Salut à tous.
Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de vous écrire parce que je n’ai pas encore de connexion internet, alors, je donne des nouvelles et mes premières impressions en meme temps.
J’ai donc passé une grosse semaine à NY, dans une auberge de jeunesse un peu crade mais très sympa dans le quartier espagnol du sud de Harlem. J’ai beaucoup marché dans la ville, et c’est vraiment une ville extraordinaire. Je n’ai pas trouvé d’appart à Manhattan, tout simplement parce que je n’ai pas accepté de vivre dans une chambre sans fenetre (1ère offre), ou avec un végétarien qui refusait catégoriquement que de la viande passe la porte de l’appartement (2ème offre), ou encore avec qqn qui cherche qqn pour partager une pièce et un lit où il dort le jour parce qu’il travaille de nuit. L’offre la plus sérieuse était une colloc avec un égyptien qui vivait dans le couloir et me laissait la chambre. J’ai failli la prendre, mais c’était entre deux sex shops et il y avait un clochard nain (si si ça existe) qui vivait sur le palier. Je n’ai pas supporté l’idée de voir tous les matins en sortant de chez moi un clochard nain...
Et maintenant je suis dans le New Jersey, juste à coté du campus où je travaille, et c’est une très belle chambre dans une très grande maison dans un très beau quartier. Bref, je suis installée, et embourgeoisée. Ici, c’est l’exact contraire de Manhattan. Mais ne vous inquiétez pas, j’irai passer au moins deux jours par semaine à New York, ce n’est qu’à 45 min de train.
Je voulais vous donner qqs premières impressions, sur les choses qui m’ont le plus frappée ou le plus plu pendant cette semaine, et peut-etre vous donner envie de venir...
C’est à la fois en vrac et classé, alors démerdez-vous, je ne me suis pas encore transformée en guide de voyage.
les gens.
Ici, une des choses qui frappent le plus, c’est la diversité des physiques, bien sur c’est cliche, mais c’est pas seulement qu’il y a des noirs, des mexicains etc, c’est que tout ca est en plus métisse. J’ai ainsi pu voir des arabes/chinois ou des noirs/hispaniques (ceux la sont très beaux), et le simple fait de marcher dans la rue est très marrant. J’ai croise le jour de mon arrivée un nain qui parlait à un géant. Ils se parlaient très très fort parce qu’il y avait a peu près 1m20 d’écart entre leurs deux tetes.
Les filles sont en général très bien foutues, et habillées d’une manière qui ferait crier au scandale ici. Le string est moins à la mode qu’en France, mais en été, les minijupes sont vraiment de la taille d’une culotte, et c’est la mode d’une sorte de haut, très décolleté, transparent, et complètement ouvert jusqu’aux fesses dans le dos. Elles ont en général un peu de bide, mais des jambes extraordinaires et des épaules tres musclées, et une chute de reins terrible. Je dis ça en simple témoin, je ne suis pas en train de devenir lesbienne, juste je donne des conseils s’il y en a qui veulent venir faire du tourisme sexuel ici. Je n’ai pas croisé beaucoup d’obèses à part dans la population noire, ici, on marche tellement , dans la rue, dans le métro, qu’on est obligé de perdre des calories.
Quant aux mecs, le physique moyen n’est pas terrible : pas tres grand, plutot rables et tres muscles.
Je n’ai pas vu non plus de très beaux visages. Une belle fille a souvent un visage de mannequin mais rarement un visage intéressant, pareil pour les mecs. Les seuls visages très beaux sont ceux des métissages inattendus ou ceux des noirs.
Les gens quand ils parlent.
Ils ne font pas seulement marcher dans la rue, en plus ils parlent, et c’est peu dire, parce qu’ils parlent vraiment tout le temps, c’est le sport national ici. J’ai meme vu a Bloomingdale (oui oui, le magasin ou travaille Rachel) deux filles qui continuaient a raconter leurs vies et leurs ’dates’, leur vie sentimentale de looseuse a travers la porte des toilettes, alors qu’elles etaient toute les deux en train de pisser. Ici, c’est Sex in the City et Bridget Jones tous les jours. Les gens s’interpellent et se racontent leurs vies tout le temps, a tel point qu’on a l’impression d’etre en permanence sur une place de village géante ou tout le monde se connait. Le pire, c’est Central Park et le métro, le bus. Il suffit que tu n’aies pas un livre entre les mains ou que tu n’aies pas l’air super occupe pour qu’on t’accoste, et pas seuelemt les hommes, ou alors si c’est pour draguer, c’est tres explicite, au bout de 10 minutes de conversation, il te propose un date, et si tu refuses, c’est pas grave, il continue a te raconter sa vie (ca m’est arrive à une séance de ciné en plein air a central park, et le mec m’a aborde en me demandant comment étaient les pop corn au cheddar, fromage. Je précise qu’il s’agissait de pop corn gratuit, et que je n’ai pas volontairement acheté des pop corn au cheddar, au cas ou il y en ait qui douteraient de ma santé mentale, bref, il parlait tellement que j’ai pas réussi a suivre le film, et déjà que j’avais du mal, j’ai du me casser parce que je ne comprenais plus rien.)
Des fois les gens t’abordent juste pour te raconter un truc, une anecdote, comme ce mec qui commençait a me dire qu’il allait boire un petit café parce qu’il avait un avion a prendre pour Washimgton a 4h du matin, j’étais tellement fatiguée que j’ai juste répondu ah oui ou un truc comme ca et réellement, il était vexé que je ne lui demande pas ce qu’il allait faire a Washington et continuer a parler. Ici les gens s’attendent tellement a ce que tu aies envie de parler, c’est tellement bizarre qd on arrive de Paris.
D’autres fois, c’est plus triste, comme des mecs qui galèrent qui viennent te taxer 1$ pour prendre une douche (ici, c’est la religion de l’hygiène, deux douches par jour c’est le minimum, alors quand tu peux plus prendre de douche, pour eux, c’est le dernier degre de la dégradation), ou encore, cette femme qui m’a abordée à Central Park, qui s’asseoit avec moi, on commence a parler de la France, de New York, elle me dit que c’est son anniversaire, commence a se repeigner et se maquiller pour aller à une fete d’anniversaire et elle finit par me dire qu’elle a pas du tout envie d’y aller. Après 5 minutes de tergiversation, elle m’explique qu’il y a quinze ans, son mari et ses 3 fils ont été tues dans un accident le jour de son anniversaire et que depuis, elle a un peu du mal avec ce jour la. Je ne sais pas si ces histoires sont vraies ou pas, l’important c’est que les gens viennent vers toi pour te les raconter. Du coup, tu es obligé de parler, tout le temps, des que tu as l’air d’avoir un problème, il y a toujours quelqu’un qui arrive ’can I help you ?’ , et c’est amusant de remarquer que cette phrase est aussi ce que disent les caissiers d’un magasin, les serveurs d’un bar etc... On n’a pas arreter de vouloir m’aider a trouver mon chemin alors que j’ai apprivoise la ville super vite, et le plus drole c’est que les new yokais veulent toujours te faire profiter de leurs expériences, ils ont toujours un bar, une épicerie, un magasin a te conseiller, et ils font bien attention a ce que tu retiennes et comprennes l’adresse. Pas question ici de partir en disant oui oui, j’irai peut etre. La meilleure solution, c’est d’avoir toujours sur soi un petit carnet, comme ca, ils peuvent écrire eux memes leurs adresses, et ils sont contents. Et c’est bien aussi pour toi sinon t’es noyé sous un flot d’information au bout de 2 jours. C’est incroyable comme ils aiment et défendent leur ville ici.
Un détail marrant : Central Park est entretenu pour une grosse part grace aux donations des New Yorkais, et il y a tout un cursus honorum du simple donateur au great gift... C’est en fait la theorie de la participation dans une entreprise appliquée à un espace public : tu ne vas pas aller abimer ou detruire un parc dans lequel tu as investi. Ca marche bien et Central park est vraiment extraordinaire. Pour un parisien, c’est surprenant de voir toutes les pelouses ouvertes au public et aussi propres.
Le plus drole, c’est vers 6-7h, qd les vieux beaux new yorkais, qui habitent des appartements de tares (il y en a plein ici, c’est la categorie qui me plait le plus ici) viennent habilles en Ralph Lauren promener leurs danois ou leurs labradors et se baissent avec elegance pour ramasser la merde de chien et l’amener a la poubelle. Le tout avec un charme terrible et en gardant une élégance parfaite. Ils le font tous ici, sinon, c’est 600$ d’amende, et les flics sont partout, vraiment partout.
2 mystères de New York (c’est très interactif comme mail, vous pouvez participer à mes interrogations)
Quand je suis arrivée, les deux premières questions que je me suis posées sont : pourquoi je reçois des gouttes d’eau alors que c’est la canicule et qu’il y a un grand ciel bleu quand je marche dans la rue ? et la deuxième : comment les gens font pour récupérer leurs voitures quand ils les ont mis dans les garages verticaux (une sorte de treuil monte la voiture, mais ne peut plus descendre quand une autre voiture est garée en dessous) ? Je n’ai pas réussi a répondre a la deuxième question (si vous avez une idée...), mais j’ai la réponse de la première : parce que les climatiseurs (il y en a partout ici, meme dans l’auberge de jeunesse ou j’étais, et qui pourtant n’avait pas grand chose. j’ai meme vu un homeless avec un ventilateur portable) en éjectant l’air intérieur rejettent aussi l’humidité : D’où condensation....
Voila. Passionnant non ?
J’en viens à quelque chose de plus intello.
Ici, on peut vivre a n’importe quelle heure, mais vraiment vivre exactement comme dans la journée, les magasins sont ouverts 24 sur 24, pas tous, mais un grand nombre, et meme les trucs inutiles, les magasins de disque et les librairies (une envie urgente de Shakespeare a 4h du mat ?). Et c’est sans doute ce qui fait que New York est l’essence de la ville,comme on l’entend souvent, et qui est vrai.
Si on prend une échelle qui va de la vie a la campagne a la vie en ville, la différence est la soumission de l’homme a ce qui l’entoure. Les travaux des champs par exemple comme nos grands-parents les ont connus supposent une soumission aux saisons, à la météo, à l’absence de transport et de communication. Et bien New York est exactement à l’opposé de ce mode de vie, ici, c’est ce qui entoure l’homme qui se soumet à lui. Quasiment quoi que tu fasses (à 90% des services de toutes façons), tu peux le faire à n’importe quelle heure, loisirs ou travail. Ce qui implique que cette ville soit anti-familiale (la famille suppose un minimum d’heures de vie en commun) et également une certaine forme de soumission de l’homme a l’homme, puisqu’ici, tout l’environnement extérieur est manœuvre par des hommes (métro, commerces...)
Enfin, c’est un peu confus, mais c’est amusant de remarquer qqch qu’on sent un peu a Paris et qui existe ici dans une tout autre dimension. Pour donner un exemple, le wifi fait un boom ici en ce moment, et du coup, la mairie et tous les espaces publics installent le wifi. Ce qui fait que derrière la grande bibilothèque, il y a un parc ouvert toute la nuit ou de gens viennent écrire des mails, travailler... avec leur ordinateur. Ce qui prouve que c’est un reel changement de mode de vie, et non un simple argument publicitaire...
Bref, je vous en reparlerai.
revenons à quelque chose de plus concret : les chiottes.
Pour tout vous dire, j’ai beaucoup vu les toilettes la première semaine parce que j’ai eu une infection aux reins assez grave qui m’obligeait à aller aux toilettes 10 fois par jour. Les plus belles et les plus rigolotes sont celles du magasin Apple, elles sont exactement de la meme matière et de la meme couleur que les IBOOK, ce qui donne l’impression de pisser sur un ordinateur. Enfin, vous voyez, je me marre bien.
En fait, ici, les toilettes sont comme en Allemagne je crois (Virginie ?), tu vois ce que tu viens de faire. J’aime vraiment pas trop. Il parait que c’est une différence de culture et de relation a l’hygiène, mais je ne vous en dirai pas plus, il parait qu’il y a un sociologue ou un anthropologue qui a fait une étude très sérieuse sur ça et qui a montré que c’était la frontière entre les protestants et les catholiques. (Sam ?)
enfin, les animaux :
Comme tout bon français (on m’a expliqué après), j’ai eu droit au gag de l’écureuil. J’explique.
Vous rentrez dans Central Park complètement émerveillé par l’immensité de l’espace vert en question, vous vous mettez à marcher, mieux à gambader, complètement charmé par les arbres, le bruit des oiseaux... quand soudain un écureuil déboule sous vos pieds. Vous vous arretez, surpris et tout joyeux de voir un écureuil. Vous vous approchez doucement pour ne pas l’effrayer, et là, vous vous rendez compte que non seulement il n’est pas effayé, mais qu’il s’en va rejoindre des milliers d’autres écureuils tous aussi mignons mais que vous n’avez pas remarqués avant. Et là, vous voyez les regards amusés des new yorkais qui repèrent les touristes à leur capacité à s’étonner de voir un écureuil. L’un d’eux m’a dit que pour un new yorkais, un écureuil, c’est un rat. Moi je dirais plutot que l’écureuil est à New York ce que le pigeon est à Paris, en plus mignon quand meme. J’ai aussi vu des paons, bcp de cheins des vieux beaux sus-nommés, et des rats dans le métro. Là c’est pareil, c’est le meme gag, on s’étonne d’en voir un, et il y en a cent, mais là c’est vraiemnt beaucoup beaucoup moins mignons.
Je m’arrete là pour le moment, j’ai encore plein de choses à vous raconter, en particulier sur la bouffe et la politique (j’ai été à la grosse manif de dimanche, et j’ai plein de remarques intéressantes, en bonne anthropologue), mais aussi (je vous mets l’eau à la bouche, un peu de pub ne fait pas de mal), sur le commerce, la sexualité (alors là je vous rassure, ce sont des remarques de seconde main), et aussi, nettement moins sexy, pour vous raconter ce que ça fait de se retrouver au bureau du prof pour la première fois.
Je n’ai pas encore de connexion internet et lundi est un jour férié, donc je ne pourrai pas continuer ma description ni vous répondre avant mardi, donc, Patience.
Gros gros bisous à tous
Anne
Au fait, je vous donne mon adresse parce qu’il faut absolument que vous m’envoyez des photos, ici, les gens croient que je suis orpheline parce que je n’ai pas de photo de mon frère et de mes parents dans mon portefeuille, ils ne veulent pas croire que j’ai un copain parce que je ne porte pas sa photo en pendentif, et ils pensent que je suis asociale parce que je ne me trimballe pas tout le temps avec un album photo de tous mes amis. J’exagère un peu, mais c’est vrai qu’on me demande souvent de montrer des photos, donc SVP. Et puis, ça me fera plaisir à moi aussi. vous pouvez mettre mon nom :
59 south Adelaide Avenue, Highland Park, NJ 08904, usa