Avec Céline C., nous avons décidé de lancer en 2005-2006 un club théâtre dans notre collège. C’est la première fois pour moi, donc on a improvisé un peu d’une séance à l’autre. Nous ne savions toujours pas quelle serait la forme de notre production finale. Probablement des petits extraits présentés dans un spectacle de fin d’année ou dans des classes, suivi dans ce cas d’une séance questions-réponses sur l’expérience du théâtre. Cela aurait pu éventuellement être en lien avec la transition CM2-sixième.
Vous trouverez ci-dessous le contenu de nos premières séances, qui n’ont pas été fort nombreuses car finalement on m’a proposé un poste en prépa et j’ai du changer d’établissement. Je vous conseille donc plutot de consulter le compte-rendu d’un stage très intéressant auquel j’ai participé, qui proposait de nombreuses pistes de travail et exercices pour un atelier théâtre en collège.
3 octobre
Objectif : mettre les élèves en confiance et leur donner un premier travail de théâtre qui ressemble à du théatre (et non à un exercice). On choisit de ne pas faire appel à la voix, et de ne pas faire passer les gamins devant le groupe.
Première séance, une cinquantaine d’élèves, beaucoup. On essaie d’avoir leurs motivations et attentes, en fait ils viennent pour voir, parce qu’ils s’embetent à la récré. Pas trop de débat possible sur ce qu’est le théatre.
Exercice 1 : On les fait marcher en occupant toute la salle, sans se toucher, en silence. On leur dit ensuite de marcher comme s’ils étaient dans la boue, comme un vieillard, tristes, comme si on se levait le soir de Noel et on voulait descendre sans faire de bruit, le plus lentement possible.
Pb : aussi nombreux, il y a du bruit, des élèves qui font les clowns, on est trop nombreux, on décide de scinder la classe en deux groupes et salles.
Dans mon demi-groupe, je continue l’exercice de la marche, mais les élèves ne sont pas assez calmes, je trouve une variante statique.
Exercice 1’ : Les élèves sont dispersés, ils ont autour d’eux un cercle imaginaire de 1m de rayon dont ils ne peuvent pas sortir. Je leur fait imaginer tour à tour diverses situations : vieillard, ivrogne, fillette de cinq ans, star, sportif, en leur donnant des situations précises (la fillette marche en donnant la main à sa maman, elle voit un bonbon dans une boutique, la mère refuse de lui acheter, elle accepte finalement, la fille le mange, elle s’étouffe…), élève qui arrive en retard en cours, etc. Les résultats sont meilleurs.
Pour avoir le silence, je leur parle du cinéma muet, et leur explique que c’est plus intéressant car on peut dire plus avec gestes (et avec la voix, c’est trop facile).
Exercice 2 : 2 par 2 : rencontre de deux personnages imposés (sportif et vieillard), ils se serrent la main. Ca dégénère un peu (le sportif donne des tapes sur le dos du vieillard…), mais en donnant des indications ça devient intéressant. Je crois qu’il va falloir continuer à partir de là pour la prochaine séance pour préciser les personnages et batir une petite scène.
Globalement, les élèves semblaient contents
10 octobre
Objectif : prolonger le travail de la dernière fois, et faire présenter aux élèves leurs travail au groupe.
Toujours beaucoup d’élèves, dans les 35, donc on scinde les groupes. Ceci dit, les élèves perturbateurs (intéressés seulement à faire rigoler les camarades) ne sont pas revenus, donc ça se passe beaucoup mieux.
Exercice 1 (Echauffement)
Marcher en restant loin les uns des autres dans toute la salle, de différentes manirères. Vieillard, le plus lentement possible (ça a l’avantage de les calmer), coureur de 100m qui passe à la télé au ralenti, fillette, star, c’est la nuit de Noel et vous allez voir les cadeaux sans faire de bruit…
Ca se passe mieux que la dernière fois car personne ne fait le guignol. Pour terminer, je dis aux élèves de jouer celui qui arrive en retard en cours et s’assoit sans faire de bruit avec sa chaise. Du coup tout le monde est calme à sa place et on est pret pour donner les consignes suivantes.
Exercice 2
Les élèves se mettent par deux, chacun choisit son personnage, les deux personnages se rencontrent dans la rue, et quelque chose va se passer. Préparer une petite scène MUETTE d’une treintaine de secondes. Cette scène est ensuite présentée devant les autres.
Je passe dans les groupes pour les recadrer. Puis les élèves s’assoient sagement, les groupes passent un par un devant tout le monde, le public applaudit, on donne des conseils, ça se passe très bien. Apparemment les élèves n’ont pas de pb à passer devant les autres (probablement un effet de l’age, ils sont tous en 6ème et 5ème) et aime cela. Les scènes produites respectaient la consigne et montraient de très bonnes dispositions.
17 octobre
Objectif : Poursuivre le travail de roles stéréotypés et d’improvisation. Introduire la parole.
29 élèves présents, c’est toujours beaucoup, après les vacances on commence à alerner une semaine sur deux (un groupe 6èmes, un groupe 5-4-3èmes) de manière à avoir un effectif plus pratique.
Exercice 1 : Echauffement comme les fois précédentes en demi-groupes. Marcher au hasard dans la salle sans parler et sans se toucher en jouant des roles que je propose.
Exercice 2 : Il y a un banc dans un parc, un personnage arrive avec un role qu’il s’est choisi (vieux, fillette, jeune) et s’installe, puis un deuxième personnage vient s’asseoir et les deux ont un échange. Le premier s’en va. Un troisième prend sa place, et ainsi de suite pour faire passer tout le monde.
Pour introduire la voix, on met deux élèves qui font une doublire, mais ce n’est pas super-fameux, alors on enlève ces doublures (je pense néanmoins qu’en les choisissant bien ça aurait pu donner quelquechose d’intéressant).
Tous les élèves sont donc passés sans problème (pas de blocages), les autres regardaient en silence, et de bonnes productions, bilan positif donc. Par contre le trop grand effectif limite les possibilités, ce sera mieux en groupes.
7 novembre
On est pour la première fois en demi-groupe, avec les 6èmes. Une douzaine d’élèves c’est beaucoup mieux.
Echauffement : Céline les fait marcher dans toute la salle en prenant des attitudes. Ensuite elle a préparé une feuille d’exercices de diction (des phrases difficiles), un élève en lit une plusieurs fois, elle corrige. Puis tous reprennent en coeur.
On distribue ensuite la première scène du "Médecin malgré lui", les élèves se mettent 2 par 2. Certains s’entrainent sur les 4 premières répliques (2 par élève) d’autre sur les suivantes. Pas de gestes, uniquement le travail de lecture à voix haute et l’intonation. Je passe dans chaque groupe donner quelques conseils, puis chacun présente devant tout le monde. Ce n’est pas mal dans l’ensemble.
14 novembre
Cette fois c’est le groupe 5èmes à 3èmes, toujours une douzaine d’élèves.
Echauffement : Marche et exercices de diction, comme la fois précédente avec l’autre groupe.
Ensuite Céline travaille sur la scène 7 de La Cantatrice Chauve, pendant que je participe à une réunion.
21 novembre
Groupe de 6èmes. Une dizaine d’élèves. Echauffement en marchant, puis travail encore sur la voix et les exercices de diction. Puis on travaille de l’impro, toujours l’exercice du banc dans le parc : quelqu’un est assis, un deuxième arrive, les deux personnages entament une discussion. Puis le premier part et quelqu’un le remplace. Résultats intéressants. On travaille ensuite un exercice de mime (allumer une cigarette, boire un verre d’eau) pour expliquer aux élèves qu’ils ne doivent pas oublier les objets qu’ils font semblant d’utiliser lorsqu’ils commencent une nouvelle action.
28 novembre
J’ai eu la chance de participer à un stage de deux jours sur les ateliers théatre, qui m’a permis de voir un peu plus clair. Notre atelier commençait à cafouiller, j’espère qu’on parviendra désormais à lui donner des bases plus solides.
Le groupe 5èmes à 3èmes est en retard, et il manque beaucoup d’élèves : 7 seulement sont présents. C’est dommage.
Exercice de concentration : on marche en ville au milieu de la foule, puis on prend une petite ruelle, un sentier, on arrive dans la campagne, on se détend, on ferme les yeux, écoute les petits oiseaux, etc. ca a bien marché.
Exercice du tableau : "catastrophe naturelle en Papouasie" et "un dimanche à la campagne" à composer en venant se placer un par un. On explique aux élèves qu’il faut se placer par rapport aux autres (en interaction). C’est un exercice à reprendre.
Exercice des mains qui vieillissent : on regarde ses mains, imaginent qu’elles ont dix ans de plus. Puis 90 ans. En se concentrant uniquement sur ces mains de 90 ans, imaginer qu’on sort de la monnaie de la poche, qu’on la trie et remet ensuite ce qui ne sert pas. On se rend compte qu’alors qu’ils étaient concentrés sur les mains, tout le corps prend une attitude naturelle, et joue le vieux de 90 ans.On va essayer d’appliquer cela dans le travail de texte.
Exercice : on marche dans tous les sens en imaginant qu’on est tirés par une ficelle accrochée successivement au genou, au nombril, à la nuque, où l’on veut. On modifie alors le reste de l’attitude pour obtenir un personnage.
Texte : on travaille sur l’extrait de la Cantatrice Chauve. Chacun joue avec le personnage mis au point lors de l’exercice précédent (en étant tirés de quelque part).
J’ai été un peu vite avec la succession des exercices, mais dans l’ensemble on va déjà plus quelque part. Il faut vraiment qu’on essaie de continuer. La semaine prochaine, on essaie de fusionner les deux groupes.