Dimanche nuit, tard, un moment comme un autre pour commencer ce mail qui traîne depuis trop longtemps.
Malgré la nuit, il fait extrêmement chaud ce soir, la saison chaude va bientôt commencer par ici, et certains jours il fait une bonne chaleur torride à laquelle nous ne sommes pas encore habitués. Du coup, une pensée nostalgique pour les pays où l’on met un gros manteau pour sortir et on est contents de se réchauffer en rentrant chez soi, de s’emmitoufler le soir dans des couvertures épaisses. De loin, ça commence à paraître exotique tout ça, et c’est une bonne raison de plus pour se réjouir de la prochaine année en France, qui s’approche à grands pas.
Donc profitez bien de votre neige, et de tout cela, et je le dis sans ironie. Et si parmi ceux dont je n’ai pas de nouvelles depuis longtemps il y en a qui ont le temps de me raconter l’hiver, très volontiers.
Voilà. Un mois déjà depuis mon dernier mail, il y aurait plein de petites choses à raconter. Une semaine déjà de passée depuis que j’ai commencé ce mail, vous voyez je n’ai pas bien avancé. Par moments, il y a comme une sorte de petite routine qui s’installe, par moments on est fatigués, alors on cherche de lutter contre tout ça pour ne pas se laisser aller. Déjà des nouvelles vacances à la fin de la semaine, dans quatre jours, et il va falloir reprendre la route. Heureusement que j’ai réussi à récupérer des dernières.
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Je commencerais bien par les élections "primaires", événement le plus coloré de ce dernier mois. Ces élections servent à élire les députés mais surtout, en fonction des tendances de ces députés élus, à déterminer le candidat que chaque parti présentera aux présidentielles de décembre.
Le paysage politique est plutôt simple par ici : deux partis, que l’on pourrait désigner par leur couleur. Les rouges s’appellent "Partido Liberal", les bleus "Partido Nacional", mais ils sont tout aussi libéraux que les autres. Il faut rappeler qu’ici au Honduras l’impôt n’existe quasiment pas : les pauvres ne sont pas imposables et on ne peut contrôler leurs revenus, les riches ont les moyens de tout exporter aux USA (il y a l’exemple du proprio de la maison du directeur du lycée, qui possède une banque mais exige qu’on lui paye le loyer en dollars-espèces parce qu’il ne possède même pas un compte dans sa propre banque et envoie tout directement à Miami !!!). Du coup le gouvernement a très peu de moyens d’action. Étant donnés son poids politique international quasi-nul, la dette qu’il devrait rembourser et la dépendance vis-à-vis de l’aide internationale, il ne reste pratiquement aucune marge de décision : il faut adhérer aux traités de libre échange, soutenir la coalition en Irak, obéir aux consignes du FMI ou accepter les projets financés gentiment par la coopération européenne ou japonaise. Dans ces circonstances, les candidats n’ont quasiment aucune chance d’avoir un programme politique, à part Pepe Lobo ("Pépé le Loup") qui lui s’en est trouvé un de choix en proposant de rétablir la peine de mort : il peut se le permettre parce que de toute façon c’est la seule mesure concevable qui ne coûte rien. Pour le reste, le but des candidats est clair : parvenir au pouvoir et rafler le maximum de pots de vin au cours du mandat, pour eux et tous leurs proches qu’ils placent à tous les postes publics. A la fin de ce mandat, la loi interdit d’être reélu, afin que d’autres profitent des pots de vin et des emplois public (notre vendeur d’oranges par exemple était ingénieur de la mairie, avant le changement de maire).
Dans ce contexte, je peux vous présenter les candidats. Les deux principaux du Parti National sont Pépé, un cowboy du centre du pays qui promet de rétablir la peine de mort et axe sa campagne sur la sécurité, ainsi que Miguel, richissime maire de Tegus qui vient de détourner des sommes colossales des travaux de restauration de la place centrale pour financer sa campagne, ce qui ne l’empêchait pas d’être le favori. Quant aux libéraux, ils présentent Jaime qui promet dans des spots télévisés du travail pour tous et de la pauvreté pour personne (on y croit !!!), Mel dans le jardin duquel on a retrouvé, il y a vingt ans, huit cadavres, mais il a prétendu ne pas savoir d’où ils venaient, et enfin Gabriela, seule femme qui pour cette simple raison nous paraissait comme la meilleure et probablement la moins corrompue. Chacun a donné un nom a un "mouvement", sorte de liste sans programme, et propose ses députés.
Le nouveau mode de scrutin veut que pour plus de transparence, on ne vote plus pour des listes, mais directement pour les députés. A Tégus, les 12 candidats présidentiels présentaient chacun une liste d’une vingtaine de députés, ce qui fait en tout dans les 280 petites photos affichées dans la rue et les bureaux de votes. Parmi ces 280, les habitants de Tegus devront cocher 23 noms de leur choix, ça a l’air facile, surtout si on connaît le niveau scolaire moyen !!!
Ce qui par contre est assez clair, c’est la campagne électorale : pendant plusieurs semaines, les candidats les plus fortunés font mettre des affiches énormes à leur effigie, ils installent aux carrefours des petits kiosques avec des jeunes qui collent des autocollants sur tout ce qui passe. Ils sont équipés de hauts-parleurs géants qui diffusent de la musique qui répète inlassablement le nom de leur candidat, le plus fort possible pour couvrir celle diffusée par le haut-parleur concurrent à dix mètres de là. Aux feux rouges, des jeunes équipés de drapeaux géants ou de panneaux se plantent au milieu de la chaussée pour qu’on les voit mieux, et il y a aussi des défilés de voitures et drapeaux qui klaxonnent en acclamant leur candidat. A Trujillo, j’ai vu passer dans les rues très tôt le matin des voitures pourvues de hauts-parleurs qui passent des odes sur un air de rancheras (la musique typique mexicaine, avec trompettes, guitare et accordéon) ; les paroles disent des trucs du genre "c’est le plus fort, tout le monde l’aime, le riche comme le pauvre, le jeune comme le vieux, il lutte avec courage et il va gagner". Dans les régions reculées, on voit passer des dizaines de bus loués par Pépé qui emmène ses partisans à des meetings, ce qui leur fait des occasions de voyager et sans doute les convainc définitivement à voter pour lui. Il faut dire que tous ceux que j’ai interrogés, passants, chauffeurs, etc, tous m’expliquent que les honduriens sont très influençables et crédules (NB : chacun croit que LES AUTRES sont influençables), et que donc il suffit de mettre beaucoup d’argent dans la campagne électorale pour gagner. Mon seul regret dans tout ça, c’est que le candidat du parti national prénommé Jésus n’ait pas eu lui plus de moyens, car ça aurait donné une autre dimension à la campagne. Tant pis, il faudra se contenter de quelques "Jesus presidente", assez discrets somme toute, écrits à la peinture bleue sur quelques rochers le long de la route. Tous comptes faits, on les remarque moins que les panneaux publicitaires pour la Bible ("La Bible vous donne des paroles d’espoir.") que l’on rencontre parfois sur les grands axes routiers.
Mais ceci ne s’arrête pas là, j’ai été voir un gars à un kiosque pour l’interroger sur les programmes. Il m’a expliqué qu’il ne connait pas celui des libéraux car ces derniers ne le révèlent qu’à ceux de leur parti (logique…), alors que lui est pour le parti national. Ceci dit, il me donne un dépliant qui compare (impartialement ?) les programmes des deux candidats de son parti : l’un veux augmenter les impôts, instaurer des péages sur le périphérique, gaspiller de l’argent dans la campagne de pub de la mairie, alors que l’autre propose de baisser les impôts, de créer des emplois, etc. Crédible. Ceci dit, la palme revient à un autre dépliant proclamant que Miguel est appuyé par la "mara 18", l’un des gros gangs de mafia locale, avec pour explication que Miguel en tant que maire a donné un million aux familles des criminels et rien aux victimes, qu’il a dépensé en pub les fonds pour la sécurité et qu’il est contre la peine de mort y compris en cas de "crimes sataniques" !!! Pour être plus clair, on montre un photo du maire entouré de jeunes faisant avec les mains des signes de reconnaissance des maras. La légende précise : "le politicien s’entretient avec les mareros en visite au centre social universitaire". De plus en plus probable je crois…
Heureusement, le dimanche de vote s’est passé sans affrontements, grâce aussi à la "ley seca" qui interdit la vente et consommation d’alcool en public tout le week-end de scrutins. Les résultats ont confirmé que les candidats en tête sont exactement ceux qui ont fait le plus de pub : Mel pour les libéraux (celui des cadavres dans le jardin) et Pépé (le gars de la peine de mort) pour les autres. Miguel qui avait pourtant aussi bien investi est parti déprimer aux États-Unis, et on saura en décembre comment cette histoire se termine, même si le résultat ne s’annonce pas très réjouissant.
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Ehm, en fait deux-trois semaines qui se sont écoulées depuis la début de ce mail, il parait que l’Europe a pris quelques degrés au thermomètre entretemps. Et ici il y a encore plus de trucs à raconter, ça va faire un long mail…
Le lendemain des élections (et la veille du départ de ma mère), j’ai eu la chance de participer à un stage de formation d’une semaine intitulé à peu près "sciences et langage au passage entre cycle 3 (primaire) et 6ème", parce que c’était organisé au lycée, et après tout, toute formation est bonne à prendre (et je peux en même temps m’occuper de mes élèves). Dans l’ensemble c’était sympa, les profs qui participaient venaient des lycées français de toute l’Amérique Latine, Equateur, Colombie, Venezuela, Mexique, ce qui m’a permis de me faire des supers-contacts (je compte bien d’ici deux mois profiter de celui de Mexico…), l’ambiance était plutôt détendue, une semaine à faire des petites manips du genre compter combien de tours fait la roue d’un vélo avec un tour de pédale (dans toute formation il faut manipuler…). Plus sérieusement, ça a permis de me rendre compte des nouvelles normes d’enseignement des sciences, assez surprenantes. Suite à l’initiative de notre prix Nobel Charpak, on a décidé d’inculquer la méthode expérimentale aux gamins : faire une hypothèse ("si je n’arrose pas mes fleurs, elles vont pousser quand même"), concevoir une expérience ("je pars en vacances en les laissant sans eau") et à la fin valider l’hypothèse ("mince, elles sont mortes, ça n’a pas marché"), pour faire une autre hypothèse ("avec du coca-cola ça va marcher, je sens"), jusqu’à ce que ça marche, et que la classe entière puisse valider le savoir acquis ("c’est bien d’arroser les fleurs, mais il vaut mieux que ce soit avec de l’eau"). Ca parait séduisant vu comme ça, mais ça m’a permis de me rendre compte qu’appliquer ça aux maths m’agacerait profondément. Les maths à l’école en fait sont tout à l’opposé des "sciences", elles se rapprochent pour les savoirs faires et les difficultés de la grammaire et de l’orthographe ("applique la règle et ne discute pas"), ce qui explique sans doute pourquoi elles traumatisent également tant d’élèves. Saisir tout à coup cette fraternité avec des matières si menacées aujourd’hui m’a fait pas mal réfléchir. Pourquoi est-ce si difficile de faire comprendre aux gens ce qu’est une règle, leur faire apprendre par cœur les 5 lignes indiscutables de son énoncé (si on enlève un mot, tout est faux) et l’appliquer ensuite bêtement ? J’espère qu’on ne va pas abandonner le combat. Le deuxième constat important, c’est de voir à quel point une profession ça marque un homme, ça le change profondément. Déjà la formation initiale formatte beaucoup (c’est fou ce qu’une pensée d’un scientifique est loin de celle d’un littéraire), mais si ensuite vous mettez quelqu’un pendant vingt ans au contact d’une même faune (imaginez si en plus c’est des gosses de 7 ans), le risque c’est de finir par penser comme eux. C’est important d’être conscient de cela, parce que c’est tellement facile de se laisser aller sinon.
Le seul point du stage qui m’a plutôt choqué, c’est le coût que ça représente pour l’Etat : chacun des 20 participants vient tous frais payés de l’autre bout du continent, hotel 4 étoiles, argent de poche, ça coûte au-delà de 1000 dollars par personne. C’est vrai que la formation continue c’est utile (comment expliquer sinon à quelqu’un qui travaille depuis 20 ans au bout du monde ce que sont les nouvelles directives ?), mais quand même, c’est l’argent des contribuables qu’on utilise, et je n’ai pas l’impression que la rentabilité soit énorme (à part pour rencontrer des collègues de partout, ce qui est sympa). Certes, si on regardait de près où vont les fonds publics, on se rendrait compte à quel point à chaque étape il y a des pertes. Est-ce pour autant inévitable ?
La semaine après le stage, ça tombait bien, les enseignants français nous ont proposé de nous joindre à la grève du 8 mars, à l’occasion de la réforme Fillon (qui pourtant avait été quasi vidée de son contenu). C’est curieux, la veille de la grève et seulement ce jour-là, il y a des discussions dans les cages d’escalier avec le prof délégué syndical (le seul avec "statut d’expatrié", gagnant au-dessus de 8000 euros par mois pour le même travail que les autres) qui explique que la grève est l’occasion pour tous de demander une amélioration de leur statut. Si je comprends bien, c’est simple, il faut que ceux qui ont moins aient plus sans que ceux qui ont plus aient moins, bref qu’on augmente encore les crédits. On ne pourrait pas profiter du fait que les enseignants à l’étranger sont super-privilégiés par rapport à leurs homologues français pour proposer des réformes à budget constant (portant sur la pédagogie, et non sur les salaires), pour bien montrer à l’État qu’on est là avant tout par vocation, qu’on aime notre métier et qu’on est contents de ce qu’on a ? Apparemment ce n’est pas la logique de la grève je crois.
Pour continuer ce récit décidément politique, il reste la grande cérémonie d’inauguration du lycée qui a été entièrement reconstruit ces trois dernières années, et qui était l’occasion de faire parler de lui, en faisant les choses en grand. Au départ, on attendait carrément le président de la république… mais on a dû se contenter en dernière minute de quelques ministres et d’un envoyé présidentiel. Tout le monde sous le nouveau préau pour écouter les discours qui, pour être harmonisés et complémentaires, avaient été entièrement suggérés par notre directeur : l’ambassadeur dira ceci, l’envoyé présidentiel parlera du rapprochement entre nos pays, le vice-ministre de l’éducation de la renommée de notre lycée au Honduras (on dirait qu’il n’a jamais parlé dans un micro : à chaque fois qu’il nomme une des autorités à saluer il tourne la tête vers elle si bien qu’on n’entend pas ce qu’il dit). Les discours suggérés, ça évite certes les surprises, mais ça n’augmente pas le l’estime déjà faible que j’accordais aux politiciens. Dans tout cela, la seule qui m’a fait bonne impression c’est la directrice de l’agence de l’enseignement français à l’étranger (notre grande cheftaine) venue exprès pour une journée, on sentait sa simplicité, sa bonne volonté de développer la coopération entre les pays. En voyant ça, on se dit que finalement ça peut être intéressant d’avoir un poste à responsabilités, même si l’on se retrouve à participer à des cérémonies lourdes et écouter des profs qui se plaignent, en contrepartie on a la possibilité de pouvoir impulser des valeurs à plus grande échelle. Qui sait.
Ceci dit, le clou de la cérémonie, c’était plutôt avant qu’elle commence : les éléves debout encadraient l’allée par laquelle devaient rentrer les invités, ça traînait en longueur, alors pour animer la prof d’anglais décide de parcourir l’allée en donnant le bras au prof d’histoire. Le truc marrant, c’est que les élèves se sont mis à crier et applaudir, et ça à fait comme une vague d’applaudissements qui a parcouru toute la salle, tout le monde s’est retourné, en s’attendant à voir arriver le président dont on espérait la présence jusqu’à la veille. Même les autorités aux premiers rangs, qui étaient rentrées dans l’indifférence générale. L’accident diplomatique est vite arrivé… Bon, après tout ça, on installe une plaque à l’entrée avec le nom du président hondurien et de l’ambassadeur de France en souvenir de la cérémonie. Je trouve un peu dommage que ce soient les noms de parasites qui n’ont rien fait pour nous plutôt que ceux du directeur et de l’architecte qui ont réalisé la prouesse de démolir et reconstruire un lycée entier pendant les vacances d’été.
Ensuite commence la kermesse, et c’est beaucoup plus amusant parce qu’avec les élèves de troisième on avait monté un stand "Maison hantée", installée dans un couloir et pièce souterraine et sombre. Un guide muni de lampe de poche emmène le petit groupe de visiteurs dans un couloir jonché de vieux meubles cassés, où une petite fille, le visage caché par ses cheveux, pleure. On s’approche, lui parle, elle a perdu sa maman, on la console, elle se met soudain à hurler et faire des grimaces avec son masque horrible. Tout le groupe se réfugie dans une petite pièce humide avec un lavoir en pierre qui goutte, on observe Hector, le squelette du majordome, alors que dans le noir surgit de derrière la porte le fils du prof de maths qui hurle aussi (rien de tel pour amuser un gamin de CM2). Calme, il y a une fille qui se plante un clou dans la main mais elle s’enfuit en courant. En se regardant dans un miroir, les yeux sont censés changer de couleur, mais en fait il n’en est rien, il y a juste un autre jeune qui en profite pour vous mettre une main glacée dans le cou. Puis on rentre dans une pièce où nous avions aménagé un labyrinthe de couloirs, complètement noire si ce n’est pour la faible lampe du guide. On passe sous un tunnel avec des feuilles mortes humides, quand on en sort et qu’on est en train de souffler un autre montre vous hurle dans le dos, on passe ensuite sur un chemin de parpaings en faisant bien attention à ses pieds (on voit à peine à deux pas) alors que nous avions suspendu partout à la hauteur de la tête des torchons humides couverts d’un truc gélatineux (incolore, mais les gens ne le savent pas). Puis il y a un mort qui se relève, un autre couloir très étroit où des mains sortent de partout au niveau des genoux, et enfin, épreuve finale, il faut mettre sa main dans un gros truc gluant (qu’on ne voit pas) pour pouvoir sortir, félicités par un nain qui vos indique la porte. Voilà, c’est intéressant de réfléchir à comment faire peur à des adultes, et d’essayer ensuite de le réaliser. Je peux vous garantir que rien que le parcours dans le noir c’est flippant (autant que les vrais effets), et que du coup on peut vraiment se régaler ensuite. Le public a bien aimé aussi, on a marché en continu, dommage qu’il y ait surtout des gamins d’ailleurs, public un peu facile (il suffit de faire Bouh pour qu’ils aiment). Les plus petits refusaient d’avancer, pleuraient parfois ; notamment une fillette qui se éclate en sanglot au bout de cinq mètres et demande de sortir, mais qui deux fois encore, plus tard, demandera de recommencer, pour se remettre à pleurer au bout de cinq mètres et ressortir. Un autre gamin se met à taper sur le "mort qui résuscite" en criant un truc du genre "caballito loco" (petit cheval fou). _ Bref, c’est le succès.
Après ça, c’était déjà les vacances de Pâques, mais il est tard et je commencerai demain un autre mail pour vous en parler.
Bonne nuit, plein de bonheur, et hasta pronto
F.