16000 bananes, 100.000 canards, 10.000.000 moustiques verts et 1 bus


jeudi 11 novembre 2004, par Francesco Colonna Romano

Bonjour tous

voilà la suite promise du récit de notre semaine au Nicaragua.

Départ de Granada lundi après-midi, destination San Carlos, près de la frontière avec le Costa-Rica, exactement de l’autre côté du lac de Nicaragua, quelques 200km tout de même que nous traversons en 15h de bateau. Aller en 2ème classe car la première a une cabine climatisée avec télé allumée en permanence. On est donc assis plus ou moins parterre à l’arrière du bateau à côté de paniers de fruits et de grosses boîtes en plastique contenant probablement viande ou poisson. C’est le coucher de soleil sur le lac, on voit plusieurs volcans au loin, j’installe un hamac pour Valérie entre la porte et le bord, on est bercés par le ronronnement du moteur et, allongé sur un pneu, je lis Kerouac qui commence par :

Sans bourse délier, je quittai Los Angeles sur le coup de midi, caché dans un train de marchandises, par une belle journée de la fin septembre 1955. Étendu sur une plate-forme roulante, mon sac sous la nuque, les genoux croisés haut, je me laisse absorber par la contemplation des nuages tandis que le convois roulait vers le nord. L’omnibus qui m’emportait me permettrait d’arriver avant la nuit à Santa Barbara où je me proposais de dormir sur la plage. Le lendemain matin, un autre omnibus m’emmènerait jusqu’à San Luis Obispo, ou bien le rapide de marchandises me déposerait à San Francisco à sept heures du soir.

C’est un pur moment esthétique et le livre bien choisi ne fait qu’augmenter ces sentiments. Le confort n’est certes pas maximal, mais le pittoresque compense amplement, et je suis particulièrement admiratif du fait que Valérie partage mes vues et ne regrette pas les banquettes rembourrées de première. Le bateau fait une escale sur l’île de Ometepe, une île composée de deux volcans jumeaux où nous étions passés il y a deux ans. Une quantité de vendeurs de tortillas, fromages, boissons, poissons frits passe à bord, il y a aussi sur le quai quelques fermiers locaux avec peut-être deux cents régimes de bananes plantains (dans les 80 bananes par régime) que l’on charge en soute et à l’arrière juste à côté de notre hamac. Il fait nuit, toute la place est occupée par les bananes ou les gens qui dorment par terre, affalés un peu les uns sur les autres. V. flotte toujours sur son hamac au dessus de nous, ce n’est que plus tard en apercevant sur son hamac l’une des nombreuses araignées embarquées parmi les bananes qui viennent chatouiller les gens endormis qu’elle remarque "là, les conditions commencent à être vraiment difficiles", ce qui ne l’empêche pas de se rendormir paisiblement. Elle ne rentrera dormir sur une demi-banquette en bois à l’intérieur qu’au milieu de la nuit à cause du vent lacustre bien frais. A l’intérieur, au contraire, les moteurs s’occupent du chauffage si bien que hommes, femmes et nouveaux nés dorment un peu partout, à même le sol ou sur des matelas de fortune, il faut juste faire attention à ne pas leur marcher dessus.


Arrivée à San Carlos peu après l’aube, et c’est la surprise car le paysage et les constructions sont complètement différentes de celles sur le reste du lac, ici c’est carrément un port des Caraibes en eau douce, climat tropical chaud et humide, au milieu des marécages, sur un promontoire à l’embouchure du fleuve San Juan que les plus grands pirates remontaient jadis depuis l’Atlantique dans l’espoir de piller les richesses de Granada. Il reste d’ailleurs de cette époque une forteresse espagnole sur la colline au milieu du village, avec une splendide vue dans toutes les directions. Une bonne partie des maisons est en bois, peintes de couleurs vives, vert, jaune, rose, bleu, les maisons sur le bord de l’eau sont contruites sur pilotis à des hauteurs différentes, il y a plusieurs pontons pour les pêcheurs qui reviennent ou les bateaux qui partent pour les îles. Bien sûr, il y a aussi un air un peu sale de port de commerce, des rues au revêtement craqué par les pluies et la boue, tout comme le peinture qui s’écaille et le bois qui vieillit : tout ce qui fait que ce n’est pas une ville où les voyageurs aiment s’arrêter.

A peine arrivés on s’assoit prendre un petit déj dans le terminal des bus, sous le grand toit en taule, dans un des nombreux restaus populaire où la patronne nous sert poisson frit, riz, haricots rouges, salade de choux, bananes frites et jus de fruit, elle tient son échoppe depuis un mois à peine avec son mari (un des seuls hommes que nous avons vu aider sa femme), et a manifestement envie de fidéliser sa clientèle. Nous lui ferons une super-pub et reviendrons tous les jours. Nous trouvons ensuite un hotel où nous comptons à priori nous reposer 4h avant de prendre un bateau pour les petites îles ou pour descendre le fleuve en direction de l’océan, mais nous sommes finalement séduits par la terrasse de l’hotel et nous décidons de rester trois jours dans la ville, de toute façon nous reviendrons à Noel pour aller un peu plus loin.

Notre hotel possède en effet une terrasse sur pilotis avancée sur le fleuve, d’où part une sorte de patio carré sur lequel donnent les chambres, toujours sur pilotis, avec au milieu l’eau. Il y a là plein de plantes dans des pots, des cages avec des perroquets, du linge qui sèche et des chaises en bois coloré où l’on s’installe confortablement pour lire ou regarder le fleuve, les bateaux et les oiseaux qui passent, les enfants qui se baignent. L’un d’eux a inventé un jeu marrant : il tient à la main un gros crabe qu’il a capturé et essaie de le faire pincer son amis. Il y a aussi un chat, et un grand chien noir au museau et oreilles pointues aux pattes postérieures maigres et boiteuses qui lui donnent une allure de loup affamé et affaibli contraint à se traîner au ralenti. On a de l’eau courante le matin, sinon on puise de l’eau directement au fleuve avec un seau au bout d’une corde, c’est bien joli.

Voilà, on reste là paisiblement, on rencontre une allemande qui travaille comme volontaire dans une ONG, et qui nous explique que le jour de notre arrivée il va pleuvoir toute la journée parce que c’est le jour des morts et traditionellement le temps est mauvais ici, ce qui se produira effectivement, et sera le seul jour sur les quatre où il aura fait gris tout le temps, ce qui n’aura pas découragé les locaux d’aller nettoyer et fleurir les tombes de famille au cimetière du village. On rencontre aussi un français qui a construit une maison sur pilotis au milieu des roseaux de l’autre côté du fleuve où il loue des chambres tout confort et organise des parties de pèche au tarpon, un poisson local pouvant atteindre les 100kg. Faut dire que les eaux du coin sont extrêmement poissonneuses. Il nous fait visiter sa maison et je me dis que c’est l’endroit idéal pour emmener mes élèves, pour essayer de leur faire découvrir un peu de voyage avec un minimum de confort. Pour l’instant, ils ne connaissent que plages et grands hotels, du coup ce n’est pas gagné pour les convaincre, mais je vais faire tout mon possible. Peut-être se laisseront-ils tenter par les promenades à cheval dans les parcs naturels à observer singes et oiseaux divers ?

Le reste du temps on se promène dans le village, on cherche des spécialités locales, on découvre même la seule boulangère qui fait du pain maison et écoule sa production entre 6h et 6h45, après quoi il n’y a plus rien. Juste en face d’elle, la seule banque du village porte un panneau publicitaire "pourquoi aller dans une autre banque ?" Je me demande en effet ce qui pourrait pousser les gens à faire 15h de bateau où 6h de bus sur une route poussiéreuse et complètement défoncée jusqu’au prochain gros village pour trouver une banque différente. Pour une fois, c’est de la pub convaincante. Sinon, on se baigne au fleuve et on regarde le temps passer, les ports des Caraibes donnent toujours une impression reposante de bout du monde, on ne cherche rien de plus.

A midi on va toujours manger une soupe de poisson et crabe au lait de cocco chez une bonne femme qui a inventé un sauna nouveau concept : dans une case en bois avec un toit de taule pas bien haut et seulement un petit ventilo à l’autre bout de la pièce, alors qu’il fait 35 degrés dehors et peut-être plus dedans, vous essayez de boire un énorme bol de soupe bouillante tout en écoutant à la télé grésillante le discours de John Kerry qui félicite son ex-rival pour sa victoire et explique qu’il faut renoncer à toutes ses idées pour ne pas créer de divisions dans le pays. Chouette. Il y a là un gars local qui m’explique que la veille ils ont bu trois litres de rhum à cinq, alors il vient là pour suer un bon coup et se requinquer, ce qui a l’air de marcher. Nous sommes tous dégoulinants de sueur, mais vraiment dégoulinant, rentrés à l’hotel nous buvons un litre d’eau chacun.

Au coucher du soleil, vers 18h, on se rend compte en sortant que toutes les lumières de notre terrasse son éteintes. On comprend pourquoi en la traversant : on se retrouve dans un nuage de moustiques, des dizaines de milliers de petits moustiques, d’une variété bizarre : ils sont tout verts, vert clair, mais ne piquent pas. Ils se contentent de flotter dans l’air dans les rues sur le bord du fleuve, rentrer dans votre bouche si vous l’ouvrez, et traîner en particulier sous les lampadaires, mais pas seulement. Il y en a des millions, ça me rappelle une pièce de Sartre que j’avais lu jadis, et j’imagine bien les sentiments d’horreur des paysans au milieu de leurs champs lors du passage d’un nuage de sauterelles qui dévorent leurs récoltes. Il suffit seulement d’ouvrir et refermer nonchalamment un livre pour en tuer une dizaine, et on en tue beaucoup plus en s’assayant sur une chaise de la terrasse. A côté de ça le cordonnier de la fable qui avait tué sept mouches d’un coup de tapette fait figure d’amateurs. Ceci dit, il faut bien qu’on sorte dîner, V. attache un mouchoir en triangle devant sa bouche, à la mode cowboy de l’ouest, et on court jusqu’aux hauteurs du village moins infestées, d’où l’on redescend par des rues plus sombres vers un comedor éclairé au néon rouge et protégé par des moustiquaires. Quand on ressort, vers 20h, il n’y a presque plus rien, ou du moins un niveau acceptable. De toute façon, on s’habitue vite à ces petites bêtes inoffensives, et il paraît qu’il n’y en a que deux mois par an.

On s’enferme alors dans notre petite chambre, 3 mètres sur 3, plafond bas, toute en bois, la seule petite fenêtre donne sur un mur à 50cm de là, elle est pourvue de moustiquaire et rideau ce qui ne laisse pratiquement pas passer d’air. Ca sent encore un petit peu du passage du chat ce matin qui rester enfermé dans par mégarde en a profité pour laisser des traces odorantes. Heureusement qu’on avait laissé le ventilo toute la journée pour changer l’air. Dans les toilettes à côté se promènent des cafards de 4cm, mais on n’en voit pas chez nous. En revanche, on entends distinctement des souris se balader dans le faux-plafond et ricaner, on trouve même quelques petites crottes dans la chambre. On décide donc de dormir à deux sur un petit lit pour être un peu protégés, sous la tente de notre moustiquaire basse que je visse solidement au mur. On pointe le ventilateur droit sur nous, son bruit a l’avantage de couvrir celui des rats. Autant la terrasse est une des plus belles que j’ai jamais eues, je pense pouvoir dire que cette chambre est une des trois pires parmi toutes celles que où j’ai dormi en voyage.

Cependant, le spectacle du lendemain matin à l’aube rachète tout. La terrasse est jonchée de cadavres de moustiques et sur le fleuve, pendant un bon quart d’heure, défilent continument des milliers de petit oiseaux entre moineaux et hirondelles qui doivent profiter des moustiques de la veille. La meilleure comparaison possible, pour rendre l’image, c’est avec le groupe des randonneurs à roller parisiens du vendredi soirs quand ils descendent le boulevard Saint-Michel. Sauf qu’ici passent en même temps des groupes de deux à trois cents canards sauvages qui descendent le fleuve en formations en V. D’autres canards pêchent dans le fleuve. Il y a aussi des hérons blancs, dont un que je surnomme "petite tête" qui vient se poser sur le toit du bateau à quelques mètres de moi. Il a un long cou, mais au bout sa tête est tellement fine que s’il vous regarde dans les yeux, son long bec face à vous, on a l’impression qu’il n’a pas de tête, juste un long coup qui se retrécit. Il regarde paisiblement le fleuve, parfois vole d’un endroit à l’autre, mais ne s’abaisse pas à pêcher comme les oiseaux de basse espèce un des innombrables poissons frétillants à la surface de l’eau. A côté de "petite tête" arrive aussi "tête plate", un oiseau marron rondelets qui semble ne pas avoir de cou et dont la tête se termine au bec, malgré quelques plumes ébouriffées qui lui donnent un air un peu bête. Finalement il est tout de même plus malin que son compère, sort soudainement un long coup pour faire le gué, plonge et ramène un poisson qu’il avale entier, si bien qu’il ne peut plus replier son cou jusqu’à la fin de sa digestion. Je n’ai jamais vu autant d’oiseaux qu’ici, il y a aussi un martin pêcheur au ventre jaune vif, et puis toute la journée on peut observer les canards sauvages en petits groupes remonter le fleuve, qu’ils redescendront encore le lendemain à l’aube par milliers. Je n’avais jamais compris ce qui pouvait tellement motiver les amateurs d’oiseaux, mais là on est fascinés, on pourrait rester toute la journée sur notre terrasse à les regarder passer.

Voilà voilà, tout ceci a fait trois jours paisibles, légèrement perturbés par les innombrables pétards que les locaux s’amusent à faire exploser chaque jour. Comme dit V., "ici ils aiment le bruit" et tous les prétextes sont bons : un jour la fête du saint-patron du village, les deux autres la candidature pour les élections municipales des deux gros partis, qui se défient à l’aide de slogans super-convainquants du type "vota por vos, vota dos" ("votez pour vous, chochez la case deux") répétés partout, ou en sonorisant le terminal des bus avec du reggaeton (la bonne musique populaire) à fond. Un des tubes a pour seules paroles "Damme la gasolina" (donne-moi l’essence), je crois que ça plairait au nouveau président américain. On dirait cependant que les arguments plus politiques sont peu utiles pour convaincre les électeurs, tout au plus on se contente d’accuser les autres de corruption, mais ça aussi c’est un classique.


Retour en bateau sans histoire, on tente quand même la première classe pour changer, c’est vrai qu’ici on a une vue imprenable sur le lac, de tous les côtés, mais c’est vrai que c’est dommage d’avoir une cabine climatisée où on se gèle si on veut être à l’intérieur, et il y a aussi le fait gênant qu’il y a ici une majorité de voyageurs occidentaux, tous en provenance du Costa Rica, ce qui fait qu’on a l’impression d’avoir une ségrégation entre les occidentaux pour qui ce n’est rien de payer le petit supplément, et les locaux qui voyagent en bas. L’impression de leur avoir pris leurs bonnes places par le pouvoir de nos dollars. Ceci dit, il y a en deuxième quatre types en peu patibulaires qui jouent au ramy des sommes valant bien la place en première, entouré par nombre de passagers qui les observent. Pendant ce temps, des mouettes nous suivent, plongent et pêchent dans le sillage du bateau.

On arrive à Granada à l’aube, repart aussitôt pour Managua en minibus, où je touve amusant de voir une vieille femme avec un gros sac "Chicago Bulls", faut dire qu’ici les gens ne chipotent pas trop pour savoir ce qui est écrit sur leurs vêtements, que ce soit "Jésus est avec moi" ou "ferronerie Untel", un t-shirt est un t-shirt et un sac est un sac. Arrivés dans la capitale, nous devons passer d’un terminal à un autre. Bravant les déconseils de tous les guides et d’autres locaux, je décide de faire ça en bus local, après tout on les prend à Tegus, on est des voyageurs avertis, on les a pris ici-même il y a deux ans, il ne doit pas y avoir de problèmes. Le bus est bondé, je garde ma main sur mon porte-feuille, nos documents sont cachés dans le sac-banane à l’intérieur de mes pantalons, je fais gaffe à mon gros sac à dos où de toute façon il n’y a rien à prendre, tout va bien. Peu après être monté je vois un type donner une tape sur mon sac pour faire tomber un truc noir, Valérie le voit mieux que moi, c’est un scorpion de 5cm, il tombe par terre dans le bus. Je m’éloigne un peu, je me dis que chouette ça me fera un truc en plus à raconter dans mon mail-co, il a du monter sur le bateau avec les bananes, il n’y a pas de raisons qu’il y en ai d’autres sur mon sac, tout va bien, je rassure Valérie, ne perds pas de vue mes affaires.

On arrive une demi-heure après, au grand terminal de bus, où finalement je ferai moins le malin en découvrant que mon appareil photo numérique a disparu du petit sac que Valérie portait devant elle dans le bus. Bref, le coup du scorpion devait être une variante du vieux truc "je te renverse dessus une boisson et ensuite je t’aide à te nettoyer", ça a logiquement distrait Valérie la fraction de seconde qu’il fallait, et voilà. Le gars a eu du bol car il est tombé à l’intérieur du sac sur la seule chose de valeur. Il faut dire quand même qu’il était organisé car ce gars était déjà dans le bus quand nous sommes montés, il avait donc déjà préparé son scorpion pour quelqu’un d’autre. C’est vrai qu’à posteriori on aurait pu rendre la chose plus imprenable, mais ça ne sert à rien d’avoir des regrets. C’est logique que ça arrive un jour ou l’autre, c’est arrivé à plein de voyageurs de ci de là, ça parait toujours bête après et on a l’impression qu’on aurait pu l’éviter. Tant pis. Il y a des leçons à apprendre de tout : d’abord que personne n’est invulnérable, il ne faut donc pas trop faire le malin, et puis de voir à quel point on finit par s’attacher aux choses, alors qu’on s’en croit libre. Je considérais mon appareil photo avec mon ordinateur comme mes seuls instruments de travail ici, les seules objets auxquels je tenais, parce que je m’en servais vraiment. Encore une fois, tant pis. Dommage pour les photos de San Carlos, des milliers d’oiseaux, des millions de moustiques, de la terrasse de notre hotel, de Valérie sur son hamac sur le bateau, flottant au coucher de soleil au-dessus des gens affalés et des régimes de bananes. Vous devrez vous contenter de mon récit pour imaginer tout ça.


La suite du voyage a paru plutôt longue. Arrivée à Tegus le soir après une journée de bus, sales et fatigués. Après l’été du Nicaragua on trouve l’hiver ici : vent froid, une température qui un jour serait même descendue au-dessous de 15 degrés, ce qui est très froid ici car les fenêtres sont a volets et ne peuvent se fermer complètement, il y a toujours un courant d’air qui passe dans la maison. Ceci dit, comparé à d’autres coins du monde, il n’y a pas trop de quoi se plaindre, je peux quand-même rester ici tout le temps en t-shirt. L’école a repris, je suis redescendu faire mes courses sur le marché et je compte bien prochainement recommencer à travailler un jour par semaine avec les enfants des rues. J’ai aussi été faire un tour au Mall Multiplaza, le plus grand centre commercial de Tegus, à la recherche d’un nouvel appareil photo (c’est deux fois plus cher qu’en France, je crois qu’il vaut mieux attendre), ce qui m’a permis de découvrir qu’ils ont déjà sorti toutes les décorations pour Noel avec un énorme sapin kitsch au milieu des chaînes de fast-food ou patisseries américaines, et des hauts parleurs discrets diffusent "petit papa-noel" en version remixée techno dans les couloirs où se promènent les classes moyennes honduriennes. J’ai donc pu au moins vérifier que je ne rate pas grand chose en renonçant à fréquenter cet endroit d’habitude.

Fin du récit. J’espère que ça vous a plu, et peut-être donné envie de passer nous voir, ce qui nous fera très plaisir. Je vous souhaite comme toujours plein de bonheur.

Hasta la vista

F.

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