New York épisode 2


mardi 14 septembre 2004, par Anne R.

Salut à tous.

J’ai toujours pas d’accès internet chez moi, donc forcément, c’est plus difficile pour écrire de longs mails puisqu’il faut que j’attende qu’une des salles informatique du campus ouvre pendant la semaine, où je suis plutot occupée, enfin plutot semblant d’etre occupée.
En fait je vous parlerai de politique et de bouffe (le sexe c’était juste pour que vous attendiez le mail, mais en fait j’ai rien à dire) une autre fois, parce que là, il faut que je vous raconte mon week end.

Alors pour resumer, le challenge, c’etait de passer deux jours a Manhattan sans dormir, puisque maintenant que je suis une banlieusarde, je n’ai plus d’endroit ou dormir. Bon, je suis rentree vivante, mais c’etait juste.

Mon premier jour a commence au MET (l’énorme musée dont ils n’arretent pas de parler dans Friends, là où Ross emmène des filles pour un premier rendez-vous, pour leur montrer comme il est cultive et sensible : voir avant dernière saison quand Joey veut faire la meme chose mais que ca foire complètement). J’étais censée y aller avec Silvano qui finalement n’a pas pu venir, et avec ma colloc roumaine dépressive qui finalement avait pas dormi de la nuit et par conséquent n’était pas très fraiche pour se taper la journée entière de visites. J’y suis donc allée toute seule, et je me suis retrouvée aussi tout seule pour la visite en français, avec une guide super. On a donc passe deux heures toutes les 2 dans le musée a aller d’une aile a une autre parce qu’elle avait oublié de me montrer une petite statuette chinoise dans un coin.
C’était génial. Ce musée est vraiment extraordinaire. Parce que les américains en font jamais les choses a moitie, il y a dans ce musée un véritable temple égyptien directement transporte de la vallée du Nil, offert par l’Egypte en remerciement du sauvetage des temples, un vrai jardin chinois transporte lui aussi et remonte dans les règles de l’art (une équipe de 8 chinois ne parlant pas un mot d’anglais ont travaille a la reconstruction pendant 6 mois), mais aussi, une chappelle romane (qui si j’ai bien compris vient d’Auvergne), la cour d’un palais espagnole, une chambre a coucher de Pompei, une bibliothèque du XVIIe siècle espagnol. Bref, c’est l’hallu. Le fait de marcher dans ce musée est du coup très agréable, puisqu’il y a de grands espaces partout, des petits jardins, des verrières etc.
Là où j’étais vraiment bluffée, c’est le rayon peintures europénnes et celui d’art moderne.
Je pouvais pas m’empecher de pousser des cris en entrant dans une salle. Quoi ! ils ont 6 VanGogh ! Il y a une pleine salle de Picasso, et non des moindres, une vingtaine de Rembrandt, un rayon impressionniste vraiment dingue (ils ont la pièce manquante du Monet du musée d ;Orsay, portail de la cathédrale de Rouen, le plus beau, sous le soleil), de très beaux Miro, deux Chagall, qqs Dali, une collection de Matisse a faire palir Beaubourg, et en vrac, Munch, Magritte, Goya, une salle de Velazquez, Poussin, Van Dyck, Bosch etc...
J’en revenais pas : comment tout ça est arrive la ? Au début j’ai réagi comme tous les européens ici : mais c’est du pillage ! En fait, c’est plus complexe. La période la plus hallucinante, c’est toutes les peintures de l’entre deux guerres (en particulier les Picasso et les Miro), et en fait, c’est juste que les collectionneurs américains étaient les seuls a avoir de l’argent pendnat que l’Europe se remettait de la guerre et en préparait une autre. L’argent donc. Pour les impressionniste, je sais pas. C’est connu que les americains tripent sur l’impressionnisme, peut-etre qu’ils ont été les premiers a en acheter. Ils aiment a tel point cette période qu’ils ont continué à imiter les impressionnistes européens jusqu’en 1920... (oui, c’est le meme effet que le pop corn au Cheddar, je suis entrée par curiosité dans la section peinture americaine. Et confirmation de ce que je craignais, ca n’a aucun interet avant le xxe sicle. C’est peut etre une autre explication de l’abondance de chefs d’oeuvre dans ce musee : on va toujours chercher chez les autres ce qu’on ne peut faire soi meme, c’est meme le principe du commerce). Sinon, quoi d’autre ? C’est dingue, il faut y aller. Il y a très peu de croutes ou de trucs pas intéressants, comme on peut en trouver (beaucoup) au Louvre, puisqu’ils ont vraiment le meilleur de tout, parfois un peu en vrac. C’est moins compartimente qu’en France. Il ya par exemple une salle terrible ou il y a un immense Monet, un Toulouse Lautrec, un Sisley et un Picasso. Et finalement, c’est pas bete, aprce que le Picasso passe plutot bien dans cette atmosphère. Seule section décevante, la peinture italienne, où il n’y a qu’un Raphael et qu’un Veronese qui valent le coup, le reste est plutot mauvais.
L’italie a donc gagné, et c’est le seul pays, la bataille contre le Metropolitan Museum. Et j’oubliais : des Rodins, des Rodins partout, et tellement bien mis en valeur. On devrait en prendre de la graine. Je pourrais vraiment en parler pendant des heures mais, sans image, ça a pas grand intéret

Ca c’était donc vendredi. Après, j’ai marche un peu dans Soho, dans l’espoir de me trouver un appareil photo dans un super marche de photo dont on m’avait parle, mais c’est un magasin juif, donc ferme le vendredi aprèm et le samedi. Pratique. J’ai fini par retrouver Silvano le soir. On avait prévu d’aller en boite, et puis lui il etait un peu fatigue d’etre sorti tous les soirs la première semaine. Donc on decide d’aller dans une boite de jazz un peu spéciale puisque les musiciens viennent pour des jam session après les concerts dans d’autres boites, jouer de minuit à 8h du mat. L’originalité du truc est aussi que c’est le premier self service de jazz parce qu’il était censé y avoir un open bar sans alcool ouvert.

Bref, après avoir pris une pina colada dans Greenwich Village, on se met en route pour la boite en question. On est tombe sur une minuscule boutique de bracelets de cuir je crois, ou, après vérification sur le plan, on a appris que la boite avait fermee. Le type nous donne un flyer pour une autre boite, plus connue celle la (le fat Cat). Alors commence la grande épopée de Anne et Silvano à travers la nuit new yorkaise. On se pointe au Fat Cat, l’entrée était plus chère que prévue, on descend qd meme. La c’est un bar un peu glauque ou un type visiblement defonce joue du violon. On finit par negocier de rentrer sans payer pour voir si on veut rester parec que la salle de concert a proprement parler est une sorte de blockhaus (pour ne pas deranger les voisins), insonorise avec deux portes blindée. Bref, on rentre, et la il y avait 7 personnes (4 sur la scène et 3 dans le public) affalées sur d’énormes canapés eux aussi défoncés. Le tout dans une ambiance très molle de club de jazz parisien. On reste 15 minutes et le type vient nous demander si on reste. Donc, on est bien obliges de partir si on veut pas payer les 20 dollars. En plus, il n’y avait pas de bar, la coutume apparemment était d’amener ta bouteille et tes pièces d’echec parce qu’il y a plein de tables d’échecs vides. On s’est donc casses, et on a fait la meme chose (entrer, écouter, rester un peu et partir) dans 4 ou 5 bars ou boites. C’était bien marrant parce qu’on est vraiment passés de l’ambiance 19/20 ans écoutant du rap en hurlant, au pub dragouille du samedi soir , on était vendredi soir, mais c’est ce genre d’ambiance (Silvano a baptise ca "hetero hystérique", c’est assez vrai). Et le plus drole c’etait un bar tout en longueur ou il y avit un groupe de vieux rock pourri et on se serait cru au Texas. Les gens mangeaient la attablés sur de grandes tables, habillés n’importe comment (un mix entre Babou et Dallas). Là, on a vraiment ri quand on nous a dit qu’il fallait payer pour s’installer à une table.
On a fini par échouer dans un truc qui s’appelait le groove et qui promettait sur la devanture du jazz, du Rock, du r&b, du hip hop et de la country. Rien que ca.

On est rentres, et la on a pas eu le choix, puisque la fille nous a installes direct a une table au premier rang (c’est une petite salle de concert, la tete du chanteur etait a moins de 1m de la mienne) Apres avoir commande des bieres on s’est apercus qu’il devait y avoir en tout 5 blancs dans la salle (Silvano se comptant parmi les blancs). Donc, on était un peu mal surtout qu’il y avait une ambiance torride. Les filles se levaient pour chanter le refrain, tout le monde connaissait les paroles par coeur, des fois, elles montaient sur la scène pour se frotter un peu au chanteur. Bref on s’attendaient pas vraiment a ce genre de soirée, mais on est quand meme restés là jusqu’à 2h dans cette ambiance de fous sans rien capter aux paroles que 50 personnes nous hurlaient dans les oreilles.
Puis on a fini dans un bar gay a la deco minimaliste de Chelsea, ou a la fermeture (4h), l’ambiance est un epu comme dans tous les bars du monde. Pour le moins decadente.
Sur ce, on marche un peu, Silvano rentre et moi je décide de rester à New York. Il etait 5 h et je me disais que le jour n’allait pas tarder a se lever. Grossière erreur. Il a fallu attendre jusqu’à 7h10.. ET 2h10 seule dans les rues de New York, c’est pas évident. J’ai donc pris le métro qui est sans doute le lieu le plus sur de la ville pendant la nuit (il y a des flics partout, plein de monde et les gens se rassemblent comme des betes pendant l’orage) Sauf que qd je suis sortie du métro, il faisait toujours nuit, et il y avait vraiment très peu de monde dans les rues. La, j’ai eu un peu peur et je me suis donc engouffree dans un supermarché/pharmacie ouvert 24h sur 24, ou je suis restee une heure...
Ils ont vraiment du se demander pourquoi j’ai mis autant de temps a me decider pour choisir un paquet de bonbons et une bouteille d’eau. En tout cas, j’ai eu le temps de bien observer toutes les vitamines existantes (j’aurai l’occasion de vous en reparler, mais ici c’est la folie des compléments alimentaires, parapharmacies, vitamine sen tout genre, il y a des tonnes de boutiques, les vitamine shop, qui ne vendent que ca, et chaque New yorkais, meme les jeunes a son petit cocktail de pilules auxquelles il croit fermement, et gare à toi si tu ricanes quand ils t’expliquent que la rouge, c’est pour équilibrer les excès de la bleue, on est en plein Woody Allen, mais on a pas le droit de rire). C’est aussi complètement dingue les médicaments ici : il existe peut etre 100 sortes d’aspirine, emballes exactement comme un paquet de bonbons et avec les memes arguments publicitaires. J’ai aussi été très impressionnée par le rayon crème contre les hémoroides. Il faut croire que le couplet sur les hemoroides de la vieille noire dans le dernier film des frères Cohen (lady killer) n’est pas que pour faire rire.

Quand les vendeurs commençaient à me regarder bizarrement, je suis sortie du supermarché. Il ne faisait toujours pas jour, j’ai donc atterii dans un cafe/snack/épicerie/un peu n’importe quoi (ils appellent ca un ’deli’, mais je vous en reparlerai), ou j’ai réussi a negocier qu’ils me laissent aller dans la salle au premier etage pour boire mon thé chinois (c’est vraiment tres international comme ville, on boit du tres bon the chinois dans un truc ou il n’y a que des mexicains en plein quartier juif, et juste pour la blague, on a croise avec silvano un restau qui s’appelait ’Sushi samba’et qui etait donc un mix de cuisine bresilienne et japonaise. AARGH). Donc, là j’étais très bien à boire mon thé en regardant le jour se lever (enfin) sur le carrefour.
C’était le matin du 11 septembre qui est ferie ici maintenat et ou l’on voit beaucoup de gens qui pleurent dans la rue.
C’est donc le matin que j’ai entrepris d’aller faire une petite sieste a Central Park avant de me remettre en route pour d’autres aventures.
Et, c’est très étrange Central Park tot le matin parce qu’il y a une sorte de chasse croise entre les clochards qui dorment la avec leurs gros caddies, et qui se reveillent, se font la popote et s’en vont, et les joggers fous, très friqués et très bien habillés (si si, meme pour courir), qui envahissent littéralement le parc des 7 h du mat.
Comme je n’étais pas vraiment bien réveillée, je me suis fait engueuler par un type en uniforme qui régulait la circulation dans Central Park. J’explique : il n’y a pas de voitures, mais il y a tellement de gens qui font du vélo et de gens qui courent qu’ils ont ete obliges d’instaurer des couloirs réservés et des règles de circulation très strictes. Ils sont vraiment fous ces ricains.

Donc, j’ai dormi un peu et je suis allée passer le reste de l’aprèm avec 3 français, des normaliens avec qui j’ai passe l’agreg exactement dans le meme quartier que la veille. On est allé sur le port parce que c’est toujours agréablede voir la mer et que quand c’est la canicule (il fait encore 35 en ce moment), c’est le seul endroit frais (avec le métro). Puis, quand ils m’ont propose d’aller avec eux dans un club de jazz et en boite le soir, j’ai été tentée, mais j’ai quand meme dit non. Une nuit blanche, oui, deux, non.

Sur le chemin du retour, je suis qd meme tombee sur des puces. J’ai donc tout naturellement ete tentee. Et je me suis achete un velo pourri pour pas cher. J’ai meme marchande a moitie prix parce que c’etait la fin des puces et qu’elle avait pas envie de le ramener chez elle (moi non plus j’avais pas envie de le ramener chez moi dans le train bonde du samedi soir, mais j’etais bien obligee), Vous voyez, les bonnes habitudes se perdent pas...
Le plus drole c’est que plus tard, quand j’ai vu mon vélo à la lumière, je me suis rendue compte que c’etait un vélo français, avec écrit en gros sur le cadre : NORD FRANCE.
Là non plus, on ne se refait pas.
Fin de l’aventure.

Maintenant, j’ai l’adresse et le numero de tel de Stephamie qui vit toute seule a Manhattan et qui m’hebergera les prochains weeks end. Donc, pas d’inquietude à avoir, je ne me refais pas une nuit comme ca. C’etait juste pour l’aventure.

Bisous à tous, et n’hésitez surtout pas à m’écrire, ça fait tellement plaisir

Anne

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