La musique et les films que j’aime

Musique

En musique, je marche par périodes, et j’ai besoin d’écouter en boucle les memes chansons pour m’en imprégner. Voici chronologiquement ce que j’ai découvert, et que j’aime toujours.

- Léo Ferré : poésie, amour, anarchie, il y a tout. Essayez par exemple "La mémoire et la mer", "L’amour fou", "La folie", "Ton style", …

- Barbara et Brel, je ne pense pas qu’il y ait besoin d’explications

- Leonard Cohen : Quand je suis tombé dessus, je savais que j’aimerais, avant de l’écouter. Je développerai un jour les circonstances, et je mettrai des paroles de ses chansons. C’est un concentré de sublime, de passion, de violence ou d’amour, rarement de tristesse, contrairement à ce que les gens pensent. Je l’ai écouté en boucle pendant des mois, et je l’ai fait connaître à beaucoup de gens. Rares sont ceux qui n’aiment pas.
Essayez : One of us cannot be wrong, Hey that’s no way to say goodbye, Marianne, Famous blue raincoat, Joan of Arch, Paper Thin Hotel, Death of Ladies’ Man, Dance me to the end of love, If it be your will, Everybody Knows, I’m your man, Take this waltz, Light as the breeze…. Bref, il y en a vraiment trop. Essayez de trouver quand meme. Je peux tout vous prêter.

- Bob Dylan : autre monument, lumineux, s’adapte parfaitement à la route et au voyage, au grand air

- Los Kjarkas et Inti-Illimani : c’est de la musique andine, rhytme et construction impressionnants, comme si on s’envolait peu à peu

- Musique indienne : le classique d’un coté, et les mantras (prières répétitives) de l’autre. Cette musique produit comme un detachement par rapport à soi, parfois à la limite du malaise, un sentiment d’étrangeté par rapport aux choses, comme un recul, tout en permettant de plonger dedans. C’est une des rares musiques qui passent dans n’importe quelle condition.

- Silvio Rodriguez, Mercedes Sosa, Lucha Reyes : de la pure musique latino

- Fabrizio De André et Francesco De Gregori : chanteurs italiens des années ’70, poésie, douceur, encore un peu de perfection

- Aphex Twin, "Druqs" : c’est de la musique électro très construite, que m’a fait découvrir Stéphane. Voilà mes premières impressions :

"J’ai l’impression que chaque son correspond à un etre sensible, doué de sentiments et d’amour, qui s’exprime au travers de cette musique. Ce sont des etres purs, gentils, qui montrent le fond de leur ame, et ils existent par cet acte, par la musique. Ce ne sont plus des processus numériques abstraits, ils ont une vraie vie de chair. Les bruits plus métalliques et rapides me genent un peu, ce sont des méchants qui servent à mettre en valeur les voix plus pures, mais juste avec un petit travail sur moi j’arrive aussi à les percevoir comme gentils, ils font juste leur devoir, ils aiment aussi l’etre le plus doux du morceau, au centre de tout, et il le protègent aussi. Et le compositeur dans tout ça ? Je perçois aussi son amour, avec lequel il encourage et aide chacun de ses petits etres à s’exprimer, exister. Toute la musique est construite autour de cela, aider un etre très fragile et timide, et infiniment pur, à sortir. Et puis, j’arrive aussi à imaginer tous ces etres, sortes de mutants entre le vert ou bleu et le métallique, et de grandes surfaces d’eau et de vides qu’ils cherchent à franchir par leurs appels. C’est vraiment proche des crapauds amazoniens (cf : la grenouille qui croassait des gouttes d’eau), et c’est chouette de sentir tant d’humain s’exprimer dans de l’électronique. Ca rend optimiste pour l’avenir, car quel que soit le monde qu’on construit, l’amour et la pureté pourront toujours s’exprimer."

- Autres : je découvre, mais ces morceaux sont vraiment vraiment bien :

  • Terry Callier : "Ordinary Joe" et "Lean On Me"
  • Choeurs de l’Armée Rouge : l’Hymne Soviétique
  • Grateful Deads : "Riple", "Mexicali Blues"
  • Joe Dassin : "Siffler sur la colline", un peu ringard
  • Sigur Ros

Cinéma

Je commence juste à comprendre l’enjeu du cinéma. Avant, un film se réduisait à une histoire, que l’on filmait de n’importe où, de toute façon tout était dans l’histoire. Ca paraît bête, mais bon, le jour où j’ai compris ça a été une révélation. Cette année (2003-2004) j’ai suivi un cours au Arts Déco, et en plus mon amis Stéphane qui travaille à un court métrage en images de synthèse m’aide à comprendre m’explique un peu. J’ai l’impression de percevoir l’enjeu, la force de ce qu’il y a derrière l’image. Entretemps, question films, il faudra que je me fasse une culture. Entretemps, je laisse les titres de quelques films qui m’avaient marqué à l’époque.

- "Pierrot le Fou" (et d’autres) de Jean-Luc Godard. Il y a tout de ce film, chef d’oeuvre d’images, de textes, d’idées, et j’aime vraiment l’état d’esprit. Faire des films avec simplement des images, des émotions et des idées, en s’affranchissant de la nécessité de l’histoire.

- "2001, Odyssée de l’espace" de Stanley Kubrick. Je ne l’ai pas encore vu en entier, juste étudié des extraits en cours, mais ça a l’air extraordinaire. J’ai été très marqué aussi par le "Docteur Folamour", la manière dont Kubrick rend sensible la fin du monde.

- "The saddest music in the world" de Guy Maddin : c’est la Grande Dépression et comme on sait que la tristesse fait boire, une grande industrielle de la bière décide de lancer le concours de la musique la plus triste du monde. Des groupes du monde entier affluent dans le village perdu de Winnypeg, à -20°C. Film en noir et blanc genre années ’30, des musiques d’une tristesse inimaginables (qui en deviennent droles tellement elles sont tristes), et l’idée sublime que le plus triste c’est en fait les images nostalgiques de la gaité passée (une pin-up qui chante sur une balançoire).

- "Dogville" de Lars Von Trier. Une fille se réfugie dans un gentil village de campagne idyllique, où peut à peu on découvre la mesquinerie originelle des gens. Tout les contours du village sont dessinés par terre (pas de murs, juste les meubles, les habitants miment le passage des portes). C’est vraiment beau.

- "The Million Dollar Hotel" de Wim Wenders. Très belles images, des personnages déjantés, beaux et fous (vous n’oublierez pas la jeune fille qui se promène pieds nus). Un monde à part. En ce qui concerne les images, beaucoup aimé aussi "Lisbon story".

- "Gadjo Dilo" de Tony Gatlif. Un jeune français part à la découverte de la musique des gitans. Le monde des gitans a quelque chose de fascinant, de couleur, de violence. Sans compter la nostalgie du voyage.

- Emir Kusturica, "le Temps des Gitans" (moins biens, mais pas mal quand même, "Chat noir, chat blanc". J’aime ce monde coloré, avec les vieux mafieux, la mama un peu sorcière, le jeune homme beau qui va tomber amoureux.

- "Cinema Paradiso" (Vu il y a très longtemps)

- le dernier Fellini dont j’ai oublié le titre (je crois que c’est "la Voce della luna"), avec toujours ces personnages fous et poétiques comme celui qui vit sur les toits, ceux qui décident de décrocher la lune (ils y parviendront, avec un camion-échelle pour déménagement), et bien d’autres encore

- "Easy Riders" et "Point limite zéro" : deux road movies, bien aimé l’esprit, les paysages, l’air de liberté. Faire un film essentiellement avec de la route. Et les personnages sont attachants.

- "Vol au dessus du nid d’un coucou", "Léon", "Orange Mécanique", "Amarcord" (de Fellini)

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