Mes livres préférés

JPEG - 41.6 ko
image-intro

Ecrire c’est le dernier recours quand on a trahi.

Jean Genet

Vous trouverez ici les livres que j’aime le plus, au début ceux qui m’ont le plus profondément marqué et transformé, puis d’autres très bons livres que je recommande chaudement. Tiens, il y a beaucoup d’années ’70 ou de livres qui étaient appréciés à l’époque, mais si vous avez lu le reste de ma page web ça ne vous étonnera pas. Vous pouvez aussi donner un coup d’œil aux impressions sur mes dernières lectures et surtout ma page de textes où vous trouverez parfois des passages que j’ai recopiés.

Les livres qui m’ont profondément marqué

  • Leonard Cohen : Les perdants magnifiques (Beautiful Losers) : lu la première fois à Moscou assis dans un parc qui fait le tour de la ville ("Cercle des Boulevards") où les russes marchaient en rentrant du boulots. C’était l’automne et j’ai marqué certains passages grandioses avec des feuilles mortes. C’est un des livres qui m’a le plus marqué car j’ai eu l’impression d’y lire mon destin, et en quelques sortes je ne m’en suis jamais éloigné au cours de ces années. Tout ce qui fait la vie est là, le sublime et la déchéance, le sublime dans la déchéance, l’amour, la poésie, Dieu, le glauque, l’amitié. Le style rappelle parfois Henri Miller, mais c’est plus doux, plus humain. C’est le livre que je recommande le plus dans cette liste. (Au fait, je vous ai recopié certains extraits.)
  • William S. Burroughs : c’est par moments difficile à lire, mais WSB est un auteur visionnaire qui vous faits deviner par quelques mots ou phrases à peine, au milieu d’un fatras schizophrène de mots juxtapposés, des univers entiers dans lesquels vous vous sentez plongés, des personnages dont le nom évoque toute leur vie, et qu’il faudrait des centaines de bouquins pour explorer. Des agents secrets au service de courants philosophiques obscurs, qui essaient de décoder leurs instructions dans la presse quotidienne. L’Acheteur, la Nonne Verte, le docteur Benway spécialiste en tortures psychologiques, drogues, et maladies vénériennes horribles, ex-brancardier devenu chirurgien à la suite d’un naufrage qui se bat avec son assistant shooté sur la table d’opération, le village de Puerto Joselito perdu au milieu des marécages glauques peuplés de monstres oniriques, les fous-camés-torturés s’échappant en masse de l’asile-goulag, tout ceci disséqué avec la précision d’un chirurgien… Ce qui rend si fascinant l’univers de WSB, c’est qu’il est réel et omniprésent, c’est les véritables dessous du monde sous son masque propret et humain, et vous ne reverrez plus les choses de la même manière après.
    Junky , le premier roman, vous plonge dans le monde des héroinomanes fauchés et contient les prémisses de tout ça, mais ce n’est qu’avec Le Festin Nu que l’on voit vraiment apparaître ces visions de l’enfer. Ici quelques extraits de La Machine Molle .
  • Jack Kerouac  : une tentative sublime et désespérée d’échapper au temps et de rentrer dans le présent, de transformer la manière d’écrire et de vivre, à toute vitesse et en improvisant sans cesse, tout en subissant la conscience douloureuse du monde. Récits d’amitiés, de voyages à travers les route poussiéreuses du continent américain, de personnages profondément vivants. C’est un des vrais précurseurs de tous les mouvements des années ’70. (Sur ma page des extraits de Sur la route , et de Les clochards célestes , que j’ai encore plus aimé).
  • George Orwell ( 1984 ) et Aldous Huxley ( Le meilleur des mondes ), les deux grands romans d’anticipation, après leur lecture, on ne voit plus le progrès de la même façon. Les deux romans partent sur des axiomes simples et en montrent de manière particulièrement efficace et effrayante les conséquences. Huxley a juste montré à quoi pourrait ressembler une société où on ferait en sorte que tout le monde soit heureux tout le temps ; Orwell montre comment un régime peut se maintenir au pouvoir éternellement, avec notamment l’explication de l’influence de la langue et des mots sur la pensée (en réduisant les premiers, la pensée l’est aussi).
  • Richard Bach , Illusions, ou le messie récalcitrant  : un pur chef d’oeuvre de poésie et de pensée (j’aime pas le mot philosophie), l’histoire d’un messie qui en a marre de faire des miracles et d’attirer les foules, alors il sillonne le pays sur un vieux biplane en promenant les curieux pour dix dollars la demi-heure. Dans ce tout petit livre, beaucoup de questions et de réponses, un plaidoyer pour les possibilités infinies de l’homme. Essayez par exemple d’imaginer la scène où un homme debout sur l’eau applaudirait le miracle de son ami marchant sur la terre ferme !!
  • Carlos Castaneda , Le voyage a Ixtlan (et les autres livres aussi, mais c’est de loin celui-ci mon préféré) : description de l’apprentissage de l’auteur chez un sorcier mexicain (probablement fictif), il fournit une description redoutablement fascinante, claire, pragmatique et cohérente du monde, du chemin à parcourir vers la connaissance, de comment la parcourir. Beaucoup d’idées ont été prises ailleurs, mais elles sont ici présentées de manière simple et concise (c’est presque un roman). Le texte que j’ai écrit sur le sens des choses en est très inspiré. J’ai aussi recopié quelques extraits du 1er livre et des poèmes cités par don Juan.
  • Léo Ferré , La mauvaise graine  : recueuil de poèmes et chansons, la musique des mots, de tous les mots, l’anarchie, comme affirmation de la valeur absolue de l’homme, et l’amour qui prend alors une intensité rare. (un aperçu ici)
  • Allen Ginsberg , Howl ("I saw the best minds of my generation destroyed by madness, starving histerical naked….") et Kaddish ("Strange now to think of you, gone without eyes and corsets…"), c’est la poésie Beat, vous aurez compris que j’aime cette période. (voici Howl en version intégrale)
  • Jean-Pierre Dupuy , La trahison de l’opulence (et aussi Pour un catastrophisme éclairé ) : c’est un essai présentant la théorie de la contre-productivité (étudiée par Ivan Illich), qui change radicalement votre vision du progrès, en en montrant les pièges et les illusions, mais vous montre en même temps une voie simple et directement applicable par chacun à son échelle pour échapper à ces pièges. J’avais commencé à résumer toutes idées sur ma page politico-économique.
  • Hermann Hesse (par ordre de préférence Le loup des steppes , Demian , Le Jeu des perles de verres et Narcisse et Goldmund ). Des romans d’apprentissages, sur la quête de soi et de l’unité, écrits dans un style sobre qui se laisse oublier, mais quelque chose de redoutablement efficace, violent, séduisant.Voilà ce que j’ai écrit en terminant Le Loup des Steppes  :

    J’ai mis un peu à rentrer dans le truc, mais après il ne vous lâche plus. L’éveil, la prise en compte des multiples personnalités de l’homme, l’amour et le sens, qui culmine sur une sorte de théâtre hallucinatoire, "Théâtre Magique, seulement pour les fous. L’entrée coûte la raison. Pas pour tout le monde." La musique de la fin de Don Juan, et la vision de Mozart qui montre les vieillards Brahms et Wagner suivis par un cortèges d’hommes noirs, toutes les notes superflues de leur instrumentation trop épaisse, le péché d’une époque pompeuse et baroque, avant d’être jugés sur ce qu’ils reste de leur oeuvre, de ce qu’ils ont vraiment apporté. Et nous, de notre côté, qu’avons nous écrit, dit, réalisé de superflu ? Ou aussi la vie comparée à la TSF : c’est une lutte continuelle entre la pure musique, le sublime, l’Idée, et le support qui grésille, qui fait tout pour l’assassiner et n’y arrive pourtant pas. A la fin, il se passe des choses, un meurtre, une fin, qu’on attendait, mais on ne sait plus si elles se sont réellement produites. On aurait envie de dire qu’on n’a pas le droit de terminer un livre comme ça, et pourtant on reste profondément touché. Que dire encore ? Je vais essayer de relire la fin, dans l’espoir de comprendre quelque chose de plus, je crois que je suis tombé dans le piège…

  • Gandhi, Tous les hommes sont frères
    C’est une compilation de textes écrits par Gandhi sur l’ensemble de sa vie et pensée. La partie autobiographique donne une image curieuse du personnage : un petit être obstiné, qui décide de vivre en accord rigoureux avec tout ce qu’il croit, et appliquer sans la moindre inflexion les principes d’honnêteté, de respect de la parole donnée. Il paraît si simple, et vraiment pas drôle. En plus, comme il ne parle absolument pas de ses réalisations (que je connais mal mais qui devaient être énormes), celles-ci passent inaperçues.
    Cependant il y a quelque chose de profondément juste dans son approche du monde, quelque chose qui résonne en moi et s’accorde parfaitement avec certaines de mes aspirations. Tout la pensée de Gandhi peut se résumer en deux principes simples : la recherche de la vérité (et quand on atteint une conclusion, on fait en sorte de l’appliquer scrupuleusement sans compromis) et la non-violence utilisée dans cette recherche de la vérité. La non-violence étant le fait d’être prêt à se sacrifier/souffrir soi-même pour défendre nos droits et nos idées plutôt que d’attaquer les autres (porté à l’extrême, ce sacrifice est très difficile).
    Je crois fortement en tout cela. Pourtant, il reste des difficultés : d’une part comment adapté ces principes à un pays (la France) où plus personne ne meurt de faim et où ce que les gens demandent n’est plus le strict minimum (qu’ils ont déjà) ? Et plus important, comment appliquer ces principes sans se couper entièrement de tous nos proches ? J’ai tellement l’impression que toute la démarche de Gandhi, qui quelque part me semble aller de soi, est totalement étrangère à la quasi-totalité de mes connaissances, et que personne ne comprendrait cette rigidité. Il faudrait que je discute avec quelqu’un qui se sente proche de tout cela, mais où le trouver ?

Autres très bons livres

Il y a de véritables chefs d’œuvre dans cette liste, qui s’ils n’ont pas changé profondément ce que je suis (en cet automne 2004), ont tous laissé quelque chose, une petite trace, une idée, une sensation, ou un sentiment de pure admiration, je les relirais bien tous dès que j’aurai l’occasion et je vous recommande d’en faire autant. En bas de la liste ceux qui m’avaient marqué il y a longtemps et dont je me souviens moins.

  • Henry Miller , Tropique du Cancer  : un roman sans histoire qui se lit d’une traite, un long poème de 330 pages, des divagations poétiques d’une incroyable beauté. La peinture du milieu sordide des artistes sans le sou à Paris dans les années ’30, avec un optimisme sans borne, une admiration pour la vie et ses détails, une acceptation joyeuse de tout, sans chipoter. Un chef d’oeuvre.
    (Il y a longtemps, j’ai aussi été très marqué par Lettres à Brenda Venus , qui serait une banale collections de lettres d’amours passionnées si Miller n’avait pas 83 ans. Il faut voir ce qu’il parvient à écrire lors de sa première lettre à une fille qu’il n’a jamais vu. Et puis ce qu’il écrit sur son lit de mort, ses derniers mots. J’avais pleuré à la fin.)
  • Antonin Artaud , Le moine  : Adaptation par Artaud d’un roman fantastique anglais écrit à la fin du dix-huitième siècle par Matthew Gregory Lewis, âgé alors de 19 ans. C’est un roman incroyable, comme je n’en avais jamais lu, qui m’a laissé tremblant pratiquement jusqu’à la fin, dans une sorte de ferveur pour connaître la suite. Suspense, histoire de fantômes, de passions, de crimes, personnages d’une sombre noirceur. Je ne sais trop quoi en dire, mais c’est d’une richesse et d’une puissance inouie. Je ne sais pas ce qui est dû à Lewis, ou ce qui est dû à Artaud (qui a condensé le texte, concentré l’action, supprimé des passages), mais c’est un livre hallucinant. (Ici des extraits.)
  • Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes  : Ca commence comme une description du métier de pilote d’avion postal à l’époque des pionniers de l’aviation, alors qu’il fallait naviguer à vue et que le moteur pouvait lâcher à n’importe quel instant. Mais ça devient une réflexion sur ce qu’est le monde, sur ce qu’est la vie véritable et la beauté de tout cela, un hymne à la vie et à la condition humaine. C’est à vous donner envie de mourir de soif avec lui dans le désert, complètement perdu et à 400km de toute source. J’en ai recopié des extraits.
  • Mario Vargas Llosa , La ville et les chiens  : L’histoire d’une promotion d’un collège militaire de Lima, centre à partir duquel rayonnent les histoires personnelles de plusieurs élèves (le passage de l’enfance à l’âge adulte) et une description de la société péruvienne. Dit comme ça, ça ne paraît pas transcendant, mais ce livre est un chef d’œuvre. Une écriture absolument impressionnante, légère, variée, précise, avec notamment un mélange très habile des points de vues qui permet à l’auteur de gérer en parallèle l’histoire présente et passée d’au moins quatre personnages complètement différents, avec toutes ces récits qui se rejoignent juste au moment où ça a le plus de sens. Le centre du récit insensiblement se déplace d’un personnage à l’autre, d’une intrigue à l’autre, ça reste de la pure poésie, c’est profond, riche. Un chef d’oeuvre.
  • André Malraux , La condition humaine  : l’histoire d’une tentative échouée de révolution communiste en Chine, l’histoire de plusieurs hommes très différents, peints dans leur complexité, dans leur richesse, l’histoire de l’homme dans sa lutte, dans sa souffrance, mais aussi dans le courage, la fraternité et les idéaux, le titre colle parfaitement au roman, on peut se demander à la fin si l’homme doit être nécessairement ça, mais en l’étant il est Homme, c’est sûr. L’écriture de Malraux est dense, riche, elle vit et elle est vécue. La voie royale  : un récit d’aventure, de la vraie, pour montrer ce que l’humain peut et doit réaliser, une écriture dense et impressionnante. Décidemment, je sens énormément d’affinités avec Malraux et sa vision du monde. (ici vous pourrez lire les dernières pages
  • Jean-Edern Hallier , par exemple Carnets impudiques ou l’Évangile du fou , c’est d’une puissance extraordinaire, dire ce que les gens n’osent pas dire, sans pitié pour forcer à aller au delà. Mais aussi des passages sublimes où personnages romanesques, personnages vrais et héros de l’enfance de l’auteur se rencontrent dans des lieux mi-réels mi-fantastique.
  • Vladimir Nabokov , La Méprise  : roman extrêmement brillant, écriture dense, ironique, avec des continuels rebondissements et coups de théâtre. Chapeau.
  • W.H.Sheldon , The varieties of temperament : a psychology of constitutional differences . Le principe est simple : prendre toutes les adjectifs pour décrire le tempérament (sympa, jovial, ambitieux, etc), voire s’il conviennent à un échantillon de population, et ensuite faire une regression statistique pour voir ceux qui sont corrélés. Résultats : 3 catégories qui regroupent un ensemble très vaste de traits de caractère, et qui permettent de décrire de manière extrêmement précise une personne en quelques mots, de comprendre ensuite quel est le type d’éducation qui lui convient, quelle est sa vision du monde, comment il interagit en société, quel est son but, etc. Fait encore plus remarquable, tout ceci est fortement corrélé avec le physique. Cette classification est un outil extrêmement puissant, que l’on peut ensuite appliquer à tout. Je vous en propose pour l’instant un résumé succint.
  • Ivan Illich , Une société sans école  : vous trouverez sur ma page un résumé de ce livre, qui présente les idées sur la contre-productivité appliquées à l’école, et c’est révolutionnaire, vous aurez l’impression de vous être faits avoir jusque là. Mais Illich va plus loin, et donne des idées pratiques sur comment changer les choses…
  • Franz Kafka , Le procès  : C’est curieux, on lit ce livre et on a l’impression de l’avoir déjà lu, de tout savoir. Pourtant on découvre, on est surpris, et aussitôt on se dit que c’était évident, qu’il n’y avait rien d’autre de possible. Ce n’est pas un livre particulièrement agréable à lire, mais on sent qu’on ne l’oubliera jamais, car c’est un livre visionnaire, Kafka invente un univers bien tangible, dans lequel on s’imagine parfaitement (un peu comme Burroughs, dans un genre pas si différent), peut-être parce que c’est l’univers dans lequel nous vivons, entre rêve et réalité. Chapeau.
  • Ernesto Che Guevara , Journal de Bolivie  : juste les observations très dépouillée (nourriture, déplacements, combats) notées au jour le jour par le Che dans sa dernière guerilla, jusqu’à la veille de son exécution. Je n’avais jamais réalisé ce qu’était vraiment une guerrilla, un sacrifice absolu pour vivre des mois dans un environnement extrêmement hostile contre lequel on lutte autant que contre l’ennemi, et le courage laisse admiratifs. C’est un récit passionnant, on se prend à souhaiter contre tout que l’histoire se termine autrement. Chapeau.
  • Thierry Vimal, Le grand huit , ce n’est pas encore un écrivain connu, mais j’ai vraiment aimé son premier livre. C’est une histoire d’amitié, un peu à la Kerouac, personnages colorés, attachants, tous vrais. Ça vous fera découvrir la Côte d’Azur autrement, ça donne envie de vivre, de liberté, de ne pas se laisser aller. C’est un livre résolument positif. Ne vous fiez pas au commentaires en quatrième de couverture : la drogue est omniprésente, mais ce n’est pas un livre sur la drogue, il y a beaucoup plus. C’est un livre qu’on essaie de faire durer. Je le relirai sans doute bientôt. Si vous avez des commentaires la dessus, je peux les transmettre à Thierry que j’ai la chance de connaître, et qui m’a montré certains de ces lieux et de ces personnages en vrai. Merci, et bonne chance pour ton prochain bouquin que j’attends avec impatience.
    PS : le deuxième bouquin, Dans l’Alcool a fini par sortir, c’est le récit d’une cure de désintoxication, en cinq jours nous étions trois à avoir lu ce meme exemplaire. Il y a vraiment un maturation dans l’ecriture, quelquechose de plus abouti. Je suis admiratif, même si je reste plus fan du premier.
  • Ray Bradbury, Fahrenheit 451  : Le futur. Les maisons sont ignifugées, le travail des pompiers c’est de brûler les livres et arrêter ceux qui les possèdent. On détruit tout ce qui peut troubler les gens en les faisant réfléchir, douter, car seulement ainsi on peut garantir le "bonheur" de tous, maintenu dans un état de stimulation sensorielle permanente par des émissions creuses de télévision et des drogues diverses. Montag est pompier mais il rencontre une fille qui lui parle de la lune, de la rosée, qui lui montre que les gens ont parfois des choses à se dire. Il commence à douter et va rejoindre la résistance, les hommes-livres qui apprennent par coeur pour retranscrire un jour, afin que la mémoire soit préservée.
    C’est un hymne très pur à tout ce qui fait l’homme, contre tout ce qui peut le détruire, écrit de manière humble et poétique. Profondément touchant.
  • Milan Kundera , L’insoutenable légèreté de l’Etre , L’identité  : Preuve par des histoires d’amour que l’être est quelque chose d’insaisissable, d’inconsistant, si bien qu’il se défile quand on cherche de le comprendre, il n’y a rien à comprendre. Ce n’est pas le mal, mais l’imperfection de l’homme (les excréments, la nécessité cligner les yeux pour les humidifier) qui prouvent l’inexistence de Dieu. A partir de là, il n’y a plus aucun point d’ancrage, l’être flotte, léger. Le choix, c’est se laisser flotter heureux, en saluant cette légèreté, ou alors essayer en vain de l’appesantir, de l’attacher. Bonne chance.
  • Eric-Emmanuel Schmitt ( Le visiteur , Oscar et la Dame Rose , M.Ibrahim et les fleurs du Coran , L’Évangile selon Pilate ) : une oeuvre intelligente, bien écrite, avec beaucoup de trouvailles géniales, ça se lit d’une traite et vous laisse clair et léger.
  • Psychedelic Prayers par Timothy Leary  : il s’agit ici d’une adaptation du Tao Te Ching. Il faut du temps pour rentrer peu à peu dans chaque poème, mais ils sont souvent d’une étonnante justesse. Voici une sélection personnelle.
  • Jean-Paul Sartre , ses oeuvres théâtrales ( Le Diable et le Bon Dieu , Les mains sales , Les Mouches ) : c’est brillant et intelligent, une manière magistrale d’illustrer des idées remarquables (l’absurde, la difficulté de l’engagement, l’absence de sens à priori), un regard lucide sur le monde.
  • Paulo Coelho , l’Alchimiste , Veronika décide de mourir et Sur les bords de la rivière Piedra… que j’ai lu il y a longtemps, mais qui avaient profondément marqué celui que j’étais à l’époque. Je ne sais pas si ça serai pareil maintenant. J’ai beaucoup appris de la scène du verre cassé dans le 3ème : seriez-vous capable sans efforts de laisser tomber un verre volontairement dans un bar ou un restau ? (dans le bouquin, ce verre veut dire beaucoup plus). Maintenant je crois que je pourrais, mais ça m’a pris du temps..
    C’est un auteur que j’aime bien car il exprime toujours avec beaucoup de douceur et simplicité les idées les plus fondamentales, que l’on avait déjà en nous, mais qui ressortent renforcées.
  • Pascal Lacombe, Le breuvage sacré des chamans d’Amazonie : l’Ayahuasca : c’est le récit autobiographique d’un apprentissage auprès de chamanes péruviens, tout en modestie et pudeur, il arrive vraiment à donner une idée du travail épouvantable que cette voie implique. On apprend énormément ici, et c’est d’autant plus précieux que ces enseignements se transmettent en général sans paroles, avec le temps, la patience. Super-recommandé.
  • Neal Donald Wasch, Conversations avec Dieu  : Joli. Très agréable à lire, présente un système du monde à la fois simple et cohérent, permettant de parler de liberté, de la création du monde et du sens des choses, tout en se plaçant dans une perspective prolongeant le christianisme et le système occidental. Même si au fond je n’ai rien découvert de nouveau, il y a tout dedans, je pense que c’est un très bon livre pour aborder le sujet de la spiritualité, et je le conseillerais à tous.
  • les poèmes de Jim Morrison (le chanteur des Doors) : il y a des passages insensés, mais, assez clairsemés, des vers très forts. (ici : deux courts poèmes)
  • Voici trois livres qui donnent un aperçu des années ’70 :
    • Tom Wolfe , Acid Test  : c’est la beat generation 10 ans apres. Ken Kesey (auteur de "Vol au dessus du nid d’un coucou") lance la génération psychédélique, en parcourant l’Amérique sur un bus scolaire peint en fluo, en semant peinture fluo, musique et acide. Ginsberg et Cassady seront aussi de la partie.
    • René Barjavel, Les chemins de Katmandou et Charles Duchaussois, Flash, ou le grand voyage , deux livres un peu flippants sur les premiers voyageurs en Inde, les dangers, les difficultés, la drogue, qui montrent ce qui clochait, mais ils montrent en même temps le courage, l’espoir, l’aventure.
  • Italo Calvino, Si par une nuit d’hiver un voyageur

(dernière mise à jour : septembre 2006)


Page Textes avec des poèmes et extraits de mes livres préférés
Mes dernières lectures
Musique et Films préférés

Ce site est tenu par : Francesco Colonna Romano
Pour m’écrire : francesco ’arobas’ alamemeetoile.net