Avertissement
Faites attention en lisant cette page, et encore plus en visitant les endroits cités. Le glauque est une réalité intéressante à explorer, à comprendre, à condition de le faire avec un bon esprit. ON NE VA PAS AU ZOO, les gens ne sont pas des bêtes de cirque. Si c’est pour se moquer d’eux, les mépriser, etc, alors il vaut mieux s’abstenir, ça me paraît très important. Autrement, vous risqueriez de blesser ces gens-là et en plus vous apprendriez à etre cynique. Ce n’est pas le but.
Qu’est-ce que le glauque ?
A l’origine, le glauque est une couleur (genre blanc - vert pâle, couleur hôpital) puis par extension une ambiance, puis par extensions et abus de langage ça veut dire plein de choses, et ça s’applique jusqu’aux activités et personnes. Sur cette page, glauque veut parfois simplement dire "moche d’après les critères les critères usuels, sâle, kitsch, de mauvais goût", ou alors "triste et déprimant" (quand il s’applique aux gens).
En fait, en regardant de plus près, on peut distinguer deux types de glauque : le glauque qui s’applique à des lieux et celui qui s’applique aux gens. Celui des lieux, surtout si les gens qui fréquentent ces lieux glauques sont heureux, est plutôt du glauque sympa, pour peut qu’on ait dépassé certains préjugés esthétiques qu’on nous apprend étant petit. L’exemple-type de ce glauque est le kebab de la rue Saint-Denis où je suis tombé un soir, et qui est à l’origine de toute cette réflexion sur le glauque.
Par contre, le glauque qui porte sur les gens est typiquement du glauque pas sympa, et il faut faire attention si on veut l’explorer à ne pas tomber dans une moquerie du malheur des autres. Ce malheur est pour ces gens-là leur vraie vie, et ce serait moche d’observer ça en voyeur, pour en rire, pour le tourner en dérision. Un exemple de ce type de glauque est donné par une cafétéria Casino le vendredi soir, avec les types qui mangent seuls et pour qui c’est là la seule sortie de la semaine. Dans la suite, je m’interdirais de citer et explorer le glauque pas sympa qui touche les gens les plus démunis, par respect. Par contre, je vais citer du glauque pas sympa qui porte sur ceux qui auraient facilement les moyens d’en sortir, et qui pourtant ne s’en rendent pas compte. Ce glauque-là peut être intéressant à explorer, à condition de se mettre en décalage, pour afficher clairement notre dissention et ne pas le renforcer.
L’idée sous-jacente de tout ça, c’est que les endroits qu’on définirait intuitivement comme glauques sont parfois très sympas, on y fait parfois des rencontres passionnantes, alors que des situations qu’on ne qualifierait pas comme telles (par exemple les soldes à St-Germain des Prés) et des gens censés faire partie des privilégiés sont parfois d’un glauque désolant.
Voilà, c’est tout pour la théorie, place aux exemples, avec un dernier conseil : si vous le pouvez, visitez du glauque d’extérieur par une journée ensoleillée, vous en percevrez plus facilement la beauté.
Les bonnes adresses
J’ai encore peu visité les adresses qui suivent, la plupart m’ont été suggérées (merci notamment à Nadège, Anne et Stéphane). Je mets le signe (X) à la fin de la description pour les endroits que j’ai personellement visités, pour les autres la description n’est pas de moi. Entretemps, vos suggestions sont extrêmement bienvenues, avec si possible une description simple mais détaillée : s’il s’agit d’une catégorie, par exemple les PMUs ou les laveries automatiques, une adresse est bienvenue, et aussi l’heure la plus intéressante pour faire la visite. Vous pouvez bien sûr compléter mes descriptions, ou réagir.
NB : Si vous n’aimez pas le glauque, j’ai quand même des Bonnes adresses non glauques à Paris à vous conseiller.
Kebabs de la rue Saint-Denis
"Il est environ une heure du matin, dans le haut de la rue presque déserte les prostituées attendent d’improbables clients, et malgré leur carure imposante, la présence de Nadège à côté de moi suffit à les laisser à leur place. Il y a plein de flics qui patrouillent le quartier, du coup tout est tranquille, on arrive à notre kebab. Il est bien rénové, le mur est vert petit-pois, il y a par terre un gros carrelage gris, un bout de mur est fait en petites briques en terre cuite, et au plafond il y a des moulures roses et blanches de style baroque, avec un plafond qui descend plus bas sur les côtés. Sur les murs, il y a deux grandes photos, une de Florence, l’autre de Venise, et aussi des grandes photos de pizzas aux nom italiens estropiés, photographiées crues (c’est plus apétissant comme ça ?). On recommande particulièrement la "pizza-kebab", recouverte à moitié de frites géantes, et à moitié de kebab, comme l’indique le nom, ça doit être l’idéal pour les petits creux en fin de soirée. Les serveurs-pizzaiolos comptent deux maghrébins et deux asiatiques, tous avec un air vraiment gentil. Ca doit faire quoi de travailler toutes les nuits dans un endroit comme ça ?
Le menu annonce "les meilleures pizzas de Paris", les néons donnent à la pièce une lumière d’hôpital, c’est notre endroit. On s’assied, commande un pain et une "petite barquette de frites", qui correspond en fait à une pelletée de frites géantes versées directement sur le plateau, le remplissant à demi. Vers 1h, c’est pas encore la grande affluence, il y a quelques gars bourrés qui repartent vite, des gens en fin de soirée, les yeux rouges, des coupples classiques, tous les flics qui font une pause pendant leur ronde (on en verra une vingtaine en tout). A partir de deux heures, toutes les tables sont remplies, et il y a la queue au comptoir, celui-ci doit être le dernier endroit ouvert, les gens viennent pour manger, et dévorent leur pizza accompagnée d’un sandwich, ça fait mieux.
A la table d’à côté, il y a un argentin d’origine indigène, qui explique son exil et le sort de sa communauté, les pays qu’il a parcourrus, etc. Il peste contre le christianisme, parle de cactus andins (les gars bourrés devraient plutôt essayer ça !) et repart en mobylette avec sa copine asiatique. A côté de nous s’asseoient trois algériens qui ressortaient d’un cabaret, deux sont en couple mais l’avoueront timidement, l’un nie d’abord, il parlent de leur éventuelle fête de mariage, des pâtisseries, de leur pays. Le troisième gars, seul, à l’air malheureux, il n’aime pas Paris. Mais les autres rigolent. En partant, un malgache à l’air vraiment gentil, noir et le visage lisse d’enfant, interpelle Nadège, lui explique qu’elle a toujours rêvé de faire du bien à partir du mal, que dans la vie chacun est armé d’une épée et qu’il faut refuser d’assassiner ses copains parce que c’est des copains, et plein d’autres trucs spirituels dans le genre. Quand il apprend qu’elle fait médecine, il explique que pour aider le monde, il faut faire médecin légiste, pour partir à la recherche des bouts de cadavre dispersé, tout comme les égyptologues qui eux aussi sont très importants… C’est bizarre, ce gars vraiment gentil n’avait pa l’air bourré. Il est 4h du mat, et insiste pour partager son assiette géante de frites-kebab. Une autre fois peut-être. Derrière lui, il y a un autre type gentil, la soixantaine, avec une jolie barbe qui lui encadre le visage, décidément tout le monde a l’air gentil. Le malgache lui dit qu’on aime bien sa barbe, il explique que la barbe à la Ben Laden c’est plus avantageux parce que ça permet de couvrir certaines parties quand vous êtes à poil, et enchaîne sur des obscénités que je ne répèterai pas. Bon, temps de rentrer, vraiment. On marche un peu, il y a une voiture arrêtée à un feu, avec un type au volant, seul, la musique à fond, il danse en tapant dans ses mains. Il nous aperçoit en démarrant, fait coucou, et part en trombe. Il est 4h30, dans 5h30 j’ai mon cours de théâtre… (janvier 2004) (X)
Un salon de thé maghrébin rue Saint-Denis
Décidemment il y a plein de trucs sympas dans cette rue. Ici c’est genre long couloir blanc, avec trois vieux attablés, le thé à 1,20 euros, 1 euro seulement si vous le prenez au comptoir, un petit comptoir minable et vide au fond de la pièce, isolé, où on aurait l’impression d’être punis, rélégués. Le comptoir c’était pas censé être plus vivant que la salle ? J’y suis repassé une autre fois en journée, c’était bondé, et que des hommes.
PMUs : un gros PMU bien animé c’est mieux. J’ai fait un stage d’ethnologie dans quelques PMUs de banlieue à observer les joueurs, et c’est un autre monde à découvrir, je raconterai un jour tout ça sur ces pages. Sachez juste que les courses sont l’après-midi, donc c’est le moment le plus spectaculaire. Le matin on rencontre par contre les retraités et ceux qui passent jouer avant d’aller au travail, c’est plus calme mais tout aussi intéressant. C’est très facile en général de parler aux joueurs, qui seront bien contents de vous expliquer tout sur leur pratique du jeu. Dans Paris, il y a des PMUs partout, on m’a recommandé ceux autour de la place d’Italie ou dans le onzième, c’est mieux si c’est dans un endroit populaire.
"L’atmosphère dans la salle est toujours tendue. Tout à coup, la caissière se met à hurler : "J’en ai marre de vous." Elle engueule les gens, leur ordonne de retirer leurs mains de la vitre, de se calmer, de bien remplir leurs feuilles de jeu. Mais les gens s’en foutent, ça leur importe peu de se faire gueuler dessus, ils n’ont dans la tête qu’une feuille de jeu, et savent très bien que la patronne va se calmer très vite, que ça lui passera. Ils savent juste que cette crise va leur faire perdre 30 secondes, pas plus, alors ils attendent le regard vide. La caissière se calme effectivement, le jeu reprend, tout est comme avant.
C’est en réfléchissant à tout ça que je me rends compte à quel point le vie de ces gens-là nous est étrangère. Quand on nous parle de nouvelles technologies, le frigo qui fait les courses automatiquement sur internet, la voiture guidée par satellite, les voyages dans les contrées lointaines, les progrès de la chirurgie, tout ceci ne nous choque pas. Pourtant, pour ces gens-là, le progrès, le 21ème siècle, ce n’est pas tout ça, c’est simplement les paris centralisés par ordinateur et toutes les courses en direct, la possibilité de parier de plus en plus vite, de plus en plus loin. Le 21ème siècle c’est l’accélération des mouvements frénétiques dans un café glauque de banlieue où l’on bouge dans tous les sens pour arriver à parier à temps pour la prochaine course tout en calculant pour la suivante. Le 21ème siècle, pour eux, c’est ÇA ! Avant, il y a 4 ou 5 ans à peine ça n’existait pas. Eux, s’ils regardent le 20h à la télé, ce qu’ils y voient tous les jours, c’est de la Science Fiction !" (février 2004) (X)
Les magasins de moquette de Bagnolet : J’imagine qu’ils doivent être plus sympas lorsqu’ils sont vides (pleins, ce serait plus du glauque qui porte sur les gens, moins sympa)
Les maroquineries vers Ménilmontant et les magasins de fauteuil en cuir : avec des noms tels que "La caverne de …"
Les hotels bon marché autour du bd de Bonne Nouvelle : on en a visité un certain nombre, mais comme il était minuit on n’a pas osé déranger le gardien en lui demandant de visiter les chambres. Des bonnes surprises, un hotel à 17 euros la chambre (25 la double) dans une impasse tranquille, d’autres un peu vétustes, l’un avait une carte de visite du temps où les numéros de téléphone avaient encore 8 chiffres. Certains font un peu "kebabs de l’hotellerie", avec leurs néons blafards et leur déco sobre mais propre, la famille de maghrébins proprios qui discutent au rez-de-chaussée, etc. (juillet 2004) (X)
Flunch : j’ai longtemps hésité à mettre cette adresse car c’est une chaîne de restaus, et en général j’aime pas trop ça, et je me dis que se retrouver et consommer dans un tel endroit c’est les encourager. Ce qui n’est pas bien à priori. Cependant, ce serait plutôt une petite chaîne avec une bonne politique : favoriser la nourriture équilibrée (ils offrent des LEGUMES à volonté) pour un prix du même ordre qu’une pizza-kebab, la rendant accessible au grand nombre. J’ai consulté leur site web, mais à part la formule "légumes à volonté" j’ai pas trouvé grand-chose, ça prouverait que c’est un "petit groupe". Du coup, j’aimerais bien votre avis, votre expérience du Flunch et son éthique.
"3 jours après c’était par le hasard du calendrier un de ces jours qui n’arrivent qu’une fois l’an pour chacun d’entre nous. Bref, à trois, on tente le Flunch près de Beaubourg. L’un prend un vrai plat, avec N. on préfère ne pas enrichir Auchan (proprio de Flunch) et on tente les légumes à volonté, un plat pour deux (et on peut se resservir à volonté), pour 4 euros. Vérification de carte d’identité, et on nous apporte un gâteau censé être pour trois, mais qui convient pour dix. On en profite pour le partager avec tous les gens dans la salle, qui sont bien contents. Il y a pas mal de gens seuls qui viennent manger ici tous les soirs, parce que chez eux ils n’ont pas de cuisine, les gens n’ont pas tous l’air malheureux ici, certains se connaissent, se retrouvent ici, et pour le prix d’une pizza kebab ils ont un vrai repas équilibré. C’est pas mal. Si vous aussi vous passez dans le coin pour votre anniversaire, je recommande donc le gâteau gratuit, si ça se donne vous n’avez même pas besoin de commander autre chose, et ça vous fera rencontrer des gens." (février 2004) (X)
Mc Do, Quick, chaines de fast-food : Attention, c’est plutot du glauque pas sympa parce qu’il porte sur les gens. Et en consommant vous contribuez à renforcer ce genre d’endroit. Par contre, si vous utilisez juste les tables ou les toilettes, c’est mieux.
Le méga sex-shop de Pigalle ("multiplex du sexe" ?) : il paraît que ça fait 4 étages, que c’est super-clean (nettoyé en continu), avec des grandes allées genre super-marché et les gens en costard qui viennent faire leur courses en fin d’après-midi. Il faudrait la jouer fine, mais ici il y à peut-être moyen de venir pique-niquer, ou au moins de s’installer sur des marches d’escalier, avec un thermos de thé chaud et des petits tasses en porcelaine.
Les carrières de craie de Brimborion et les catacombes : jusque là, je n’ai visité que les carrières et les catacombes du 13ème, mais ça valait vraiment le coup : des tunnels sombres à l’atmosphère humide et au silence lourd. Des habitués qui se retrouvent là pour jouer du didgeridoo ou faire la fête. Certains sculptent dans les murs de certaines salles et c’est vraiment beau. Et quand les gens mettent plein de petites bougies dans toutes ces sculptures… Je cherche par contre des gens pour m’emmener dans les catacombes.
Le guide soulève une plaque d’égoût boulevard de l’Hôpital, les non rares passants nous regardent étrangement pendant que nous nous efforçons de descendre rapidement et "discrètement" sur les marches de fer de ce tunnel sombre, étroit et humide, une échelle de 20m de haut, c’est assez impressionnant, et on se demande où on va débarquer.
Le réseau du treizième est un petit réseau, non relié aux autres réseaux parisiens, une quarantaine de kilomètres de galeries basses et humides mais solides et bien carrées, ce sont des anciennes carrières calcaires et surtout des tunnels creusés il y a deux siècles pour surveiller ces carrières, avec des gros murs en pierre taillée. Ces tunnels portent des plaques de rues et suivent les vraies rues, en surface, 20m plus haut. Le guide est incollable sur les types de murs et les époques, nous le suivons pendant une bonne demi-deure, dans le silence de nos pas couvert seulement par le ronronnement périodique des métros pas loin, jusqu’à arriver à la "salle des PTT". C’est un système de plusieurs larges salles qui servait autrefois pendant la guerre d’abris anti-bombardements, un grand escalier antipanique mène cinq étages plus haut à une porte blindée impressionnante, et fermée, qui doit donner sur le centre de tri de la poste. Dans la grande salle en bas, il y a une table basse avec une quinzaine de personnes attablées qui discutent et écoutent de la musique, un type qui jongle à côté avec du feu. Deux gars allument une barre chimique luminescente jaune fluo (ce celles qu’on vend l’été le long de la plage), on peut balancer le produit sur les murs d’un couloir noir et sur les gens, ça fait comme un ciel étoilé tout autour de vous, du sol au plafond, jusque dans vos cheveux, et c’est à couper le souffle.
Deux heures du mat, temps de repartir, on se regroupe sous la trappe le guide la soulève et nous sortons au plus vite pour ne pas se faire remarquer, on se retrouve sur le troittoir avenue de la porte d’Italie, devant le MacDo. Les rares passants nous regardent, l’un nous prend en photo avec son téléphone portable. Ca serait encore plus marrant, en milieu de matinée, de voir sortir tout à coup d’un bouche d’égoût un groupe d’une vingtaine de jeunes en bottes, certains avec un instrument de musique, et tout refermer, comme si de rien n’était…" (mars 2004) (X)
Les salons et tournois de jeux vidéos en réseau, voire simplement une salle de jeu : imaginer des gamins boutonneux qui passent leurs journées devant un écran. Il y a aussi des sportifs électroniques professionnels (spécialité : tel jeu, Warcraft, …) que tous les jeunes connaissent paraît-il et qu’ils rêvent de rencontrer.
Laveries automatiques : je n’ai pas encore d’adresses particulières à donner (si vous en avez c’est bienvenu), mais je vais chercher. On pourrait y organiser des vernissages de peinture de Delphine un de ces jours, si elle est motivée.
Le départ au ski en gare de Lyon le samedi du début des vacances scolaires, et le retour le dimanche suivant : Ca peut être un bon endroit pour un pique-nique sympa.
Les rues autour de St-Michel la nuit : c’est assez désert, il y a les gens qui traînent en revenant de soirée bourrés, ceux qui n’ont pas trouvé de filles, etc.
Le Conforama près de la Samaritaine le samedi après-midi, et puis aussi Carrefour, Auchan et compagnie : Le seul problème, c’est que c’est dur de ne pas se faire prendre par le glauque si on fait les courses (et en plus on finance ces endroits, c’est mal). Il faudrait trouver le courage pour aller y pique-niquer, ou faire autre choses en décalage. Quoi ?
Toutes les grandes surface de banlieue (Conforama, Kiabi, la Halle aux Chaussures, Gemo, Babou, Cuir Salon). Si vous voulez du glauque à domicile, par contre, allez visiter leurs sites web, notamment les pages qui décrivent la glorieuse histoire depuis le fondateur (exemple : "Le concept atypique BABOU à savoir des magasins populaires et de périphérie, proposant encore plus de choix au meilleur rapport qualité/prix, offrant une large gamme d’articles diversifiés et suivis afin de permettre à tous de les acquérir. […] BABOU va à contre pied de l’évolution actuelle du commerce, à savoir une forte tendance à la spécialisation, en se voulant le généraliste qu’il est devenu aujourd’hui. La conception interieure des magasins (larges allées de circulation, carrelage, climatisation…) créé également la différence par rapport aux autres enseignes auxquelles BABOU se trouve trop souvent et injustement comparé."), ou celui qui propose tout son catalogue photographié sur Loana, ou celui qui se vante d’avoir une collection portant une petite étiquette de quelques centimètres avec marqué Star Academy).
Métro parisien et RER : il y a du glauque joli et varié, avec plein de gens intéressants à observer, bien qu’en général ils ne soient pas très souriants. Les lignes un peu plus pauvres et délabrées (genre 18ème arrondissement) sont plus colorées et vivantes, les lignes plus neuves ont du glauque hôpital. Un jour, j’irais bien passer une après-midi froide et pluvieuse dans les métros. Entretemps, je rends hommage aux gars de mon Ecole qui ont réalisé le défi métro : parcourrir toutes les stations métro et RER de Paris intramuros en 11h environ. Ils ont dû pour cela calculer un parcours efficace grâce à un algorithme informatique. (X)
La salle S à 4h du mat : c’est la salle info de mon école, mi-enterrée, elle a une lumière blanche de néon, le bruit des ventilateurs des machines. C’est du glauque sympa car les gens qui y sont jour et nuit sont plutôt contents d’y être. Je n’ai cependant jamais songé à y rester simplement par goût du glauque. (X)
Soirée école de commerce (HEC a bonne réputation pour ça) avec Open Bar et alcool à volonté, et les gens qui y vont pour ça. Quand on pense que c’est la future élite de la nation…
Salon "Modes et Travaux" (porte de Versailles, décembre) : patchwork, point de croix… "C’est un salon assez grand, rempli de monde à craquer, que des femmes au foyer ou retraitées, la plupart plus de 45 ans, qui viennent acheter du matériel pour broderie, etc. Elles passent leur temps à se bousculer pour attraper en premier le plan du salon, les soupes Knorr et les bouts de chocolats gratuits, et mieux regarder les démonstrations. Coups de coude, coups de pieds,…"
La préfecture de Nanterre et les environs : j’ai aussi été mardi dernier à la préfecture de Nanterre pour interviewer une coordinatrice de ZEP pour la revue politique de l’ENS. Il faisait gris, et il pleuvait. Partout des grands immeubles carrés en escalier, des vitres carrées réfléchissantes, des galeries en béton, des grandes lignes architecturales partant dans tous les sens. Avec le soleil, au printemps, cet endroit sera splendide. Certains lui reprocheront de manquer d’humanité, mais pourquoi ? La plupart des gens en région parisienne passent toute leur journée de boulot, la moitié de leur temps éveillé dans un endroit comme celui-ci. Et ce n’est pas humain ?" (janvier 2001) (X)
La fac de Nanterre :"Ca me rappelle une vision en fac de Nanterre il y a deux ans, du temps où j’y avais cours. Il faisait beau, je marchais vite, et soudain je m’arrête : le grand pré vert intense jonché de quelques ordures balancées par le vent, de l’autre côté des grosses tours grises. Des jeunes discutent, assis sur l’herbe, en rond. D’autre traversent en marchant, au milieu des papiers, je suis resté vingt minutes, debout, à les regarder en souriant. Un jour il n’y aura plus rien ici, peu importe que ça soit dans 10 ou 10000, il n’y aura que ces ruines et la pelouse poussera au milieu des décombres, et ce sera toujours aussi beau. Nous construisons de sacrément belles ruines, au moins, et dans ces ruines les gens vivent et se promènent, et ceci suffit à donner un sens à la vie humaine. Il faut avoir confiance en l’homme, car au fond, quoi qu’il fasse, il y aura toujours de la beauté dedans…" (écrit en janvier 2004) (X)
La Défense :, les défilés de mecs en costard-cravatte-malette de portable. Ca peut être chouette de pique-niquer sur l’esplanade centrale un jour ensoleillés, aux heures de sortie des bureaux.
RER A Châtelet - La Défense : il paraît qu’il faut voir ça le matin, vers 8h30. Il faut en moyenne attendre trois trains avant de pouvoir monter, et qu’il y a des gens payés par la RATP pour pousser les gens dans les trains pour mieux les remplirs, et les arracher des portes quand ils voient qu’ils ne peuvent vraiment plus rentrer. Il paraît aussi que pendant les longues grèves RATP du printemps 2003 il y avait des bouchons de piétons sur le pont n voies qui va jusqu’à la Défense, il y avait tellement de gens que ceux-ci empiétaient sur la chaussée, et aucune voiture ne pouvait plus avancer.
Un pont au dessus du périf aux heures de pointe, ou le pont au dessus des voies de la gare du Nord : vous avez besoin d’une description ?
Bloc-opératoire d’IVG : pendant que la patiente est endormie, l’anesthésiste fait ses mots croisés, de toute façon il n’a rien d’autre à faire, il doit juste être présent au cas où il y aurait un problème, ce qui heureusement n’est pas le cas ici. Le chirurgien, tout en travaillant, discute avec les infirmières du piercing de la patiente et des piercing en général, si c’est moche, si c’est sexy, etc. Il faut comprendre qu’alors que l’événement est exceptionnel pour la patiente pour qui tout se joue, les médecins eux ont besoin de se sentir dans la banalité. Ceci n’est pas du glauque visitable, mais il n’est pas méchant, je le laisse pour info.
Les urgences en pédiatries : il paraît que la plupart des gens en attente c’est des mères inquiètes parce que leur enfant a un rhume, qui ne tolèrent pas que celui-ci dure plus de deux jours. Certaines viennent exprès à 3h du mat parce qu’elles se disent qu’elles feront moins la queue.
Premier jours des soldes sur les Champs Elysés,ou au Bon Marché, ou à Saint-Germain : les gens chics qui se battent pour les vêtements. Il paraît que le premier jour les magasins des Champs ouvrent à minuit !
Soirée hype où tout le monde te propose de la coke : désolé, j’ai pas essayé.
Le TGV Lyon-Paris le matin, avec le troupeau des costard-cravates qui fait la navette
St-Germain-en-Laye : (NB : c’est une banlieue parisienne)
"Le truc de St Germain, c’est la bourgeoisie… C’est une ville (pour le peu que j’en ai vu) qui transpire par tous les pores ce que tu peux imaginer de pire en pensant à "bourgeois"… C’est bien pire que Versailles… Il y a quelques trucs caractéristiques : par exemple, tu croises une mère de famille avec ses quatre ou cinq rejetons, tous habillés de la même façon et de manière très précise, en gros tenue de chasseur (dans les bruns et verts) en automne, ensemble bleu au printemps (bleu clair pou le pull, bleu marine pour la jupe ou le bermuda, suivant le sexe), et toujours le serre-tête pour les filles…"
Je confirme cette description de S. pour y être passé, ça fait petit village propre, faux, complètement faux. (X)
Bar-tabac de la place de Clichy : un des seuls ouverts jour et nuit.
Les voyants-marabouts africains qui font distribuer leur carte de visite à la sortie du métro Barbès
("Professeur Wahabe, grand médium, grand voyant, de grande réputation, il possède un don surnaturel, il maîtrise une force spirituelle exceptionnelle. Je peux vous aider à résoudre tous les genres de vos problèmes […] aide aux entreprises, chance au jeux, maux divers, puissance sexuelle, avoir du courage pour parler au monde, chance dans la vie, supprime rides et poils sur votre visage, chute de cheveux […] travail sérieux, rapide, discret, efficité dans trois jours, paiement après résultats"…) A ce titre, je vous recommande le site http://bp.noos.org/old/gurus/ qui fait une étude comparative hilarante des prospectus de ces marabouts.
Rue d’Aubervilliers (métro Stalingrad) : S. dit qu’il y a des terrains vagues, des maisons en ruines, c’est très "joli". Mais c’est malfamé la nuit, on ne peut pas tout avoir.
Le glauque ailleurs
Il n’y a pas qu’à Paris que l’on rencontre le glauque (d’ailleurs, la photo en fond d’écran est celle d’une chambre à coucher que j’ai eue en Inde). Voici quelques références pour le reste du monde. En fait les pays "pauvres" (Amérique Latine, Asie) abondent de glauque sympa, c’est-à-dire pour ceux qui auraient oublié des lieux glauques mais des gens contents (bien que pauvres). Bien sûr, il y a aussi le glauque moins sympa pauvre, dans tout ce qui est bidonville.
Chambres d’hotel : il y en a parfois d’extraordinaires, avec peinture décrépie, pas de fenêtres, sol en béton, un lit en fer rouillé et une étagère pour tout mobilier, un vieux ventilateur, un bassine comme lavabo et parfois un rat sous le lit. Mais tout ceci simultanément est très rare, la plupart du temps c’est glauque propre et dépouillé.(X)
Marchés et restaurants populaires : c’est un des premiers lieux que je visite dans une ville, plein de couleurs, plein de spécialités nouvelles, des gens bruyants, les gens qui vous sourient.(X)
Le métro : il n’y a pas que celui parisien, ceux de Berlin et Moscou valent vraiment le coup, il y a de très "belles" stations. Ceux de Milan et Calcutta sont bien glauques aussi, mais petits. Bombay est plus grand est s’apparente à un RER vieilli. J’ai l’impression que partout dans le monde les voyageurs en métro ont un état d’âme et un non-sourire semblables.(X)
Les forums de discussion aufeminin.com section "Régimes et diététique" : Ce forum est fréquenté par 3 filles, qui postent chacune 4 messages par jour, où elles décrivent à la bouchée près ce qu’elle ont mangé, ce qu’elles mangent et ce qu’elles vont manger, avec bien sûr ce qu’elles auraient eu envie de manger et ce qu’elle auraient dû manger, elle parlent de leur poids à 100g près, de rendez-vous hebdomadaires chez la diététicienne, et de rien d’autre. 4 messages par jour chacune !!!
Une citation représentative pour vous une idée plus précise :
"Hier soir j’ai fait de la pizza "maison" avec une salade verte. Mais par contre, j’ai mangé un paquet de chips entier avant le souper…… Vilaine vilaine vilaine
_ !!!!! Il faut que je me reprenne en main !!!!!!!
Ce matin, j’ai mangé des céréales. A midi je crois que je vais manger du sushi et ce soir soupe de tomate. Je dois réapprendre à manger léger le soir. Et si j’ai la dalle entre deux, je mangerai une pomme ou deux. Ca c’est permis.
Alors poupoune, qu’est ce qui s’est passé avec ton genou ? Tu as raison de continuer WW, même si ce n’est pas aussi rapide que Dukan, [note : ça doit être des noms de régimes] c’est à mon avis plus facile à tenir sur le long terme.
Bibiche, je vois que tu retournes chez la nutritionniste ce soir ? Tu en es où côté poids ? Tu es prête à recommencer et cette fois pour de bon ? Est-ce que tu t’es inscrite dans ce club de gym finalement ?
Moi je n’ai toujours pas commencé la piscine et il faudrait vraiment que je m’y mette sérieusement. Je vais aller m’acheter des palmes pour amplifier le mouvement.
Bon, il faut que je bosse un peu, car j’ai des dossier par dessus la tête.
A+,Twixie"
(mars 2004) (X)
Un site de consommateurs, donnant leur avis sur tout, comparant les différentes marques de yaourt à 0% ou les restos. Par exemple, il y a un type qui fait une dissert de 3 pages pour expliquer à quel point il aime le Flunch où il va manger tous les jours à midi, ou une femme qui raconte l’anniversaire de son mari, toujours au Flunch, dans un centre commercial. Ils y vont en famille avec les enfants et, puisqu’ils sont déjà là, ils en profitent pour faire des courses dans l’hypermarché. Ils arrivent au Flunch à 15min de la fermeture (21h45) parce qu’ils ont fait des courses longtemps, râlent parce que la serveuse papote 5 minutes avant de les servir, puis parce que comme c’est la fermeture on avait rangé à 22h tous les légumes à volonté, parce que c’est sâle, parce qu’on a coupé les dessins animés sur l’écran et du coup les gosses ne sont pas sages. Ils auront tout ce qu’ils demandent, on rouvre le stands des légumes pour avoir du rab, on rallume les télés, on leur donne une boîte pour emporter à la maison le gateau d’anniversaire gratuit offert par Flunch, parce que là ils sont trop énervés pour avoir envie de le manger. Suite à sa lettre de protestation, elle aura aussi quelques moi après des bons repas gratuits, mais bon, la femme continue à râler en racontant tout ça sur le forum web, en plusieurs page. Les gens vivent parfois des trucs qu’on aurait du mal à inventer, vous ne trouvez pas ?" (mars 2004) (X)
L’auberge de jeunesse de Rennes : "La cuisine vaut le détour : atmosphère glauque, murs, plafonds et meubles vert-petit-pois-clair, plan de cuisine à l’américaine (rond, genre compoir) lui aussi vert, placé sur une estrade surélevée au centre de la pièce, des tables rondes, des néons blancs ronds, ça fait entre le vaisseau spatial et l’asile psychiatrique, d’autant que pour compléter le cadre il y a, assis à une table, un type à lunettes et manteau noir qui fait semblant de lire L’origine des espèces de Darwin tout en se passant nerveusement la main dans les cheveux, en silence, fuyant notre regard." (24.04.2000) (X)
(dernière mise à jour : février 2004)