I) Avant de partir
- Quel type de voyage pour quel pays
- Trouver la clef pour votre voyage
- Le guide de voyage
- Choisir sa destination, le bon moment et l’itinéraire
- Equipement
II) Comment ça se passe sur place
- Contact avec les locaux et les autres voyageurs
- Marchandage
- Budget
- Confort
- Hébergement
- Nourriture
- Transport
- Argent
- Communications
III) Les Ennuis et comment les prévenir
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INTRO
Ce que je raconte ici vise à répondre aux questions que je me posais avant de partir pour mon premier voyage loin. Ce sont des problèmes simples auxquels tous les voyageurs savent très vite répondre, mais qui peuvent se révéler angoissants quand on se lance pour la première fois, qu’on n’a personne pour vous renseigner et que votre maman vous raconte que la fille du cousin d’un ami lointain a chopé une sâle maladie en Inde alors qu’elle faisait gaffe, etc. En effet, pour autant que j’ai pu le constater, le voyage indépendant dans des pays non occidentaux fait peur, et il y a beaucoup de rumeurs la plupart du temps injustifiées qui circulent. Ces rumeurs ont souvent l’avantage de garder les touristes de masse concentrés dans quelques clubs Meds ou hotels soigneusement délimités que vous pourrez facilement éviter, en gardant pour vous des paradis déserts et préservés. Pourquoi pas. J’essaierai dans cette page de rassurer ce qui ont cependant décidé de faire le grand pas, ou qui voudraient peut-être tenter.
Si vous êtes déjà parti, par contre, vous n’apprendrez pas grand chose de nouveau ici, à part peut-être quelques astuces personnelles. Si vous lisez tout cependant, vos réactions, suggestions d’améliorations ou autres sont bienvenues.
Que dire encore ? Je pensais écrire tout ça il y a longtemps, mais ce qui m’a motivé définitivement c’est un mail que j’ai reçu hier soir d’un couple de canadiens qui demandait des conseils pour partir un an en Amérique Latine. Donc n’hésitez pas vous aussi à m’écrire pour n’importe quelle question, j’essaierai de répondre à tout.
Avertissement important
J’expose ici les conclusions de mon expérience personnelle, et de ce que j’ai pu observer chez certains voyageurs. Cette expérience est fondamentalement heureuse, comme elle l’a été pour TOUS ceux que j’ai pu connaître, en voyage ou ici en France, d’où mon optimisme. Bien sûr, si vous avez eu la malchance de choper une sâle maladie rare et incurable ou si votre copine a été assassinée sauvagement devant vous par une petite fille à l’air innocent, vous ne serez probablement pas d’accord avec moi (vous pouvez me l’écrire, je le signalerai ici).
D’autre part, puisque je ne suis pas responsable de ce qui pourrait éventuellement vous arriver, contrairement à un médecin ou aux services diplomatiques, je peux me permettre de vous dire les choses telles que je les vois, sans chercher le risque zéro à tout prix. Au contraire, un guide de voyage, l’ambassade ou un médecin seront toujours beaucoup plus alarmistes et vous recommanderont beaucoup plus de précautions. Ceci est normal, chacun son boulot, ces gens-là ne savent pas qui ils ont en face, et il y a parfois des inconscients. Il reste toujours des petits risques, qu’il faut apprendre à gérer en voyageant par un comportement responsable. A partir de là, tout se passera pour le mieux.
Voilà voilà, j’ai fini la parenthèse alarmiste, j’espère que je ne vous ai pas fait peur. De toute façon dans la suite je serai très rassurant, et je crois avoir raison de l’être.
I) Avant de partir
1) Quel type de voyage pour quel pays
A moins de voyager en voyage organisé ou en catégorie grand luxe (qui sont les deux manières de passer à côté de l’essentiel), il faut adapter sa manière de voyager au type de pays où l’on voyage. Par exemple, le camping marche très bien dans tous les pays méditerranéen, dans les pays occidentaux les auberges de jeunesse sont une solution d’hébergement convivial et relativement abordable. Ici on peut aussi essayer de trouver des amis qui peuvent nous héberger. Les déplacements par contre reviennent cher dans ces zones, donc on ne peut pas penser de bouger tout le temps. De même les restos sont chers, donc il faut envisager de préparer soi-même à manger. Et enfin, le coût de la vie étant globalement élevé, les voyages seront plutôt de courte durée (deux mois grand maximum). Dans ces pays occidentaux cependant, nous trouvons une culture à laquelle nous sommes habitués (on trouve facilement des pubs, des boîtes de nuit, des étudiants, des petits jobs), et il y a peu de précautions à prendre (sanitaires et de sécurité). J’ai mes idées perso sur tout ça, mais bon, là chacun a les siennes, et je ne pense pas que ce soit nécessaire de s’étendre là-dessus. Dans ce qui suit je parlerai donc des pays non-occidentaux, où le voyage prend toute une autre forme.
En fait, je vais m’appuyer uniquement sur ce que je connais, un peu d’Amérique Latine et d’Asie (Inde et Thaïlande), il est probable qu’en Chine, en Sibérie et en Afrique les conditions peuvent varier. Il devrait cependant y avoir d’importantes similitudes au niveau de généralité auquel je me place ici. Première caractéristique de ces pays : ils sont moins riches, donc le coût de la vie est beaucoup plus bas. Ceci implique que vous pourrez voyager plus longtemps, vous déplacer plus, trouver un hotel abordable sans devoir à tout prix chercher la seule auberge de jeunesse de la région. Bref, un relâchement de la contrainte de budget vous laisse énormément de liberté supplémentaire. D’autre part, il y a le fait que les gens de votre culture d’origine et de même niveau économique sont plus rares, essentiellement d’autres voyageurs qui forment une petite communauté que vous pourrez chercher ou fuir, et dans tous les cas vous serez confronté à des gens vraiment différents et des opportunités vraiment différentes de celles que vous aviez dans les pays occidentaux. A partir de là, vous avez plein de manières de voyager, et chacun doit trouver la sienne. Je donnerai dans la suite quelques conseils généraux, s’adressant aux voyageurs indépendants, essentiellement à petit budget (ou moyen).
2) Trouver la clef pour votre voyage
Si vous partez deux semaines en Thaïlande ou deux mois au Perou, vous pouvez vous contenter de suivre les itinéraires que suivent la plupart des touristes. En général, pour les pays très visités, il y a des itinéraires standards, vous vous rendez dans tous les endroits conseillés, et vous ne serez probablement pas déçu. Cependant si le pays présente trop de choses intéressantes pour que vous puissiez tout voir dans un temps limité (cas de l’Inde) ou si le pays présente peu d’attractions touristiques classiques, comme c’est le cas pour le Honduras, où aucun guide de voyage n’envisage la possibilité que vous ayez l’envie d’y passer plus d’une semaine (alors que c’est un pays exceptionnel), alors une question se pose : que voulez-vous faire de votre voyage ? Qu’est-ce que vous êtes venus chercher, qu’est-ce qui vous intéresse en particulier ? Comment allez-vous vous y prendre ? Tout cela c’est ce que j’appelle trouver une clef pour votre voyage, et je crois que c’est très important d’en avoir une au moins, faute de quoi votre voyage risque de se limiter à la visite d’églises et de musées des villes où tout le monde va, quelques pièges à touristes, etc. C’est peut-être suffisant si vous partez dix jours pour oublier votre ennuis de boulot, mais très vite vous vous ennuierez, ce qui est dommage. N’oubliez pas que si vous savez ce que vous cherchez, vous le trouverez plus facilement.
C’est ainsi que je vous propose ci-dessous des exemples de clefs, qui pourraient vous donner des idées à vous de chercher les vôtres :
découvrir un pays, c’est le plus simple et le plus général, ça suffit si vous ne partez pas trop longtemps
architecture, archéologie ou histoire : vous pouvez par exemple visiter les palais du Rajahstan en Inde, les villes coloniales d’Amérique Centrale et les ruines Inca en Bolivie. C’est la piste la plus balisée par les guides de voyage, donc la plus empruntée par les touristes, alors qu’en fait peu de gens sont vraiment sensible à ça. Tant pis pour eux.
nature et sport : escalader tous les 6000m équatoriens, visiter les parcs naturels au Costarica, faire du surf au Brésil, un trek au Népal
détente, plage et plongée : bronzer sur une plage touristique (genre Copacabana ou la Côte d’Azur), avec des boîtes de nuit et possibilité de faire du shopping, ou alors passer quinze jours sur une plage déserte dans une petite communauté noire sur la côte caraïbe du Nicaragua
faire de la route : vous rêvez de descendre l’Amazone ou le Mékong en hamac sur un bateau, ou alors faire la route depuis les Etats-Unis jusqu’à Ushuaïa.
le trip spirituel : comprendre ce que c’est l’hindouisme et visiter ashrams et villes sacrées, décrouvrir le bouddhisme avec des retraites et des enseignements, rencontrer des chamanes et comprendre leurs pratiques
apprendre : suivre un cours d’espagnol au Guatemala, de massage en Thaïlande, d’artisanat en Amérique Latine
l’humanitaire : c’est une manière extraordinaire d’aller vers les gens, essayer de les comprendre, de les aider, et en même temps vous découvrez vraiment un pays. Exemple : travailler pour Mère Thérésa à Calcutta, enseigner l’anglais à des moines tibétains, jouer avec les enfants de rue en Amérique Latine. C’est une clef de voyage que je recommande vivement pour les longs voyages (à partir de deux mois).
3) Le guide de voyage
Un guide de voyage est indispensable pour commencer, ensuite vous vous en servirez de moins en moins parce que vous aurez appris à suivre les conseils des gens et sortir des sentiers battus. A la fin, votre guide ne vous servira plus guère que pour avoir le plan des villes (pour savoir dans quelle zone vous diriger en arrivant et chercher un hotel), et les indications sur les transports (fréquence des bus, etc). S’il est possible de se passer complètement de guide, c’est quand même assez sportif et ça n’a pas trop d’avantages. On peut acheter souvent sur place un vieux guide pour pas grand chose.
Le choix du guide est une chose capitale au début, j’ai vu deux autrichiennes complètement perdues en débarquant au Brésil parce qu’elles avaient acheté un beau guide avec plein d’image et d’infos culturelles, mais qui était incapable de leur indiquer un hotel correct (à un prix correct). Ces deux filles se sont faites arnaquer par des tas de gens qui ont profité de leur inexpérience. Donc n’achetez surtout pas un guide comme ça.
Si vous commencez, je suis catégorique : achetez Lonely Planet. Ce n’est pas original, mais ce sont les guides les plus utilisés, donc ceux les plus mis à jour. Ils sont très conviviaux, agréables à lire ou manipuler avec des textes très bien faits sur l’histoire du pays ou des trucs amusants (on le feuillette volontiers quand on a un temps mort) quelques photos que vous pourrez montrer au locaux qui sont curieux de voir votre bible, mais ne peuvent comprendre que les photos. Ils seront contents de reconnaître tel ou tel élément de leur pays, et ça peut donner un point de départ pour la conversation.
La présentation claire de ce guide fait qu’il est très facile de repérer tel endroit où vous devez aller. Il faut cependant un peu d’habitude pour savoir lire entre les lignes : si Lonely Planet dit c’est un joli petit village, mais à part regarder les cocotiers il n’y a rien à faire ni à visiter, allez-y, c’est probablement un petit paradis. En même temps, en recommandant très fort un endroit, le guide est en train de vous dire attention, c’est un endroit à touristes, la ville est peut-être sympa mais vous verrez plein de touristes et vous n’aurez aucun contact avec les locaux (à part les marchands de souvenirs). Lire le Lonely Planet, ça s’apprend.
Les hotels conseillés par le guide sont en général propres, confortables, fiables (le patron n’a pas intérêt à perdre la confiance du guide) et à des prix parmi les plus bas. A moins d’avoir beaucoup d’expérience (ou un guide Footprint), vous ne trouverez pas moins cher. Dans ces hotels vous ne manquerez pas de rencontrer d’autres voyageurs qui en général iront ou ont été aux mêmes endroits que vous, sont arrivés dans la ville avant vous et pourront vous conseiller. Ces gens-là sont en général plutôt des gens ouverts, parfois très intéressants, et si vous commencez à voyager ils seront pour vous une mine d’informations et de bons conseils.
Voilà, je viens de passer en revue les bonnes raisons qui font que pour commencer le Lonely Planet me paraît le choix optimum. Le seul vrai défaut du Lonely Planet, par contre, c’est que tous les voyageurs l’utilisent, et c’est voyageurs sympas vous paraîtront avec le temps moins intéressants : ils vous ressemblent, visitent les même choses que vous, ils ont envie de rester entre voyageurs, plutôt coupés de la réalité du pays. Le jour où vous voyez cela (il faut du temps, auparavant les autres voyageurs sont une aide précieuse), vous aurez peut-être envie de partir vraiment à la rencontre des gens du pays, qui eux ne vous ressemblent pas et peuvent vous apporter beaucoup plus. Après tout, ils sont la raison ultime de votre voyage. Vous commencerez alors à éviter les hotels Lonely Planet et vous n’utiliserez votre guide que pour les transports, etc. Vous pouvez alors changer de guide si vous le souhaitez (mais LP reste un très bon choix).
Il reste à parler des autres guides. J’ai utilisé le Handbook (Footprint) en Amérique du Sud. Ce guide est vraiment désagréable à lire, on ne le fait que sous la contrainte et même là il ne faut pas compter sur lui pour vous donner l’envie de visiter un endroit. Par contre, l’avantage c’est qu’il est beaucoup beaucoup beaucoup plus complet que Lonely Planet (le Handbook de toute l’Amérique Latine est plus complet que chaque Lonely Planet traitant un seul pays), ce qui est très pratique si vous ne suivez pas le même itinéraire que tous les touristes (ce qui est rare cependant, si votre temps est limité). Par ailleurs, vous trouverez ici des hotels souvent moins touristiques et moins chers que dans Lonely Planet.
Il y a aussi d’autres guides. Le Routard en général n’est pas très bon, moins clair et moins complet que LP. J’ai vu une fois un type qui voyageait au Brésil avec Le Petit Fûté, et ça avait l’air pas mal, agréable. Mais si vous débutez, avec un tel guide vous rencontrerez peu de voyageurs, qui au début sont une bonne compagnie.
4) Choisir sa destination, le bon moment et l’itinéraire
En fait, si vous n’êtes pas trop pressé par le temps et vous avez un mois au moins, ce qui est très souhaitable, il n’est pas nécessaire de définir en détail votre itinéraire. Certains s’y intéressent en avance parce qu’ils aiment bien commencer à se documenter, à rêver, etc. En ce qui me concerne, j’ouvre en général mon guide de voyage dans l’avion pour la première fois. De toute façon, la seule chose importante c’est de savoir ce qu’on va faire les deux-trois premiers jours. Ensuite vous aurez le temps pour vous renseigner sur place, demander des conseils à d’autres voyageurs. Donc en général il n’y a pas d’inquiétudes à avoir si vos projets ne sont pas fixés à l’avance. Même s’ils le sont, vous changerez encore très souvent.
Enfin, je voudrais souligner qu’en général, il y a toujours un ou deux (et pas cinquante) itinéraires classiques pour découvrir un pays, par exemple le tour du sud de l’Inde, la "route de la banana pancake" de Manali à Goa, la "Gringo Trail" en Amérique du Sud, les plages à surfeurs au Brésil, donc vous vous rendrez compte que tout naturellement cet itinéraire se présentera à vous, et vous aurez juste à rajouter ou sauter quelques étapes en le suivant. Morale, ne vous inquiétez pas pour tout ça, l’itinéraire est un faux problème.
Par contre, le choix de la destination mérite un minimum d’attention : soit vous êtes inconditionnel d’un pays et vous avez des contraintes de temps très strictes, donc vous allez à ce moment quoi qu’il arrive. Sinon, c’est très important de donner un coup d’oeil indicatif aux saisons. Il y a dans tous les pays des saisons froides (souvent pas très froides, en fait les plus agréables) et des saisons chaudes, qui coïncident avec la saison des pluies. Bien sûr, même avec des conditions défavorables la découverte d’un pays peut se révéler extraordinaire, et dans bien des endroits la saison des pluies correspond juste à quelques grosses averses de 20 minutes, mais si vous avez le choix (parce que par exemple vous planifiez un long voyage), ça vaut le coup de tenir compte de tout ça. A titre d’exemple, l’Hymalaya et les Andes sont plus agréable au printemps qu’au moment le plus froid (août pour les andes), la Thaïlande ou le Vietnam sont mieux en hiver alors que Indonésie ou Philippines sont mieux l’été…
Enfin, je souligne ici que les période de vacance occidentales (Noël et l’été) sont considérées haute saison dans le monde entier, ce qui fait que vous rencontrerez beaucoup beaucoup plus de touristes, et en plus les prix sont multipliés par deux ou trois. Donc si vous pouvez partir à un autre moment c’est mieux. Ou alors ça vaut le coup de visiter à ces moments là les coins les moins balisés par les touristes.
5) Equipement
A part des voyages statiques (genre séjour à la plage) ou projets demandant beaucoup de matériel (par exemple si vous emportez votre parapente, votre planche de surf ou votre matériel de haute montagne), il est capital selon moi que vous puissiez porter sur vous tous vos bagages en même temps (sans avoir recours à des charriots, des porteurs ou que sais-je) et marcher avec pendant au moins une heure (voire faire une petite visite) sans que ça vous paraisse un enfer. Sans cela, vous serez l’esclave de vos bagages, vous ferez des choix en fonctions d’eux, devrez renoncer à des trucs, serez obbliger de prendre tout le temps des taxis. Donc, prenez uniquement ce que vous pouvez porter, c’est le commandement fondamental.
A partir de là, tout devient simple. Il vous faut un sac à dos grand pour mettre toutes vos affaires, avec éventuellement de la place en rab pour les souvenirs de fin de voyage. Et un petit sac pour vos affaires de tous les jours (eau, livre, appareil photo, etc). En ce qui concerne le remplissage, aller au minimum (c’est impressionnant de voir ce qui nous paraissait indispensable, et qu’on a finalement porté sur le dos sans jamais y toucher pendant deux mois), en évitant les choses auxquelles vous tenez beaucoup (laissez TOUS vos bijoux, ils ne servent qu’à attirer les voleurs), et les gadjets que l’on essaie de vous vendre ici (sac imperméable, service de tasses pliantes, et surtout les t-shirts et chaussures technologiques, soit-disant contre la transpiration ou qui sèchent très vite), car en général ils ne servent à rien, coûtent cher et vous encombreront. Si vous allez dans un pays froid (par exemple dans les Andes), par contre, ça va vous alourdir. Sur place vous trouverez des trucs chauds et typiques, qui ont cependant l’inconvénient d’être plus lourds que nos matériaux technologiques. A vous de voir. Penser au multicouche (t-shirt + chemise + pull fin en laine + gros pull polaire ça protège bien).
Comme vêtements, soyez minimalistes. Dans un pays chaud, je pars avec 3 t-shirts courts et une chemise manches longues, 3 paires de chaussettes, 3 slips, un pantalon solide et un ou deux légers. Un maillot de bain. Un bon pull (polaire) et un k-way. Une paire de chaussures montantes pas trop lourdes pour marcher, et une paire de sandales en plastique plus légères. C’est tout. Prenez plutôt des vieux trucs abimés, et plutôt pas assez de choses que trop. Sur place vous pourrez compléter votre garderobe avec des trucs locaux jolis et bon marché.
Prévoir ensuite : couteau suisse, lunettes de soleil, un petit paquet de lessive pour laver à la main, un bouchon d’évier universel (très utile) et éventuellement un fil à linge. Une trousse de pharmacie et le nécessaire de toilette. Une serviette de bain (on en trouve dans les magasins de camping des très fines, super absorbantes et qui sèchent vite, ça c’est bien). Une lampe de poche (attention, les piles plates de 4,5V ne se trouvent pas à l’étranger). Du répellent pour moustiques de bonne qualité (5sur5 ou Insect Ecran) et une moustiquaire imprégnée si vous partez dans une zone impaludée.
Pour l’eau, lorsque vous ne pourrez pas acheter de l’eau, il vous faut soit des pastilles micropur pour en purifier, soit un filtre. L’avantage de purifier vous-même votre eau, c’est que vous êtes indépendants (dans les zones reculées c’est utile), et qu’en plus vous polluez beaucoup moins (imaginez ce que ça peut faire 2 à 3 bouteilles de plastique par jour et par voyageur, qui ne seront jamais recyclées). Côté santé, le pastilles sont légèrement moins efficaces et laissent plus le goût, il est déconseillé de les utiliser sur une longue période. Quant au filtre, il est sûr (je l’ai utilisé partout en Inde, y compris dans les grandes villes sans jamais de problèmes), ne laisse pas de goût, et vous l’amortissez son achat en principe sur quelques mois de voyage.
Enfin, je déconseille en général, à moins que vous ne partiez expressement pour beaucoup de trekking, d’emporter matériel de camping (tente, camping gaz) et sac de couchage. Ils sont encombrants, et s’ils vous les faut pour un trek de trois jours vous pourrez toujours les louer facilement sur place. Par contre, je recommande fortement l’usage d’un sac à viande (drap cousu en forme de sac de couchage) qui vous servira si les draps sont sâles (rare) ou absents (c’est le cas en Asie) et que vous pouvez imprégner de répellent anti-moustiques. Les couvertures par contre sont toujours fournies.
En plus de ça, vous pouvez emporter éventuellement appareil photo (on trouve des pellicules sur place), walkman, un livre, un instrument de musique (un harmonica c’est sympa) ou que sais-je encore.
Avec tout ça, vous serez malgré tout bien chargé. Je reste admiratifs envers des gens qui arrivent à partir sans rien quasiment. Mais bon, on progresse toujours dans ce domaine. N’oubliez pas aussi que vous pourrez acheter sur place la plupart des choses, et ce n’est souvent pas la peine de partir avec des stocks.
Au fait, j’oubliais, aillez bien sûr des petits cadenas pour fermer votre sac quand vous voyagez, et aussi un plus gros que vous utiliserez pour fermez la porte de vos chambres d’hotel (car le patron possède toujours un double de celui qu’il vous prête). Une chaîne en fer peut se révéler utile pour attacher vos sacs dans les transports de nuit, surtout dans les trains indiens.
II) Comment ça se passe sur place
Avant de partir, on à l’impression qu’on aura à penser à beaucoup de choses, que ça va être difficile. Ceci est simplement lié au fait qu’on est loin, et que’on ne peut pas voir comment ça va être. Dans la pratique, tout ce qu’il faut savoir faire c’est trouver un hotel, trouver un endroit où manger et acheter des titres de transport. Quand on a compris ceci, et vu à quel point c’est simple, on n’a plus aucun soucis à se faire, on sait qu’on ne craint rien.
1) Contact avec les locaux et les autres voyageurs
En général, dans les pays non-occidentaux, on vous repère du premier coup d’oeil. Si ceci peut attirer les gens mal intentionnés, qui savent que vous devez avoir de l’argent, cela attirera en général tous les locaux qui eux n’ont que rarement la possibilité de voyager, et seront contents d’avoir une opportunité de vous connaître, d’en savoir un peu sur votre pays, de vous montrer le leur et de vous aider si possible. Ils vous mettront en garde contre d’éventuels dangers (qu’ils ont parfois tendance à surestimer pour vous), vous inviteront parfois chez eux, car c’est aussi un honneur pour eux de recevoir un étranger, et en plus ils peuvent parfois espérer un petit cadeau. S’il est vrai qu’il ne faut pas suivre n’importe qui, apprenez à parler avec les gens, car c’est eux la vraie la richesse d’un pays, et ils pourront vous aider beaucoup en cas de situation imprévue (grève des transports par exemple). La communication avec les locaux sera limitée dans les pays où vous ne maîtrisez pas la langue (Asie) ; en Inde tout le monde parle un peu d’anglais, mais vous ne pourrez avoir de discours complets qu’avec les gens les plus cultivés. Par contre, ce qui est merveilleux en Amérique Latine, c’est qu’en tant que français au bout de trois semaines vous pourrez discuter de n’importe quel sujet dans la langue locale. Plus besoin de rechercher la compagnie des voyageurs, vous vous sentirez chez vous partout…
A part les locaux, il y a aussi la communauté des voyageurs. En général, vous ne rencontrerez pas de cars de touristes pénibles (sauf peut-être à l’intérieur de deux-trois sites super-touristiques. Les voyageurs que vous rencontrerez voyagent comment vous sac-à-dos, sont en général assez ouverts, pourront vous donner des conseils et vous aider en cas de galère, on rencontre parfois des gens remarquables. Leur défaut, c’est cependant de rester souvent entre voyageurs (très peu parlent la langue du pays), donc vous préfèrerez probablement si vous pouvez ne rester qu’avec des locaux.
Pour finir, je donne ici quelques idées qui vous aideront à établir le contact avec les locaux :
Essayez d’apprendre au moins quelques mots de leur langue, au moins bonjour, merci. Ils apprécieront l’effort, ça les mettra de bonne humeur. Vous pouvez leur demander de vous corriger votre prononciation, où lire avec eux le vocabulaire à la fin de votre guide, c’est une manière de commencer à faire connaissance.
Ayez sur vous quelquechose à leur montrer, par exemple des photos de votre famille et de votre pays (à ce titre, j’ai réalisé une série de photos de la France, que vous pouvez faire tirer sur papier). Eventuellement, vous pouvez aussi leur faire des petits cadeaux sans valeur lorsque vous avez un peu fait connaissance, comme par exemple des cartes téléphoniques ou tickets de métro usagé, ou des cartes postales touristiques de Paris, éventuellement une pièce de chez vous. Evitez cependant de faire systématiquement des cadeaux de valeur, car ça habituera les gens à en attendre de vous et ils ne vous demanderont plus que ça. En Inde, quand vous voyez passer un gamin à vélo, allant à l’école avec un stylo qui dépasse de sa poche, au lieu de vous dire bonjour, souvent il vous demandera "one pen" car il a appris que les occidentaux distribuaient des stylos pour les petits enfants ! De même, évitez de leur distribuer des bonbons. Si vous voulez donner, il y a des organisations qui auront plus besoin de votre argent.
Tour ce que vous savez faire, jouer de la musique, tricoter, prendre des photos avec un appareil numérique, écouter de la musique… tout ceci peut les intéresser. Mettez-vous dans un endroit public pour lire ou tricoter. Ayez sur vous un jeu pour jouer avec des enfants, ou montrez au gens les photos que vous prenez sur votre appareil numérique. Tout ce que vous pouvez trouver est bon.
2) Marchandage
Au début on est un peu réticent, on a l’impression de se battre pour des cacahouettes. On finit pourtant par y prendre goût, le marchandage est un art. Savoir marchander, c’est aussi apprendre communiquer avec l’autre au delà d’une simple transaction financière, c’est sympathiser avec lui. Et en même temps c’est connaître ce qu’on peut trouver, et son prix, savoir reconnaître jusqu’à quel point vous devez insister, à partir de quand l’autre sera content. Fait dans la bonne humeur, tout le monde à la fin est plus content après marchandage. Ne pas marchander, au contraire, c’est se placer au-dessus, c’est être le touriste occidental qui se sent tellement riche qu’il pense acheter sans entrer en relation avec le vendeur, et du coup on devient celui à arnaquer. C’est dommage.
Dans la pratique, le marchandage est indispensable. Les gens habitués à cotoyer les touristes essaieront toujours de voir si vous êtes du genre à ne rien connaître des prix, et vous demanderont dix fois plus. Notamment quand vous venez de débarquer dans le pays, il le verront. Notamment les chauffeurs de taxi et les vendeurs de souvenir. Marchandez toujours pour les hotels (en disant que vous êtes étudiant, que vous allez rester longtemps, ou que sais-je), pour acheter des souvenirs, pour les transports (même une grande compagnie de bus laisse souvent une marge pour des réductions à ceux qui demandent). Par contre, ce n’est en général pas nécessaire pour la nourriture. Mais on ne sait jamais, parfois même les pharmacies font des réductions. Il faut reconnaître ce qu’on peut demander et ce qu’on ne peut pas.
3) Budget
En dehors des pays occidentaux, le coût de la vie est beaucoup plus bas. Le mieux c’est de vous donner des exemples de prix à l’époque où j’ai visité ces pays :
Inde : chambre d’hotel 1 euro
repas 50 centimes
trajet en train-couchette de 24h (1200km) : 6 euros
achat d’une chemise sur mesure : 2 euros
un mois de voyage (tout compris, sauf les souvenirs) : 250 euros
Thailande : chambre d’hotel : 3 euros
repas : 1,5 euros
budget pour deux mois de voyage : 800 euros
Pérou : nuit d’hotel : 3 euros
repas : 1 euro
voyage en bus de 24h : 9 euros
une journée avec agence de voyage (par exemple en Amazonie, ou pour de la rando) : 25 à 40 euros
Honduras : nuit d’hotel : 3-4 euros
repas : 1 à 2 euros
Je donne ces prix de mémoire, parfois c’est facile de les obtenir, parfois il faut marchander beaucoup, attendez-vous de temps en temps à payer plus, rarement moins. Il correspondent en général au prix du service de base. Si vous voulez plus, il faudra payer plus, ce qui n’est pas forcément beaucoup plus. Par exemple, en Inde on conçoit facilement de prendre systématiquement des chambres 2 fois plus chères et donc d’avoir un peu de confort supplémentaire, ce qui reviendrait en tout à 50 euros par mois en plus. Cependant, parmi les voyageurs petit budget, payer peu devient un peu un sport. Au fond, on se moque de ce confort, et c’est souvent dans les endroits les moins chers que vous ferez le plus de rencontres. A vous de voir.
Voilà. Je signale aussi qu’en voyageant à deux on fait des économies importantes sur les chambres d’hotel, le prix de la chambre double étant sensiblement égal à celui de la simple. Vous devriez maintenant avoir une idée du budget nécessaire. Avec un peu d’entraînement, vous verrez qu’il est possible de voyager 1 an avec 6000 euros, billets d’avion compris…
4) Confort
Par la question du confort, on assiste à une sélection : les endroits très faciles d’accès sont facilement envahis par les touristes, alors que le fait d’avoir une route défoncée et un voyage d’au moins quelques heures en bus suffit à décourager beaucoup de monde. C’est ainsi qu’en étant capable de s’adapter à quelques petits inconforts vous êtes assurés d’arriver là où les touristes de masse n’arrivent pas. C’est par exemple le cas de toute la Bolivie : c’est risqué d’y arriver en avion (atterir à 4000m, c’est moyen), et il faut depuis Lima une cinquantaine d’heures de bus, si bien que seul les voyageur sac-à-dos s’y rendent. Ceux qui ont moins de temps ou veulent plus de confort restent tous du côté péruvien.
Cependant, l’inconfort se limite généralement aux longs trajets en bus. Les hotels sont simples et dépouillés (rien de superflu, parfois même pas une fenêtre), mais il y a tout ce qu’il faut. Et les chambres avec une vraie salle de bain, ventilo ou autres luxes ne sont pas beaucoup plus chères que les autres. Donc si ceci est important pour vous, pas de problème, ce sera facile à obtenir. Tout ce qu’il faut c’est un peu de souplesse et savoir y renoncer de temps en temps, quand on n’a pas le choix. Et vous irez beaucoup plus loin.
5) Hébergement
C’est une des questions qui reviennent le plus parmi ceux qui ne sont jamais partis. En effet, ici en occident les hotels sont chers, on ne va pas n’importe où, et souvent il faut réserver à l’avance. On se demande si là-bas on va trouver facilement un hotel, s’il en existe. On voudrait réserver. Ceci est pourtant un faux problème. Pourquoi essayer de savoir aussi longtemps en avance, alors qu’on est si loin, alors que sur place il n’y a rien de plus facile. Pratiquement toutes les villes et villages que j’ai visité avaient un hotel au moins, et en général on en trouve autant qu’on veut, en cinq minutes, à des prix dérisoires (entre 1 euro 3 euros la chambre double pour deux en Inde, 3 à 6 euros au Perou).
Plus précisément, c’est très simple. Si c’est un de vos premiers voyages, ne vous embêtez pas, prenez le premier hotel indiqué par le Lonely Planet, il sera propre, sûr (parce que le patron n’a pas intérêt à perdre la confiance des usagers Lonely Planet), bon marché, et vous y rencontrerez d’autres voyageurs qui pourront vous informer sur la ville. Dans les grandes villes, les hotels bon marché pour voyageurs sont concentrés souvent dans une rue ou quartier, que n’importe qui saura vous indiquer, ou vous indiquer quel bus prendre. Les chauffeurs de taxis sont habitués à emmener ici leurs clients (ils touchent peut-être même une commission).
Quand vous êtes un peu plus en confiance, vous n’êtes plus obligés de suivre religieusement ce conseil. En général il y a toujours en face de l’hotel recommandé Lonely Planet au moins un autre hotel tout aussi bien mais moins cher car il ne bénéficie pas de la pub. Ce que je fais moi en général, si je connais les prix d’une chambre dans le pays, c’est de repérer sur mon guide le quartier des hotels petit budget, je m’y rend et ensuite je teste au hasard un ou deux hotels. Dans les petites villes, vous pouvez même chercher au pif. N’oubliez pas aussi que comme tout le reste, le prix d’une chambre d’hotel se négocie, et n’importe quelle excuse est bonne : vous prétendez être étudiant, avoir payé moins cher dans une autre ville, ou alors vous allez rester plusieurs jours. Ca paraît bizarre au début, mais c’est une habitude à prendre, et on finit par y prendre goût.
Voilà. En ce qui concerne les autres formes d’hébergement, c’est simple. Je déconseille le camping, là du coup ça pourrait être dangereux, et en plus vous n’aurez pas souvent un endroit adapté, et en plus le matériel est lourd. Au prix des hotels, ça ne vaut pas le coup. Si vous avez besoin de camper dans un parc naturel ou pendant un trek en Amazonie, on vous louera le nécessaire.
Par contre, lorsque vous vous rendez dans des villages minuscules où aucun touriste ne va, vous ne trouverez peut-être pas d’hotel (il faut vraiment que le village soit petit ou reculé). Dans ce cas, si vous parlez la langue du pays, c’est une chance exceptionnelle, allez voir la première maison et demandez aux gens s’ils savent où l’on peut vous héberger, et si eux ne peuvent pas ils trouveront quelqu’un de la famille qui pourra. C’est une occasion formidable car vous serez l’hote d’une famille locale et vous partagerez tout avec eux, et en plus c’est pour eux une occasion de vous connaitre et de gagner un petit complément de revenu. Mais, croyez-moi, on ne tombe pas dans des coins comme ça facilement, et la plupart du temps vous devrez vous contenter d’un petit hotel pépère.
6) Nourriture
Ce n’est jamais un problème. Contrairement à l’Europe, les gens ici mangent souvent dehors, et d’ailleurs énormément de gens gagnent leur vie en vendant dans la rue ce qu’ils ont préparé à la maison. Vous ne mourrez donc jamais de faim, puisque vous ne serez jamais loin de petits restos populaires où faire un repas complet pour trois fois rien, ou de vendeurs ambulants de délicieuses spécialités locales. C’est la meilleure manière pour goûter à toute la cuisine locale et cotoyer les locaux, tout en payant des prix ridicules. Je recommande donc particulièrement tout ce qui est marchés et vendeurs de rue. Ah oui, j’oubliais aussi : une bonne technique pour reconnaître un endroit de qualité, c’est de chercher ceux qui sont très fréquentés par les locaux : ici la nourriture se renouvelle souvent, donc vous serez assurés de sa fraîcheur.
Au contraire, vous trouverez aussi des restaurants pour voyageurs, ceux que votre guide recommande, où vous trouverez toujours la même chose (la banana pancake est désormais un plat universel de l’Asie à l’Amérique), de la cuisine occidentale éventuellement, à des prix chers bien sûr. Le pire étant cependant que vous perdez complètement le contact avec les locaux, qui fait pourtant le charme du voyage. Je déconseille donc fortement d’utiliser votre guide pour trouver un resto.
En ce qui concerne l’eau, on trouve à peu près partout de l’eau purifiée en bouteille, à très bas prix en Asie (car les locaux en boivent), assez cher en Amérique Latine (car elle ne sert qu’au riches). Pour éviter l’impact sur l’environnement de toutes ces bouteilles qui ne seront jamais recyclées (et en Amérique Latine vous ferez aussi des économies), purifiez vous-même votre eau, soit avec des pastilles Micropur (si vous partez moins de deux mois), soit avec un filtre (plus efficace, sans produits chimiques). Par précaution, il vaut mieux avoir toujours dans son sac quelques pastilles micropur, dès fois que vous trouviez sans eau. Dans les coins reculés, il est impératif de purifier soi-même son eau car ici vous ne pourrez pas en acheter.
7) Transport
Après Hébergement et Nourriture, voici le troisième et dernier fait pratique dont vous aurez à vous occuper au jour le jour. Pour le reste, il n’y a qu’à suivre ses envies. On trouve facilement en général le moyen de voyager entre villes de taille raisonnable et dans lieux touristiques. Dans les endroits plus reculés, c’est plus aléatoire, vous trouverez des petits bateaux, des 4X4 qui roulent sur la plage, des camions qui vous prendront dans leur baine, ce qui a un charme énorme. Si par contre c’est vraiment reculé, il n’y aura rien, et il faudra louer une moto ou marcher, mais bon, ceci est pour les inconditionnels du voyage sportif.
S’il est facile de trouver du transport, le confort n’est pas toujours le même que dans les pays occidentaux. S’il y a des trains (partout en Inde et en Thailande), c’est super-confortable et pas cher, pas de problème. Les bus et minibus sont généralement vieux et parfois très remplis, on sent la route surtout quand celle-ci est défoncée, et il faut un peu de temps pour s’y habituer, surtout la nuit. Mais quoiqu’il en soit, vous verrez qu’on s’habitue vite à passer de longues heures dans les transports (des trajets de 24h sont chose courante), et que finalement c’est là un des aspects les plus intéressants du voyage car vous voyez vraiment le pays, comment les gens se déplacent, et vous ferez aussi des rencontres avec les locaux : je n’ai jamais été dans un bus ou bateau sud-américain sans que mon voisin commence à me parler, demander d’où je viens, me raconter de son pays, et puis c’est le voisin de derrière qui vous raconte d’autres trucs, le chauffeur. Les latinos sont formidables pour cette raison. C’est ainsi que je recommande à chaque fois que c’est possible d’employer les moyens de transports locaux, en évitant donc bus de luxe, bateaux d’agences de voyage et avions. Vous perdez un des meilleurs aspects du voyage.
Enfin, je passe en revue brièvement les différents moyens de transport :
Train : c’est de loin le plus confortable, à prendre à chaque fois que possible. Hélas, il n’y en a pratiquement pas en Amérique Latine.
Bus et Minibus : c’est un peu rude les premières fois, mais vous y prendrez goût. Les nuits blanches sur une route défoncée en vous cognant au plafond seront après un des meilleurs souvenirs du voyage, et vous feront découvrir rapidement qu’à l’avant du bus les secousses sont moins fortes (ceci est un conseil précieux, notez-le bien). Il y a parfois des bus de luxe, un peu plus rapides mais beaucoup plus chers et infiniment moins colorés et conviviaux, que je déconseille vivement. Éviter notamment en Amérique Latine les bus internationaux, vous paierez 4 fois moins cher en prenant un bus jusqu’à la frontière, la passant à pied et reprenant un deuxième bus de l’autre côté.
Avion : les transports nationaux ne sont pas très chers pour un occidental, mais je les déconseille : vous ratez la beauté de la route en ne vous concentrant que sur les petites attractions touristiques, et en plus c’est peu écolo.
Auto-stop : s’il y a d’autres moyens de transport disponibles, ça ne se fait pas et en plus c’est peut-être dangereux. Par contre là où il n’y a rien d’autre, arrêtez n’importe qui et proposez une petite participation, c’est très sympa et safe.
Voiture de location : déconseillé absolument, routes, voitures et autres conducteurs sont très dangereux. Et en plus c’est cher. Jamais.
Bateau : que ce soit des grands bateaux en mer ou sur un fleuve où vous pouvez installer votre hamac sur le pont, ou des petits bateaux sur le fleuve, c’est un régal de voyager en bateau quand c’est possible (Amazonie, ou forêt tropicale centraméricaine).
Transports urbains : dans toutes les villes on trouve des bus locaux pas chers, utilisez-les. Il y a aussi des taxis ou assimilés (les rickshaws indiens), souvent pas chers (marchandez toujours cependant, et renseignez-vous auprès d’autres du prix normal du voyage, car on essaiera en général de vous arnaquer), mais moins conviviaux. Prenez-vous souvent le taxi chez vous ? Alors c’est pas parce que c’est moins cher que vous êtes obligés de faire différemment ici. Apprendre à utiliser les bus permet d’éviter de se faire arnaquer par des chauffeurs de taxis qui veulent toucher des commissions, et en plus c’est une bonne manière de comprendre comment marche la ville et rencontrer des locaux. Cependant, à part dans les capitales, vous pourrez probablement tout faire à pieds.
8) Argent
Il existe trois possibilité : les espèces, les cartes de crédit et les chèques de voyage, et le mieux c’est de combiner les trois.
Les espèces : toutes les transactions se font toujours en monnaie locale. Je trouve honteux que des rumeurs conseillent de payer en dollars (petites coupures), que diriez-vous si quelqu’un essayait de le faire en France ? Ayez donc toujours sur vous de la monnaie locale en quantité suffisante, que vous obtiendrez facilement en arrivant dans le pays (aéroport ou frontière). Comme on n’est jamais sûr de pouvoir retirer de l’argent à n’importe quel moment (petites villes, jours fériés), ça vaut le coup d’avoir sur vous de quoi tenir une semaine environ.
A part là monnaie locale, il y a les devises étrangères : dollars ou euros. S’il doit être facile de changer des euros en Asie, c’est très dur en Amérique Centrale, et les taux sont très mauvais, donc il faut malheureusement des dollars. S’il est possible de s’en servir pour payer les grands hotels ou les agences de voyage, évitez à tout prix de vous en servir pour des petites sommes, ça fait arrogant. L’avantage des dollars en espèce, c’est qu’ils sont génèralement assez faciles à changer, à toute heure et dans les coins reculés, donc je garde toujours une centaine de dollars en coupures de 10 ou 20, comme sécurité. Rien ne sert d’avoir plus, on risque de les perdre ou se les faire voler, autant utiliser la monnaie locale.
Les chèques de voyage : leur avantage, c’est que si vous les perdez, vous pouvez théoriquement vous les faire refaire en 24h (même), et ça ne vous coûte rien. C’est donc une manière de s’assurer de ne pas rester sans argent, c’est pourquoi il est toujours bon d’avoir 200 à 300 dollars en chèques de voyage (coupures de 50 ou 100). American Express calcule les choses pour que ça revienne au même de payer les commissions spéciales pour les chèques en euros ou les commissions de change, donc autant prendre des dollars. En Inde ou Thailande, alors qu’on à du mal à trouver un distributeur pour carte de crédit, les chèques de voyage se changent pratiquement partout et à un bon taux, c’est donc une bonne idée de partir avec tout l’argent nécessaire sous forme de chèques. En Amérique Latine au contraire, c’est plus dur de changer ces chèques et les taux sont très mauvais, donc il vaut mieux utiliser sa carte de crédit, et ne garder les chèques qu’en cas de perte de celle-ci.
La carte de crédit : c’est très pratique en Amérique Latine où on trouve des distributeurs partout, moins en Asie, où elle est cependant utile en cas de perte des chèques de voyage, ou si ceux-ci se révèlent insuffisants. A cause des commissions fixe au retrait, il faut à chaque fois retirer l’équivalent de 150 euros au moins. Je ne m’en sers que dans les banques pour retirer de l’argent et jamais pour payer directement, sauf éventuellement pour un billet d’avion, car d’une part vous aurez rarement de grosses sommes à payer, et en plus on n’ait jamais à l’abris des fraudes.
Par contre, si vous perdez votre carte, il vous faudra dans les 8 jours pour vous en faire faire une nouvelle et vous la faire envoyer, donc ayez des chèques de voyage pour tenir le coup entretemps.
Je rappelle enfin que si vous payez vos titres de transport avec votre varte de crédit, vous bénéficierez automatiquement d’une assurance rapatriement, et en plus avoir une carte de crédit vous donne aussi une assurance santé.
* Je signale enfin qu’il est toujours possible de se faire envoyer de l’argent rapidement de chez vous, par des compagnies comme Western Union, mais c’est à éviter car c’est très cher.
9) Communications
En voyage, le mieux c’est le net. On trouve désormais des internet-café dans le monde entier, souvent dans des villages relativement petits et peu touristiques car les locaux viennent souvent jouer en réseau (les gens n’ont pas d’ordinateurs chez eux). Et les prix sont dérisoires (1 euro de l’heure en moyenne, en Amérique du Sud ou en Asie plutôt 50 centimes). Ceci permet de garder le contact avec tout le monde et de prendre le temps de raconter ce que vous faites. Je recommande le principe du mail collectif (mailing-list).
Bien sûr la poste doit marcher aussi, le téléphone est très cher, à moins d’utiliser le téléphone par internet qui se répand de plus en plus, dans toutes les capitales et lieux touristiques.
III) Les Ennuis et comment les prévenir
C’est dans cette partie que ce que je vais écrire diffère sensiblement de ce que vous trouverez dans les recommandations officielles, notamment celles des guides et des services diplomatiques, qui eux doivent se protéger au cas où des gens auraient envie de les citer en justice.
1) Précautions alimentaires
En théorie, il faudrait être très stricts : pas de fruits que vous ne pelez pas, pas de boissons contenant de la glace (shakes, etc), pas de crudités (salades, etc), normes d’hygiènes très strictes. Dans la pratique cependant, c’est très dur à tenir, c’est généralement impossible de se laver les mains avant de manger, la salade est parfois ce que vous avez de meilleur dans l’assiette (le riz trop cuit c’est bien, mais le corps sent le besoin de vitamines aussi), vous verrez souvent que les petits bouis-bouis utilisent un seau d’eau unique pour faire la vaisselle et vous servent dans des assiettes à peine lavées, avec notamment des traces d’eau. Au début on est parano, et on évite, mais très vite on laisse du mou : on découvre que malgré les apparences tout ce qui se vend dans la rue est généralement très frais (puisque sinon les locaux n’achèteraient pas), et sans danger. Et puis votre corps s’habituera à la nourriture différente et aux nouvelles bactéries, et il y a vraiment des ressources impressionnantes en ce corps humain : sinon, comment peut-on croire que des indiens boivent l’eau du Gange à Bénarès alors qu’elle contient tout ce qu’on peut imaginer de pire (cadavres, excréments, pollution chimique) ? De toute façon, les rares fois où on tombe malade, c’est toujours pour une raison bête, et le plus souvent dans les restos à touristes qui eux peuvent avoir des produits pas frais. Donc, ne soyez pas paranos, et vous vous ferez vite une expérience et saurez reconnaître ce qui est risqué ou non.
Une petite recommandation au passage cependant : si vous devez faire un long voyage (surtout en bus, mais même en train), je conseille par contre d’être très prudents sur l’alimentation. Je n’ai jamais été malade pendant un voyage, mais j’imagine aisément que ça peut être plutôt désagréable. Du coup restez légers et évitez à ce moment ce dont vous n’êtes pas sûrs…
En ce qui concerne l’eau, en théorie il faudrait toujours faire très attention : uniquement de l’eau en bouteille ou de l’eau que vous purifiez vous-même. Dans la pratique cependant, on vous offrira souvent de l’eau bouillie à table et surtout on mettra de l’eau (bouillie) dans tous vos délicieuses boissons (jus de fruits etc). Au début, on rejette en bloc, et puis on tente, et ça se passe bien. Ce que je suggère, c’est d’y aller peu à peu, commencer avec un verre, et puis augmenter la dose peu à peu, si tout se passe bien. Stoppez par contre si vous êtes déjà malade. Le corps peut éliminer seul un certain nombre de bactéries, donc si vos risques sont modérés il saura faire face à la situation.
Je signale enfin que quoiqu’on fasse, c’est fréquent d’être un peu malade un jour ou l’autre, mais ce n’est pas grave en général, ni nécessaire. En Inde par exemple, sur trois mois, je n’ai été malade que 3 jours à une semaine de mon retour, à cause de lait pas assez bouilli et pas très frais probablement dans un hotel pour voyageurs uniquement.
2) Santé
Tout le monde a entendu des histoires d’amis de cousins lointains qui sont rentrés malades de tel ou tel pays, c’est probablement vrai, mais on oublie le nombre bien plus important de gens qui sont rentrés enthousiastes et en parfaite santé. En général, je vous conseille fortement de ne pas trop prêter attention aux mises en garde de ceux qui ne connaissent pas, ou plutôt ne renoncez à rien pour elles. Chacun a ses peurs, pour certains l’Inde est le pays le plus dangereux au monde, pour d’autres c’est l’Afrique, pour d’autre c’est l’Amazonie, où les moustiques sont censés vous piques jusque dans le nez, tout ceci est rarement fondé.
Ceci dit, il faut prendre un certain nombre de précautions : ayez une trousse de pharmacie avec le nécessaire (inutile cependant d’avoir six boites d’aspirine, on en trouve dans le monde entier), faites tous les vaccins recommandés, et prenez les précautions nécessaires contre le paludisme (malaria).
En ce qui concerne le palu, c’est une des grandes questions que l’on se pose toujours : faut-il ou non prendre un traitement. Les renseignements sont en général très incomplets : on sait si du palu méchant (il y en a un type moins méchant aussi) existe dans un pays, s’il est résistant à certains traitements, et c’est à peu près tout. Déjà, j’ai appris que le nombre de cas de palu en Afrique est dix fois supérieur au reste du monde, donc ailleurs réfléchissez avant de prendre un traitement. Sachez que ce traitement est mauvais (même si je ne sais pas à quel point) si vous le prolongez trop longtemps, et qu’il ne vous protège que partiellement. Quoi qu’il en soit, la moindre des choses c’est de dormir sous moustiquaire, (avec un sac à viande imprégné) même si vous avez l’impression que les moustiques ne sont pas nombreux ce soir), et de se protéger le soir (vêtements manches longues, éventuellement imprégnés, et répellent sur la peau). A part dans la forêt amazonienne, j’ai toujours rencontré très peu de moustiques, donc les risques sont limités si vous prenez ces précautions de base. Cependant, un médecin ne vous dira jamais de ne rien prendre, parce que ceci engage sa responsabilité, et il y a beaucoup de gens incapables de suivre les autres consignes. Expliquez-lui votre cas, que vous savez ce que vous faites, que vous préfèreriez éventuellement ne rien prendre, et là éventuellement il vous donnera plus d’information. Mon conseil : si c’est votre premier voyage et vous partez moins de deux mois, pourquoi pas, prenez de la Savarine, ce n’est pas trop méchant et ça vous rassurera. Sinon, c’est pas la peine, éventuellement gardez l’anti-palu uniquement pour les zones à fort risque. Par contre, il est fondamental d’avoir de l’anti-palu dans votre trousse de pharmacie pour un traitemet curatif si vous avez une crise et vous n’avez pas moyen de vous rendre très vite à l’hopital (c’est là que le palu fait le plus de dégas). Voilà pour le palu, il y a aussi d’autres maladies bien sûr, vous trouverez en général une description dans les pages santé de votre guide.
Tout ce que j’ai dit jusque là c’était pour le préventif. Si vous voyagez longtemps, il est inévitable cependant d’avoir des petits problèmes de santé un jour ou l’autre. On apprend beaucoup d’eux, parce qu’en général c’est là qu’on se sent loin de tout, de nos proches, de soins fiables, etc, et on tends à paniquer un peu. Il est bon de savoir utiliser un peu votre trousse de pharmacie et faire un petit auto-diagnostic si vous le pouvez, car ce n’est pas toujours facile de trouver un docteur en qui vous aurez confiance. Demandez conseil à d’autres voyageurs ou à des pharmaciens, ils peuvent vous rassurer ou vous renseigner sur d’éventuelles épidémies locales. Si ça paraît grave ou si ça ne s’améliore pas au bout de deux-trois jours, songez à chercher un médecin ou passer à l’hopital.
Il m’est arrivé de voir des médecins dans ces pays, guide, ambassade ou hotels à touristes peuvent toujours vous en recommander. Ceux-ci auront toujours des honoraires non-donnés, mais leur compétence n’est pas toujours garantie. Par contre, pour avoir vu un hopital hondurien et péruvien, je peux vous assurer que j’ai été très agréablement surpris : on peut voir très vite un médecin spécialiste, tout a l’air relativement propre et efficace, et les prix sont bas. On m’a dit qu’en Inde c’était pareil. Sachant que vous aurez rarement une maladie grave, rare ou incurable (dans ce cas vous pourrez peut-être vous faire rapatrier), l’hopital public me paraît l’endroit idéal pour vous soigner.
Voilà. Une dernière info sur les pharmacies : on trouve en général tout dans les pharmacies d’Inde ou d’Amérique Latine, que ce soit les médicaments génériques à bas prix ou les médicaments européens à prix européens. Je me répète donc, mais c’est peut-être pas la peine de partir avec six boîtes d’aspirine ou de clamoxil (antibio général).
3) Sécurité
Si on se réfère au site du ministère des Affaires Etrangères, on a l’impression que la plupart des pays sont vraiment dangereux, qu’il s’agisse de problèmes de santé ou de sécurité. Or sur place on n’a pas souvent cette impression, et beaucooup de voyageurs indépendants se rendent dans ces pays (exemple : Népal en 2002, alors que le site parle de guerilla maoistes). C’est bien de lire les recommandations de ce site, pour se rappeler qu’on n’est jamais trop prudent, mais il ne faut surtout pas se laisser effrayer par le récit des quelques vols ou assassinats sur touristes, il y en a dans tous les pays. Au contraire, si on pense aux différences de richesse entre voyageurs et locaux, c’est remarquable de voir à quels points les accidents sont rares : ceci prouve que les gens sont fondamentalement gentils, et ça vaut le coup de leur faire confiance.
Ceci dit, il y a tout de même une différence importante entre les pays, et comparativement certains sont un peu plus dangereux et demandent plus de prudence (Salvador, Colombie). Alors que l’Asie ne pose aucun problème de sécurité même pour les filles voyageant seules, celles-ci devront faire un peu plus attention en Amérique Latine, sachant que dans la plupart des pays les risques sont très limités. De toute façon, il y a des règles de comportement de base qui permettent de limiter les risques.
Voici donc quelques recommandations générales :
Eviter de paraître trop riches : pas de bijoux de valeur (ou qui semblent en avoir), surtout ceux difficiles à enlever. Eviter les tenues chic et les petits sacs-à-main, le look routard est toujours le plus sûr. Eviter l’appareil photo en bandoulière, gardez-le plutôt dans un petit sac à dos.
Se renseigner toujours auprès des locaux sur quelles sont les zones dangereuses ou à éviter, distinguer si elles le sont uniquement la nuit ou même le jour. Les locaux savent toujours ces choses là, et auront même tendance à vous conseiller plus de prudence que nécessaire. En général, les endroits dangereux sont les grandes villes, les endroits fréquentés par beaucoup de touristes et dans les pays les plus instables les endroits très isolés dans la campagne. Les régions moyennement ou peu touristiques sont tranquilles en général.
Vivre plutôt le jour que la nuit. Ca tombe bien car il y a très peu de vie nocturne, donc autant se coucher tôt et se lever tôt.
Evitez de vous promener avec vos affaires de valeur, et avec votre gros sac en particulier. Si vous le pouvez, laissez tout à l’hotel dès que vous arrivez dans une ville ou dès que vous avez retiré de l’argent. Par contre, ça vaut le coup d’avoir sur soi une somme d’argent correcte (5 à 10 euros suffisent à priori) à offrir en cas d’agression.
Laissez vos documents et moyens de paiement à l’hotel, en principe c’est plus sûr car le patron de l’hotel veut garder sa réputation. Je ne les laisse jamais cependant à la réception, même s’ils proposent de tout garder (surtout ne laissez pas de carte de crédit), je les cache plutôt dans ma chambre. Quand vous les avez sur vous, mettez ces documents dans une ceinture avec poche à l’intérieur des pantalons. En laissant une photocopie du passeport, un peu d’argent et quelques chèques de voyage, ainsi que le numéro des autres chèques, dans le grand sac. Pour les dépenses courantes, je n’utilise pas de porte-feuille, mais juste un petit sac en plastique que je garde dans ma poche, c’est plus discret et léger.
Dans la foule, gardez votre sac devant vous, et soyez conscients de vos poches. Dans les trains de nuit, c’est bien de dormir en vous appuyant sur vos sacs. Et éventuellement de les attacher avec une chaîne. Dans les bus par contre, vos affaires seront en soute, surveillez bien ce qui se passe à l’arrêt, même si a priori le conducteur est honnête, il aura repéré vos affaires et les surveillera.
Eviter de suivre les gens louches ou tous ceux qui veulent vous vendre quelquechose, à moins que vous ne sachiez ou vous allez.
Ne perdez jamais le contact avec votre sac à main. Si vous le posez par terre ou dans un bus, passez votre jambe dans la sangle.
4) Autres précautions et petites arnaques
En plus des conseils de la section précédente, je donne quelques petits conseils visant surtout à éviter les vols ou petites arnaques.
Le moment où vous êtes le plus vulnérable, c’est au début, quand vous ne connaissez pas le pays, et ça se voit en général. Soyez très prudent lors de votre arrivée à l’aéréoport, car c’est là que vous êtes le plus vulnérable, et on vous attendra. Changer tout de suite un peu d’argent (pas trop, les taux ne sont pas excellents) pour pouvoir payer en monnaie locale. Repérer sur votre guide s’il existe un moyen de transport public (le train c’est l’idéal s’il existe, car en plus vous saurez où descendre) et sinon le bus. Si votre heure d’arrivée est très tardive, ça vaut peut-être le coup de passer la nuit dans l’aéroport. A la sortievous attendront des dizaines de taxis ou bus "officiels" qui assurent de pouvoir seuls vous garantir la sécurité, à des prix exorbitants. Ne les écoutez pas, ayez l’air sûr de vous et continuez à marcher, plus vous vous éloignez de la sortie plus les prix baissent (car aussi ici les gens ne perdront pas la face devant leurs collègues qui cherchent à vous arnaquer). Si vous trouvez un bus, c’est le mieux, sinon un taxi bien marchandé fera l’affaire. Si vous avez peur, choisissez un chauffeur avec une bonne tête, pas trop jeune.
Les taxis posent parfois problème, car ils peuvent essayer de vous emmener à un endroit où ils touchent une commission plutôt qu’à l’hotel que vous avez choisi. Ce que je fais, c’est en général de ne pas lui donner le nom de mon hotel, mais plutôt celui d’un endroit connu (église, grande place) que vous repèrerez sur votre guide, pas trop loin de votre hotel. Ca donne l’impression que vous savez où vous allez. Le long de la route, restez vigilants et regarder si vous arrivez à entrevoir des indications qui que vous êtes sur la bonne route, on ne sait jamais. Une bonne stratégie c’est aussi d’essayer de discuter ou sympathiser avec le chauffeur de taxi, ça permettra au moins de vous détendre.
A partir de là, si vous êtes arrivés à votre hotel depuis l’aéréoport, vous avez tout fait, il n’y a plus aucun risque, vous pouvez laisser toutes vos affaires, vous renseigner sur les dangers du quartier et du pays, et ensuite sortir vous promener. Détendez-vous, le voyage peut commencer.
En général, surtout dans les coins touristiques, il y a un certains nombres de gens qui vivent de ce business, et essaieront de vous arnaquer ou de vous emmener à des endroits où ils touchent des commissions. Tous les guides vous raconteront de ces faits divers (depuis les faux-flics qui fouillent votre sac et se servent au passage aux pierres précieuses contrefaites). En général ceci arrive dans les coins à touristes essentiellement. Les rabatteurs vous attendront à la sortie du bus ou des hotels. Surtout évitez d’acheter quoi que ce soit en leur présence, ils touchent une commission. Et ne les croyez pas s’ils vous racontent que l’hotel que vous cherchez n’existe plus (ou qu’il y en a un moins cher), ou que le guichet qui vend des billets est fermé, ou que la gare a brûlé (en Inde, on vous raconterait n’importe quoi), chercher toujours le bureau officiel de la compagnie.
Voilà pour l’instant, je rajouterai d’autres conseils si je m’en souviens, ou si vous me donnez des idées. Il s’agit maintenant d’intérioriser toutes ces consignes de sécurité, de manière à ce qu’elles deviennent automatiques. Même en France, par exemple, c’est toujours mieux de ne pas poser votre sac au bout de la table quand vous êtes au restaurant, c’est une question de bon sens. En respectant ces quelques règles, vous pourrez aller partout, et vous n’aurez en général aucun problème si ce n’est des trucs mineurs (ça arrive à tout le monde de se faire voler un pull ou le petit porte-monnaie), qui sont sans importance.
Conclusion : Partez !
Je que je veux dire ici, c’est que j’espère vous avoir convaincu que le voyage est en général quelquechose de très simple et sûr. Les problèmes que l’on imagine énormes avant de partir se réduisent en fait à savoir choisir un hotel, en endroit où manger, acheter des titres de transports et intérioriser quelques règles de sécurité. Ceci n’occupera qu’un centième de votre temps, le reste ne sera que pur plaisir. Bien sûr au début on fait quelques erreurs, mais tout s’apprend sur place, et vous serez surpris de voir à quel point tout vous paraîtra simple. Voilà. Il ne reste plus qu’à trouver votre manière à vous de voyager. Bonne route.
PS : j’ai écrit ce texte d’une traite, et j’ai besoin de votre avis pour le compléter et corriger. Que vous soyez expérimenté ou débutant, vos remarques sont très bienvenues.