Bonjour à tous,
Bonjour à toi,
De retour en France et n’ayant pas donné beaucoup de nouvelles de Chine, je voudrais tout de même faire un bilan clair, concis, détaillé et synthétique de ces derniers mois, des changements et modifications qui en résultent.
Aussi j’ai fait une liste mail Liste-Voyage-Flo"arobas"googlegroups.com (remplacer "arobas par @) et tu dois comfirmer le mail d’inscription pour lire la suite du journal. Aussi il y a les journaux en ligne, blog qu’y-z-appellent ça. Plus tard peut-être.
Alors la Chine c’était comment ?
Au début à Pékin, beaucoup de monde et beaucoup de bruit. Klaxons dans tous les sens, une façon différente de conduire et de traverser la route, des panneaux évidemment illisibles. Une grande ville.
Puis la province, des voitures plus lentes, mais toujours beaucoup de confusion. Des yeux fixés sur l’étranger avec des rhalos (hello !) parfois envoyés avec respect, souvent reçus avec inconfort.
Après un mois, une rencontre fortuite dans les montagnes Song et un ami d’ami d’ami me propose une occupation, un logement et de l’argent de poche.
Des liens se créent rapidement, je m’habitue à presque tout sauf parfois ces regards insistants. J’arrive à trouver à manger, sortir un peu, apprendre à parler, à écrire, et même presque à gérer mon statut d’étranger exotique. On me perçoit riche, incompréhensible, beau (car j’ai peau blanche et ai de si grand yeux), anglophone. Je réalise que je ne deviendrai pas chinois, que comprendre les réactions d’une personne chinoise demande beaucoup de temps.
Malgré mes idéaux de tolérance, respect d’autrui, et droits de l’homme politiquement correct, le jugement à l’emporte-pièce fait sournoisement son chemin dans mon esprit dans les moments de fatigue ou d’exaspération : "ces gens-là, y sont pas comme nous".
Finalement sur le départ, je me rend compte que j’ai des amis chinois que j’apprécie ; au-delà de l’incompréhension mutuelle, des relations se créent. Même si je me sens mieux compris par un australien avec qui je discute une heure, les amis chinois que j’ai vu chaque semaine pendant des mois me sont chers.
Je n’ai pas vu la grande muraille de Chine, ni ne suis allé au Tibet et c’est tant mieux. Je reviendrai. En revanche, je veux vraiment aller à Hong-kong. Et dans le centre de la Chine (Henan) il fait TROP FROID l’hiver quand les maisons ne sont pas chauffées. Et trop chaud l’été.
Il y aurait encore beaucoup à dire bien sûr. Et le plus important n’est pas si évident. Le rapport à l’argent, le rythme de travail nécessaire, l’accoutumance à l’impossible, les repères qui se brouillent, le retour à soi en tant qu’individu stable dans un milieu transformé, l’Etre face à la multitude, elle, les étrangers si variés, les bons sentiements et la folie partagée, le racisme, l’incompréhension et la haine entre les peuples, l’internet et les téléphone portable, QQ messenger tchate intantanée, l’avenir en suspend, les marriages précipités, l’homosexualité, les contradictions, la couleur de la peau, préjugé ou indice. Et tant d’autres choses, vous n’avez qu’à me demander.
Et ensuite ?
Envie, je voudrais aller au Brésil, Japon, Allemange, Australie, Canada, Afrique, je n’ai pas vraiment envie de retravailler tout de suite,
Argent, grâce à mon dur labeur, je n’ai rien dépensé de ce que j’avais prévu.
Buts, j’ai besoin d’un an pour parler correctement chinois, six mois pour l’espagnol, un an pour l’allemand. Ca fera cinq.
Temps, j’ai le temps.
Je vais donc sans continuer à voyager un peu. Un ami écrivait il y a quelques années "je me demande si je ne vais pas rester en vacances pour toujours et ne jamais me remettre à travailler" (il travaille à présent). Ce n’est pas mon cas, je sais que je me remettrais à travailler car c’est un moyen de faire des choses formidables, mais je comprend mieux ce sentiment à présent.
Dans l’immédiat, retour aux racines de ma vie, et aux forêts francomtoises. Je pars dans une semaine pour Ljubljana capitale de la Slovénie. Je voudrais revoir ceux que j’ai l’impression de perdre de vue et que c’est dommage, et les autres aussi, peut-être fin-aout/début-septembre ?
Portez vous bien et que la vague vous porte au-dessus des nuages de brume pour vous faire voir les étoiles qui naissent du sourire des inconnus.
Florian