Bolivia, Peru : sur le chemin du retour


mercredi 13 août 2003, par Florian P.

Buenas noches a todos,

Un peu de biologie, aujourd’hui ?

Chapitre I : Biologie ou Pourquoi le blé ne pousserait-il pas bien dans la foret amazonienne.

Dans nos pays tempérés, les nutriments (les briques élémentaires des plantes, carbone, nitrogène... je crois) sont moitié dans la terre et moitié dans les plantes elles memes. Comme ça, si on brule une foret, on perd la moitié des nutriments, mais il reste l’autre moitié prete à etre utilisé par les graines de blé qu’on va planter. Ainsi, chez nous, on peut facilement transformer une foret inutile en un champ productif et rentable.

(il y a aussi les cendres qui sont un engrais naturel, mais bon, ça ne colle pas dans mon histoire).

Par contre dans la foret de Bolivie, le sol est très pauvre, 99% des nutriments sont dans les plantes. Si on brule la foret pour planter d’autres choses, il ne reste plus grand chose dans le sol et au bout de quelques années, c´est le desert, (a moins d´utiliser des engrais, mais pourquoi se fatiguer quand il suffit de bruler une autre partie de la foret ?)

Chapitre II : Pourquoi le sol de la foret est si pauvre.

Dans nos pays tempérés, il y a des saisons. En automne en particulier, les feuilles des arbres tombent et, pendant une courte période, se décomposent sous l´action de bactéries, champignons, parasites. Puis vient l’hiver et ces agents décomposeurs meurent. Grace à l’hiver, le processus de decomposition s´interrompt avant que les nutriments soient totalement digérés et inutilisables. Ainsi au printemps, les sol est riches de ces restes de plantes à demi digérées et les nouvelles plantes s’en donnent à cœur joie pour dévorer leurs pairs.

Par contre dans la foret de Bolivie, il fait continuellement chaud et humide. Le processus de dégradation est continu et les pauvres plantes sont consommées jusqu’à la fin. Il ne reste plus rien dans le sol.

Chapitre III : Pourquoi il a une végétation aussi luxuriante avec un sol aussi pauvre.

Tout simplement parce que les arbres et les champignons sont tres bons amis. Il y a une relation symbiotique entre les décomposeurs et les racines des plantes que je ne connais pas bien, mais toujours est il que les plantes arrivent à prélever subrepticement les nutriments nécessaires durant le processus meme de décomposition.

Une autre chose : les arbres ont des racines très proches de la surface du sol car les nutriments sont absorbés tres vite et n´ont pas le temps de s´infiltrer dans le sol. (Ce qui les rend d´ailleurs assez sensibles aux tempetes.)

Voilà, voilà...


J’ai commencé à dessiner un peu, quelques paysages, des objets, c´est intéressant le nombre de choses qu´on voit en regardant. Un objet simple, connu, peut prendre une dimension différente lorsqu’on se demande si il est plus haut que large, si l´arrondi que l´on voit n’est pas du seulement a la perspective, et une foule de détail qui sautent aux yeux après quelques minutes d´observation. (Et c´est la meme chose avec les visages sauf que leurs regards déconcentrent un peu).

De retour de la jungle j´ai pu trouver un vol au dernier moment pour La Paz, puis un autre pour Lima. Une visite éclair du marché aux sorcières de La Paz, j’ai quand meme pris le temps d´acheter un hamac, et quelques habits avec des couleurs, et du mate de coca qui passera la douane j’espère. A présent a Lima, je repars demain pour Caracas, j´ai pu confirmer mon billet par téléphone en espagnol, j´en suis très fier. Le quartier prés de l’aéroport est un peu glauque sans plus. Il y a quand meme internet. (Et au fait, si, à Rurrenabaque, dans la jungle, il y a internet, et la panne de la liaison satellite n´était pas une blague, par contre les communautés indigenes ou il n´y a pas l´électricité n´ont ni télé, ni internet)

J´ai acheté une grammaire d’Aymara et de Quechua, pour plus tard. Mais cette année, je vais me remettre sérieusement au chinois et a une autre langue plus facile (l’allemand pour l’instant, ou le catalan ?).

Je suis sur le chemin du retour, un peu long, cela va me permettre de penser a ce que j´ai appris, aux changements dus a cette ballade. J’ai rencontré des français et des suisses à l’hotel de La Paz, j’ai l’impression que j’ai plus de choses a dire, et que j´écoute moins. Ou peut etre m’écoute-t-on plus. A voir. En tout cas, j´ai changé, avec ma barbe de 6 semaines que je vais raser demain. Je ne decris plus toutes les rencontres que je fait, il y en a toujours mais je me sens déja reparti(r) vers un autre voyage, peut-etre.

Pas très clair tout ça ?

Que sea feliz tu vitad, (maintenant que je connais le subjonctif)

Florian

Article précédent : Bolivie : coca, la foret amazonienne...

Article suivant : Aeropuertos : fin.

Ce site est tenu par : Francesco Colonna Romano
Pour m’écrire : francesco ’arobas’ alamemeetoile.net