Samedi donc je pars aux aurores de Xingping... Je suis la première à monter dans le minibus, qui sur la route ne tardera pas à se remplir... 6h c est l’heure des travailleurs, on s’en va au marché, on commence sa journée et c’est chargé de marchandises que l’on monte dans le bus, qui de gros ballots de riz, qui de l’engrais qui des poules qui ... d’une echelle !!! non papy est furieux, on ne le laisse pas rentrer avec son échelle !!! 15 000 arrets et 15 km plus tard, Yangshuo sort de la brume et une fois de plus je me dis que j’ai bien fait de ne pas y rester... trop de monde, de bruit, de voitures, de vélos, de tout... encore une heure et demi à 20 à l’heure sur une belle route encombrée de rares véhicules... mais comment dire... les chinois ne savent pas rouler, les véhicules lents sont n’importe où, de droite comme de gauche et les conducteurs sont en slalom permanent... A Guilin re-gare routière, quete du bon bus, et c’est reparti. direction Longsheng où je dois retrouver Marc le grand allemand. C’est sur ma route et l’arret était prévu donc ça tome très bien !... J’ai demandé à Marc hier où il était exactement, à Longsheng ou aux alentours, il m’a répondu, hotel Panorama, 3 minutes from number one everybody knows.... bon, ben si tout le monde connait, pas de soucis.. Il n’a plus de batterie à son téléphone, mais je me dis que je vais trouver facilement... à Longsheng un papy m’embarque direct dans son rickshaw, pas de problème...euh...hum hum.. il m’amène à un hotel, pas mon hotel !!! suit une sympathique visite express de la ville en rickshaw, la tournée de ses potes pour en trouver un qui connaisse l’hotel panorama... meiyou. pas d’hotel panorama, c’est formel... ça doit etre à Longji dans les terrasses de rizières sur la montagne... retour à la gare routière, découverte du minibus qui se rend à Longji, ping an très exactement dans une heure... 13h, je suis debout depuis 5h30 et la perspective de ce nouveau trajet et de l’heure d’attente ne me réjouit guère... je ne sais toujours pas si l’hotel panorama est bien là-bas.. on verra.. un plat de nouilles sautées sur le pouce me restaure... et en avant pour ping an... une heure de minibus, un ticket à 5 euros l’entree...et je découvre , oh misere ! que pour monter au number one hill, y a pas de taxi, c’est à pied, une heure trente de grimpette !!! oh misère !!! je me renseigne sur l’hotel... réponse meiyou !!! c’est pas là, à Ping an, pas d’hotel au number one, ce sont les autres terrasses de riz, celles de jingkeng, 20km plus loin...faut remonter dans le bus ma bonne dame, redescendre au parking en bas et attendre le bus suivant qui va a jingkeng !!! aya !!! le bus ne part que dans une demi heure... pas de problème, au parking re demi heure d’attente sous la pluie fine qui commence à tomber... L’occasion de taper la converse avec les filles du village qui attendent les touristes et s’extasient devant mon pantalon thai... euh oui, c’est frais, c’est sympa... mais là il est surtout très sale, plein de sueur et je veux ma douche !!! bon allez, 6ème minibus de la journée... et ouf, vers 16h enfin j’atteins linkeng !!! marc a rebranché un instant son téléphone, et me confirme, of course Linkeng, what do you think !!! waiting for you with beer at the village on the way up !!! aaarggh !!! of course of course ! comment j’étais censée savoir ???
Là aussi, idem, c’est à pied qu’on monte dans les rizières en passant par les villages de la minorité dong... problème c’était pas prévu au programme, et mon sac pèse facile 15kg... pas de problème !!! les femmes du village se jettent sur moi avec leur panier.. porter porter porter !!! euh...oui ....oui oui !!! mille fois oui !!! la petite jeune qui prend mon sac le refile vite à une villageoise de la soixantaine, habit local.. et pauvres sandales en plastique, elle attaque avec un grand sourire la montée, mon vieux sac quetchua fièrement posé sur les épaules...je lui explique les sangles, mais que neni, pas besoin de tout ça, elle a des épaules en béton !!!
Franchement la montée n est pas si terrible que ça, meme dans la moiteur tropicale, meme après des heures de bus, mais je suis crevée et tout le monde est content !!! ma sherpa se fait trente kwai et moi je monte le nez au vent !!! et c’est le nez au vent qu’on a envie de monter car c’est absolument merveilleux, entre ruisseaux et vallées, toutes les pentes de la montagnes ont été aménagées en terrasses pour le riz, et c’est évidemment à couper le souffle, avec le riz d’un vert brillant qui ondule sous le vent et les courbes majestueuses des terrasses... c’est beau beau beau... un petit bijou gagné à la sueur du front sur la montagne sauvage...
Au village je suis accueillie d’un ni de pengyou zai deng ni !!! ton ami t’attend !!! évidemment Marc et son 2m03 est déjà connu de toutes la région et je le retrouve sans soucis à la terrasse d’un café niché au cœur des vieilles maison de bois hautes et fières sur la montagne.. je l’engueule bien fort pour ses indications foireuses... mais comment lui en vouloir ? il voyage sans guide, sans Lonely Planet, rien, et s’est juste laissé guider par une couchsurfeuse chinoise et n’avait aucune idée des autres endroits où je pouvais atterrir, des confusions possibles... mon lonely planet est de 2007 et déjà dépassé, l’endroit n’y figure meme pas, alors que depuis c’est devenu assez touristique, meme si du coup il n y a pas un seul occidental, que des touristes chinois, les autres occidentaux sont tous à ping an !!!
La chine est le pays où décidément j’apprends à me méfier des guides de voyage car tout change vite ici. et globalement on découvre que les guides sont de simples fils rouges, ils pointent la direction, après mieux vaut chercher seul l’info et trouver de meilleurs coin en posant des questions de droite et de gauche...
Après tant de bus et de mésaventures, les bières sur la terrasse sont un pur délice avec vue magnifique sur la vallée puis diner quasi aux chandelles dans ce paysage magique...
L’hotel comme tous les hotels ici est tout en bois et flambant neuf... d’énormes batisses traditionnelles adaptées aux besoin touristiques, c’est tout.. c’est le week end et l’hotel est plein à craquer de chinois.... dieu merci, meme ici, là-haut sur la montagne y a la télé les dvd et l’internet... du coup les gamins sont calmes, abrutis par les écrans... l’hotel est tout en bois du coup il bouge et résonne au moindre mouvenent.. et avec les chinois, ça bouge, ça crie ça court beaucoup !!! la plupart arrivent ici épuisés car ils ne marchent jamais, parfois les filles ont meme des sandales à talon, alors que les gars sont suréquipés façon ce soir je me fais le mont blanc...
La grande attraction c’est le lever de soleil de 6h15, et faut pas espérer dormir plus du coup !!! badaboum... à 6 h c’est la franche zizannie !!
A 6h ce sera la pluie en fait, et Marc et moi passeront notre dimanche dans la salle commune à regarder la pluie lisser les rizières et les nuages couvrir et découvrir le panorama de leurs rubans de brume... magique !!! on est crevés tous les deux et enchantés de passer la jourmée à glander.. se raconter nos vies, tester la cuisine et les alcools locaux, jouer aux jeux vidéos sur mon mini ordi et rigoler en se foutant de la gueule de nos copains chinois...
Don oui, j ai l’air stupide avec mon gros sac car je savais pas où je débarquais mais franchement y a pire !!... en arrivant j’avais repéré en me marrant les chaises à porteurs à l’arret de bus... je me disais que ça devait servir pour les vieux et les handicappes... pas du tout... de notre hotel nous avons vu plein de donzelle de 20 ans s’offrir une chaise à porteurs pour DESCENDRE de la montagne !!!! effort minimal, 40 min de chemin en pierres...et 4 hommes pour porter mademoiselle sur son siège royal !!!
En tout cas nous passons une superbe journée dans les nuages et l’ambiance mystérieuse des rizières dans la brume et le temps passe beaucoup trop vite...
En moins de deux c’est déjà lundi et nos chemins se séparent.
La route peut etre tres violente. Cruelle. 3 semaines déjà que je roule ma bosse toute seule avec des rencontres en chemin mais aussi beaucoup de solitude. 3 semaines c’est un cap, on est fatigué par la route, fatiguée de toujours faire un effort, le plus souvent en chinois qui plus est pour aller vers les autres... déjà frustrée car je sais que je n ai plus que 2 semaines de voyages, en meme temps ça pèse parfois, refaire le sac tous les jours ou les deux jours, aller sans cesse vers l’inconnu.,.
Marc est arrive pile à ce moment dans mon voyage et m’a fait un bien fou... pouvoir parler librement, rire, jouer se ballader, se confier, se teaser, se bagarrer... ces rencontres en voyageurs solitaires sont absolument magiques car totalement impromptues... c’est peut etre ce que je reproche au couchsurfing, le cote calé, calculé de la chose...quelqu’un vous attend dans une ville et que le courant pase ou pas on va passer un deux ou trois jours ensemble... la rencontre spontannée elle n’est basée que sur l’attirance mutuelle, totalement non programmée, totalement laissée au hasard... et on ne s’attache, on ne passe du temps ensemble que si le courant passe vraiment... avec Marc il est passé à merveille et malheureusement nos chemin nous séparent déjà. Il rentre sur Guilin puis Shanghai, j’ai le temps d’explorer le Guizhou de poursuivre la route.
Alors nous voila ce lundi à la croisée des chemins, littéralement. un chemin qui descend vers le bus, le mien, un chemin qui monte vers la vallée suivante, et qui trois heures de marche plus tard le mènera à un autre bus. aux-revoirs aussi rapides que brutaux, il le faut , pas de place pour les sentiments, et me revoilà sur la route.
Que la route est violente et haissable.
Dans le minibus blinde de villageois qui me ramène à Longsheng soudain je ne supporte plus ni mon indépendance ni ma fameuse liberté, je ne supporte plus la solitude qui va avec. Ni yi ge ren luxing ma ? tu voyages seule ? combien de fois va t on encore me poser la question ? Combien de fois vais je répondre oui, sans pouvoir dire fièrement, oui mais mon ami m’attend la haut dans la montagne...
On voyage seul parmi des communautés, des familles extremement soudées et on ne peut pas ne pas voir les bonheurs qui naissent de ces relations de famille ou de voisinage... un minibus de campagne en Chine, ce sont sans arret des occasions d’échanger des rires ensemble, le moindre incident est commenté, raconté... l’occasion de sourire, de rire ou de raler ensemble... je n’ai jamais vu tant de gens rire ensemble qu’ici, jamais ressenti si peu d’indifference à l’autre.
Seul et libre comme le vent, le voyageur solitaire traverse tout ça. tout ces liens, comme une flèche qui ne fait que passer.
Et parfois quand les liens d’amitié, de complicité, de bonheurs partagés se recréent au détour d’un chemin au grès d’une rencontre importune, alors pour quelques heures, quelques jours on oublie qu’on appartient à rien ni nulle part, on retrouve le plaisir de la fusion et de l’etre ensemble.
Mais la route revient vite nous chercher, la route qui nous entraine dans différentes directions, la route qui nous sépare.
Je ne me suis rarement sentie aussi seule que dans ce mini bus, essayant de garder la face, de ne rien montrer du chagrin qui me dévore de l’intérieur, le chagrin de perdre un ami, encore un, en chemin, et de poursuivre seule la route.
Un vieux me regarde. Dans la foule qui se presse il a trouve un mini tabouret de 20 cm, et s’est posé là, au milieu de tous les corps entassés. Assis presque contre le sol. Je le vois qui me regarde, pas avec l’obstination chinoise habituelle, juste de biais à l’européenne, un regard jeté à la dérobée qui parfois s’installe et s’abandonne. Ses yeux mangés par la cataracte me fixent, et je sais qu’il sait mon chagrin et le poids de ma solitude. Il ne juge pas, ne console pas, ne conseille pas. Il voit, il voit et sait, sait juste ce qui se passe là sous ses yeux. Encore une histoire d’hommes, une histoire d’etres humains. Du haut de ses 80 ans il en a vu beaucoup. Il ne juge ni ne console ni ne conseille ; il me voit et sait. Et dans cette foule totalement étrangère de la minorité Dong au fin fond de la Chine, je sais que je ne suis qu’une parmi tant d autres, pas si seule ; tant de vies et d’histoires humaines de chagrin et de solitudes qui se croisent sur la route...
Chacun sa route, chacun son chemin.
Les paroles de Sam de Shanghai me reviennent en tete : crois-tu que jamais tu en auras assez de voyager ?
moi : - Je ne sais pas je crois que je peux m’arreter un temps mais que toujours j’y reviendrai.
lui : - Voyager, passer comme une flèche dans la vie des autres, regarder et ne jamais rien construire... parfois je ressens si fort ce besoin de construire et créer et partager...
Moi aussi Sam, je ressens si fort ce besoin, et la route et sa puissance hypnotique m’effraient parfois.
Ainsi la route sait se montrer violente, maitre implacable, sans douceur ni pitié. Mais la route console, la route enveloppe et vous reprend sous son aile en moins de deux. Le long des torrents, dans la foule de paysans Dong, calée entre mon sac et trois poulets, je vois filer le bitume sous nos roues et des milliers d’arbres et de fougères , de bambous et de fleurs et d’herbes folles, et prise dans le rythme chaotique de la route peu à peu le chagrin se dissout, peu à peu ce qui file sous mes yeux m’hypnotise ; c’est le rythme de la route, le mouvement incessant qui endort et éveille à la fois, qui arrache et propulse. Demain autre gare routière autres hotels, autres paysages, autres gens ; la route me jette vers demain que je le veuille ou non, et les milles plantes et les mille fougères, et le torrent au fond de la vallée me semblent comme mille mains qui me caressent et me consolent. la route me reprend, la route me mene et m’emmène et parfois me malmène, et je la laisse faire.
Perdue dans mes paysages intérieurs je ne fais pas assez honneur à Jinkeng et ses fantastiques terrasses. Désolée, il faudra venir voir par vous-memes. A Jinkeng j’ai beaucoup voyagé, de l’intérieur.
Le voyage en solitaire est une expérience unique, venez voir de vous-memes si vous osez, vous ne regretterez pas. Vous en verrez surement beaucoup plus sur vous-memes que vous ne le désirez, mais n’est ce pas le but meme du voyage, en découvrir beaucoup trop... deux pigeons s’aimaient d’un amour tendre, mais l’un revait de longs voyages... etc etc..
Anyway, mon minibus me mène à Longsheng où immédiatement une voix me hele, Sanjiang Sanjiang, here here... en voiture !!! Les gares routières sont une loterie, avec un peu de chance vous n’attendez pas une seconde ; parfois la chance tourne et vous passez des heures à attendre la connexion... Pour Sanjiang il y a suremnt un bel express climatise mais je monte sans hésiter dans mon minibus bringueballant qui s’arretera je le sais dans le moindre village pour faire le plein. Vitres grandes ouvertes, fouette par le vent, tout le monde fume et rit et fait de la place pour le nouveau qui monte avec ses courses et ses paniers et son papier toilette, juste pour 5 km....on se serre et on regarde filer les vallées et les rivières, et on est bien, en chemin... Sanjiang, gare routière, on y est, mais laquelle celle du nord du sud ou de l’ouest ???.. dans mon minibus j’ai repéré un chinois qui m’a tout l’air d’un backpacker. Tu vas à Chengyang ? oui ! moi aussi ! Faut prendre le rickshaw pour l’autre gare routière, 3 kwai... ok ! A l’autre gare routière il redemande et m’explique, prochain bus pour Chengyang dans une heure et demi.
A Paris, à Provins, à St Trop 90 min c’est long. A Sanjiang c’est normal. Je pose mes fesses sur mon sac et j’attends, et quand le bus arrive je prends un siège et j’attends, et tout est normal, et tout est très bien, et je ne cherche pas à aller boire un café quelque part, et je ne sors pas un livre. Je me pose et je regarde, je regarde les chinois me regarder avec cette curiosité forcenée, les mamans forcer les enfants à me dire hello en anglais, les paysans se demander ce que je fous ici. Je regarde passer la vie de ce bourg de province où pas un bus ne décolle sans son chargement de canards sur le toit, où tout le monde a des sacs, des ballots, des paniers, des autocuiseurs, des ricecookers, des tricycles sur le dos, où on débarque aux toilettes trois poulets vivants à la main en demandant à la dame pipi de les garder le temps du pissou. Petites bourgades, ses magasins grand ouverts sur rue, ses garages où on triture tous les moteurs, ses étals de 3 fruits et 4 légumes, ses gamins qui sortent en hurlant des jupes de leur mère, ses jeunes qui roulent les mécaniques sur leur moto toute neuve ; on jurerait le Maroc, ou l’Inde en plus propre, moins extravaguant, moins poussiéreux, moins sale, moins tout. J’ai vu exactemnent la meme ville au Maroc. On vit, on vend, on travaille, on se débrouille. On ne stresse pas, jamais. Il n’y a pas de stress. Chacun fait son business comme il peut, il y a de bons moments et de mauvais, tout le monde le sait, alors pourquoi stresser ? on vend des citrouilles certes, mais à l’heure de la sieste d’abord on dort sur son tas de citrouilles. Si le client vient il vous réveillera. S’il ne vient pas , au moins on aura bien dormi.
90 min à Sanjiang, décidément non, c’est pas si long que ça.
Et re minibus et ça repart.. Encore une rivière que l’on suit vers une vallée enchantée... Moins spectaculaire que les terrasses de Linkeng, mais une campagne douce et magique entre rivières et collines, collines cultivées, couvertes de minipatchs de cultures, en bas le riz près de l’eau que l’on fait danser dans de grandes roues pour alimenter mille canaux, puis les légumes et le mais, puis le thé, puis la foret pour le bois. Partout des scieries et du bois frais, embaumant la résine, et ces villages dong tout en bois... Chengyang et son fameux pont construit par les Dong, tout en bois selon les méthodes traditionnelles, c’est encore un ticket d’entrée que j’apprends à réclamer étudiant car c’est moitié prix, et non désolé j’ai pas ma carte. Dans mon guide de 2007, écrit en 2006 je suppose c’est 30 yuans ; en fait maintenant c’est 60. Dans deux ans ce sera 120. Rien à voir avec le village, ce sont les cadres du parti et des entrepreneurs prives qui lancent un lieu touristique, investissent dans les routes éventuellement, le transport et des jolis panneaux en bois et des jolis prospectus, et voila... plein de sous !!!
Bon le pont c’est joli mais c’est vite vu, le vrai attrait de Chengyang ce sont les villages Dong qui se cachent derrière, tout un tas de villages quasis collés les uns aux autres qu’on peut explorer tranquillement au fil de la rivière.. Bon il y a un petit pont 500 m plus loin et je pense qu’en si prenant bien on peut très bien passer en douce sans ticket par l’autre pont... mais bon le sac est lourd est la guesthouse me fait signe en face...une vraie guesthouse, en bois toute mignonne toute traditionnelle à 100m du pont dans le coin non développé, avec balcons et terrasses sur la rivière, 30 kuais, 3 euros la nuit.... Un patron super accueillanrt avec sa petite famille, qui le soir vous fait à manger et garnit le frigo de bières pour les hotes.. tout à la bonne franquette, tout simplement.. Le sac posé il est grand temps, 16h déjà, d’explorer les villages. Le premier juste derrière le pont est ultra touristique, sandwichs et bibelots à gogo. Au milieu de rares vieilles maison, c’est un bouquet de maison neuves dont le bois clair n’a pas pas eu le temps de vieillir et de prende la teinte sombre et chaude des vieilles batisses, mais à part ça rien a dire, toutes les batisses sont en bois de style traditionnel, juste adaptées aux besoins des touristes... chambres et salles de bain au lieu des étables et séchoirs et réserves à bois, c’est tout... Les vraies maisons anciennes sont partout deux cent mètres plus loin et c’est fou combien elles ont un air famillier... en bas les piles de buches bien alignées pour l’hiver et l’étable et le poulailler, au milieu les pièces à vivre et en haut le sechoir... pour le linge, les épis de mais, le riz, les piments et les champignons, etc tout sèche sous le toit. A croire que la montage où que l’on soit est toujours la meme et que partout les hommes ne font qu’inventer et réinventer le meilleur moyen de vivre en bonne intelligence avec ce que leur offe la nature. Une fois de plus ce sentiment de familiarité est très curieux, on l’a partout en Chine, pareil qu’en Europe mais juste un peu différent décalé... ici aussi il y a l’hiver et les saisons, certes il y a le riz et non le blé ou l’orge ou le sarrazin, il y a les longs draps d’indigo tout justes teintés et les femmes vetues de leur courte veste bleue traditionnelle, mais les coqs les canard les vaches et les bassecours ... et l’internet partout, dans le moindre village.. tout ça a comme un air de déjà vu...
Chengyang donc, un paysage pastoral absolument idyllique, des villages Dongs de partout , des gens absolument adorables de partout également... des treks à l’infini dans les collines pour découvrir d’autres minorités pour ceux qui ont le termps et pour ceux qui comme moi repartent le lendemain la persepective d’une promenade vraiment sympa au milieu des rizières et des roues à eau, des scieries et des petites épiceries, des enfant tout juste sortis de l’école, des hommes qui fument et jouent aux cartes dans les tours aux cloches, (bell towers : des sorte de pagodes qui servent de lieu de rencontre aux hommes qui y jouent aux cartes et fument toute la journée), des femmes qui vendent achètent lavent et courrent d’activités en activités...et cette place incroyable à Dazhai, un des villages plus éloignés, que j’atteins dans la lumière dorée des 18 h /18h 30... Deux rues qui se croisent, des enfants partout, des tshirst de couleurs vives... l’heure du repos après le boulot, l’heure des discuts sur la grand place, du bout de pastèque que l’on s’offre pour quleques centimes après le repas... soleil doux, couleurs vives, multitudes d’activités et de d’allées-venues.. ça me rappelle le Laos, ce village moyenageux paumé sur sa montagne et sa grand place incroyable qui m’avait alors projete dans les tableaux de Brueghel.
Brueghel encore dans cette lumière magique.
Juste une scene classique de la vie villageoise, chez nous hier, chez eux encore aujourd’hui.
Ce nest rien, j’avais juste oublié qu’on pouvait vivre ainsi.
Depuis mon depart de Shanghai la Chine me sort son grand jeu, la nature en plein feux... Tous les jours des paysages, des ambiances sorties tout droit du national geographic, là où on se dit, le photographe il est allé très loin pour cette photo, loin des sentiers battus.
Ben non, juste là, tout est là, offert au pekin moyen avec son guide de voyage.
J ai rarement vu autant de beauté dans un seul voyage.
Et dire qu’on ne nous parle dans nos journaux que de la Chine grise industrielle et polluée ou ultra-urbaine et consommatrice... Bon sang, mais avant tout c’est beau la Chine !!! beau parce que les paysages sont beaux, l’architecture est belle (euh, dans les villages, hein !!!).. et surtout les gens sont beaux !!! je ramasse sans les compter mes brassées de sourires quotidiens, mes bouquets de bons moments.
C’est beau la Chine, à vous en faire oulier tout vos chagrins, tous vos doutes sur la route.
Demain, on the road again !!
a suivre : mardi 5 aout, en route pour Zhaoxing