Salut tout le monde,
Voici donc l’épisode 13, le dernier avant de prendre l’avion, parce que ça porte bonheur ! A ce propos, on m’avait dit qu’aux Etats-Unis, y’avait pas d’étages 13, de chambre 13, ou de place numéro 13 dans l’avion. Eh bien c’est vrai, les américains sont superstitieux. Je mets aussi sur le compte de la superstition le fait que les new yorkais évitent scrupuleusement de marcher sur les grilles de métro dans la rue. Il doit y avoir une légende urbaine qui dit qu’une fois par an, il y en a une qui lâche, et qu’on n’en ressort pas vivant (comme la légende des alligators dans le metro de New York, dont je n’ai pas réussi à savoir si elle était vraie, si qqn a des renseignements). Du coup, moi j’aime bien faire exprès de marcher sur les grilles de metro, ça me donne l’impression de vivre dangereusement ! Dernier mail avant de rentrer donc, mais aussi sans doute dernier mail tout court, parce que j’ai l’impression d’avoir raconté les trucs importants et pas importants que j’avais envie de raconter, et que maintenant, je sens que je vais commencer à ne vous raconter que ma vie, ce qui est tout de suite moins intéressant. J’entends déjà vos cris de protestation et soupirs résignés. Mais ne vous inquiétez pas, j’ai plein de choses passionnantes à raconter aujourd’hui.
Déjà, je viens de réussir à faire sortir ma colloc de ma chambre qui s’y était réfugiée, terrorisée par son copain (qu’elle a quitté hier, le même avec lequel elle voulait se marier dans mon dernier mail : eh oui, les choses vont vite dans le nouveau Monde !) qui venait d’entrer dans la maison en colère et de casser une vitre de la cuisine avec son poing, ce qui objectivement, n’était pas une très bonne idée parce qu’il fait -10 dehors cette nuit. Bref, elle s’est enfermée dans ma chambre avec moi, et après avoir essayé de la calmer, je suis allée dehors voir s’il était encore là. J’ai bien cherché partout, et en rentrant, je me suis dit que c’était pas une très bonne idée parce que je me suis souvenue qu’ici, tout le monde avait une arme, et que si le type avait vraiment pété un plomb, ça m’aurait pas fait rire de me prendre une balle à la place de ma colloc. Donc, oui, je vis dangereusement. Et maintenant, tout est rentré dans l’ordre : je l’ai convaincue de retourner dans sa chambre. Elle a quand même passé 2 heures au téléphone avec son cercle entier d’amis pour raconter 12 fois l’histoire que j’avais vécue en direct. Les américains parlent très fort de façon générale, à Paris, on a l’impression que c’est parce que ce sont des touristes et qu’ils captent rien à la langue autour d’eux et qu’ils font pas gaffe, mais en fait, ils sont vraiment comme ça. Pourquoi ? C’est une question encore ouverte. Le groupe de français d’ici a différentes explications : la Télé, trop et trop jeunes, les grands espaces et l’héritage des pionniers obligés de hurler pour s’entendre, trop de masturbation, qui aurait crée une surdité collective, ou encore une modification génétique. Le concours aux explications débiles est encore ouvert, dépêchez-vous !
Pourquoi je racontais ça ? Ah oui : donc, vu que les américains parlent fort, j’ai évidemment suivi les différentes versions de l’épisode raconté par ma colloc, et dans chaque version je joue le rôle de la colloc héroîque, super courageuse, super gentille (tout ca parce que je lui ai dit que s’il revenait, elle avait qu’à hurler et que je viendrai en courant puisque je comptais pas me coucher avant 2 h du mat). C’est toujours bizarre d’entendre parler de soi à la troisième personne, mais c’est encore plus drôle en anglais. Je suis donc "really awesome" et "sooooo mature, you can’t imagine". Alors, "mature" je l’avais déjà entendu souvent ici, tout ça parce que je suis la prof la plus jeune, mais je dois dire que les gens qui m’ont dit ça ne m’ont pas vue jouer aux playmobils chez Schwarz (l’immense magasin de jouets de la 5ème avenue qu’on voit dans bon nombre de films américains, en particulier la série de films de Noel avec Macaulay qqch, si je me souviens bien). Bon, d’accord, c’était pas une anecdote très drôle, mais j’ai commencé par la plus récente (le sang dégouline encore tout fumant sur les murs, non je déconne, ya rien de grave).
Pour l’anecdote drôle, j’en ai une petite en réserve. Cécile est venue me voir (et New York) la semaine dernière et pour me faire plaisir et se réchauffer un peu, elle m’avait ramené une bouteille d’Hydromel de Montréal (ce qui va complètement dans le sens de sa théorie comme quoi le Québec est une annexe de la Bretagne : le beurre salé, le Cidre, l’hydromel, les crèpes, on n’a pas vu de coiffes, mais faut dire qu’on n’a pas bien cherché. Par contre, on a vu un black jouer de la Cornemuse à Harlem, mais c’est une autre histoire). Bref, la bouteille d’hydromel. Il faut expliquer que Cécile est arrivée au lever du soleil et qu’on a passé la journée à New York, une nuit blanche dans les pattes chacune sans rentrer chez moi, donc avec toutes ses affaires. Apres une brève visite au Met, parce que bon quand même, on aime bien les journées hyper actives, on a décidé d’aller à Ellis Island parce qu’il faisait beau, que j’y étais jamais allée et que c’est la mer, donc toujours agréable. Sauf que pour aller à Ellis island, on est obligé de prendre le ferry qui s’arrête aussi à la Statue de la Liberté et qu’on est obligé de descendre communier sous ce grand symbole. Et que par conséquent, les contrôles sont draconiens à l’entrée du bateau. Ils ont commencé à trouver louche que Cécile transporte un ordinateur portable. Un type a donc mis ses beaux gants blancs pour l’épousseter et nous le rendre. Après, ils sont tombés sur la bouteille d’Hydromel dans mon sac, et ça a été le ramdam. Déjà c’était louche, l’étiquette était en français ("bouquet printannier" :), ensuite, le bouchon était en liège. Le type a commencé à m’expliquer un peu inquiet qu’on allait l’ouvrir. Je lui expliqué, aussi un peu inquiète, que non, on n’allait pas l’ouvrir. Et après m’être perdue dans des explications du genre c’est un cadeau de Noel, c’est précieux et cher (j’ai pas rajouté pour ma vieille grand-mère mais maintenant que j’y pense, ça aurait pu être utile d’en rajouter un peu : bigger is better ici), il m’a renvoyé à un autre type qui était bien d’accord avec moi pour pas l’ouvrir, mais qui nous a interdit de grimper sur la statue avec de l’alcool, et surtout nous a bien répété 5 fois de ne pas l’ouvrir une fois qu’on était sur l’île. Moi, ça m’a bien fait rire, je nous imaginais bien en train de nous siffler une petite bouteille d’hydromel assises sur l’herbe au mois de décembre au pied de la statue de la liberté. Bref, on est passées et on a vu Ellis Island, qui est vraiment très intéressant.
Autre anecdote, à force de répéter à tout le monde qu’ici, on rencontre toujours des tas de gens qui viennent raconter leurs histoires bizarres, j’avais peur qu’on ne rencontre personne avec Cécile, qui m’aurait pris pour une effroyable mystificatrice. Mais, à peine on est sorties de la gare routière, à 7 heures de mat, un type commence à nous faire la causette, et après le traditionnel "Welcome to America", toujours avec le même bon vieux sourire franc (à croire qu’ils compensent la rigueur de leurs frontières par un accueil de l’intérieur), il nous apprend qu’il est en train de traverser les États-Unis à pied pour la lutte contre le cancer. Il nous sort ses coupures de presse, des trucs de son site internet, des photos de son père. Le type etait marrant. Si quelqu’un est intéressé par ce genre de personnages, dites-moi, je vous retrouverai son site. Quoi d’autre ? Ah oui, une autre rencontre bizarre. On a passé le samedi à Harlem parce que le samedi après-midi dans midtown, deux semaines avant Noel, ça avait un petit goût des soldes de janvier aux galeries Lafayette. Et Harlem, c’était calme, et c’était même plutôt beau. On est allées se poser dans un square où y’avait des gamins qui jouaient. Le type qui s’occupait des gamins était en train de fumer un petit joint tranquillement, et sans que ça lui pose le moindre problème, il a essayé de nous vendre un peu de beu en même temps qu’il engueulait les gosses. Il faut dire aussi, pour poser le personnage qu’il essayait d’apprendre à son chien à grimper aux arbres pour aller bouffer les écureuils. À propos d’écureuils, j’ai vu mon premier écureuil noir, et c’était à Harlem ! Marrant non ? non. bon. À part ça, on bouffe trop bien dans ce quartier : on est allées dans un super restau de cuisine noire du Sud, et c’était très sympa parce qu’il y avait à la fois des familles, des jeunes, un peu de touristes (bon, d’accord, surtout des français, mais les gens disent qu’il y a que les francais qui vont faire les touristes à Harlem et à Brooklyn). C’est évidemment très bourratif et la nana a un peu halluciné quand arrivées au dessert, elle nous propose de partager un gâteau et qu’on lui répond que non, on va prendre chacune une tranche complète de banana cake et de tarte à la patate douce. On a bien tout fini alors que tout le monde autour de nous se faisait emballer les restes pour le lendemain. Je sais, je me répète, mais on vit dangereusement ! Donc, ça c’était Harlem. Bon, j’ai pas vu grand chose non plus, mais j’ai l’impression quand même que ce n’est pas très pauvre, enfin disons, que la population est plus mélangée que je l’imaginais, surtout au niveau des classes sociales, et qu’un certain nombre de noirs entrés dans un milieu bourgeois, voire notable, ont fait le choix de rester à Harlem, sans parler de Bill Clinton bien sûr, qui a acheté une maison à Harlem pendant qu’il était président, mais qu’on n’a pas croisé (comme je n’ai toujours pas croisé Jim Jarmush à Brooklyn, ni Woody Allen sur la 74eme rue ! ). Par contre on a croisé par hasard sur le marché de Harlem Alexandre, un copain de Paris en vacances, ce qui fait toujours bizarre quand on est à l’autre bout du monde, mais qui paraît-il arrive souvent dans ce genre de ville.
À part ça, eh bien, je continue les expériences amusantes à vélo, puisque après m’être retrouvée sur l’autoroute à velo au début de l’année, j’ai aujourd’hui fait une heure et demie de vélo à travers une zone commerciale géante qu’on peut même pas appeler banlieue tellement c’est moche (c’est vous dire), tout ça, pour récupérer mon chapeau oublié dans un bus y a deux semaines, que j’avais réussi à localiser après avoir harcelé au téléphone le type des objets trouvés. J’ai pas regretté le voyage, surtout qu’il faisait moins six aujourd’hui, et que par conséquent, entre un mac do drive in, un cimetière industriel, les travaux sur la route, et les garages de pièces détachées, l’expédition n’a pas été des plus comiques. Plus comique par contre la fois où je me suis retrouvée à vélo sur l’autoroute, je sais plus si je vous ai raconté ou pas, donc, bigger is better : je reraconte rapidement. Il faisait chaud, c’était la fin d’après midi, je décidai de me rendre à la piscine en vélo, piscine qui se trouve sur un autre campus. Après avoir habilement déterminé le chemin le plus court sur ma petite carte du campus, je suis partie. La, évidemment, je me trompe de route et je me retrouve sur une voie d’insertion en virage. Le temps de me rendre compte que oui, j’étais bien sur une autoroute, une 8 voies même pour être précise, que j’étais à vélo, que la nuit allait tomber rapidement et que je ne pouvais ni traverser ni faire demi tour puisque la voie d’insertion se trouvait en virage et en pente, ce qui était vraiment trop dangereux, j’ai eu peur, et je me suis réfugiée dans un chantier sur le côté de la route. Le chantier donnait sur une foret. Là je me suis retrouvée nez à nez avec un cerf qui s’est enfui. Il devait pas avoir trop l’habitude de voir débarquer une nana sur un vélo (francais) qui s’insultait elle meme (en francais). Vu que la foret en question n’était pas trop bucolique à part la présence du cerf (plutot le genre de foret dégueulasse ou se passent tous les trucs qui souhaitent échapper au controle policier on va dire poliment), je décidai de suivre l’autoroute jusqu’à la prochaine sortie, qui était indiquée a plusieurs miles quand meme. J’ai donc fait demi tour et me suis engouffrée dans la foret avec mon velo sur le dos et ma boussole a la main (qd j’ai ouvert un compte a la banque, ils m’ont offert une boussole comme cadeau de bienvenu. J’en ai compris l’utilité ce jour-là). Et puis, voilà, j’ai fini par retrouver une route normale après escalade d’un mur de gravier (toujours avec mon velo sur le dos + mes affaires de piscine quand meme !). Si j’avais déjà raconté ça, eh bien, désolée pour la redite. Les épopées ne supportent pas la répétition, je sais, mais rassurez vous, je vais arrêter les transports alternatifs maintenant, parce qu’il neige à la fin de la semaine, et que normalement (si on ne me raconte pas que des conneries ici), ça va rester pendant trois mois ! Comme quoi, parfois, on vit vraiment dangereusement (ça pourrait être le titre de mes mails, à égalité avec "bref" : qu’est-ce que vous en pensez ?)
Sinon, j’ai eu un regain de considération pour les Amish en goutant dans un diner de profs (y a toujours des fetes ici, c’est formidable : on se connait pas plus à la fin qu’au début de l’année, mais au moins on fait la fête : ça remonte le moral !), un cheese cake (oui je sais je deviens mono maniaque) fait artisanalement par ces gentils marginaux. C’était il y a presque un mois, mais honnetement, je m’en souviens encore très bien !
Quoi d’autre pour ce dernier mail ? Ah oui, une simple précision au cas où j’aurais oublié de le dire : New York, c’est dégueulasse comme ville (et pourtant, je suis pas une maniaque de la propreté), ça pue, y a des rats partout, y a meme une légende urbaine qui dit que la peste est sur le point d’y refaire son apparition (mais n’exagérons rien), y a plein de trucs qui marchent pas : les tuyaux explosent qd il gèle, les escaliers automatiques ne marchent pas, les tuyaux n’ont pas été changés depuis 1850 dans le sud de la ville, et surtout, le métro tombe en panne quand il pleut et s’arrête carrément en cas de tempete de neige, les trottoirs sont défoncés, c’est bourré de marchands ambulants dans tous les quartiers, ça pue le beignet dégueulasse et la frite moisie, mais sinon, les gens essaient de garder la classe. Ca me fait toujours rire de voir les nénettes enlever les talons aiguilles et mettre des baskets avec leurs tailleurs pour prendre le métro. Pour faciliter les choses, tout ce petit monde s’est mis d’accord pour faire un Friday relax dans les entreprises : pas de cravates obligatoires, on peut venir en jean (enfin, ça dépend où qd même) et les escarpins ne sont pas obligatoires. Il parait qu’on fait ça en France aussi maintenant. Je connaissais pas : il faut dire, le milieu des profs, c’est plutot veste en velours et vieux pantalon beige, alors si en plus, on les autorise à faire plus relax, où va-t-on ?? (pardon les profs :)
Je vais terminer sur quelque chose de plus utile, en vous donnant quelques expressions francaises utilisées ici. Et je crois que si on fait une liste exhaustive, on peut parler francais aux Etats-Unis sans parler français (mais en passant quand même pour un affreux snob, parce que ces expressions appartiennent quand même à un certain niveau culturel). C’est dommage, je peux pas vous mettre le son, et je n’irai pas jusqu’à vous donner la transcription phonétique (après tout, je rentre la semaine prochaine, alors, pourquoi tant d’efforts ?). donc, au lycée, on apprend que les anglais nous ont piqué des belles expressions comme "ménage à trois" "femme fatale", et d’autres joyeusetés plus ou moins érotiques. Et arrivés sur place, on se rend compte que le vocabulaire français emprunté est soit celui de la bouffe et de l’alcool, soit celui de l’amour et du sexe, soit celui de la culture en général (non, je ne fais pas de la culture la catégorie englobante de la bouffe et de l’amour, j’en fais une catégorie à part, na !). apres avoir fait ces belles catégories, je vous donne une liste en vrac (c’est tout moi ça !) : tous les noms de vin, et de boissons (de limonade à champagne), de bouffe (coq au vin- j’en ai d’ailleurs mangé un très bon la semaine dernière et figurez vous que j’ai meme gouté des escargots ici !), les crêpes, et tout le voc du restaurant : menu, à la carte, formule spéciale, du jour etc (même dans des restaurants vraiment éloignés du restau français typique, comme le hamburger du coin). Ils prononcent aussi "divorcé" à la française (!), ainsi que "cliché", bien sûr, "milieu" (pour milieu social uniquement), "bricolage" (dois-je le classer dans la catégorie vie de couple ?), "enfant terrible", "grandiose", et même "formidable", prononcé à la francaise, ainsi que "bizarre", the "déjà vu" (alors que nous, on dit has been, marrant non ?), the "grande dame", "la joie de vivre" (à cause du tableau de Matisse, connu comme le loup blanc ici), à "niche" (ça j’aime bien comme ils l’utilisent, c’est pour "endroit tranquille oublié qq part, un résidu"), "en connaissance de cause" qui fait, parait-il très classe dans une argumentation. Quoi d’autre ? J’en avais plein et je les ai oubliés ! Ah si, "palette", "pièce de résistance". Je retrouve plus. C’est pas grave : si vous en voyez passer des marrants : je suis preneuse ! C’était donc la rubrique "nos amis les linguistes" qui tombe à l’eau. Tout ça pour montrer que finalement, vous pouvez sans problème parler peinture avec un américain, mais ce sera plus difficile de commander un sandwich tout con. Bref. Cela dit, l’influence du français est quand même en voie de vieillissement. C’est plus très mode de parler comme ça : la mode en ce moment à New York, c’est d’incorporer des mots yiddish dans la conversation courante (dixit le New York Times, j’ai pas encore l’oreille assez fine pour distinguer les origines des mots ici !!, à part les mots français !)
Sur ce, j’arrête mes conneries, et je vais essayer de faire un vrai site internet pendant les vacances (non pas que le reste ne soit pas aussi des vacances : mais bon, c’est l’appellation officielle à partir de maintenant), pour pouvoir mettre d’autres genres de conneries en libre service sans vous les imposer par voie yahooique. C’est beau le progrès : cette adaptation aux nouveaux besoins de la clientèle. Non ??
Donc, vivement qu’on se voie pour ceux que je vais voir et Joyeux Noel Bonne Année pour ceux que je vois pas d’ici là.
J’ai bien hâte de rentrer pour entendre dire du mal de Bush dans ma propre langue ! Je sens que ça va parler politique dans les foyers !
Anne