Bolivia : les paysages sont beaux


dimanche 3 août 2003, par Florian P.

Hola amigos, y amigas,

Voila la suite de la route pour la Bolivie. Quelques heures de bus jusqu’à Copacabana, puis deux heures dans le vent glacé du lac Titicaca sur le toit d´un bateau jusqu’à l’Isla del Sol. Cet endroit est féérique, irréel, formidable et plus encore. Un spectacle que je ne veux pas oublier est celui du lever de soleil derrière les cimes enneigées des Andes, avec le lac, les montagnes sans neige autour, les nuages, le soleil qui semble naitre du cratère d´un volcan. Comme les Incas il y a quelques millénaires, j’ai ressenti cette adoration devant l´événement surnaturel. Formidable ! (je me répete).

Après cela, une petite ballade sur cette ile qui respire le calme, la tranquillité, et un peu de réflexion devant la mer (le lac), j´ai résolu mon probleme avec les touristes. Je me suis réconcilié avec eux, parce que nous partageons le meme sentiment sur ce paysage. C’est tout simple, finalement. Chacun voyage, vit sa vie, et en profite de la facon dont il souhaite/peut. Et a présent aller dans un pays étranger pour d´autres raisons que les miennes ne me parait plus une hérésie. Avant, il y avait partout des mononcles (baufs, en Québecois) qui me genaient. A présent, c´est tellement agréable de rencontrer ces étrangers, différents certes, mais heureux de leur aventure, heureux de découvrir d´autres horizons. Par exemple, j´ai rencontré ensuite un couple de francais autour de la cinquantaine qui, auparavant, m´auraient énervé, dégouté, dérangé. Je n´aurais pas su voir par exemple que Michel, l’architecte, a accès à un horizon dont je n’ai pas idée ! quand il peint des paysages du monde entier (Chine, Pakistan, Inde, Kenya, Etiopie...).

C’est étrange comme tout se résout de soi-meme quand on voyage. Il faut dire que les trajets en bus y contribuent pour beaucoup. Mais il n´y a pas que le temps passé a réfléchir, il y a surtout le sentiment de liberté et de facilité qui permet de savoir que tout est possible et qui permet d´avancer.

Arrivés (avec Jovan) a La Paz, nous rencontrons partageons un taxi avec Giselda, péruvienne de Lima en vacances en Bolivie. Le lendemain, nous partons tous les trois au zoo de La Paz, un peu décevant coté oiseaux régionaux, mais j´ai apris a dire Canard (Pato), Oie (Huacana, heu, je crois) et oiseau (aves). Il y avait des condors, ces misérables charognards ; gigantesques et majestueux en vol peut-etre, mais charognards quand meme. Ensuite, Jovan part pour le musée de l´art, tandis que nous préférons aller à la Muella del diablo, la machoire du diable, une pointe rocheuse qui offre un panorama formidable, splendide...cf le passage sur le lever de soleil de l´ile del sol. Un petite description s’impose : La Paz dans la vallée, qui s´étend partout sur les montagnes sans neige, assez hautes et assez impressionnantes par elles-meme. Mais a la hauteur de la plus hautes de ces montagnes, au loin, il y a un plateau : une plaine bien plate d’herbe jaunie par le soleil de ! l´hiver, mais verdoyante en été. Ce plateau n´a pas sa place á une telle hauteur meme pour mes yeux franc-comtois (car en France-comte il y a des sorte de petits plateaux aussi). Évidement, bien plus haut que tout cela, au loin, il y a des sommets enneigés qui rappellent les Alpes. Ils ressemblent énormément, mis a part le fait qu´ils reposent sur ce plateau de la hauteur du Mont-Blanc. Et la nature s´est permis d´ajouter sur les montagnes les plus proches une variété de couleurs rouge, ocre, jaune et gris avec des textures différentes, des roches, de la rocaille, du sable, de l´herbe... Des bouquets de colonnes de roches qui ressemblent aux dolomites, des flancs ravinés, des vaches qui broutent au coin d´un virage...

Ce mail est déja long, pourtant il y a tant de choses encore.
Un bolivien qui voyage depuis 30 ans et vend/échange des colliers et bracelets de graines, pierres, terre cuite, corde tressée ; je craint qu´il ne se soit arreté, que le voyage soit simplement comme une maison, que les chaines d´une vie rangée qui me rebutent soient bien présentes dans sa vie. Bof, il a l’air heureux, et il est sympa. Le passage de la frontière à pied, avec un bus qui nous dépose juste avant la frontière et un autre après le passage de la douane avec une fouille en règle de tous les bagages ;
Ce paysage de roche, crevassé qui me rappelle les glaciers du Grand Paradis dans les alpes italiennes ;
La notice du médicament anti-paludisme (Lariam) qui m’annonce les pires catastrophes (nausées, diarrhée, constipation, perte d’appétit, de l’équilibre, de la mémoire, dépression, agressivité, suicide, mort a court terme), confirmée par la plupart de ceux que j´ai vu, "moi mon cousin, il ne prend rien, parce que le médicament est plus dangereux que la maladie", "et ca risque de rendre aveugle", le plus mesuré était "de toute façon il n´y a pas beaucoup de moustique", en fait je le prend depuis deux jours, il n´y a pas d´effet visible a part un picotement des yeux un soir dans le bus qui doit etre du a autre chose.
La traversée du détroit sur le lac, la nuit avec les étoiles, que meme le groupe d´anglais qui parlent au chien du bateau ne peut gacher. (ils vivent aussi leur aventure apres tout)
Le jus de fruit-lait-quenoa-otras-cosas que j´ai adoré et dont j´ai la recette ;
Le restaurant végétarien de Puno avec du tofu ;
La poinçonneuse de ticket du zoo qui se transforme en office du tourisme tres accueillante et efficace.
Le feu dans l’hotel qui s’avère etre un barbecue dans la cour.
La facilité de prendre le bus pour n’importe ou sans carte et sans aucune idée de l´endroit ou on se trouve. Il suffit de demander.

La vita e bella, (Italien) la vie est belle
Francia manta kani, (Quechua) je suis de France
Kami saki ? (Aymara) comment ca va ?

Ciao,

Florian

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PS : ceci est un mail je raconte ma vie, si vous voulez commenter ou me raconter la votre, n’hésitez pas.
PS : milles excuse pour les fautes et les accents, dans certains cybercafe, je ne peux pas les faire.

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