Salut à tous,
Ma semaine de vacances touche à sa fin, et je ne l’ai pas vue passer. Le week-end dernier, il y a 3 journalistes français — un photographe, un caméran et un de la presse — qui ont débarqué chez nous car ils avaient besoin d’un traducteur pour aller interviewer les Mareros (bandes armèes qui sèment la terreur par leurs vols, meurtres, enlèvements et traffics de toutes sortes. Ils sont tatoués de la tête aux pieds et ne sortent en gang que la nuit). Personne ne voulait les accompagner dans les quartiers malfamés, mais Laurent a tout de suite été d’accord. Ils sont donc arrivés vendredi soir, ils ont bu toute la soirée en se prenant pour des caids, et en nous expliquant comment marchait le monde.... Le lendemain ils étaient beaucoup plus sympas et un peu moins prétentieux car tout avait raté, ils n’avaient pas réussi à rencontrer les Mareros et du coup, ils commençaient à douter et à se demander s’ils arriveraient à les approcher et s’ils n’étaient pas venus pour rien (ils sont venus de leur propre chef, après avoir lu un rapport de l’ONU qui relatait un nombre de meurtres d’adolescents très élevé au Honduras, en fait c’est la police qui fait des raids dans les quartiers et qui tire sur les bandes — moyenne d’âge 18 ans).
Bref ils rentraient chaque soir bredouille et finalement ils ont réussi à en interviewer, mais en prison, ce qui est un peu moins intéressant, s’ils arrivent à vendre le reportage, vous le verrez bientôt en France.
Pendant leur séjour, on a pu se rendre compte de leurs méthodes et c’est à être dégoûté du journalisme — le photographe avait besoin d’une photo avec un enfant de la rue qui sniffe un pot de colle : il lui en a donné un !!!!! Moi vraiment je ne les supportais plus, d’autant qu’ils racontaient ce genre d’"anecdote" avec une suffisance déconcertante...
J ai profité de cette semaine pour passer pas mal de temps avec mes amis. On a organisé ici une soirée de cuisine typiquement hondurienne suivie d’une soirée salsa qui a été mémorable, la cuisine ressemblait à un champ de bataille car on a voulu — Ju et moi, Laurent était sur les îles — faire les tortillas à la hondurienne et une fois sur deux elles tombaient par terre — ce sont des boulettes de farine auxquelles il faut donner la forme de crèpe fine en la faisant tourner rapidement sur le poing, c’est très amusant mais pas facile à faire et quand on a très faim, il faut bien s’y prendre 2h à l’avance....
Je suis très contente car j’arrive enfin à avoir des amis honduriens — et non plus exclusivement français comme au début, la non-maîtrise de la langue faisant barrage. Désormais, ça va beaucoup mieux et même si mon espagnol est encore loin d’être irréprochable, je peux suivre n’importe quelle conversation et y participer sans problème. Mes meilleurs amis sont étudiants à l’université pédagogique qui est à côté de la maison, on se retrouve quasi tous les soirs vers 18h à boire une granita café et on discute des heures en espagnol, en français et en anglais — ils parlent impeccablement les 3 langues et veulent les pratiquer toutes 3 pour continuer à progresser, ici les étudiants sont très très motivés et impatients d’être excellents. Eux veulent etre traducteurs ou profs et sont dans leur dernière année d’études. D’ailleurs ils attendent avec impatience F. pour parler aussi italien, car ici il n’y a quasiment pas d’italiens et ils voudraient pouvoir parler un peu en dehors des cours. Ils sont vraiment tres chouettes.
Lundi les cours reprennent et avec les garçons on n’a pas du tout encore bossé ce qui veut dire qu’on va encore se retrouver dimanche soir à passer la nuit dans le salon, plus ou moins comateux à corriger des copies à coups de tasses de café... Aujourd’hui de toute façon, on n’est pas en état de travailler beaucoup car on s’est encore couchés à l aube — Laurent s’est fait cuire 2 steacks à 5h du mat et on a discuté jusqu’à 7h, et Ju s est couché par terre. On a voulu lui faire une blague en mettant le réveil et en lui disant que c’était lundi et qu’il était à la bourre pour les cours, on l’a secoué, arrosé, il dormait..... Il a une faculté d’endormissement immédiat et profond absolument remarquable.
Voilà, j’espère que vous allez tous bien. En tout cas, je pense à vous et je ne vous oublie pas.
V.