Chine : Zhengzhou : des moines bouddhistes aux expatriés étrangers


vendredi 3 décembre 2004, par Florian P.

Ni hao à tous,

First of all, I apologize for the lack of accents in this mail, due to this Canadian and non-Quebecois keyboard. De retour à la ville, je connais à nouveau une période d’accélération des événements, rencontres et découvertes.

Une semaine de Wushu, très agréable, encore à présent j’aime refaire les quelques mouvements que j’ai pu mémoriser et je comprend comment un entrainement chaque matin peut rythmer une vie. Des sensations très proches de celles éprouvées lors de méditation/yoga ; ou lors de moments de concentration pour réfléchir ou ressentir, (maths, échecs, philo ou film, musique, poésie), avec la présence du corps en plus. J’y ai rencontré David, judoka français (3ième dan), 22 ans, venu s’entrainer un an dans le temple. Il veut ensuite passer le concours de police pour y etre prof de judo, etre paye pour s’entrainer, gagner un max de pepette, la belle vie, ca vaut le coup d’en baver un peu pendant un an, avec trois entrainement par jour, et question pédagogie, ici c’est surtout base’ sur la répétition, j’attends avec impatience un colis de bouffe de France, avec aussi des cd, des films pour les voir sur mon pc portable, c’est cool en tout cas que les sms ne soient pas surtaxes, j’en envoie quasi un par jour, ici les gens sont tellement pauvres, j’ai emmène cinq kilos de médicaments, ma mère infirmière m’a pas mal aide pour la dizaine de vaccins, les japonais aussi sont vraiment des guerriers, les combats entre samourais japonais et moines shaolin chinois doivent etre bien violents. David est sympa, il a une idée en tete et il fonce, mais il a aussi fait des etudes et son BTS d’informatique lui permet de monter des petits films sur la vie au temple, techniquement c’est pas mal.

Dans la montagne vers le temple, j’ai croise Toni et Abe. Profs à Zhenzhou. Des occidentaux. Qui parlent en anglais avec un accent américain et ne marchandent pas. Ils doivent rentrer le soir meme. On partage un taxi. Numero de tel, au revoir. Je n’avais pas vraiment envie de voir des étrangers a ce moment, mais en discutant, ils avaient l’air intéressant. Pourquoi ne pas chercher a les connaitre mieux ?
Ainsi, après le wushu, je passe leur dire bonjour, avant de continuer vers Xi’an. Je dors donc chez Toni, drague gentiment Abe, et une autre université (ou travaille Paul, un canadien qui parle russe) m’a propose d’etre prof de math a partir du mois prochain, dix euros de l’heure, huit heures par semaine. Je pars quand meme demain pour Xi’an. Maitrise d’économie, un travail dans une entreprise qui ne lui plait pas vraiment, l’envie de sortir du Canada, malgré son attachement à sa famille immigree du Salvador et à sa petite amie polonaise, Toni se retrouve professeur de communication à l’université et s’y plait. En ce moment il joue quelques accords de guitare avec Maggy, étudiante chinoise qui part l’année prochaine pour l’Australie. Elle dessine, étudie le design et a fait un book [CV d’artiste, compilation de ses travaux les plus représentatifs] tout a fait digne de ceux de l’École Boule ou Olivier de Serres. [les meilleurs universités de design en France] Non seulement un immigre occidental devient riche et beau en Chine, mais il fait partie d’une classe sociale supérieure. La chine est elle une colonie ? Pays en voie de développement, l’économie se développe en effet, ainsi que toutes les infrastructures. Un processus proche d’une colonisation par les riches étrangers qui sont si bien vus ? Un processus de décolonisation et d’affirmation de l’indépendance de la chine (la loi impose que 50% du capital des entreprises soit possède par des chinois) ? Abe s’est perdue trop jeune en Thailande. Deja deux ans en Chine, elle parle thai et chinois, va rentrer aux Etats-Unis étudier le droit. Elle fait partie de l’Amérique idéalisée qu’on imaginait il y a cinquante ans ou cent ans, humaniste, pacifiques et ouverte d’esprit, une jeune nation d’idéalistes, de liberte, de refus de l’esclavage, en lien avec les quakers, hammish, mormonds, mennonites...

Beaucoup de contacts avec des étrangers finalement. Avec des chinois aussi, pour déchiffrer un article de journal, pour lire mon livre de chinois, pour des renseignements, mais le courant passe plus difficilement. Différence de culture. "Je vais travailler plus dur" (Malabar, La ferme des animaux, G Orwell)

Le yin c’est bien le noir, et le yang le blanc. Mais bien et mal n’ont pas des significations opposées.

Amusez vous bien,

Florian

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