La classification des tempéraments humains de Sheldon

Vous trouverez ici un résumé The varieties of temperament : a psychology of constitutional differences de W.H.Sheldon. Le principe est simple : prendre toutes les adjectifs pour décrire le tempérament (sympa, jovial, ambitieux, etc), voire s’il conviennent à un échantillon de population, et ensuite faire une regression statistique pour voir ceux qui sont corrélés. Résultats : 3 catégories qui regroupent un ensemble très vaste de traits de caractère, et qui permettent de décrire de manière extrêmement précise une personne en quelques mots, de comprendre ensuite quel est le type d’éducation qui lui convient, quelle est sa vision du monde, comment il interagit en société, quel est son but, etc. Fait encore plus remarquable, tout ceci est fortement corrélé avec le physique. Cette classification est un outil extrêmement puissant, que l’on peut ensuite appliquer à tout.

En attendant de développer tout cela, je vous donne ci-dessous un résumé fait par Aldous Huxley dans un petit essai où il étudie au vu de cette classification les différentes religions.


On a fait bien des tentatives en vue d’établir une classification des variétés du tempérament humain. C’est ainsi que, en Occident, nous avons la classification d’Hyppocrate, en quatre types rapportés aux "humeurs" (flegmatique, colérique, mélancolique et sanguin), classification qui a dominé la théorie et la pratique de la médecine pendant plus de deux mille ans, et dont la terminologie est imprimée de façon indélébile dans toutes les langues européennes. Un autre système de classification qui a connu la popularité, qui a également laissé sa trace dans le langage moderne, a été le système à sept types des astrologues. Nous décrivons encore les gens en les rapportant à des termes planétaires tels que jovial, mercurial, saturnien, martial. L’un et l’autre de ces systèmes avaient leurs mérites, et l’on a même pu défendre, jusqu’à un certain point, la classification physiognomonique, rapportée à une ressemblance supposée avec divers animaux. Tous ces systèmes se fondaient dans une certaine mesure sur l’observation.

De nos jours, on a tenté un certain nombre d’essais de classification nouveaux - ceux de Stockard, de Kretschmer, de Viola, et, plus satisfaisant et documenté que les autres, celui du Dr William Sheldon, dont les deux ouvrages, The Varieties of Human Physique et The Varieties of Temperament sont au nombre des contributions récentes les plus importantes à la science de l’Homme.

Les recherches de Sheldon l’ont conduit à cette conclusion, que le système de classification le plus satisfaisant est celui qui se rapporte à trois types de tempéraments, qu’il appelle le viscérotonique, le somatotonique et le cérébrotonique. Tous les êtres humain sont de type mélangé. Mais chez les uns, les divers éléments sont mêlés à parts à peu près égales, tandis que chez certains, l’un des éléments a tendance à prédominer aux dépens des deux autres. Chez certains, d’autre part, le mélange est bien équilibré, alors que chez d’autres, il y a un déséquilibre qui a pour résultat un conflit interne aigu et une extrême difficulté à s’adapter à la vie. Aucune forme de médication par les hormones ni d’autres traitements ne peuvent modifier le motif fondamental du tempérament, qui est une donnée qu’il faut accepter et utiliser au mieux. En un mot, le motif physiologique est l’une des expressions du karma. Il y a de bons karmas, et il y en a de mauvais ; mais il dépend de l’individu de faire un mauvais usage du meilleur karma, et un bon usage du plus mauvais. Il y a un degré de libre arbitre inclu dans un système de prédestination.

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Le tempérament viscérotonique est associé à ce que le Dr Sheldon a appelé le physique endomorphe - le type de physique dans lequel l’intestin est le trait prédominant, et qui a tendance, quand les conditions extérieures sont bonnes, à se déployer sous forme de carrure, de graisse et de poids. Sont caractéristiques de la viscérotonie extrême : le temps de réaction lent, l’amour du confort et du luxe, l’amour de la nourriture en compagnie (le repas partagé est pour lui un sacrement naturel), l’amour du cérémonial courtois, une certaine qualité non atténuée d’avachissement ; l’amabilité sans distinction, l’aversion à l’égard de la solitude ; le besoin de gens autour de soi quand on est en difficulté ; l’orientation vers l’enfance et les relations familiales.

Le tempérament somatotonique est associé au physique mésomorphe, dans lequel le trait prédominant est la musculature. Les mésomorphes sont vigoureux physiquement, actifs et athlétiques. Parmi les caractéristiques de la somatotonie extrême, on trouve les suivantes : l’affirmation de la posture et du mouvement ; l’amour de l’aventure physique ; le besoin d’exercice ; l’amour du risque ; l’indifférence à la douleur ; l’énergie et la rapidité de décision ; l’avidité de puissance et de domination ; le courage au combat ; l’esprit de concurrence ; la claustrophobie ; l’insensibilité psychologique, l’absence de scrupules dans la réalisation de la fin désirée ; l’extraversion dirigée vers l’activité plutôt que vers les gens (comme elle l’est chez le viscérotonique) ; l’orientation vers les buts et les activités de la jeunesse.

Le tempérament cérébrotonique est associé au physique ectomorphe, dans lequel la prédominance du système nerveux a pour résultat un haut degré de sensibilité. La cérébrotonie extrême a les caractéristiques ci-après : la retenue dans la posture et le mouvement ; l’excès de réaction physiologique (dont l’une des conséquences est la sexualité extrême) ; l’amour de l’existence privée ; un certain excès d’attention et d’appréhension ; le secret des sentiments et la retenue émotive ; l’aversion à l’égard de la compagnie ; la timidité et l’inhibition de la parole en public ; la conscience de processus mentaux intérieurs et la tendance à l’introversion ; le besoin de solitude en cas de difficulté ; l’orientation vers la maturité et la vieillesse.

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