Idées en vrac, dont certaines sur le travail intérieur

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Juin 2001

Ces dernières années, j’essaie de tout élargir autour de moi, d’apprendre le plus de choses possibles, de connaître le plus de gens possibles et de partager quelquechose avec eux, de construire ensemble. Ça a l’air un peu désordonné, mais il y a derrière tout ça un projet cohérent, qui justifie tout et que je place au-dessus de tout. Je peux expliquer chacun de mes choix, chacune de mes initiatives. Je le ferai sans doute en partie ici. J’aimerais ici faire partager ma démarche.


A l’aide

SVP, envoyez-moi des critiques sur les textes qui vont suivre : je crois fermement en mes idées, mais je ne suis pas sûr d’arriver à les formuler correctement. Et l’écrit ne pardonne pas. Le seul moyen d’atteindre une vraie idée c’est le dialogue.


L’Amitié et l’Amour

(juin 2001)

Ce paragraphe a été écrit sur un coup de tête, mais j’y crois toujours (un an après).

Quelques mots sur l’amitié, parce que dernièrement je me rends compte que trop de gens dans mon entourage en ont des visions différentes, et je suis en train de perdre trop de personnes que j’ai aimées jadis. Bien sûr ils ne liront pas ce texte et ils s’en foutent désormais. Je ne sais pas pourquoi je perds mon temps là-dessus. Peut-être que ça me fera rencontrer des lecteurs qui me comprennent.

Pour moi, l’amitié et quelquechose aussi importante que l’amour. En fait les deux se soutiennent et sont complémentaires. Dans un sens, l’amour donne une confiance et un bien-être intérieur qui permettent de s’investir dans l’amitié. Mais dans l’autre sens, et là c’est capital, l’amitié enrichit chacun différemment, et chacun pourra utiliser cette richesse pour faire vivre le couple.

On peut dire plus simplement que dans un couple qui se ferme au monde extérieur et aux autres, l’amour est condamné à mourir, car les deux êtres habitués à ne plus rien vivre de différent (c’est ce qu’ils appellent tout partager), renoncent sans se l’avouer et peu à peu, à toutes leurs différences, à plein de choses qui faisaient leur richesse personelle. A la place il reste une frustration parce que la routine a fait place à la vie, et on commence à envie secrètement ceux qui continuent à vivre leurs rêves. Tout se dessèche peu à peu, mais l’extérieur plus vite que l’intérieur, et nos deux amis finissent par être ensemble pour toujours, non pas par amour, mais par nécessité : ils n’ont plus rien d’autre en dehors de leur compagnon, et ont peur de la solitude.

Tous ces mots sont très extrêmes, mais ils correspondent à une réalité. Je connais trop de gens qui ont emprunté ce chemin, j’essaie de les mettre en garde, mais ça ne sert à rien. Combien d’amis perdrai-je comme ça ?

Voilà. Après tout ça je peux ressortir mes banalités du genre : l’amour n’est pas une prison ; au contraire il libère. Aimer c’est pousser l’autre à réaliser ses rêves, même si temporairement ça va le séparer de nous. Car c’est là qu’on est sûr qu’il va revenir, par choix, par amour. Aimer c’est donner à l’autre le choix de nous quitter, pour qu’il puisse faire le choix de rester.


Vérité et mensonge

Yoav dit que les mensonges contrôlent tout, mais je n’y croit pas. Pour moi la seule solution c’est la vérité, toute la vérité. On peut et doit tout dire à celui qui est assez fort pour l’écouter. La vérité ne détruit jamais celui qui l’a dite. La vérité est simple et libératrice, elle nous laisse avec la conscience pure ce qui est capital. Bien sûr, en pratique on a des obstacles à la vérité, des peurs, des inhibitions et blocages au niveau inconscient. On finit toujours par mentir malgré soi. Et puis ce serait faux de prétendre qu’on sait toujours où la vérité se trouve.

Conclusion triviale : on n’arrivera pas à la Vérité absolue, mais il faut la chercher de toutes les forces, toujours. Et plus on sait dire, plus on est fort.


Les peurs

(juin 2001)

Elles sont aux centre des idées de Yoav, et c’est lui qui m’a aidé à prendre conscience de leur importance. Il y a des peurs partout : peur du regard des gens (peur du ridicule, d’être (mal) jugé…) peur de ne pas être à la hauteur, peur peur de décevoir (peur de se monter tel qu’on est), peur de la souffrance, peur de l’inconnu, de prendre un chemin irréversible même si c’est notre chemin…. Ce sont souvent des peties peurs, mais elles conditionnent à notre insu, forcent nos décisions, nous empêchent de vivre pleinement nos expériences. Exemple : on ne profite plus d’une fin de rando si on est en train de courir parce qu’on a peur de se prendre la pluie, on n’arrive pas a profiter d’un certain paysage aund on refuse de s’asseoir par terre par peur de se salir. Ou en voyageant on refuse de gouter certaines choses par peur d’en être malade. Peur de se mouiller, peur de se salir, peur d’une petite gastro, autant de petits trucs irrationnels que l’on peut surmonter aisément en travaillant un peu sur soi, et on se sent tellement plus libre après… Bien sûr il y a aussi des peurs plus grosses, comme la peur de perdre ceux qu’on aime qui nous pousse à les enchaîner à nous (lisez l’Arrache-Coeur de Vian). Pourtant, je suis profondément convaincu qu’on peut tout surmonter avec patience et travail.

Pour voir où vous en êtes avec vos peurs, je commence ici une liste de petits défis, certains viennent de moi, d’autres m’ont été suggérés (j’accueillerai avec joie toute nouvelle idée), qui vous aideront à surmonter certaines peurs (peurs de regard des autres essentiellement), des petites peurs certes, mais vous vous sentirez tellement mieux apres. Si certains vous paraissent faciles, c’est que vous êtes déjà au-delà de ça, d’autres défis vous paraîtrons plus durs. Ce qui est intéressant, c’est que votre voisin pourra avoir des difficultés inversées. On commence :

- vivre un journée normale en portant un nez de clown
- porter du vernis à ongles (pour un mec)
- chanter dans la rue
- danser sans musique (quand on y arrive déjà avec)
- assumer un public (en jouant de la musique, parlant, faisant un spectacle de magie…)
- crier, en public ou seul, pour dire n’importe quoi
- dire/écrire à quelqu’un pourquoi vous l’aimez (ça peut être un ami), et ensuite quels sont ses défauts
- casser un verre exprès dans un resto
- s’allonger parterre en ville (pas nécessairement au milieu de la rue, il y a plein d’endroits tranquilles)
- s’habiller de manière voyante
- acheter des fleurs et les distribuer à des passants
- demander des trucs à des gens (du genre : des informations, une aspirine, un ticket de métro…). Nadège m’a expliqué que c’est très dur pour beaucoup, et que ceux-là ne supporteraient pas par exemple de se retrouver à l’autre bout de Paris sans un sou pour rentrer chez eux
- entamer une conversation avec tel inconnu

- ………… (à vous de me donner de nouvelles idées)

Je vous fait cadeau d’une citation que m’a donné Yoav, à garder toujours en tête : Fear is the mind killer.

Et enfin, une autre phrase de Yoav qui parle en connaisseur, ayant exploré des profondeurs que je n’imagine même pas.

"The only answer to fears is human warmth."

Ce n’est que la chaleur humaine qui en dernier ressort peut nous guérir de nos peurs.


Les objets de pouvoir

Un titre pompeux et castanedien pour un idée simple et jolie. Malgré ce que veut nous faire croire la société de consommation, les objets n’ont pas de valeur intrinsèque. La vraie valeur, c’est nous qui la donnons. Ainsi un bon exercice c’est de donner de la valeur à des objets pour ensuite les offrir.

La méthode est simple, il suffit de garder ces objets sur nous, près de nous, de leur associer une situation ou une histoire pour les charger d’énergie. Sans que ce procédé ait été mis en oeuvre sciemment, nous avons ainsi chargé un certain nombre d’objets au cours de notre vie : le pendentif que nous portons au cou, une petit souvenir de voyage, un ancien porte bonheur… Ces objets sont devenus importants pour nous au nom des souvenirs auxquels ils sont attachés.

Cependant, chaque objet a entre nos mains une durée de vie limitée : nous aimons toujours le posséder, mais nous lui sommes de plus en plus indifférents, nous le maltraitons, etc. La meilleure chose à faire c’est de se séparer de l’objet avant qu’il ne soit trop tard. En l’offrant à quelqu’un, nous pouvons lui donner une nouvelle vie : l’objet se trouve fixé une fois pour toutes dans la mémoire, et en plus il est associé à la personne à qui on l’a offert. Celle-ci sera touchée par le cadeau, et continuera à le faire vivre et à le charger d’énergie, pour le transmettre ensuite…

Voilà tout. J’espère que j’ai été clair, et que vous aussi vous apprécierez cette méthode simple pour se détacher de la possession matérielle tout en partageant beaucoup plus avec les gens.


Originalité et décalage

Dans toute sentation de bonheur, ou de contemplation esthétique, je crois qu’un sentiment d’originalité est indispensable. Très souvent, si je sens que plein d’autres gens font exactement la même chose que moi, ça m’empêche de ressentir le même plaisir.

D’un côté, c’est moche car c’est très orgueilleux, mais de l’autre ça pousse à chercher en toute chose une vision personnelle, une façon personnelle de la faire. C’est là qu’on commence à se connaître mieux, soi-même et ses goûts, et à mettre en valeur les capacités que l’on a. La aussi, chacun est unique, donc c’est normal de croire que chacun peut y arriver, à condition de prendre conscience de son unicité.

Ce qu’il y a de bien avec ça, c’est que quand on comprend comment ça marche, on peut aller très loin, et forcer le bonheur plutôt que de l’attendre passivement.


Orgueuil

C’est le danger de la recherche sur soi : avoir l’impression que les autres cherchent moins (et sont donc en retard), et les regarder avec condescendance. Je n’ai pas de solution définitive contre l’orgueuil, si ce n’est de prendre le temps de creuser les découvertes et les goûts des autres pour s’ouvrir de plus en plus, et voir que ce qui paraissait bête n’est pas forcément dénué de sens. Et aussi, je crois qu’au bout d’un certain temps, on finit par considérer les résultats que l’on a atteints comme normaux, et on n’a plus besoin de les metre en avant.


Effacer son histoire personnelle et perdre le sentiment de sa propre importance


L’ambition, la compétition et les hiérarchies


La discipline, les engagements et les règles


La perception d’autrui et les êtres simples


L’humour et le rire : ne pas se prendre au sérieux


La mort comme conseillère et le dernier voyage sur terre


L’impasse de la réflexion sur soi

A un moment donné, on peut être tenté par des questions sur comment marche notre processus de pensée, sur ce que nous sommes vraiment. Des questions du genre est-ce que je fais ceci parce que c’est moi, ou alors est-ce parce que je pense que je pense que je voudrais que les choses soient ainsi alors qu’elles ne le sont peut-être pas. Ou alors, on essaie de se comprendre par une approche trop déterministe (genre psychanalise), du type recreuser chaque détail du passé pour voir comment il nous a conditionné.

Ces questions, bien qu’elles paraissent juste compliquées et tordues, ont le mérite d’être dangereuses. Dangereuses parce qu’elles n’ont pas de réponse, parce que si on essaie de voir en soi on ne peut trouver qu’en gouffre vide et sans réponse (cf la théorie sur les êtres simples, que je n’ai pas encore rédigée). Ainsi, on tombe dans une boucle infinie du type "je pense que je pense que je pense…", et la machine s’emballe. C’est ainsi que Yoav raconte d’être devenu presque fou, en prenant conscience de son propre processus de pensée.

La seule solution à cela, s’est de s’éjecter au bon moment. C’est de se rendre compte que notre bonheur et nos actions dépendent de choses simples, et que quelle que soit la réponse à ces questions tordues, elle ne changera rien à notre vie. Il s’agit donc d’effacer ces mêmes questions et considérer que ce que nous sommes et nous pensons est une évidence et que ça ne sert à rien de creuser, on ne trouvera rien de plus.

Ce site est tenu par : Francesco Colonna Romano
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