I) Préliminaires

I.A)Remerciements
I.B)Les objectifs de ce travail
I.C) Mon approche du problème


A) Remerciements

Je tiens ici à remercier J.P.Ponssard et Karine Van-der-Straeten, qui m’ont suivi avec patience, malgré mon entêtement et mon peu de clarté lorsque j’allais les voir. Je leur dois d’avoir découvert un sujet passionnant qui m’a ouvert beaucoup de pistes de réflexion.

Je remercie aussi tous les auteurs qui ont éclairé ma réflexion et que j’ai pu rencontrer personellement, notamment Olivier Godard, Claude Henry et Jean-Pierre Dupuy.

Enfin je remercie tous mes amis qui m’ont particulièrement aidé en relisant ce mémoire.

Merci encore, et bonne lecture à tous.

F.

B) Les objectifs de ce travail

Ce DEA, et en particulier ce mémoire, était pour moi une manière d’assurer une transition des mathématiques, qui ont constitué l’essentiel de mes études jusque là, vers l’économie et les sciences sociales qui m’intéressent de plus en plus, puisque je ressens actuellement le besoin aigü de comprendre des problèmes concrets, touchant vraiment à la vie des gens.

Cependant je ne me destine pas à la recherche, et je souhaite à l’avenir me consacrer plus à la diffusion des connaissances existantes qu’à l’élaboration de nouvelles connaissances. C’est pour cela, que malgré les conseils de ceux qui m’ont suivi, je n’ai pas pu me forcer à creuser un aspect technique et très particulier de ce sujet, notamment tout ce qui concerne la modélisation mathématique. Ceci s’explique aussi par le fait que, ayant fait longtemps des mathématiques, je ressentais vraiment le besoin de changer radicalement de domaine. Ce que je voulais c’était vraiment acquérir une culture générale, et non pas me spécialiser sur quelquechose qui ne me servirait pas à l’avenir.

Ainsi, ce mémoire n’est pas un mémoire de recherche, c’est plutôt une sorte de parcours du sujet, de ce que j’en ai compris, qui pourrait servir ensuite dans une perspective de vulgarisation. S’il est vrai que certains paragraphes sont très concis, c’est que, à chaque fois, je n’ai pas jugé utile de reprendre ce que l’auteur de l’article que j’ai lu explique bien mieux que moi. Ce qui m’intéressait ici c’était plutôt d’inscrire chaque idée dans une démarche globale et cohérente, quitte à faire référence à chaque fois à ce qui existe déjà sur le sujet.

C) Mon approche du problème

En début d’année, j’ai été voir J.P.Ponssard, dont j’avais suivi et beaucoup apprécié le cours, pour lui demander un sujet de mémoire sur quelquechose de vraiment "utile", c’est-à-dire quelquechose qui ait un aspect concret sur l’amélioration de la vie des gens, sans passer par le biais de l’entreprise, vers laquelle je ne me sens pas attiré du tout. Après réflexion, il m’a proposé d’étudier le principe de précaution, dont je n’avais entendu parler que vaguement, et sur lequel je savais bien peu. C’est ainsi que j’ai pu découvrir ce sujet passionnant.


- Le principe de précaution

Trois textes m’ont servi de point de départ : le modèle mathématique de C.et M.Henry ([8]), et puis les deux théories générales proposées par O.Godard ([3], [4]) et J.P.Dupuy ([1]), qui ont attiré essentiellement mon attention dans ce premier temps. En lisant chacune d’elles, on se laisse convaincre aisément par la clarté des arguments et la cohérence de l’ensemble, à part quelques petites failles logiques ou incomplétudes que l’on comble facilement par un peu de bon sens. Pourtant, ces deux auteurs ne considèrent pas qu’ils sont d’accord, et se lancent des attaques violentes sur des points logiques de leur théories, chacun pensant répondre à toutes les objections. Par exemple, Godard liquide la pensée de Jonas en quelques pages ([4]), en démontrant logiquement qu’elle ne s’applique pas dans nos situations courantes. Pourtant, beaucoup de gens ont réfléchi à ces questions, et je doute qu’ils soient convaincus par un telle démonstration, qui paraît pourtant sans failles.

Mon idée a été alors de voir si ces oppositions logiques ne pouvaient pas être dépassées avec un peu de bonne foi, et de savoir s’il n’était pas possible de considérer que les deux auteurs avaient tous deux raison, et réalisaient en fait un travail complémentaire sur un seul et unique principe que les deux essayaient de décrire. J’ai donc tenté, dans la première partie de ce mémoire, de réconcilier ces deux points de vue, en ramenant leur opposition à des conceptions de base qui ne concernent pas directement le principe de précaution.

Ainsi, je suis parvenu à l’idée que, au-delà des controverses sur des problèmes techniques (notamment l’aspect juridique que j’ai très peu abordé), il n’existe qu’un seul principe de précaution, qui est celui que cherchent d’ailleurs à mettre en évidence les modèles mathématiques. Ceux qui le critiquent, lorsqu’ils ne le font pas en défense d’intérêts privés, critiqueraient en fait les dérives possibles ou les caricatures qu’on en fait parfois. C’est ainsi que j’ai pu assister à une conférence de Philippe Lazar, ancien directeur de l’INSERM et de l’IRD, où celui-ci tournait en dérision ce qui me paraissait clairement comme une caricature du principe de précaution, pour défendre au contraire ce qu’il appelait "principe de progrès".

C’est donc cet unique principe de précaution que j’ai essayé de présenter dans les deux premiers chapitres de ce mémoire, et je crois profondément en la nécessité pour tous d’en prendre conscience, afin de pouvoir passer à l’étape suivante, la lutte contre les nouveaux risques.


- L’effet de serre

Après cette première partie sur la précaution, il me paraissait important d’étudier un cas concret d’application du principe, pour voir comment celui-ci serait mis en oeuvre. Il s’agit d’un aspect particulièrement important, car au niveau le plus général le principe de précaution se résume essentiellement à une définition abstraite et imprécise. Deux possibilités s’offraient naturellement : le cas de la vache folle, bien étudié par O.Godard ([4]), et l’effet de serre, pour lequel j’ai pu assister à plusieurs conférences et séminaires ([16],[17],[18])qui se déroulaient à cette période. Ces deux sujets ont l’avantage d’être déjà bien balisés, puisqu’on commence maintenant à accumuler du recul et des connaissances scientifiques à la lumière desquelles juger les démarches passées.

J’ai choisi l’effet de serre, envers lequel j’éprouvais plus de sympathie, et j’ai commencé à me documenter sur ce sujet en laissant provisoirement de côté tout ce qui concerne le principe de précaution. Ayant quitté le niveau le plus général, on voit ici disparaître tous les problèmes généraux de la précaution, alors que d’autres questions spécifiques apparaissent.

C’est en revenant ensuite au niveau général qu’on peut se rendre compte du fait que, dans le cas de l’effet de serre, le principe de précaution se traduit par des consignes pratiques simples. Les critiques générales du principe de précaution auraient donc trait essentiellement à ses généralisations trop hâtives et ses applications excessives.


- Conclusions

L’idée que j’ai avancée dans ce mémoire, c’est qu’il n’y a qu’un seul principe de précaution, tout comme il n’y a peut-être qu’une solution à nos problèmes. J’essaierai de résumer l’essence de ce que j’en ai compris dans ma conclusion. Entretemps, je vous souhaite une bonne lecture.

Ce site est tenu par : Francesco Colonna Romano
Pour m’écrire : francesco ’arobas’ alamemeetoile.net