Idées à prendre

De temps en temps, il me vient des idées de projets qui mériteraient (selon moi) d’être réalisés, parce qu’ils ont leur utilité. Ils sont en général plutôt loufoques, rarement réalistes et absolument pas commerciaux. Ils n’ont rien de révolutionnaire (quoique...) mais, je me répète, ils demeurent néanmoins utiles et constituent une modeste contribution théorique à mon ancien projet de sauver le monde.

Comme je sais que j’ai peu de chance de tous les concrétiser un jour, je vous les offre. Si vous êtes intéressés, je veux bien vous fournir plus de détails.

Remarque : J’ai aussi parfois des idées s’appliquant plutôt aux domaines de l’économie et de la politique. Si par le plus grand des hasards vous êtes président de la république ou ministre d’un quelconque pays ou communauté, lisez plutôt ma solution aux problèmes économiques et sociaux contemporain ;-) Vous trouverez ailleurs sur ce site des idées pour l’enseignement, la décoration d’intérieur, le tourisme, la cuisine, etc...

Remarque 2 : Cette page est à prendre avec un peu d’humour...


La semaine de 10 jours

Ceci part d’un constat fréquent : il n’y a pas assez de jours dans une semaine, il faudrait inventer une semaine de dix jours. Sauf que personne ne se doute que cette idée est vraiment réalisable ! (A condition de tous se mettre d’accord, dans le monde entier, ce qui est aujourd’hui tout à fait invraisemblable, je vous l’accorde.)

Alors que la journée de 24h ou l’année de 365 jours ont un sens naturel (puisque ce sont les périodes de rotation de la terre) et ne peuvent donc être changés, la semaine de sept jours résulte d’une convention purement arbitraire, qui trouve sans doute son origine dans le récit de la Genèse en sept jours. La meilleure preuve que ceci peut être changé, c’est que les révolutionnaires français l’ont fait : ayant imposé le système décimal dans les unités de mesures, ils ont aussi lancé un calendrier révolutionnaire avec des semaines de 10 jours et des mois de 30. Le fait qu’ils n’aient pas réussi à imposer leur calendrier à des gens habitués à l’ancien n’enlève rien à la viabilité théorique de celui-ci.

Mais quel intérêt à renuméroter les jours ? demanderez-vous. Cela ne rajoute pas du temps. Oui, mais cela réduirait la périodicité de la vie. Imaginez une semaine de deux jours : on travaillerai un jour et demi, puis on aurait un "week-end" d’une demi-journée pour se reposer, avant de reprendre le travail le lendemain. Dans ce cas, la vie serait beaucoup plus routinière, puisqu’avec des week-ends aussi courts, on n’aurait jamais le temps de réaliser quelque chose de plus long, comme une journée de randonnée ou deux jours à la campagne. De même, avec une semaine de 7 jours, on n’a que sept soirs par semaine, ce qui veut dire qu’on ne peut faire que 7 activités régulières différentes dans l’année (exemple : lundi sport, mardi amis, mercredi lecture, jeudi musique, vendredi sortie, samedi sortie, dimanche repos). Avec une semaine de dix jours, on pourrait faire facilement dix activités différentes chaque semaine. Au final on pourrait réaliser chaque activité moins fréquemment, mais on aurait plus de diversité.

De même, un week-end de deux jours est souvent trop court pour à la fois se reposer et faire beaucoup de choses palpitantes. Et en même temps, une semaine de 5 jours à juste la bonne longueur pour que les gens acceptent de ne pas "vivre" pendant la semaine (puisqu’ils sont fatigués par leur travail) et d’attendre le week-end pour ce qui les intéresse.
L’avantage d’une semaine de dix jours, c’est que les week-ends mettraient plus de temps à arriver, donc les gens seraient plus incités à avoir une vie pendant la semaine, et ils seraient aussi plus long, ce qui les pousserait à réaliser des vraies actions pendant ce temps.

En résumé, si comme moi vous pensez que ce qui fait la valeur de l’être humain c’est la diversité et que la routine (métro-boulot-dodo) ou la périodicité (en science, ce terme désigne un phénomène qui se répète égal à lui-même dans le temps, de manière parfaitement prévisible, par exemple tous les 7 jours) sont des obstacles à la liberté, alors vous devriez être favorable à la semaine de dix jours qui, sans changer le nombre annuel d’heures de travail, diminue la périodicité de la vie.


Expositions d’art dans les laveries automatiques

Mon amie Delphine réalise de très beaux tableaux abstraits. Une idée pour promouvoir son œuvre, c’était d’utiliser comme espace d’exposition des laveries automatiques (du vingtième arrondissement par exemple). Je pense qu’il serait assez facile de convaincre les propriétaires, et de faire parler de soi dans la presse (plus qu’avec une expo dans une simple galerie en tout cas). Le public irait voir les tableaux tout en visitant l’arrondissement sous l’angle peu usuel des laveries automatiques.

Bien sur, cette idée ne convient qu’à un type d’art "pauvre", au sens où le cout de réalisation et le temps de fabrication ne doit pas être excessif (en gros, il faut prendre le risque de perdre quelques toiles, et disposer d’une grande production). Nous ne l’avons jamais mise en pratique car je me sens bien incapable de gérer toutes les relations publiques et la logistique d’une telle exposition.

(Cette idée rejoint mes réflexions sur l’esthétique du glauque.


Visites guidées des banlieues

En diverses occasions, j’ai au l’occasion de visiter/travailler dans diverses banlieues parisiennes (Nanterre, Villiers-le-Bel, Gonesse, Bobigny, Drancy, Aubervilliers...). J’ai pu constater que ces banlieues ne sont pas du tout homogènes, les constructions sont très différentes (tours, pavillons, cités, grands batiments administratifs genre communisme soviétique), ainsi que les populations et les commerces.

Connaitre la banlieue me parait intéressant parce que :

  • C’est connaitre le monde tel qu’il est. La banlieue est une réalité, on ne peut l’ignorer. "Qui suis-je pour refuser l’univers ?" C’est comprendre comment les gens vivent (et ils n’ont pas de honte à avoir par rapport à cela).
  • Connaitre la banlieue est une manière de ne pas la craindre, de la décloisonner. Voire lui redonner une légitimité d’existence. Cela peut aussi la revaloriser aux yeux de ceux qui y habitent.
  • Il y a en banlieue une vraie diversité architecturale qui, si elle n’est pas toujours du plus bel effet (bien que par exemple, j’aime bien Bobigny), a toujours un intérêt historique. Les architectes des années ’50-’60 avaient des idées sur l’urbanisme et la société qui méritent d’être connues. Ne serait-ce que pour comprendre ce qui n’a pas marché, ou ce qu’il faut en retenir.
  • Pour des touristes réguliers qui sont venus plein de fois à Paris, c’est plus intéressant que d’aller une cinquantième fois visiter Saint-Germain des Prés.

Bien sur, ces zones sont dégradées socialement, économiquement et culturellement. Les visites devraient se faire avec un bon état d’esprit : on ne va pas au zoo, et il ne faut pas oublier que beaucoup d’habitants rêvent de quitter ces zones. Le bon sens dit donc d’éviter les remarques du type "trop belle votre tour" ou "trop crade votre HLM" ou "trop cool, une bagnole brulée". Le concept pourrait se rapprocher (mais en moins voyeur) des "favela tours" de Rio de Janeiro qui, pour ce que j’en ai entendu, fonctionnent assez bien, autant pour les touristes que pour les locaux. C’est aussi à rapprocher de mes idées sur l’esthétique du glauque.


Cours de voyage indépendant et guides bénévoles

Il y a un certain nombre de gens qui ont envie de voyager pour vivre des expériences différentes, pour être au contact véritable avec des gens d’un autre pays, etc. C’est le cas d’une petite partie des touristes, j’en suis conscient, mais il y a quand même une part non négligeable de gens partageant ces aspirations. Or, dans la pratique, ces gens ne savent pas comment s’y prendre. Ils ont peur de partir seuls à l’aventure (ça doit être dangereux, où dort-on ? où mange-t-on ? le cousin de la tante Berthe est parti en Inde et il est tombé malade, et cette histoire de touristes découpés à la machette à l’entrée des pyramides qui a fait la une de l’actualité, etc.) et ne savent pas comment s’y prendre. Les bonnes agences de voyages qui proposent des visites en petit groupes et des parcours à la carte restent chères (forcément, c’est cher de payer le salaire de tous ceux qui participent à l’organisation). Nos aspirants voyageurs se retrouvent finalement à choisir des formules toutes faites de tours-opérateurs de masse qui non seulement maintiennent leurs voyageurs soigneusement à l’écart des réalités du pays, détournent les revenus touristiques des populations locales au profit des grandes structures, et entretiennent la peur du voyage indépendant.

Face à cela, il y a un grand nombre de voyageurs sac-à-dos qui ont suffisamment d’expérience pour savoir qu’en réalité le voyage indépendant est quelque chose de simple et peu dangereux pourvu qu’on prenne quelques précautions simples. Ils connaissent suffisamment le pays (parfois sa langue) pour proposer des itinéraires originaux et de véritables rencontres, savent utiliser les transports locaux, reconnaitre un restaurant local authentique et fiable, dénicher un petit hôtel hors des sentiers battus.

Mon idées consiste à mettre en contact ces deux catégories de gens. Les guides, plutôt jeunes et disposant de plus de temps que d’argent, pourraient accompagner de petits groupes de voyageurs (4-5maxi) en leur montrant tous les tuyaux du voyage indépendant, avec l’idée de les rendre autonomes pour le voyage suivant. En contrepartie, le groupe paierait au guide le voyage ainsi que toutes les dépenses. Ce dernier pourrait ensuite continuer à voyager seul, et aura payé son voyage.

Tout cela peut marcher car en voyageant de manière indépendante avec des transports locaux, les couts sont incomparablement plus bas que ceux d’un tour-opérateur. Un groupe de 4-5 personnes suffit pour payer le cout du voyage du guide. Pour moins cher qu’un voyage commercial, on est donc en mesure de proposer des expériences uniques et créer des voyageurs autonomes. (Ce qui ne les empêcherait pas de continuer à faire appel à un guide s’ils le souhaitent, puisque c’est confortable et pas cher). J’ai eu moi-même l’occasion d’initier au voyage indépendant des parents/amis, ça marche comme sur des roulettes, et tout le monde en est enthousiaste. Après une semaine de voyage avec moi, tous ont répété l’expérience seuls.

Concrètement, ce projet pourrait prendre la forme d’un site communautaire, du genre Couchsurfing), où guides et voyageurs rempliraient une profil de présentation, avec leurs gouts, leurs expériences et carnets de voyage, leurs disponibilités. Un système de références/recommandations croisées comme sur eBay permettrait de s’assurer de la fiabilité des personne qu’on contacte.

En attendant que cet idée devienne réalité, j’ai cependant eu la bonne surprise de rencontrer au Maroc un groupe de voyageurs jeunes dont l’agence appliquait de bons principes : le guide se contentait de leur proposer une liste de restaus et chacun choisissait, il y avait une totale transparence sur les prix des prestations (les hôtels notamment), si bien que les voyageurs le souhaitant avaient tous les éléments pour se rendre compte qu’il est possible de voyager seuls. Renseignez-vous, de tels voyages organisés existent donc...

Par ailleurs, bien que je n’aie probablement pas le temps de vous servir de guide, vous pouvez consulter mes conseils pour voyageurs indépendants.


Les filles mènent la danse

Point de départ : un constat simple : beaucoup de filles dansent mieux que des garçons. Or dans toutes les danses de couple, c’est le garçon qui doit guider. Un garçon ne peut donc danser qu’avec une fille qui danse moins bien que lui, sans quoi celle-ci s’ennuie. Un garçon peut apprendre à danser à une fille, mais une fille ne peut pas apprendre à un garçon.

Pour mettre fin à ce gachis, il suffirait d’inventer une danse où ce sont les filles qui guident, c’est tout. Je vous laisse trouver seuls les avantages et attraits de cette situation.

Il y a cependant deux difficultés. Premièrement, comme on me l’a fait remarquer, les figures des danses actuelles sont adaptées au guidage par le garçon, en général plus grand que la fille. On tient la fille derrière l’épaule, on la fait passer sous le bras, etc... Ca m’est arrivé de danser avec une fille mesurant 10cm de plus, ce n’est pas très facile. Une danse où la fille mène devrait donc être conçue pour s’adapter aux différences morphologiques. Il faudrait donc trouver quelqu’un ayant suffisamment de recul sur les différentes danses pour pouvoir en reconstruire une ex-nihilo, chose inaccessible à un simple bon danseur.

Cependant, la principale difficulté me semble résider dans le positionnement marketing d’une telle danse. En effet, si on regarde notamment les danses latines, celles-ci sous-tendent certains schémas sociaux simples (et machistes) où c’est plutôt l’homme qui domine et la femme qui s’abandonne (ou pas). Le fait qu’on accepte ces codes pour danser (sans être forcément machistes) ne veut pas dire qu’on serait à l’aise si on les inversait complètement (c’est-à-dire : la femme domine, le garçon suit). Il faudrait donc réfléchir soigneusement à la question pour que les codes véhiculés par cette danse ne heurtent pas les danseurs. Une musique pop semble plus adaptée que les chansons "romantiques" latines. Mais il faudrait aller plus loin que cela...


Un parc d’attractions photographiques

L’idée c’est d’ajouter dans un parc ordinaire des objets/configurations permettant au public de prendre des photos amusantes. Par exemple, une plaque de verre à fleur d’eau au milieu d’un lac pour donner l’impression qu’on marche sur l’eau, une statue penchée pour que les gens puissent se mettre dessous et faire semblant de la soutenir, etc. Un peu comme le classique personnage peint avec un trou à la place de la tête où l’on vient placer la sienne, mais avec un peu plus d’imagination. Le parc pourrait comporter un certain nombre de petits panneaux avec des idées et suggestions de photos amusantes, ne nécessitant pas forcément d’installations sur mesure, comme par exemple celles qu’ont réalisé mes élèves au cours d’un stage en utilisant des alignements.

Ce type d’installation pourrait transformer un parc quelconque en une attraction, et ce à cout très faible (juste de l’imagination, des petits panneaux, et quelques petits aménagements. Loin de forcer tout le monde à prendre la même photo, elle favoriserait la créativité.


Traité d’éducation (Techniques de manipulation à l’usage de parents éclairés)

Point de départ : les profs, les animateurs, les éducateurs, les magiciens, les éthologues, les publicitaires, tous ceux qui ont l’habitude de travailler avec un public (jeune notamment) ont mis au point des techniques poussées permettant de l’influencer. Il n’y a aucune raison de ne pas faire profiter les parents de ces conseils pour l’éducation de leur enfant.

Une parenthèse : la notion d’influence/manipulation fait sans doute crier d’horreur un certain nombre de parents parce qu’il y a l’idée que c’est mal. Or, en y réfléchissant un peu, on se rend compte que tout est influence/manipulation : le prof met des bonnes notes pour motiver l’élève et lui donner envie de faire des efforts, la mère prend le bébé dans ses bras pour qu’il arrête de pleurer. Il faut donc simplement distinguer les bonnes manipulations (celles qui rendent plus libres, qui transmettent de bonnes valeurs, etc), des mauvaises.
Une autre manière de dire cela : puisque tout est manipulation, autant être lucide et préférer les manipulations conscientes (dans un but correct) des manipulations inconscientes qui peuvent produire au moins autant de traumatismes.
Je reparle un peu de tout cela dans ma page sur la programmation de pensée, mais je vais plutôt donner un exemple simple.

Si je crains que mon enfant demande de faire une activité X, plutôt que de lui demander "que veux-tu faire ?" et risquer de devoir dire non s’il répond X, avec les conséquences de frustrations, on peut lui demander simplement "Préfères-tu Y ou Z ?" De cette manière, l’enfant a l’impression de choisir, et les choses se passent de manière nettement plus agréables pour tout le monde. Cette technique simple est utilisée dans bien des domaines, est-elle seulement proposée aux futurs parents ?

J’espère vous avoir convaincu ici du bien fondé de cette démarche. Dès lors, il s’agit simplement de passer en revue les différentes techniques issues de la PNL, de l’illusionnisme, des stages pour animateurs de colo, des cours de marketing, des théories de Pavlov (dans le Meilleur des mondes de Huxley, les bébés sont dégoutés de la lecture en les faisant rentrer dans une pièce avec des livres, et en leur faisant ensuite subir des décharges électriques par le sol. Sans être aussi extrême, on pourrait imaginer un vaccin contre l’alcool ou la clope dans la même veine), de manière à trouver celles qui sont à la fois efficaces et indolores.

Je trouverais particulièrement intéressant qu’un tel traité NE soit PAS conçus par quelqu’un qui cotoie de trop près des enfants, parce que justement, quand on a le nez dans le guidon, on manque de recul, et on a du mal à voir que les choses pourraient ou devraient être autrement. Bien sur, les techniques seraient ensuite testées et validées, et chaque parent pourrait faire appel à son bon sens...


Dessins animés pour réduire le traumatisme des enfants en cas de divorce

Le point de départ est la question : "Pourquoi les enfants souffrent-ils en cas de divorce des parents ?" qui est particulièrement importante à une époque où les familles monoparentales ou recomposées se multiplient. Certains répondront simplement que la souffrance est due au changement, mais tout changement n’est pas négatif (exemple : déménagement, départ en vacance). D’autres diront que c’est parce que c’est dans la nature de l’enfant d’avoir besoin d’une famille unie traditionnelle (le papa, la maman et les deux enfants) telle qu’elle est défendue par la religion catholique. Je ne partage pas ces arguments, d’une part parque que je suis contre la notion de nature humaine (tout se construit) et d’autre part parce que je sais bien que dans les sociétés où les enfants sont élevés collectivement et où la norme n’est pas une famille stable (penser à l’Afrique ou l’Amérique Latine), le traumatisme est moins fort.

Mon explication est que l’enfant souffre d’un divorce parce que :

  • Toute la société, et ses petits camarades à l’école en particulier, lui renvoient l’idée que la famille "normale" est celle des dessins animés, Le papa ours, avec la maman et ses deux enfants. A la rigueur une grand-mère (mais c’est moins systématique, ce qui fait qu’un enfant est rarement traumatisé par le fait de ne pas avoir de grand-mère).
  • Les parents culpabilisent en cas de divorce, ce qui justifie la perception de gravité de l’enfant.
  • Les parents eux-mêmes, avant le divorce, jouent à présenter leur famille comme famille modèle (les parents qui s’aiment), seul modèle possible. La symbolique du mariage (la promesse d’amour éternel) est tout à fait dans ce sens. A partir de là, le divorce traduit l’effondrement de tout ce système, donc un échec cruel et traumatisant.

Ainsi, nous sommes dans un systèmes où toutes les familles atypiques se sentent anormales et souffrent de la situation courante. Or, si comme je l’imagine, le nombre de ces familles augmente, on peut imaginer le dépassement d’un seuil critique où les familles recomposées deviendraient majoritaires. Dans ce cas, pourquoi continueraient-elles à propager une idéologie qui les proclame inférieures ?

De manière tout à fait modeste, ce que je propose ici c’est tout simplement, pour réduire la souffrance des fils de divorcés, de créer des contes, des dessins animés ou des films où l’on ne présente plus de famille idéale traditionnelle, mais toute la diversité, en trouvant notamment des avantages aux familles atypiques (on a deux maisons, avec les beaux-parents cela revient à avoir 4 parents, ...). Cette idée s’appliquerait aussi bien aux enfants issus de l’adoption ou aux enfants de couples homosexuels si on décide que ces situations doivent être considérées comme normales.

Bien sur, pour que de tels contes/dessins animés/films soient acceptés, il faudrait d’abord un vrai débat de société (ça me rappelle un ministre polonais qui accusais les Télétubbies de présenter l’homosexualité sous un jour favorable, puisque l’un des personnages est rose, ou se ballade avec une fleur, ou quelque chose du genre). Les familles atypiques étant de plus en plus fréquentes, je pense que ce débat devrait avoir lieu.


Des t-shirts pour enseigner

Lors d’une conférence scientifique pour lycéens, l’animateur a eu besoin de parler de la classification périodique des éléments. Au lieu de sortir un vieux poster poussiéreux de ceux affichés dans tous les labos de chimie des lycées, il a enfilé un t-shirt avec la table de Mendeleev imprimée dessus en couleur, et il s’en est servi pour son explication. Ce détail est une manière drôle pour rendre un cours plus vivant.

A parti de là, je me suis dit. Pourquoi ne pas imaginer une ligne de t-shirts pour profs avec marqués dessus (par exemple) : la définition d’une métaphore, les formules de calcul de dérivées, quelques citations de philo, les dates-clef de l’histoire de France, etc. Le prof n’aurait qu’à porter ce t-shirt régulièrement en classe (ou alors l’enfiler à chaque fois qu’une explication sur le sujet s’impose) pour que , par imprégnation, les élèves en retiennent le contenu.

Bien sur, on pourrait aussi imaginer un kit pour que les profs fabriquent eux-mêmes leurs propres t-shirts adaptés à leurs élèves.

Une dernière remarque : il s’agit ici d’une application intéressante des principes de la pub et du marketing, omniprésents hors de l’école, à l’éducation. Bien sur, comme pour la pub, le principe d’utiliser les t-shirts comme espace éducatif ne marche que dans la mesure où tout le monde ne s’en sert pas : si tous les profs avaient des cours imprimés sur leurs t-shirts, les élèves n’y prêteraient guère plus d’attention qu’au tableau.


La semaine sans internet

Un jour, mon chef d’établissement m’a raconté qu’il constatait une forte baisse du travail à la maison depuis l’avènement des abonnements internet pas chers. A cette époque, j’ai beaucoup réfléchi à Comment motiver des élèves. Selon moi, les élèves ont plutôt envie de réussir dans leurs études et, s’ils ne réussissent pas à travailler autant qu’ils le souhaiteraient, c’est plutôt par faiblesse, parce qu’ils sont continuellement soumis à des tentations contraires. En particulier, je suis bien placé pour savoir à quel point il est difficile de travailler avec devant soi un ordinateur connecté à internet.

A contre-sens des idées reçues qu’il est nécessaire qu’un enfant ait un ordinateur pour qu’il réussisse à l’école, je suis persuadé qu’on pourrait démontrer qu’un accès libre à internet (et en particulier à MSN) a des conséquences néfastes sur la réussite scolaire. A partir de là, à grande échelle, l’Éducation Nationale pourrait certes proposer aux parents des logiciels efficaces qui bloquent par exemple MSN, les blogs, youtube et les vidéos, etc, mais cette idée est difficilement applicable car les enfants sont souvent plus habiles en informatique que leurs parents. La solution que je proposais est beaucoup plus simple :

Comme on fait à l’école de la prévention contre les conduites à risques, alcool, tabac, drogues, MST, comme certaines associations ont lancé des "journées sans consommation", il faudrait faire des semaines sans télé, sans internet, etc. Pendant cette semaine, l’école et les profs proposeraient des sorties, des activités conviviales, etc. qui permettraient de prendre conscience de l’addiction représentée par les écrans.

J’ai écrit tout cela en juin 2006, et j’ai eu le plaisir d’apprendre que d’autres ont eu la même idée : des écoles primaires de l’académie de Strasbourg ont testé la "Semaine sans écran". Les gamins qui résistaient à la tentation de jouer à la console ou regarder le match de foot marquaient des points pour leur classe. A la fin, le résultat a été positif, puisque les parents se sont rapprochés de leurs enfants (ils leur lisaient des histoires, etc) et en plus il y a eu des effets sur le travail scolaire. Cette initiative devrait se répandre. Chouette.


Le faux internet

A une époque où les connexion internet pouvaient être rares et chères, j’avais eu l’idée d’un logiciel/CD-Rom qui simulerait internet. Il contiendrait un certain nombre de sites en ligne, un moteur de recherche interne, des logiciels de messageries électronique permettant de sauvegarder les "faux-mails" sur disquette qui serait ensuite envoyée par la poste (on peut imaginer un jumelage de deux classes lointaines, tous les élèves de l’une ayant l’impression d’envoyer des mails aux élèves de l’autre.)

Cette idée aurait permis aux établissements scolaires de faire des économies, mais c’est aussi un moyen simple et efficace à 100% de verrouiller les contenus accessibles aux élèves. En effet, une fois le cable réseau débranché, il y a zéro chances pour que l’élève surfe n’importe où plutôt que de consulter le site que vous lui avez recommandé.


Enseigner la recherche documentaire sur internet

Encore une idée dans la lignée de la précédente. On part d’un constat simple : quand on donne une recherche à faire sur internet à un élève, celui-ci se contente la plupart du temps d’imprimer les trois pages du premier article qu’il trouve (souvent Wikipedia). Il s’agit donc de lui faire comprendre que cette pratique est peu astucieuse.

Pour cela, il s’agirait de créer un site avec des articles aux énoncés très précis, choisis soigneusement pour assurer facilement un bon positionnement sur les moteurs de recherche. (Par exemple : un titre rapprochant Molière et Baudelaire, qui ont peu en commun, a de bonnes chances de classer l’article en question en haut de la liste des résultats de recherche.) Chaque article commencerait par quelques paragraphes ayant l’air plausible et sérieux, mais introduirait progressivement des phrases de plus en plus loufoques. Voire l’explication entière du canular.

A partir de là, l’utilisation de ce site est simple. Le professeur souhaitant apprendre à ses élèves à avoir un regard critique sur les contenus d’internet donnerait à faire une recherche (par exemple dans le cadre des TPE en classe de première) dont l’intitulé correspond exactement au titre d’un des articles-canular du site. Les élèves en recopiant directement le titre sur leur moteur de recherche tomberaient directement sur le site. Le prof n’aurait plus alors qu’à demander à tous les malheureux ayant imprimé le résultat sans le lire de jeter un coup d’œil à la fin du texte, pour que ceux-ci se rendent compte qu’ils se sont faits avoir.


Restaurant de cuisine conceptuelle

Il s’agirait simplement d’ouvrir un restaurant proposant mes recettes de cuisine ou quelque chose du même genre. Il faudrait des plats particulièrement originaux ("la meilleure glace au curry de Paris") qui classeraient l’endroit comme unique dans sa catégorie (d’où beaucoup de pub et des clients qui viendraient exprès). Plutôt menu fixe avec une ou deux options (car le fait de devoir préparer des plats différents pour chaque client est particulièrement inefficace, et a une forte répercussion sur le prix). La plupart de mes recettes sont très peu chères et permettraient d’offrir un plat complet pour le prix d’un sandwich (une raison de plus d’assurer le succès de l’endroit).

Bien sur, il faudrait poursuivre l’originalité et le coté fait-maison dans la déco (voir mes idée sur la décoration d’intérieur) et proposer des activités annexes.

Une autre petite idée : tous les plats du menu porteraient des adjectifs élogieux. "S’il vous plait, je voudrais un délicieux cocktail aux épinards et un excellent risotto aux fraises..."


Un substitut de la cigarette

J’ai vu un jour quelqu’un machouiller une espèce de stylo blanc ridicule , et j’ai mis du temps pour comprendre qu’il s’agissait d’une cigarette électronique. J’ai revu un jour une pub dans une pharmacie qui en vantait l’innocuité !! (de la nicotine ?) Mais j’ai l’impression que ce truc passe fondamentalement à coté de ce qu’un substitut d’une cigarette devrait etre.

Une cigarette c’est la combinaison de :

  • un psychotrope stimulant, qu’on peut prendre à n’importe quelle heure du jour (on ne peut donc pas remplacer la clope par l’alcool)
  • un rituel qui fait passer le temps, occupe les mains, permet de se retrouver avec soi-meme ou au contraire favorise un moment de partage (j’ai toujours été étonné par la solidarité entre fumeurs)
  • une image de soi que l’on cherche à donner : rebelle, antiproductiviste, dans le présent (pas peur de la mort, de se faire du mal), un peu anarchiste (contre les règles de la bienséance, de l’éducation parentale, de la bonne santé).

La cigarette électronique en cherchant à rester trop proche de la cigarette réelle, passe à coté du troisième point : elle ressemble à un gadget technologique ringard pour drogués. Elle n’a rien d’anarchiste, de contre l’autorité, etc. Je pense qu’il faut chercher plus loin, dans quelque chose de complètement différent. Par exemple, pour les collégiens, faire tourner le stylo sur son doigt (ça s’appelle désormais Penspinning, et on trouve des vidéos impressionnantes sur le web), rend bien ce coté rebelle, et le coté geste rituel. Mais il présente l’inconvénient majeur de paraitre stupide aux yeux des adultes.

Je pense donc qu’il serait possible d’inventer (de toute pièce) un substitut aux points 2 et 3 de la clope, par exemple en cherchant dans des gestes simples et élégants de jonglage à une balle (le "contact" permet d’etre réalisé sans devoir regarder la balle) ou de gadgets comme le yoyo, une chorégraphie simple éventuellement réalisable à plusieurs (chercher peut-etre dans le milieu Tektonik, que je ne connais pas ?), éventuellement combiné à quelques techniques de relaxation (Ji Qong ou Yoga ?). Je suis sur qu’en cherchant bien on peut trouver.

Quant au coté psychotrope, il est facile à reproduire, il y a l’embarras du choix. Il suffirait d’un bonbon qui fond lentement dans la bouche, un truc un peu amer et d’aspect assez naturel, inspiré des feuilles de coca, noix de cola, ou tabac à chiquer. Le principe actif peut rester la nicotine, ou on peut le remplacer par de la caféine, ou un autre stimulant.

Ce site est tenu par : Francesco Colonna Romano
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