidon de 5 litres uniquement, et en plus, ils le pasteurisent pas pareil qu’en France, et il dure moins longtemps. Il faut donc beaucoup d’abnégation, (et beaucoup de céréales) pour ingurgiter 5 litres de lait en qqs jours. Ils compensent a cause de l’absence de yahourt. Donc, quand t’as pas de voiture et que tu fais tes courses a velo (ma pomme), tu peux pas prendre le bidon de 5 litres et le paquet de 24 rouleuax de PQ. D’où problème. Et d’où bien sur, incitation a la consommation, de manière ouverte (3 paquets pour le prix de 2, plutot que, comme souvent en France, 50% de réduction sur un produit).
Quelques curiosités en vrac : j’ai pas réussi à trouver des carottes normales, ici, il n’ont que des babys carottes, déjà épluchées et lavées, sous plastique, que t’as intéret a manger dans les 2 jours après l’ouverture., le beurre est un produit de luxe, trois fois plus cher qu’en France, parce qu’ici, ils font tout a l’huile (du coup, mes collocs sont en train de me finir allègrement ma plaquette de beurre), et j’ai paye un pain de campagne 5$ !. Il était bon cela dit, mais ça m’a quand meme fait chier de payer un pain deux fois le prix d’un sandwich. Et surtout, j’ai eu du mal a trouver des pates ou du riz normal. Par normal je veux dire, sans qu’il y ait déjà du fromage, des lentilles, du mais, de la tomate, des oignons etc avec…. Après un premier voyage dans un super marche, j’ai compris pourquoi mes collocs me demandaient comment je faisais la bouffe (ca les étonnait vachement de me voir moi meme cuire des oignons pour mélanger avec le riz, ou rajouter du fromage sur mes pates). Juste parce que c’est meilleur et moins cher que d’acheter le truc tout pret. Elles avaient l’air convaincu. Mais aussi, mais la j’ai pas pu leur dire, un peu de créativité merde, c’est quand meme agréable de bouffer ce que toi tu as eu l’idée de préparer, et pas la recette nouvelle que le groupe d’agro alimentaire vient d’inventer. La vraie clé, c’est la diversification de la bouffe, et ca je vous en reparlerai avec l’histoire des vitamines, mais c’est hallucinant de se rendre compte que ce marche est sature, il y a vraiment dix fois trop de bouffe, une agriculture et un élevage de tarés. Donc, l’agroalimentaire s’est développé, au point d’étouffer complètement le secteur primaire et est devenu une industrie giga puissante. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des trucs tout prets, très chers et super chiades, qui sont fabriques avec de la viande de merde, ou meme les ailes de poulet noyées dans la sauce indienne puent la mauvaise qualité. Bref.
Ca ce sont les données de base, observables aussi, dans une moindre mesure en France. Maintenant se développe à grande échelle, à New York, mais dans toutes les grandes villes un peu fashions des États Unis (surtout en Californie, où il y a semble-t-il un bon potentiel de tarés), ce qu’ils appellent la ‘Gourmet-food’. C’est un peu l’équivalent de nos produits bio en France, mais sans les racines paysannes ou gauchistes, qui datent d’un peu plus longtemps ici.
Le principe, c’est que la haute classe new yorkaise, moyen jeune (30-50), bossant dans des métiers comme la pub, l’entertainement (ou pire ‘l’événementiel’, comme on commence à l’appeler en France), enfin, les boulots qui font bien, semblent découvrir le gout d’une tomate, de l’huile d’olive, du pain, du vinaigre… Ce sont les produits phares du gourmet food. Mais, ça reste quand meme des américains, et du coup, ce sont des magasins spécialisés dans le bien manger qui te proposent 60 sortes d’huile d’olive, et 30 sortes de pain français. Franchement j’en avais vu autant (toutes les variétés aux céréales…) et ils avaient l’air très bons, mais beaucoup trop chers.
Le gros problème de ça, c’est justement que ce sont des magasins spécialisés, et que si tu veux trouver de l’huile d’olive de base dans un super marché, et ben tu te grattes. Et on retombes en fait dans le débat du commerce équitable (est-ce qu’il faut rentrer en concurrence avec la grande distribution ou sauvegarder un espace uniquement dévolu au commerce équitable, et ou par conséquent se rendent uniquement les gens convaincus ?).
La grande différence avec le bio, c’est qu’ici, ce n’est pas politique et que ce n’est pas une question de santé (ils ont le rayon vitamines pour la santé, et surtout la préoccupation santé est centrale pour la bouffe depuis déjà plusieurs années, je veux dire que ‘bon pour la santé’ est un argument de vente pour la plupart des produits vendus en grande surface, du style, sans gras, sans sucre, sans sel, avec vitamines, bon pour le cholestérol…). Non, le gourmet food, c’est juste de manger des trucs bons quand on peut se le permettre et d’essayer d’adopter par la meme occasion une parodie de mode de vie à l’italienne (gros succès du fantasme, avec la France, l’Italie).
Autre chose et après j’arrete avec la bouffe. Dans les films ou les documentaires qui se passent aux États unis, on a souvent l’impression qu’ils passent leur temps à bouffer, de préférence dans la rue. Et c’est vrai ! En fait, oui, on voit plein de gens qui mangent dans la rue, et ce, pour une raison bien simple, et c’est là que ça commence à devenir grave, le snack, la bouffe rapide dans la rue est vraiment moins chère que la bouffe que tu te fais chez toi. Un sandwich gros et bon te coutera entre 3 et 6 $, tandis que si t’essayes de te faire plus ou moins la meme chose en achetant les produits, t’en auras pour 5-10$. Et ça, ça m’inquiète vraiment, c’est comme quand à Paris, tu te rends compte que bouffer un kebab a 4 euros (ils ont pas encore augmenté ?) te revient moins cher que de te faire un vrai repas, meme tout simple. Ca c’est grave parce que ça veut dire que tu ne choisis vraiment pas ce que tu manges. Cela dit, vu que les américains en général aiment bien etre libres de faire et de manger ce qu’ils veulent, l’industrie du snack s’est énormément développée et à New York, dans certains quartiers, tu peux trouver à emporter une salade de fruits, des harengs à la suédoise, du struddel, des baklavas (grand succès en ce moment là-bas, ils découvrent, suite à la mauvaise conscience du racisme anti arabe ??) du gateau au gingembre. j’en suis témouine ; le gateau au gingembre, c’était le deuxième jour ou je me disais, Anne, tu vas galérer pour trouver un truc potable a manger ici, qd soudain, je tombe sur un marche biologique (et gourmet, mais c’etait surtout des tomates tordues, des herbes fraiches et des gateaux au miel), dans une ambiance gentiment hippie sur une des places du Lower East Side (un des quartiers les moins chers, très animes, ancien quartier de la drogue dure : la ou se trouve le bordel dans la scène de fin de Taxi driver). Donc, la je tombe des nues… Surtout qu’après une bonnes demie heure de calcul mental pour convertir les prix (ils sont en système métrique anglais ici, alors qu’ils conduisent a droite, ah les cons), je me rends compte que c’est moins cher que les marches parisiens. Toute contente, j’ai hate d’informer mes parents que tout n’est pas perdu de ce cote de l’Atlantique.
Conséquence de l’habitude du snack : les emballages et le gaspillage de tout. Alors, la, c’est clair, tout est perdu de ce cote la de l’atlantique…. Et pourtant je suis française et pas allemande, mais ca me choque profondement que quand j’achète un sandwich, meme dans un truc où tu t’asseois, on me file la bete (le sandwich), entouré de 10 couches de papier alu, plus de qqs tranches de sopalin, plus un sachet en carton pour le garder au chaud (il faisait 42 degres) et deux sacs plastiques. Ils donnent systématiquement deux sacs plastiques ici, de peur qu’il y en ait un qui casse, et que le client vienne se plaindre (hantise nationale dans ce pays) meme quand t’achètes un paquet de coton. Non, honnetement, c’est hallucinant, et l’une de mes colocs ne fait jamais la vaisselle puisqu’elle a tout, y compris les couverts en plastique.
Dans une journée normale, tu dois récolter une dizaine de sacs plastiques, jeter 5 ou 6 serviettes en papier, sans compter le café dans un truc en plastique, avec couvercle en plastique, et truc en carton pour tenir le truc en plastique et un sac en carton. Sérieusement, j’ai regarde les restaurants, et si tu veux trouver de vrais couverts, qu’ils ne jettent pas a la fin du repas, il faut aller dans un resto très chic (plus de 25$ le menu)…. Pour ça je sais pas ce qui pourrait les faire changer… Peut etre le fait qu’un pays producteur de plastique entre en guerre avec eux… ? (c’est ce qui s’est passé pour les voitures après la crise pétrolière, à la fin des années soixante-dix, ils ont réduit la taille des voitures, qui restent quand meme impressionnantes, mais ils se sont ratrappés sur l’intérieur puisque la voiture de base est équipée de cuir avec des décos en bois etc…) ne prenez pas en photo ma R5, ils en seraient malades….
Oups, là je viens de me rendre compte que ca fait une heure que j’écris sur cet écran avec mes lunettes alors que j’ai pas enlevé mes lentilles… je viens de comprendre pourquoi j’avais mal à la tete… je suis con
Dernière chose (en fait je vous parlerai des femmes une autre fois, après etre allée dans une autre boite quand meme, pour l’objectivité de l’enquete ?), je n’ai bouffé au mac do qu’une seule fois, pour la curiosité, puisque c’était le mac do de Wall Street, conseillé par le guide du routard pour la pianiste qui vient chanter entre midi et deux et la boutique de souvenirs. A part ça, rien d’extraordinaire, peut etre meme plus mauvais qu’en France (et pour les interéssés, j’ai pas trouvé de quick !). Donc, pour l’instant, j’ai pas grossi, j’ai meme plutot maigri puisque figurez vous, que je me suis rendue compte de ça y a pas longtemps, en regardant une carte de New York et en convertissant les miles en kilomètres, que j’avais marché entre 15 et 20 kilomètres par jour les 10 premiers jours, et après, je me suis acheté un vélo, et que devinez quoi ? Highland Park (là où j’habite), comme l’indique son nom... ça monte !
Bisous a tous et a la prochaine.
Toujours pas de nouvelles de la copine de Matthieu, Lucie et du jazz à Harlem. Si quelqu’un pouvait l’appeler pour lui dire de lui filer mon mail…. Merci !
Anne