Hola tout le monde
voilà des nouvelles toutes fraîches, a peine arrive, et déjà tellement de choses a raconter...
Les derniers moments a Paris avaient été un peu tristes, des au revoirs rapides à tous ceux qu’on aime, souvent trop rapides... Le vol s’est globalement bien passé, j’en ai profité pour rédiger des questions pour les gourous potentiels, et lire le guide, ou l’on trouve des trucs hallucinants. Il faut aller partout, mais surtout dans le centre vers Bénarès, le centre spirituel du pays, et dans le Bengale (Calcutta). On verra. L’avion a fait une escale supplémentaire à Delhi pour déposer des passagers du vol d’hier annule, et il en est reparti avec deux heures de retard. Peu avant d’atterrir, de l’eau se met a couler du plafond (la clim) en abondance, pile là où je suis assis. L’hôtesse m’explique que ce n’est pas grave, ce n’est pas une fuite mais de la condensation, et conclut "bienvenue en Inde"...
Déjà de l’avion, on a un aperçu des contrastes du territoire : Delhi dans un désert rouge, Bombay (deuxième escale) au milieu des collines et des forêts très très vertes, avec des canaux partout inondant la forêt. Et puis Madras, un peu plus informe, plate et moins verte. A la sortie de l’avion, on est accueilli par une bouffée de chaleur humide et torride. Je sors de l’aéroport, traverse la rue en courant jusqu’a la gare (j’ai quand même hésité vu la vitesse des moto-rickchaw (les bon vieux tuks-tuks thaïs) et autres bus qui passaient (les auteurs du guide auraient compté qu’un chauffeur indien klaxonne 20 fois par kilomètre, ce qui fait un beau concert). Bien sûr on voit déjà deux ou trois mendiants et des femmes ramassant des ordures le long de la voie ferrée, pour les revendre au recyclage. Tout va vite, je trouve un billet, le train passe, une sorte de train en ferraille, sans porte ni fenêtre, vert sale. En fait, il ne s’arrête qu’une minute a peine, et puis repart en accélérant lentement, de sorte que les voyageurs peuvent s’amuser à attendre le départ, puis courir un peu et sauter dans le train en marche. On dirait qu’ils le font exprès. Je suis à peine rentre qu’un déluge éclate dehors, en quelques secondes. Il durera un quart d’heure à peine. Quand je suis rentré, il y a eu un moment de silence, je me suis rendu compte que j’étais le seul blanc dans ce wagon délabré, et la trentaine d’indiens en face de moi s’en est rendu compte en même temps. Les indiens du sud ont une peau très sombre, accentuée par la pénombre de l’endroit, et ils avaient un regard d’une intensité troublante. En fait, il a suffi d’un sourire pour que tout redevienne normal, j’ai même parlé à l’un deux, tous paraissent accueillant et disponibles.
J’arrive finalement à mon arrêt, et retrouve Jean, qui se sent déjà chez lui au bout de deux jours. Il est accompagné d’un rabatteur sri lankais qui vient discuter avec lui de temps en temps dans l’espoir de toucher des commissions qu’il n’aura jamais. Jean a aussi connu un acteur australien installé ici qui avait proposé de le faire travailler comme figurant dans une superproduction locale (il s’agissait de danser un peu) pour après-demain, tous frais payés et salaire de 1000 roupies (20 euros). Il aurait du y avoir une place pour moi aussi. Finalement, ça na pas marché, mais le type voulait qu’on revienne le mois prochain pour un film sur les îles Andaman. A part ça, Jean a aussi trouvé un hôtel "luxueux" (avec salle de bain et douche et un cadenas solide) pour 3 euros la double, dont il a bricolé la chasse d’eau qui était cassée, il a échangé cinq cigarettes italiennes contre un morceau de tissu bleu qui peut servir de chal ou de balluchon et acheté une montre solaire qui a déjà pris l’eau, du coup il voudrait l’échanger contre autre chose. Eh oui, ici on peut tout acheter ou troquer sans problème, et le patron de l’hôtel m’a dit que si j’ai un truc cassé, il veut bien le récupérer aussi...
On a aussi été se promener deux heures dans la ville, un bon bout. Il y a essentiellement des routes défoncées, avec de la boue de partout, une grande confusion de véhicules en tout genre qui continuent à klaxonner, des passants qui cherchent à s’abriter lors des averses périodiques, et des étalages de nourriture à l’air tout à fait appétissant. On s’habitue peu à peu à la confusion, et on peut mieux regarder autour. Il n’y a pas un blanc par ici, mais on se sent à l’aise, en sécurité.
Voila. Ça, c’était pour le premier contact, qui a été des plus prometteurs. Ce qu’il faut maintenant, c’est rester calme et ne pas trop s’emballer, en cherchant de tout faire en même temps. Je vous donnerai plus de nouvelles bientôt, et j’espère que tout va bien pour vous en Europe, et un grand merci a tous ceux qui m’ont déjà écrit.
Hasta luego
F., qui est impatient de ressortir pour un tour