Chine : Shijiazhuang : féodalité, restau et massage


mardi 2 novembre 2004, par Florian P.

Bonjour à tous,

Les événements se précipitent et je pense que raconter mes journées prendrait sans doute autant de temps que de les vivre. Je dois être devenu bavard. Je sélectionne donc quelques moments :

Visite d’un appartement tout neuf. Un couple va se marier. Elle est prof dentaire à l’université où je loge. Le doyen vient voir le logement et donner son avis.

- Pourquoi cela le concerne-t-il ? demandais-je à ma prof d’anglais.
- C’est sa fille. Enfin pas sa fille. Sa Gan-fille.
- Fille adoptive ?
- Comme toi. Je t’aide. Il l’aide. On va rencontrer des gens ensemble.

Elle va le voir pour les vacances de printemps. Elle l’appelle "oncle". J’imagine toute une société fondée sur ce genre de relation de féodalité. Je suis rentré dans un système ou cette prof d’anglais (miss Yi) m’a pris sous son aile (- je veux t’aider à réussir en Chine), elle m’emmène voir plein de monde, m’a même offert un dico Chinois-Anglais électronique (qui ne donne malheureusement pas la prononciation en chinois, enfin je crois car le manuel n’est pas bilingue...)
Li Shan est une jeune fille dotée d’une voix agréable et d’un visage aplati, "Shan" signifie aussi montagne, à raison je trouve. Elle est très redevable(?) envers miss Yi et fait partie de ceux qui lui portent son sac et lui servent du thé avec empressement. Elle m’a dit que ma barbe était jolie, donné son numéro de tel et demandé si les français étaient romantiques et si j’avais une petite amie. Plutot direct comme approche !

Bref, pour avoir un statut clair dans ce milieu, je fais comme les jeunes, je respecte les vieux oncles et tantes et je sers du thé à tout le monde. En tant qu’étranger, je ne suis pas obligé de respecter le protocole, mais en tant qu’anthropologue je cherche entrer à dans le tissu social.

La nourriture chinoise est vraiment bonne ! Les bols de riz ou de nouilles à 0.20 euros ne sont pas exceptionnels certes, mais dès qu’on choisit un bon restaurant, à 2 euros par personne, c’est excellent ! Les baguettes ne me posent plus trop de problème excepté par manque de confiance en ce qui se fait ou non. (j’ai tendance à oublier que l’enjeu est de toute facon insignifiant : au pire je perd la face, la belle affaire !) Et j’ai trouvé du lait, de la confiture et du pain pour le petit déjeuner !

Aprè le resto, massage traditionnel chinois, on fait chauffer les pieds dans l’eau bouillante une petite demi-heure, (en en rajoutant régulièrement, de plus en plus chaude), puis massage énergique du cuir chevelu, du crane, et test des capacités de résistance de ce dernier, même chose pour les mains puis pieds, en plus violent, pour finir avec des étirements du dos et de grandes tapes bruyantes. Le tout en discutant gentiment avec le voisin, avec le dernier feuilleton à la télévision en bruit de fond. Bizarrement, ce traitement est assez relaxant et revigorant à la fois. Et j’ai aussi remarqué une accélération du pouls, de la respiration lors de l’écrasement-pincement des talons. Étrange. Une remise en forme intéressante, à réitérer.

Visite aussi d’une usine, 300 personnes, qui travaillent par terre, qui ont des machines, ou la manutention est uniquement manuelle et anti-optimisée. Ici aussi, les effectifs ont été doublés. Peut-être les ouvriers travaillent-ils mieux ainsi ? En groupe, on se sent mieux et on cherche à montrer aux autres qu’on respecte son travail qu’on doit donc être respecté ?

Toujours pas d’occidental par ici, mais des étudiants du Ghana et du Cameroun. Avec un accent en anglais parfois compréhensible.

A bientot,

Florian

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