De Shanghai à Wuyuan


jeudi 31 juillet 2008, par Delphine B.

Vendredi 25...la grande merveille de chine...

Aujourd’hui, on part avec sam se mettre au vert...direction hangzhou, a 150km au sud... Hangzhou et son lac chante par tous les poetes classiques...

Mais d’abord un mot de la soiree d hier...ma premiere nuit dans shanghai. C est fou comme la nuit peut changer une ville ! L obscurite masque les laideurs, les neons reveillent les rues les plus tristes et les visages s eclairent de la joie d en avoir fini avec une journee de boulot....

C’est vraiment la premiere fois que je me ballade le soir dans shanghai et l impression est toute differente...plus de gris, plus de trottoirs brulants, plus d avenues trop larges, shanghai brille de mille feux et meme la foule semble plus legere.
Ma station de metro, un mega hub ou se croisent 3 lignes de metro entre quatre giga malls, est transfiguree, tout devient leger et joyeux. Dans le grand parc au bas du shopping center une fete s improvise...la un homme donne des cours de ...euh.. ? salsa... ? il se dehanche et montre a une gamine comment s y prendre...plus loin sur fond de musique pseudo dance chinoise une multitude de couples s elancent entre valse et musette tandis qu a cote on se dechaine sur des karaoke improvises. D autres sont tout simplement assis sur les pelouses et apprecient le semblant de fraicheur ; il a fait 38 degres a l ombre aujourd hui, et plus de 80 % d humidite !

Les petites rues se vident de leurs chalands, on remballe les etals, les bicyclettes vous filent entres les pattes comme des bourdons survoltes de tous cotes et les commercants ont definitivement repris leur poste prefere, sur la chaise longue devant leur echoppe.

A peine le temps de prendre une douche et sam debarque d excellente humeur me proposant une petite sortie.. Sure ! zanmen zou ba ! on y go (je lui apprends quelques phrases de vrai francais ! )...direction les franges est de la french concession, chez son ami tatoueur, celui chez qui il a passe son premier moi a shanghai.

C’est une chinoise costaude et tatouee de pied en cap qui ouvre la porte du pire maelstrom imaginable. Niche au coeur d une cite hlm des annees trente, avec evier collectif a l entre pas entre chaque etage, escaliers de bois et feeling tres vieux machin europpeen (mais y a quand meme des salles de bains perso maintenant...euh..peut etre pas a tous les etages...), parseme d un soupcon de chic napolitain (la lessive seche partout dehors sur le labyrinthe de fils electriques..), l appartement est un capharnaum absolu ou regne en maitres tom et jerry, tom, petite chienne adorable sauvee d un pet shop peu scrupuleux, et jerry le chaton ramene il y a 3 j du magasin de de fruits, 1 mois et une folle envie de sauter partout...Entre les crottes de chat, les megots et les cadavres de bieres je trouve 20 centimetres propres sur le sofa pour poser mes fesses, et le proprietaire des lieux, un gros costaud tatoue, sort en slip de la douche...Elle est chinoise, il est irlandais , et tiennent un magasin de tatouage celebre en ville. Elle a fait l objet de tout un tas de portraits dans la presse etrangere ; avec ses tattoos sur le cou elle est l embleme du new shanghai....en fait elle vient de harbin, tout au nord, qu elle a fuit justement parce que la haut ca ne se faisait je remarque tout de suite sur le bras de mon hote des motifs made in jerome bosh. Je lui en fait la remarque. etonne il me dit que personne n a jamais su de quoi il s agissait...s en suit une conversation exaltee sur bosh, la peinture du 15 eme siecle les sectes post millenaristes et notre passion commune pour les representations du jugement dernier en peinture...entre deux whisky, 10000 gallipettes de tom and jerry qui se poursuivent inlassablement et ..les crottes de chat partout !

En un coup de taxi on se retrouve au windows underworld (references evidente a windows on the world...le fameux bar qui se trouvait en haut des twin towers de new york...)...un bar souterrain sans un gramme de design, un bar, un espace pour danser, des baffles..et en avant la musique ! les bieres ne coutent rien, 10 kwai, 1 euros...tout juste 6 fois plus cher qu a l epicerie, autant dire rien...tout le monde est la pour boire danser et s amuser sans chichis , les tournees se succedent , les discuts aussi avec plein d amis de sam venus d un peu partout...le galleriste venu du nord, harbin, et qui a fui le coin à cause de son homosexualite, refugie sexuel a shanghai en quelque sorte... l’americain exalté qui debarque de chengdu où il a passe trois ans, amoureux comme tout le monde semble t il du sechuan, l australo-taiwanaise super sympa, ambassadrice de la communaute des couchsurfers avec qui je parle beaucoup de shanghai et singapour, des visions differentes de la vie et de la societe dans ces deux villes...foin de parlottes, un autre bar nous attend, une sorte de bunker souterrain que l on atteint apres traverse un long tunnel...jungle music a fond ambiance dark, c est new york !...je retiens surtout les parfums de souterrains, l odeur de cave que je n ai pas sentie depuis des annnees...moins assepetisee que singa, shanghai reveille en moi de nombreux souvenirs enfuis...ah les odeurs !

Compare à Singapour c’est donné, sans chichi, anar dans l esprit et plutot rigolo !...ce n’est pas représentatif de la nuit à Shanghai, juste un apercu des lieux ou se retrouve une certaine communaute, ca tombe bien, c’est celle qui ne frime pas, celle qui me manque a singa..


Reveil brumeux et difficile comme on l imagine...on part en excursion, mais avec sam on stresse pas, on se pointe juste a la gare sans se pressser et on verra bien !!! On voit tres bien car dans l immense aerogare facon aeroport futuriste, un train nous attend justement ! On a pas de places assises donc on reste dans l entre wagon avec les fumeurs, et franchement je m attendais a pire...rien a voir avec l inde tout reste bien ordonne, pas de foule insupportable, juste un peu de monde pose la, debout ou assis sur des ballots...A la premiere gare ca se vide et une chinoise vient nous chercher, venez vite y a de la place ici !! vraiment sympa...

Voyager avec sam est un bonheur ! Son chinois est parfait et il y a toujours une occasion d engager la discut ; il m ouvre les portes d une autre chine, souriante et ravie d echanger avec l etranger, simple et chaleureuse. je souffre de ne pas comprendre mieux le chinois...je comprends les accents clairs et distincts, pas ceux des petites gens, meles d inflexions provinciales et empate par une dentition malheureuse. Je me sonsole, au moins on me comprend..... du balayeur a la paysanne en chemin pour rentrer a la maison jusqu au voisin de bus, on discutera avec tout le monde ! Rien est evident en chine et mieux vaut ne pas avoir peur de demander, mais je pense que meme sans parler un mot on y arrive, en montrant les plans, a force de grands gestes et d immenses sourires. Les gens semblent parfois un peu fermes, c est juste de la reserve, et si on demande de l aide on est sur de l avoir..et si comme sam on se demerde super bien en chinois, on arrive vite a faire eclater de rire tout un bus de citadins...


Hangzou donc c est la merveille de chine, un lac magnifique orne de batiment delicats, la grande destination, le reve des jeunes maries...je m attends a des troupes de touristes infernales mais c est juillet, la chaleur est atroce et c est un jour de semaine... et le lac est immense...donc pas si catastrophique que ca, on peut encore apprecier et meme s isoler dans des coins secrets...mais avant le lac, une heure d embouteillages a travers cette ville qui est aussi extremement moderme et prospere, hangzhou, 6 millions d habitants, c est la chine qui gagne..

Le lac est un enchantement, partout la foret et les entrelas du lac, les petits pavillions poses au bord de l eau.

Il fait chaud, tres chaud. Poses au bord du lac a fumer une cigarette avec le balayeur on se rend compte qu il fait si chaud que meme sans bouger un doigt nous suons comme des fous, a grosses gouttes..humidite ...90%

Un orage raffraichit l atmosphere et apres un diner bien epice nous rejoignons cette fois la gare centrale...embarquement au dernier moment...sans resa evidemment. C est le super train rapide equivalent du tgv climatise a mort et absolument non fumeur, bourre de touristes occidentaux...on trouve une place par miracle et le chinois d a cote nous propose de partager a trois les 2 sieges. Conversation enflammee sur la notion de liberte, ..euh en chinois, donc moi j ai droit qu a la traduction1 !!

Ce train est une experience assez violentes compare a celui du matin, plein de gens simples en route vers leur famille, leur boulot leurs amis. Un train legerement chaotique, libre et sympatique. La c est le tgv, froid, aseptise. on se regarde avec sam, on pense la meme chose !

Venez vite en chine, tres tres vite. bientot il n y aura plus que des tgv.10 ans je vous donne dix ans , sachant que chaque mois qui passe un pan entier de la chine s effondre, bientot on voyagera en chine de bout en bout en tgv, on vivra dans de grandes tours et on mangera des mac do et des pizzas hut partout. Et on ira admirer hangzhou en vitesse supersonique. 5 minutes d arret pour la photo.

Une anecdote pour finir, sam a shenzheng, le grand atelier de la chine, un cafe dans un starbuck, un orage, tout le monde se refugie par terre sous un auvant, sam au milieu des serveurs et des ouvriers du coin entame la discut, assis a meme le sol... Passe un jeune chinoise chargee de sac (faux) prada.
Il parle chinois avec tout le monde ; elle l interpelle en anglais :
why do you do that ?
because it s nice, people nice, we are talking about china... (_ la politique, les loyers, l inflation. les migrations., les conditions de vie etc..
and you ? what are you doing ?
shopping.
why ?
Grand blanc. Grand desarroi. La demoiselle s eloigne sans un mot.

Bonne nuit shanghai, demain derniere journee avant le bus pour la campagne !!!


Samedi 26 : dernier jour a shaghai

Sam m a convaincu de tenter de faire un tour en fin de parcours a Chengdu, dans le Sechuan, en 3 semaines c est pas gagne donc il faut que je me remette en route des demain !

...une derniere journee donc, juste le temps de faire un tour au fameux marche de Jipulu acheter deux trois tshirts pour la route, et aller visiter le shanghai arty de Mogushan Lu...

Le marche est assez affreux , dans une zone sale et pauvre, et vraiment pas accueillant. Toutes les horreurs sorties des entrailles des usines de shenzhen se retrouvent ici, la foule est dense sur les 4 etages de vieux shopping center et rien ne donne envie de trainer.

J’ai quand meme droit au passage a mes vraies toilettes chinoises : une grande salle avec des murets de 50cm de hauteur et 15000 chinoises qui se regardent entrain de faire leurs besoins et se precipitent des qu une se libere...J avoue que je passe mon tour en me disant que ca peut bien attendre !!!

Moshugan lu est d une autre trempe... en gros encore une friche industrielle recuperee d abord par des artistes, puis les galleries ont suivi et les artistes pour la plupart sont repartis...Excellente surprise neanmoins, la premiere gallerie que je visite presente des tableaux très proches des miens dans l esprit et la technique. Intriguee je me renseigne sur l’artiste...qui debarque tout souriant ! La cinquantaine, cheveux longs et barbichette, il est taiwanais et ne parle que le chinois avec un accent terrible ! Heureusemnet j ai rendez vous avec amelia, une autre couchsurfeuse, passionnée d’art et qui s est propose de faire le guide. Elle est impeccable en interprete et c est tres frustrant de voir qu elle je la comprends super bien, mais que lui, c est impossible !!! On parle un peu boutique et technique, les possibilites d exposer sur paris, l art a taiwan et a shanghai...il nous fait visiter son magnifique atelier au dessus de la galerie. Wouah ! C est ca je crois le reve d un artiste !!! une grande gallerie et juste au dessus un grand atelier !!!
Il vient chaque mois a shaghai gerer sa galerie, et vit a taiwan le reste du temps. C est frappant de voir combien notre travail converge et comme ce n est pas le premier peintre taiwannais qui me tape dans l oeil ca commence a me donner des idees !!! Mogushan Lu ressemble beaucoup a danshanzi a Beijing, le meme feeling industriel, les memes grandes galleries, en beucoup moins grand et moins joli, le cote campagne en moins...Je vois pas mal de choses interressantes, bien loin des cliches sur l art chinois forcement pop-art. Shanghai a une reputation plus commerciale que pekin, mais franchement ca saute pas aux yeux. Amelia m explique aussi qu a shanghai artistes etrangers et chinois se melangent moins, ce sont deux scenes differentes... Je suis desolee d avoir si peu de temps pour amelia car on s entend tout de suite super bien. Chinoise d Indonesie elle a quitte le pays en 97 lors des emeutes, a finit ses etudes a kuala lumpur, puis vecu a singapour et beijing et desormais vit a shaghai. C est quelqu un de simple, ouvert et genereux qui vit l art avec son coeur, sans aucun pedantisme.
Elle me fait decouvrir un petit ilot au milieu d un terrain vague. C etait une galerie, tout a ferme, ca va etre detruit, mais reste cette image surrealiste de cette grande demeure bourgeoise perdue au milieu des gravats et des herbes folles...


Ce dernier jour a shaghai je retrouve les petits ilots de vieilles maison que j aime tant, et partout ces terrains vagues envahis de buldozers, cernant la ville de toute part...et ces grands immeubles modernes et effrayant, gris et menacants, partout, a perte de vue...Perdue au milieu de ces rues sans ames ou au coeur de la station centrale du metro, ren min square, en transit d une ligne a l autre, dans la foule catastrophique qui se presse, je trouve parfois shanghai desesperante, c est comme une vis qui me sert le coeur.

On ne peut pas ne pas se demander comment on en est arrive la, on ne peut pas ne pas penser a la planete devoree a coup de buldozers et rever d une vie plus douce, rever d un village, ou les autres ne sont pas des corps, des obstacles, mais des gens, amis ou ennemis peu importe, mais des visages, des etres humains, des vies, des histoires. Immeubles monstrueux et foule infinie, c est un des visages de shanghai qu on ne peut pas ignorer, oublier.

Pourtant la vie peut y etre douce...dans les allees cachees des vieux quartiers oublies ou juste en sursis, ou dans les enclaves de la french concession. Taikang Lu est une enclave 100% bobo pour le coup, ce que je craignais de trouver partout dans la french concession....en fait ce sont juste quelques rues emplies de bars, galeries, bijouteries et boutiques designs...et apres tout, meme si tout est faux c est sympa, sympa de se dire qu on peut echapper quelques heures a l oppression de shanghai, meme si c est pour s offrir un faux chic arty europpeen.

Mais c est sam qui a le dernier mot...apres un excellent diner sechuanais nous partons boire des bieres dans une petite contre-alllee a deux minutes de chez lui. Les bieres tournent, les enfants jouent les brochettes grillent au coin du feu ; une vraie vie de village a 500m des mega shopping centers....Dans la rue d a cote ils n ont plus droit de sortir des tables sur le trottoir, parait que ca fait pas civilise, pas joli pour les jeux olympiques....

Je sais que je visite shanghai a un moment difficile, le gouvernement parano interdit tout, met tout le monde au cordeau d ou le cote un peu froid. Sans sam je crois que j aurais deteste shanghai ; il m a amene dans ses endroits secrets et fait decouvrir que l on pouvait encore avoir une vie sympa a shanghai.

Je quitte meme la ville en me disant que c est trop tot, que j aurais pu y passer plus de temps...un peu plus...

Alors hong kong, shaghai, pekin ?...ou bien taiwan l outsider ? impossible de faire des choix, chaque ville me semble paree d attraits differents...taiwan evidemment n etant encore qu un fantasme dont j apprends a me mefier !!...dans tous les cas j espere pouvoir renouveller mon permis de sejour car la visite se hong kong et shanghai m a quand meme pas mal refroidi sur les megalopoles asiatiques....certes la vie y est peut etre plus excitante qu a singapour mais non, ce n est pas new york, paris ou londres, beaucoup de monde, beaucoup de stess, beaucoup de pollution, et finalement tres peu de culture. A singapour au moins la vie est douce et si on se sent parfois oppresse c est juste que l ile est petite et que ca rend un peu claustrophobique...mais il suffit de partir se mettre au vert pour retrouver avec plaisir le calme quasi provincial de la ville-jardin.

Me voila finalement heureuse donc de partir retrouver la campagne et le calme, mais je quitte shanghai un petit pincement au coeur quand meme : ville dure parfois a la limite du supportable..mais avec ses ilots de bonheur si on sait la gerer, si on apprend a la connaitre.
Et 5 etoiles a sam, et au couchsurfing !!!! :)

PS : un mot pour finir sur la mode masculine a shanghai...la couleur phare de la saison, le orange, limite fluo...j ai tellement vu de tshirt orange que je croyais que c etait un uniforme officiel !!!
Autre costume tendance, le pyjama, porte en toute occasion, de preference par les hommes murs, occasionellement par les jeunes, une facon delicate de signaler qu on a pas besoin de s habiller pour travailler !!! a importer d urgence a paris messieurs !!!
Au rayon mode enfantine, les petits chinois portent des shorst completement ouvert a l entrejambe, et pas de couches a moins que les circonstances les y obligent, comme un voyage en train et encore ce sont de simples demi-couches retenues par des elastiques....les pantalons ouverts leur permettent de s accroupir des qu ils ont un besoin pressant, ou aux parents de les porter jusqu aux toilettes...mais meme en train personne ne s offense si un petit s accroupit pour faire ses besoins au milieu du couloir !


Dimanche 27, en route pour la campagne...

8 heures de bus cette fois...et ca commence par des banlieues qui n en finissent pas !!! des immeubles au km par groupes de 10, 20 tous identiques, dans une plaine morne et plate. Puis un peu de campagne pas bien jolie....je me reveille en revanche au milieu des montagnes tandis que nous filons sur une autoroute flambant neuve. Rizieres dans la plaine, the plante sur les flancs des collines, le moindre espace semble utilise pour tenter de faire pousser quelquechose. Le Jiangxi semble etre une province riche, les villes sans etre jolies respirent la prosperite et le paysage luxuriant est arrose de nombreuses rivieres....et les comptes en banques, on dirait, sont regulierement nourris par les migrants partis travailler dans les provinces voisines.

Quand on quitte l autoroute ca devient carrement idyllique, la campagne, la vraie, sur fond de montagnes, pas un gramme de pollution et plein de panneaux solaires sur les toits, voila qui faitb plaisir a voir !

A Wuyuan, la petite ville ou tout le monde est bien content d arriver apres 8 h de bus dans les pattes, n a rien d esthetique, deux routes qui se croisent, point barre, et le bourg tout autour..

Mais je suis contente d arriver, le bus c est beaucoup moins sympa que le train !!! on roule non stop pendant des heures, sans arret pipi, ert quand enfin on s arrete la patronne du bus, qui gere le conducteur et les voyageurs hurle un truc du genre : pause dejeuner, 10 minutes d arret, et que ca saute !!! Tout le monde se precipite aux toilettes puis faire la queue pour acheter un ticket qui permet de recuperer un plateau repas rempli a la demande comme chez flunch, de riz, viande et legume. une deux une deux, on avale tout (pas mauvais) et on repart !...rien a voir avec l ambiance bon enfant des etapes des bus indiens ou dix echoppes se dispuutent les plaisr de vous servir un chai trop sucre, une galette et un peu de dhal...ici tout est affaire d etat, il y a un restau, une boutique tenue par des employees en unniforme...et c est tout....l ambiance est pas forcement top avec les etrangers non plus, on vous ignore et vous laisse vous demerder.

Retour au capitalisme delicieux a l arrivee...il est temps de negocier le taxi moto qui m amenera au village ou je veux paser la nuit...evidemment le petrole est devenu tres cher...ha ha ha..evidemment je me fais gentillement avoir, mais mon taxi est sympa et quand il parle chinois je le comprends !!! et il m amene a une guest house sympa au milieu du village, alors je le garderai demain, apres moults negociations en chinois, pour le tour des 4-5 villages anciens de la region que je veux visiter.

Il faut dire que ma premiere etape donne vraiment envie de poursuivre, oui c est sur, faut payer un ticket d entree et passer un tourniquet pour entrer (glups !!!)...mais passe le barrage touristique, on est vraiment peinard...Faut dire que j arrive a 17h alors que les groupes chnois avec petits drapeaux et megaphones plient bagages, parait que en journee, c est pas exactement la meme histoire..

Je verrai ca demain, pour l heure c est le bonheur...un magnifique vieux village le long d une riviere, un village qui vient a peine de se convertir au tourisme et ou les gens donc sont encore super sympas et n ont pas cesse de vivre...Bref on vacque aux travaux des champs, on lave le linge et soi meme dans la riviere, des dizaines de poupons chinois sont baignes dans des bassines, et partout les ni hao sont accueillis au moins d un sourire si ce n est d une invitation a s assoir..et tenter de bavarder !...tenter car l accent est catastrophique, je comprends un mot sur 10 et m efforcde de suivre a peu pres la discussion s en m enfoncer de trop...je passe un bon moment avec l artiste du village qui grave des pots en bambous, m expliquant avec force gestes tout le processus de creation de ces pots, deux bonnes heures par piece. Il ne gagnera que 2 euros et quelques par pot, mais il semble aimer son boulot, avant il le faisait pour son plaisir, maintenant c est devenu son metier, il lisse, ponce, tourne sur le feu et grave ses bambous a longueur de journee de jolis paysages de la region.

Si ce n est les difficultes de langage, la communication est super facile, les gens sont adorables y compris dans la maison ou je dors, ils sont vraiment aux petits soins...le tourisme c est nouveau ici et on a pas encore appris a etre desagreable. Le plus etrange ce sont les quelques femmes qui me poussent leur gamin dans les pattes et me demandent de leur apprendre a dire ...euh, on se sent un peu mal quand meme...

Evidemment dans tres peu de temps le village sera riche mais pourri par l argent, les sourires d antan delaves par les billets.

En attendant c est magique, et je ne regrette pas tout ce bout de chemin un peu aleatoire pour arriver jusqu ici... En revanche je ne comprends pas tout : comment un si petit vilage peu avoir de si grandes et belles maisons, des temples des pavillons ? et quel est vraiment le quotidien au dela de ce qu on peut voir ?

C’est déjà bien de parler un peu, sans ca je n aurai surement pas ose partir toute seule comme ça a l aventure a la campagne, et je ne pourrais avoir aucun contact, mais quand meme c est desesperant de comprendre si peu quand ils parlent... Enfin, au moins on parle ; je ne fais pas que passer avec mon appareil photo et mes billets...


Lundi 28

Déjà deux semaines de voyage et je n ai rien vu passe !..reveil a six heures comme d habitude avec le soleil, mais aujourd hui au chant des oiseaux... Mon guide m attend avec sa moto a 8h pour aller faire la tournee des jolis villages du coin.

En fait j’ai tres vite une overdose de tourniquets a l entree et de tickets payants, 2 ou 3 euros a chaque fois ! Le premier village est surtout connu pour son joli pont vieux de 800 ans...charmant jusqu a ce que debarque deux trois groupes de touristes chinois, le guide un petit drapeau en main et surtout un enorme megaphone pour hurler les explications, le tout dans un grand bazar de a faire rougir les japonais ! Evidemment comme toujours il suffit de s eloigner de 50m pour retrouver le calme, en l occurrence un petit coin de riviere ou les femmes font la lessive et deux villageois baignent litteralement une armoire en la plongeant dans la riviere avant de la recurrer a l eponge...les chinois sont extremement propre en fait, contrairement aux idees recues, au moins pour ce qui est de l espace prive, comme en inde. L espace public c est une autre histoire, on jette tout et n importe quoi par terrer et c est vrai ils crachent partout dans les rues, les bus, les trains, partout...pourtant tout semble extremement propre car une armee de balayeurs est payee par le gouvernement a nettoyer non-stop, c est le cote commusnite... Cote toilettes l hygiene est...euh...collective...j ai encore droit a ces toilettes communautaires...six trous et pas un muret...chacun son trou et puis voila, je m y fait doucement vu qu il n y a pas le choix. plus je m enfonce dans la chine profonde plus l idee meme de toilettes individuelles devient une jolie chimere...

Sinon dans les villages il y a des teles et des paraboles partout mais visiblement pas de machine a laver le linge ou tres peu...Mon guide m explique en rigolant que s il a le choix il prefere la tele a la machine a laver...normal c est pas lui qui lave le linge a la riviere, c est sa femme, sa mere, sa soeur !!! sympa en hiver dans 30cm de neige !!! La route jusqu au village suivant est un enchantement, au moins une vingtaine de km a moto et en grimpette au milieu de vallees incroyables bordees de riizieres et de pics impressionnants, quelquepart entre l asie du sud est, l ardeche et la savoie. Le village est tout aussi magique et il n y a qu un groupe de chinois que nous laissons filer pour etre tranquille. Le village est assez loin donc peu de groupes font le deplacement pourtant le lieu est a couper le souffle, dans un grand cirque de montagnes sauvages. La aussi il faut payer l entree, mais pour une fois, ça vaut le coup...
Après un bon repas de petits poissons des rivieres la route reprend sous un soleil implaccable... je rentrerai toute rouge à la maison !!!

Je discute bien avec le guide qui me parle de sa vie, de ses deux filles, de ses boulots de ci de la qu il prend chaque annee a shenzhen ou canton ou ailleurs, pour ramener un peu d argent a la maison, le prix de sa moto (600 euros, trois mois de salaire...)...etc. Il est tres etonne d apprendre que je gagne moi meme tres peu d argent...on m a fait payer hier 5 yuans un paquet qui en valait 2, (ceux sont les cigarettes de paysans et tout le monde rigole quand je le sors)...quelque chose change en lui, comme s il conmprennait que tous les touristes ne sont pas blindes de dollars...Alors au village suivant alors qu on me demande un prix exhorbitant ( plus de 5 euros), il explose et me dit pas question, y en a assez, on se barre !!! c est meme pas bien ce village ! On reprend la route et on trouve un petit village super sympa (et sans peage !!!) pour se poser au bord de la riviere sous un arbre enorme et centenaire, avec quelques villageois.

Qu’est-ce qu’on est bien ! pas de megaphone, pas de tickets, pas de maison du vieux lu machin a visiter...juste la fraicheur de l ombre et le chant de la riviere. L argent en fait evidemment ne va pas aux villageois mais dans les poches de quelques cadres de la province planques dans la capitale. Bien sur les touristes ramenant des sous aux commercants, aux chauffeurs, aux guides, et le coin jouit d une evidente prosperite ; en s elognant de ce coin touristique les paraboles disparraissent , les jolies maisons neuvent aussi....Mais la plupart des gens ont surtout l impression que leur village devient un zoo sans qu ils en profitent vraiment...tout le monde s echauffe autour de l arbre, le sujet est sensible...tout comme l histoire du paquet de cigarette a 5 yuans, je sens qu ils se sentent blesses, insultes que des compratriotes puissent donner cette image de leur region. Ce soir au village , un vieux me racontera que pour une seule personne, ma chambre double aurait du couter deux fois moins chere. Lui aussi me regarde gravement et retombe pensif dans un grand silence. C est ainsi que petit a petit le voyage coute de plus en plus cher...c est pas l inde ici et avec l inflation touristique les yuans filent bien plus vite qu on le croirait. Ca reste raisonnable, mais pour un budget de backpacker ce n est pas donne non plus. En tout cas on ne me reverra plus dans un village a peage, je vais apprendre a demander ou sont les villages sans peages...apparemment ca fera plaisir a tout le monde, et surtout au guide !

Quant a mon petit village de xiao likeng, meme s il n est pas du tout isole comme le grand likeng isole dans ses montagnes, il est toujours aussi charmant ,et je suis heureuse de retrouver ma jolie guesthouse de pierre et de bois apres cette tres longue traversee de la region a moto...c etait absolument splendide et je regrette de ne pas avoir le temps de trainer un peu plus dans les villages moins touristiques justement. Mais xiao likeng est deja formidable a la tombee du jour, quand partent les touristes et ne restent que les rares etrangers qui y dorment...lessive, jeux, travaux des champs, et petites discutes au bord de la riviere, c est un festin pour les yeux et les oreilles....la soupe de nouilles aux aubergines et champignons est un delice qui ne coute rien (50ct) et les enfantts tout excites se battent presque pour venir discuter avec vous dans une ambiance survoltee de debut de soiree...ca sent l ete et les vacances et ca me rappelle plein de souvenirs de vacances dans des vilages !

Puis les teles s allument et les rues se vident, restent les vieux qui en ont trop vu pour s en laisser compter par la tele, les vieux et les chats, poses sur les pas de porte, regards dans le vague.

Repos bien merite, demain ca se corse...trouver le moyen de rejoindre Guilin et ses fameuses montagnes en pains de sucre...pas reservation ni meme d horaire de train ou de bus, c’est l’aventure !

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