William S. Burroughs

La machine molle

« J’étais plus physique avant mon accident comme vous pouvez le constater d’après cette photo intéressante. »

Lee regarda la photo dans le visage et vit les cicatrices clignotantes phosphorescentes —

« Oui, dit-il, je vous connais — Vous êtes un nada mort marchant autour du visible.

Alors le garçon fut refait et me fit de l’oeil et quelques jours plus tard le voilà traversant la rue. « Passe la main » clignota sur son visage — l’imitation qui est ici est un être différent, quelque chose prêt à se glisser à l’intérieur — Garçons aussi vides et banals que le soleil sa façon à elle toujours — Est-ce une réplique exacte, non ? — Espace vide de l’original —

Alors j’ai suivi le double jusqu’à Londres sur le Hook Von Holland et les prix étranglant une fiote nue dans l’Asseyeur De Lit — Lui ai passé les menottes antibiotiques et nous nous sommes retirés au Mandrake Club pour un petit entretien d’information —

« Qu’est-ce que ceci vous rapporte ? demandai-je sèchement.

— Une odeur que je capte quand leurs yeux explosent — Bouche bée le garçon me regarda révélant des dents étincelantes les dents les plus blanches que ce Fin Limier n’ait jamais vues — Uniformes navals boutonnés dans les mauvais trous, capitonnés de brouillard maritime de fumée — poussière, odeur de chlore, rhum protège-couilles vermoulus — Et probablement un flic des stupéfiants caché dans la cabine supplémentaire qui est toujours fermée à clef — Les escaliers mènent au grenier d’où il regardait et sa vieille mère qui bougeait — On disait qu’elle était morte — Morte — Avec de tels cheveux aussi — rouges.

« Où le ressentez-vous ? » ai-je insisté.

— C’est fini, dit-il yeux vides et banals comme le soleil — Comme des poils érectiles sur moi partout » — Il se tortilla ricana et déchargea dans sa mercerie —

« Après chaque turbin je peux aller au cinéma — Vous savez » — Il me jeta un cil remua sa tête vers la gauche en l’air — Je lui répondis et les mots sautèrent dans ma gorge tous là prêts comme ils le sont toujours quand j’ai raison « Vous faites le pélerinage ?

— Oui — la Route vers Rome. »

J’ai enlevé les antibiotiques et je l’ai laissé avec ce regard de petit garçon rêveur tortillant la serviette en un noeud coulant —

Dans l’autobus quittant l’aérogare un homme maigre et gris s’est assis à côté de moi — Je lui ai offert une cigarette et il me dit « Prenez une des miennes je vous prie » et je m’aperçus qu’il exhibait sa Plaque — « Nova Police ! Vous êtes Mr Vanne je suppose. » Il me fit les vagues regarda les photos lut les lettres et vérifia mon rail-temps.

« En voilà un, dit quelqu’un pendant qu’il regardait mon fichier.

— Hummm — oui — et en voici un autre — Merci Mr Vanne — Vous êtes très coopératif — »

La machine molle p.94-96


Joe Brundige vous décrit l’histoire choquante du coup Maya qui est l’exclusivité du Evening News

Un savant Russe aurait dit : « Nous voyagerons non seulement dans l’espace mais aussi dans le temps » — Je reviens justement d’un voyage de mille-ans-dans-le-temps et je suis ici pour vous décrire ce que j’ai vu — Et pour vous dire comment les voyages-temps sont — C’est une opération précise — Difficile — Dangereuse — C’est une nouvelle frontière et seuls les téméraires sont élus — Mais cela est possible pour n’importe qui qui a le courage et savoir-faire de s’enrôler — Ceci vous appartient —

J’ai commencé mon voyage dans la morgue avec des vieux journaux, pliant aujourd’hui avec hier et tapant des composés à la machine à écrire — Quand vous feuilletez un journal vous voyez bien plus que vous ne croyez — En effet vous voyez l’ensemble à un niveau sublime — Maintenant si je plie le journal d’aujourd’hui avec celui d’hier et que j’arrange les photos pour créer un montage-section-temps, je me renvoie dans le temps littéralement quand je lisais le journal d’hier, c’est-à-dire que je voyage en arrière dans le temps vers hier — J’ai fait ceci 8 heures par jour pendant 3 mois — Je suis allé en arrière aussi loin que les journaux sont allés — J’ai repiqué dans de vieux magazines des romans oubliés et des lettres — J’en ai fait des pliages et des composés et j’ai fait la même chose avec des photos —

Ceci s’est passé dans un studio de cinéma — J’ai appris à parler et à penser en arrière à tous les niveaux — Ceci a été réalisé en projetant l’image et la bande sonore en arrière — Par exemple une photo de moi déjeunant fut inversée, de la satiété et de retour à la faim — Le film fut d’abord projeté normalement puis au ralenti — Le même procédé fut employé pour d’autres procédures physiologiques inclus l’orgasme — (On m’expliqua que je devais oublier toute pudeur et réticence sexuelle, que le sexe était peut-être l’ancre la plus lourde nous retenant dans l’instant présent.) — Pendant 3 mois j’ai travaillé dans ce studio — Mon entraînement de base pour un voyage dans le temps était accompli et j’étais maintenant prêt à m’entraîner spécifiquement à l’assignation Maya —

La machine molle, p.102-103


PRETENDRE AVOIR UN INTERET

Benway « Campa » au ministère de la Santé. Il faisait irruption n’importe d’une façon insolente confisquant toute la came. Naturellement il était bien connu mais par une rotation faciale adroite arrivait à tuer toutes les chances, jonglant avec cinq ou six bureaux dans l’atmosphère raréfiée et ténue balayant les toiles d’araignées dans un vent froid de printemps sous le regard mort de crabe d’un portier en uniforme vert porteur d’un objet ambigu ressemblant à une massue, balai et un vide-pomme traînant une odeur d’ammoniac et de femme de ménage. Un animal sous-marin gris fit surface dans son visage, bouche-disque ronde cartilage froid et gris, langue pourpre et rêche s’agitant dans une salive verdâtre : « Briseur d’Ames », décida Benway. Une espèce de carnivore-mollusque. Qui existe sur Vénus. Pourrait ne pas avoir d’os. A temps-aiguillage les rails dans un champ parsemé de petites fleurs blanches près d’une tour de contrôle en ruine. S’est assis sous un arbre élimé par d’autres qui s’y étaient assis avant. Nous nous rappelons de ces journées comme d’une longue procession de la Police Secrète toujours présente sous des aspects différents. A Guayaquil s’est assis au bord d’une rivière et a vu un grand lézard traverser les marécages de boue parsemés de peaux de melons jetées des canoës.

La cabane de Carl tourna lentement dans le lagon brun iridescent infesté de raies-mantas, de requins d’eau douce, d’arequipas, de candirous, boa d’eau, crocodiles, gymnotes, panthères aquatiques et d’autres créatures venimeuses inventées par les explorateurs menteurs qui infestent les bars proches de cette région.

« Cette tribu inaccessible, tu piges, vit sur une patte de métal phosphorescent qui mine toute la région. Et le change instantanément en or et le chie en pépite. C’est le gros travail. »

Yeux d’or hépathiques cartes de géographie en or dents en or buvant l’aguardiente cuisant sur le brûlot avec de la cannelle et du thé pour couper le goût huileux que laisse les plaies argentées dans la bouche et la gorge.

« C’était l’année de la Peste Pelure quand tous les touristes sont morts même les Scandinaves et nous les fils étions réduits à mégoter le TSL chiasseux — Taux de Salaire Local. »

« Pas de calcium dans la région vous comprenez. Un type perdit son squelette entier et nous avons dû le porter dans une baignoire en toile. A la fin un jaguar le lappa pour le sel je pense. »

Des garçons en étain réduits à mégoter la chiasse à la substance et strata — Vous savez ce que ça veut dire ? Amené le jeune homme à l’eau morte infestée de consentement — C’était l’année Du Clair — Taux de Salaire Local du Programme du Corps Vide —

« Eau de Tête du Cul Babouin… C’est le pays des vignes vierges — » (La vigne vierge cingla le cou du jeune homme se lavant sur ses os crâniens en spirales les vrilles lui brisèrent le cou, il est pendu là éjaculant comme les bouches-disques doublées de poils érectiles verts se gluant dans son rectum faisant pousser d’autres vrilles dans son corps dissolvant ses os en borborygmes liquides en flocs dans la gélatine — consommé vert.)

« Le mauvais endroit où vous écrivez, Mister. Vous gagnez quelque chose comme une méduse. »

Ils vivent dans la gélatine translucide et conversent en éclairs liquéfiant les os du monde et se gavant de gélatine — Chrysalide-garçon pourrissant au soleil — yeux sous-marins paresseux envapés dans un sommeil-légume de viande putréfiée — Came calcaire extraite de l’argile et de l’eau…

Le jeune homme pendu sanglant et frais — Haute cérémonie implique une tête-scorpion — Opération copulation fatale venue des Purifiés — Pas de calcium dans cette région — Existe sur Vénus — Pourrait ne pas avoir d’os — Mousse-raie d’orgasme et de mort — Dieux Calcaires à deux kilomètres — Mieux que des cris : « Corps Vides ! » « Terres mortes ici vous comprenez attendant quelqu’un dans cette région.

« Loin dans le pays des putains de tambours. » (L’initié nu est ligoté ses fesses et son dos épousant la forme d’un tambour en bois.) Le batteur transmet un message orgasme jusqu’à ce que la chair de l’initié s’illumine de l’intérieur en une flamme bleue et le tambour devenu vivant baise le garçon — (souffles de fumée sur un ciel bleu clair…) l’initié s’éveille dans une autre chair le point de vue différent… et flotte en floc au-dessus des squares et des patios sur « écrivez-moi Mister ».

Puerto Joselito se trouve au confluent de deux grandes rivières brunes. La ville est bâtie sur un vaste marécage de boue entrecroisé de carreaux stagnants, les bâtiments sur pilotis unis par un labyrinthe de ponts et de coursives qui des marécages de boue mènent à un terrain plus ferme cerné de colonnes-arbres et de lianes rampantes, toute la région révèle l’atmosphère sordide et dilapidée d’un poste-frontière décadent genre carnaval abandonné.

« La ville de Puerto Joselito assez lugubre dans son aspect physique d’où suinte un brouillard suffocant de vice rance couvé comme si la ville et ses habitants succombaient lentement dans le fumier et l’immondice. J’ai trouvé ces gens profondément enlisés dans les plus viles pratiques superstitieuses.

« Plusieurs formes d’exécutions rituelles sont pratiquées ici. Ces cons possèdent un aphrodisiaque si puissant qu’il peut entraîner la mort en un spasme total de sang laissant le corps froid et vide et blanc comme le marbre. Cette substance est sécrétée par l’Espèce Xincutl Crustanus, un scorpion volant pendant sa période de rut fatal. Tous les xincutls mâles meurent fous et volent sur n’importe quelle créature mâle l’infectant d’un sperme mortel. Lors d’une de ces cérémonies les condamnés furent peints en or, argent, cuivre et statue de marbre, et quand le sperme xincult les pénètre leurs convulsions furent canalisées par des fils de contrôle invisibles ballets exquis et congelés fontaines de jardin et piédestaux de parc. Et c’est une de ces cérémonies tournant autour du Calendrier Maya. Cérémonial gardé par les purifiés et la Mère Terre.

« Le Purifié choisit un jeune homme tous les mois qui est emmuré dans une cellule de cristal moulée sur les vertèbres cervicales. Sur les murs de la cellule, programmes de sexe coupés en cunéiformes et les murs se meuvent par pression silencieuse hydraulique. A la fin du mois il est transporté dans la rue sur un char fleuri et pendu en grande pompe dans un court de tennis calcaire, parce que l’on croit que tout le dross humain se transmet du purifié mourant dans le jeune homme au moment de l’orgasme et de la mort. Avant qu’il ne soit pendu le jeune homme doit consentir publiquement, mais si on ne peut obtenir son consentement il pend lui-même le Purifié qui lui succède. » Les Purifiés sont officiellement immortels et subissent des injections de substances rajeunissantes. Citation : Green Baum un des premiers explorateurs.

Le hors-bord de Carl vibra dans la brume d’huile rouillée, il mordit un morceau acéré de la pirogue et sombra dans une eau brune iridescente. Quelque part loin le bruit sourd gélatineux d’une charge de dynamite sous-marine : (« les indigènes pêchent »). singes hurlant comme le vent dans les feuilles. La pirogue tournoyant lentement heurte une jetée en ruine et s’arrête. Carl sort avec son sac à dos nordique et marche vers le square sur un terrain plus ferme. Il sent une tape sur son épaule légère comme le vent. Un homme en tunique de police grise et vermoulue avec un linge de corps de flanelle rouge un pied nu gonflé et fibreux comme du vieux bois couvert de champignons blancs, ses yeux couleur acajou clignotent quand le voyeur va et vient. Il prononce dans un soufle le mot « Contrôle » et glisse à terre. Un homme en pyjama gris d’hôpital mange des poignées de terre et traîne une salive verte rampe vers Carl et tire sur ses revers de pantalon. Un autre avance sur des jambes fragiles brisant des petits souffles de farine d’os. Ses yeux s’illuminent et un regard fulgurant jaillit d’une odeur de métal brûlant. De tous côtés ils arrivent le palpant sifflant crachant : « Papeles », « Documents », « Passaport ».

« Qu’est-ce que ce scandale ? » Un Commandante en kaki propre est debout sur une plate-forme surplombant le square. Au-dessus de lui un édifice de bambou compliqué multi-paliers. Sa chemise ouverte sur une poitrine lisse et brune comme du vieil ivoire. Un petit pistolet gainé de cuir rouge laisse une traînée iridescente de bave.

« Vous devez pardonner à mes subalternes s’ils n’arrivent pas à la hauteur de notre idéal germanique d’astiquage et de brosse à reluire… Arriérés… pas instruits… Chacun vivant seul et cultivant un petit morceau de virus… Ils n’ont absolument rien à faire et la solitude… » Et se frappe le front. Son visage fond et se transforme sous les lampes à arc clignotantes.

« Mais il doit y en avoir trente », dit Carl.

Le Commandante le fixa. « Ils sont synchronisés naturellement. Ils ne peuvent ni voir ni se réaliser alors chacun pense qu’il est le seul policier ici. Leurs lignes de contact vous sabe ne se croisent jamais et quelques-unes déjà sont… »

« Et quelques-unes sont déjà mortes. Ceci est navrant puisqu’ils ne sont pas légalement responsables. Nous essayons de les enterrer à temps même s’ils gardent leurs réflexes de protestation intacts. Comme Gonzales le Mangeur de Terre. Nous l’enterrons trois fois… » Le Commandante leva trois doigts d’où germèrent de longues vrilles blanches », Et toujours il réapparaît en mangeant de la terre. Et maintenant veuillez m’excuser les résultats de football parviennent de la Capitale. Il faut prétendre que nous nous y intéressons. »

Le Commandante avait vieilli croisements lointains du temps et rentra dans une armoire métallique ferma la porte geignant de peur, ressortant dans une coquille verte vermoulue le corps peint I-rouge, U-vert. L’assistant jaillit d’une armoire à balais défoncé à l’ammoniac il portait une barbiche verte sur un visage de marbre. Il enleva les vêtements de Carl avec une série de clefs au bras et de planchettes japonaises. Carl pouvait sentir son corps et toutes les commandes musculaires. L’assistant mit un seau sur sa tête et cria vers des marteaux lointains.

Le Commandante badigeonna le corps paralysé et nu de Carl avec de la gélatine. Il modelait une femme. Carl a senti son corps s’écouler dans le moule d’une femme. Son appareil génital se dissolvait, des nichons pointaient quand le Commandante le pénétra ajoutant quelques retouches au visage et aux cheveux — (Foutre sur les murs de boue à l’aube aboiements fuites d’eau) — En bas le Commandante maquillait ses incantations sur le corps vide de Carl. Le Corps se leva exhibant une érection, et se masturba devant le Commandante. La chair du pénis se répandit dans son corps explosant en orgasme des bites de granit éjaculèrent de la lave sous un nuage noir bouillonnant grouillant de crustacés-monstres. Des yeux sous-marins et froids et gris et des mains touchèrent le corps de Carl. Le Commandante le retourna avec ses mains-ventouses et glua sa bouche-disque sur le cul de Carl. Il était étendu dans un hamac de poils verts, des marteaux de chair-pénis explosant son corps. Des poils léchèrent son rectum vrilles râpant les centres de jouissance, le corps de Carl se vida, orgasme après orgasme, les os s’illuminèrent vert dans une chair dissoute dans la bouche-disque en un floc fluide. Il frémit rouge en spasmes désossés des vagues roses à travers son corps au contact des poils verts.

Le Commandante pela le corps de Carl et y badigeonna des mammelons de gélatine verdâtre qui enfonçaient et relevaient la chair. Les génitaux de Carl se flétrirent en merde desséchée il balaya le tout avec une petite brosse vers une chair blanche et des poils pubiques noirs et brillants. Le Commandante fit une raie et à l’aide d’un petit canif-serpe incisa. Il modela une figure à partir de la photo de sa novia qui habitait la capitale.

« Et maintenant, comment dis-tu, « les effets de son. » Il met un disque de sa propre voix, les lèvres de Carl suivent et la substance femelle est aspirée dans les mots.

« Oh amour de mon alma ! Oh vent du matin ! »

« La chose la plus déguelasse pour laquelle je n’ai jamais posé. »

Carl fabriqua des mots en l’air sans gorge ni langue. « J’espère qu’il y a une farmacia dans la région. »

Contrarié le Commandante le regarda : « Vous pourriez attendre dans le bureau SVP. »

« Une pharmacie ? Oui je créo… de l’autre côté du lagon… J’appellerai le guide. »

Carl se promenait dans une ville de carnaval au long des canaux où des salamandres géantes roses et des poissons rouges s’agitaient lentement. Salles de Jeux, isoloirs de tatouages, parloirs de massages, attractions foraines, cinémas bleus, processions, chars fleuris, saltimbanques, camelots jusqu’au ciel. Puerto Joselito est situé en Eau Morte. Puits de pétrole abandonnés, galeries de mines désaffectées, strata de machines abandonnées et de bateaux éventrés, immondices d’opérations et d’expéditions qui échouèrent sont tous morts sur cette bande de terre morte où les raies-mantas lézardent dans l’eau brune et les crabes gris se promènent dans les marécages de boue sur des pattes-échasses fragiles. La ville surgit des marécages vers le temple silencieux de la haute jungle ruisseaux d’eau claire creusent profondément dans l’argile jaune et des orchidées mettent le voyageur en danger.

Deux énormes statues dans une savane verte et pénis de pierre noire. Vestiges de jambes et de bars, anneaux de fumée bleus lents pulsant dans des têtes de pierre. Une route calcaire sinueuse à travers les colonnes entre dans la ville. Une crémaillère de fer rouillée et de béton dans un terrain vague de détritus terrains vagues parsemés de jardins chimiques. Une odeur de chapeau-camé et de mort dans la ville assourdie et alourdissez ces phrases avec « vous dégoûterai de le voir ». Carl marcha dans les sentes d’un vaste bidonville. Un vent sec souffle chaud et froid de Chimborazo une carte postale dans un ciel bleu théâtral. Des hommes-crabes matousent de carrières abandonnées de monceaux de scories avec une sorte d’oeil-vestige greffant des pommettes avec un air de prendre racine comme s’ils pouvaient greffer sur n’importe qui. des camés chuchotent sur la drogue-orgasme, ou soleil sans os gargarisme de gras de gorge, coeur pulsant doucement dans une chair transparente mangé vif par les hommes-crabes.

Carl marcha parmi les stations-pénis dans une ville de huttes calcaires. Des prêtres y étaient assis en cercle stations de jambes écartées, érections pulsant pour faire clignoter la lumière de leurs yeux. Comme ils marchèrent dans ces yeux électriques ses lèvres gonflèrent ses poumons grincèrent contre les parois molles de ses côtes. Il toucha un des prêtres et le choc le flanqua de l’autre côté de la rue dans une fosse d’égoût. Des champs de maïs cernaient la ville statues de pierre du Jeune Dieu Maïs pénis dressés éjaculant des bourgeons de maïs et regardant avec une jeune cruauté les lèvres innocentes entrouvertes en une caresse finale dans les yeux mi-clos. Le Jeune Dieu Maïs est escorté ses robes de barbe de maïs arrachées par les prêtres-homards. Une corde de vigne-vierge est attachée au pénis du Dieu Maïs. Le zob du garçon se lève iridescentt dans le soleil levant et on peut voir de là dans l’autre pièce un miroir sur l’armoire… Maintenant dans la ville un de leurs groupes est venu dans cette vallée faire pousser le maïs, chasser et pêcher dans la rivière.

La machine molle p.123-135


Enchanté de vous avoir à bord, lecteur, mais rappelez-vous qu’il n’y a qu’un seul capitaine dans ce métro — Ne fous pas ta bite par la portière ne fais pas signe grossièrement avec tes hémorroïdes ne fous pas ton beat benny dans les cabinets — (Benny est un pardessus dans le vieil argot de Times Square) — il est interdit d’utiliser la corde d’alarme pour les pendaisons frivoles ou de brûler des bougnoules dans les lavabos avant que les autres passagers aient fait leur toilette —

N’offensez pas le chef du personnel — Il pourrait reprendre les clefs des chiottes gardez-les toujours fermées à clef pour qu’aucun sinistre étranger ne puisse chier à la sauvette et donner une maladie horrible aux copains de bureau — Et Mr Anker de la comptabilité, les bras scarifiés comme un camé à cause des piqûres Wasserman innombrables, il vaporise les chiottes de plastique avant qu’il y travaille — Je m’en tiens au Cinquième Amendement, je ne répondrai pas à la question du sénateur du Wisconsin : « Etes-vous ou avez-vous jamais été un membre du sexe mâle ? » — Ils ne peuvent pas faire chanter Dicky sur les garçons — Sais-tu comment je m’arrange avec les donneuses ? — Je les écoute tout simplement —

La machine molle p.200-201


"Lors de ma première conférence, j’ai signalé un exercice appris indirectement par un vieux parrain de la Mafia à Colombus dans l’Ohio : voir tout le monde dans la rue ou dans un restaurant ou dans un métro, etc., avant qu’il ou elle vous voie. Faites-le pendant un moment dans n’importe quel endroit, et vous rencontrerez bientôt d’autres joueurs faisant la même chose. Généralement parlant, si vous voyez d’autres personnes avant qu’elles ne vous voient, elles ne vous verront pas. Je me suis arrangé à Tanger pour passer au travers d’une masse compacte de guides et de petits cireurs de cette façon, gagnant ainsi mon surnom marocain : "el Hombre Invisible". Une autre version de cet exercice consiste simplement à ne donner aucune raison à autrui de vous regarder. Tôt ou tard, quoi qu’il en soit, quelqu’un vous verra. Que pensiez-vous quand il vous a vu ?"

[…]

"Un autre exercice est de marcher parmi les couleurs. Remarquez tous les rouges dans une rue, ne focalisez que les objets rouges - briques, lumières, polos, signaux. Passez au vert, au bleu, à l’orangé, au jaune. Notez que les couleurs ressortent bien plus nettement. Je marchais dans le jaune quand je vis une jeep amphibie presque au coin de la 94e rue et de Central Park West. Cela me rappelait…"

Essais

Ce site est tenu par : Francesco Colonna Romano
Pour m’écrire : francesco ’arobas’ alamemeetoile.net